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Full text of "Traité du mouvement des caux et des autres corps fluides. ..."

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: 



•1 



TRAITE 

D U 

MOUVEMENT 

DES EAUX 

E T 

DES AUTRES CORPS FLUIDES. 

DIVISER EN V. PARTIES. 

Far feu M/M ariottb, de l'Académie 
Royale des Sciences* 

Mis en lumière par les foins de M. de ia 
H ire» Lefteur & Profeflcur du Roy 
pour les Mathématiques , & de l'Académie 
Royale des Sciences. 

Nouvelle édition corrigée 

A PARIS, 

Chez Jean Jombsrt* prés des Auguftins» 

à l'Image Nôtre-Dame. 

— — ■■ ■ ... 

M. D C C. 

avec Permission. 



v__ 






• «• 



PKZfACE. 

j EUX qui jufqu'à prêtent 
font écrit des hydroliques 
! nous ont donne chacun en 
particulier des remarques tres-cù- 
lieufcs fur la pefanteur , fut la vi- 
tefTej.fif fur plufieurs autres pro. 

frietez des eaux. Le Traité de 
équilibre des liqueurs de M. Pal- 
chal eft un des pins considérables, 
tant poux les belles découvertes 
qu'il a faites, que pour les propriétés 
ungulieres qu'il démontre d'une ma> 
nicte-fi claire ic fi convaincante , que 
nous ne pouvons pas douter que ce. 
grand Génie n'eût entièrement 
cpuîfê cette matière s'il avott exa- 
miné toutes les parties qui la com- 
posent. 

11 y aToit plufieurs années que M. 



Mariette s'appliquoit avec un foin? 
extraordinaire à faire les expériences 
qui font dans le Traité de M. Pak 
chai pourvoir s'il nauroit point né- 
gligé des circonftançcs particulières 
qui lui puffent donner Heu de remar- 
quer quelque chofede nouveau. En 
effet dans les expériences il a fait p lu- 
fieurs obfervations que Ton ne trou- 
ve point dans le petit livre de M. Pa£ 
chai , ny dans les autres qui l'ont pré- 
cédé ; & il fc trouva enfuite inferifi» 
blement engagé dans la partie de cet 
ouvrage qui a de plus grandes mili- 
tez comme la mefure , & ce que Ton 
appelle la dépenfe des eaux fuivant 
les différentes hauteurs des refer- 
vo\xs y &c les differens ajutages; il pafïe 
enfuite aux précautions qu'on doit 
prendre pour conduire les eaux , & 
ayant enfin traité fort au long de la 
tefiftance des folides, il parle delà 
force que doivent avoir les tuyaux 
pour refifter aux différentes charges 
ide l'eau. 
• 1 1 eu to ce afion de faire fur ces par- 



tics plusieurs expériences à Chantil- 
ly en prefence de S. À^ S. M d n- 
seigneur le Prince, où l'a* 
bondance de l'eau & la hauteur des 
refervoirs lui fourniffoient cous les . 
moyens neceffaircs. Il en fit aufli plu- 
fieurs à rObfervatoirc en prefence 
de Mrs dé rAfcademic, &les ayant, 
mifes en ordre , il en compofa cet 
ouvrage. 

Dans les premiers jours de la ma- 
ladie dont il mourut, 11 me pria de 
vouloir prendre le foin de l'impre£ 
fion de ce Traité, en me laiflant la. 
liberté d'y changer, & d'y retran-. 
cher ce que je jugerois à propos:, 
mais j'ay crû qu'il valoir mieux le 
donner aupublic tel qu'il Ta compo- 
fé , que d'y apporter du mien. Ce- 
pendant, fi j'avois entrepris d'y chan- 
ger quelque chofe , je ne t'aurois fait 
qu'en fui vant les fentimens de toute. 
l'Academk^dontil n auroitpas man- 
qué de prendre lui-même les avis 
fur les diiScuiitez qu'il y ,auroit trou- 
vées* 

& • • • 



• * * * 

La moitié de cet ouvrage était afl 
fez au net pour être imprimée ; maïs 
le refte m'a donné beaucoup de pei- 
ne à raflembler fur les mémoires qui 
m'en ont été mis entre les mains après 
fa mort, 

J'ay tâché autant qu'il m'a été po£ 
fible de n'y rien IaifTcr d'obfcur ou 
d'embarafïe dans les dernières par- 
ties , Se d'y fuivre exa&cment l'or- 
dre qu'il s'étoitpropofé j néanmoins 
je n'ay ofé entreprendre d'éclaircir 
tous les endroits difficiles , de peur de 
m'écarter de fes penfees , ou de me 
xencjrc peut* être moins intelligible 
que lui. 

J'avoisauffi refolu d'ajouter à la fia 
de cet ouvrage des remarques que- 
j ay faires fur quelques endroits r 
-qui auraient pu y fervir d'explica- 
tion , ou de confirmation, & entr'au- 
tres la démonftration parles princi- 
pes d'Archimede du Problème de 
iechanique , ou la proportion ordi- 
naire eft renverfée, avec quelques 
bf cmtiojis que j'ay faites fur l'o- 



rigine des fontaines, Se fut relevai 
tion des vapeurs ; mais j'ay jugé qu'il 
«toit plus à propos de les donner 
feparement avec quelques autres ef- 
fais de Phyfiquc , que d'augmenter 
ce volume de mes penfée* particu- 
lières. 

Je n'aurors pas différé fi long temps* 
à faire imprimer cet ouvrage fi je 
n'en avois été détourné par des* 
occupations d'une très-grande im- 
portance que Monseigneur de 
Louvois m'a fait l'honneur de 
me donner. Il avoit confiderè lui- 
même que la rivière d'Eure depuis» 
fa (burce jufqu'à la rencontre qu'el- 
le fait de la Seine vers le Pont de 
l'Arche où remonte le £ux de la 
mer, ne parcouroit que 47 lieues v 
& que des mêmes fburces de cet- 
te rivière H y avoit quelques ruif- 
feaux qui allorent avec une rapidité 
j très - grande rencontrer la rivière 
( d'Kuine , & enfuite par la Loire juf- 
tju'à la Mer à prés de 80 lieues de 

cette fource commune ; cette rapi^ 

^ • • • * 

a uij 



ç/ 



^ 



dite étant connue d'ailleurs par plu- 
fieurs moulins qui vont par defïus;il 
jugea donc que la, rivière d'Eure de-* 
voit avoir une pente très confidera- 
ble , & peu de temps après la mort de 
Monfieur Mariotte,il m'ordonna de 
niveler la hauteur de cette rivière à 
l'égard du Château de Verfailles. 
Quoy que la diftance entre ce Châ- 
teau , Se l'endroit où Ton pouvoit 
prendre commodément la rivière 
fût de plus de zcx lieues , mes nivel* 
lemens faits par differens chemins &T 
réitérez plusieurs fois fe font trou- 
vez parfaitement d'accord entr'eux, 
& m'ont fait voir que cette rivière 
pouvoit être facilement conduite a 
la hauteur du Château de Verfail- 
les , qu'en la prenant à Pongoin à 7 
lieues au defïus de Chartres , elle 
étoit 11 o pieds plus élevée que le 
rez de chauffée de la plus haute par- 
tie de ce Château. 

On doit fans doute préférer les 
eaux courantes , qui font conduitcV^J 
dans des aqueducs , à celles qui foat 



!. 



élevées par des machines , pmfqu'ek 
les ne font pas fujctccs à être fouvenc 
interrompues par les réparations qu'il 
faut faire aux conduites r 6cà ailleurs 
Feau pouvant venir facilement en 
très- grande abondance tfnars comme 
il y avpiufieuts occafîons où les ma- 
chines font dune très grande uti- 
lité , & où l'on eft même obligé 
lie s'enfervir pour l'élévation des 
eaux , H aurait été fc fouhaiter que 
Monfieur Manone nous eût laide 
par écrie Tes fentimensfur les diffe* 
rentes pompes & autres machines 
qui font eft ufage , ou q&i ont été 
feulement propofées pour cet effet , 
avec un examen > te un calcul de ce 
qu'elles fournirent chacune en parti* 
culicr,& quel choix4'on en doit faire 
fuivant les différentes occafîons. Il 
m'a voit foovent parle de (on def* 
fein fur ce fujet qui devoir faire une 
des parties de ce traité 5 mais je n'eu 
ay rien trouvé dans les mémoires 
qui fût en état d'être donné au pu- 
blic. Il avoit changé pluûears fois 



Tordre des parties de cet ouvrage* 
mars enfin peu de jours avant fa 
mort, il m'en donna la divifion fui- 
Tancé qui m'a beaucoup fervi ,- & 
principalement dans les dernières 
parties. 

Ce livre étant Rempli d'un très* 
grand nombre d'expériences, & de 
plufieurs règles dut en font déduites 
avec quelques oofervations fur ces 
mêmes règles ; j'ay crû qu'il étoit 
à propos o y ajouter une table fore 
ample, afin de pouvoir trouver faci- 
lement les endroits où il eft parlé de 
quelque matière dont on "peut avoit 
befbin dans les occafions. 

Tout ce traité eft divifé en y parties. 

La première partie contient cinq 
difeours» 

Le premier dtfcours traite déplu* 
(leurs pro prierez des corps fluides. 

Le fécond* de 1 origine des Fon- 
taines- 

Le troifiéme, des caufes des vents» 

La féconde partie contient trois 
dîfcours. 



Le premier , de l'équilibre des 
corps fluides par la pefanteur. , 

Le fécond , de l'équilibre des corps 
fluides par le r effort. • 

Le troifiérae , de l'équilibre des 
corps fluides par le choq. 

La troificcoe partie contient qua- 
tre difeoufs* 

Lé premier , des pouces & des li- 
gnes dont on mefure les eaux cou- 
rantes & jailliffantes. 

Le fécond , de la mefure des eaux 
jailliffantes , fuivant les différentes 
hauteurs des refervoirs. 

Lie troifiéme , de la mefure des 
eaux j ail liffan tes par des ajutoirsde 
différentes ouvertures. 

Le quatrième, de la mefure des 
eaux courantes. 

La quatrième partie contient deux 
difeours. 

Le premier, de la hauteur des jets 
perpendiculaires. 

Le fécond , de I? hauteur des jçts 
obliques» 



- .t 



La cinquième pamejeontîcnt trois 
«lî (cours. 

Le premier , des tuyaux de con- 
duite. 

Le fécond j de la refiftance des fo- 
Hdes, de la force des folides , &c de 
la force des tuyaux dreonduite. 

Le troifîéme , de la diltribution de» 



TRAITE' 



TRAITE', 

DU MOUVEMENT. 

DES EAUX 

ET DES AUTRES CORPS FLUIDE?; 
PREM 1ERE PARTIE. 

DÉ PLUSIEURS PROPRIETEZ 
dés Corps Fluides , de l'Origine des 
Fontaines, &descaufes dcsVencs. 

PREMIER DISCOURS. 

De fluficurs propriété*, des cerps fluides". 

l'Am& la flame fontdes Corps 

} Fluides j l'eaH , l'huile , le mer- 

I cuk , & les autres liqueurs , font 

des corps Suides & liquides) 

toot liquide eft fluide , mais tout fluide 




Du mouvement des Eaux 
,|>as liquide, J'appelle liquide, ee-qut 
:ant en fuffifante quantité coule & s'é- 
tend au deffous de l'air , jufqties à ce que 
fa furface fuperieure fe foit mifc de niycau : 
& parce que l'air & la flame n'ont pas cène 
propriété , je ne les appelle pas liquides , 
mais feulement fluides. La dureté & fermen- 
té eft oppofée à la fluidité » ce qui eft dur 
ce. ferme comme le fer & les pierres , fe 
laïfle trayerfer difficilement par les au^ 
très corps ; & quand il a efté tr^verfé-, {es 

f>arties' ieparées ne fe rejoignent point: 
es corps fluides au contraire fe laiflent 
traveifer aifément , mais ils réiiniffent 
àtiflï-tofi: leurs parties feparées , & c'eft 
enquoy çonfifte lafluidité. Par cette rai- 
fon le fable tres-menu peut eftre appel- 
lé fluide * mais non liquide , parce qu il ne 
cpule pas fur un plan peu incliné , & que 
quandon en remplit un vaifleau , les parties 
fiiperieiires ne Ce mettent pas de nivea* 
4'ciles-.jn£mcs« 

L'Eau eft encore appellée humide par 
^quelques J?hilofophes , piais c'eft propre- 
ment .ce qui eft.jnouillé d'eau qu'on doit 
appeller humide , & en ee fens 1 air eft hu- 
tftide quand il eft beaucoup remply de va- 
peurs âcqueufes. La fecherefle êft oppofée 
a l'humidité ;, &: un linge qu'on appelle 
humide lors qu'il eft mouillé , eft appelle 
fec* quand l'eau dont il e#oi.t mpiiijlé f$ 
.évaporé^ < 



L Partît. f 

L'Eau reçoit fucccfiivement les confia 
(lances différentes de dureté , &de liqui-* 
dite : fon eftat naturel eft d'eftre glacée ; 
c'eft à dire que lors qu'aucune caufe exter- 
ne n'agit fur elle, elle demeure ferme & 
«on liquide. 

Elle devient coulante Se liquide par une 
médiocre chaleur , & en mefme- temps 
quelques-unes de fes parties s'élèvent en 
vapeurs , c'eft à dire en plusieurs peti- 
tes goutelettes feparées les unes des au- 
tres , & d'une telle petitefle qu'on ne 
peut lés appercevoir chacunes à paît. Oa 
en voit l'expérience quand on jette un 
-charbon allumé dans de l'eau , car on voit 
d'abord une fumée épaiffe s'en élever; 
mais quand elle s'eft beaucoup étendue 
ens'élevant , & queues petites parcelles fe 
font, feparées les unes des autres , on n'en 
peut appercevoir aucune. 

Les vapeurs quoy qu'épaifles font quel- 
que -fois viiïbles & quelque -fois itïviïï- 
bles fuivant que leur petites parcelles font 
plus ou moins menues , ou plus ou moins 
agitées. Lors qu'elles fontvifibles& pro- 
menés de la terre , on les appelle des brouil- 
lards, & quand elles font élevées en haut 
on les appelle des nuées* Il s'élève davan- 
tage de vapeurs aune grande chaleur qu'à 
une médiocre , mais ; il nelaiffe pas de se'n 
cleyex à une très- petite chaleur , car me£ 

Ait 



F 



i Dft mouvement des Eaux 

l'eau deux ou jrois heures durant , & après 
quelle ferarefroidie,empriflez-en une peti* 
te bouteille de verre, fermez (on goulet 
avec le doigt & le trempez dans un verre 

leiri d'eau > faifan* en forte qu'il y ait de 
'air gros comme une noifette au haut de la 
bouteille renverfée*> Vous remarquerez que 
dans 24- heures cet air difparoîtra. Remet- 
tez-y de même une autre bulle d'air auflï 

rofle , elle entrera encore peu à peu dans 
'eau , mais il faudra plus de temps pour 
l'abforber toute entière; on yen pourra 
faire entrer encore plufieuts autres de mef- 
me grofleur Tune après Vautre : mais enfin 
quand l'eau en ferafuffifamment impiegnéa 
il n'y en entrera plus, & une petite bul^e 
d'air de deux lignes de diamettre fe tiendra 
au deflus de L'eau de la bouteille plus de 1 j» 
jours fans y entrer. Cet effet fe remarque 
encore plus fenfiblement dans Tefprit de 
vin > car fi Ion en met dans la machine 
du vuide un verre a demy plein , il for- 
tira une très-grande quantité de cette ma* 
tiere aérienne en grofles bulles dés qu'on 
aura pompé une bonne partie de l'air en- 
fermé, dans le récipient , mais dans peu de 
temps il n'en fortira plus > & fi l'on emplit 
une petite bouteille de cet efprit de vin 
dont la matière aérienne fera fouie, & 
qu'on y laiffe entrer de tou gros comme 
fe pouke pour le faire demeurer au hautxlg 



I 



J 



t. Patiiè. . ? 

i bouteille après qu'on l'aura fenverfce 
dans d'autre efprit de vin , comme il aefté 
dit cy-deflus de l'eau bouillie , cet air s'in- 
finucra dans refpritdevin en moins de 
deux heures : & fi Ton y en remet une pa- 
reille quantité jufques à 2. ou 3. £ois >iLy 
entrera encore > mais fi Ton met cette bou- 
teille dans la mefme machine du vuide'» 
cet air qui s'eftoit comme diffous, & mc?- 
ïé invifiblement dans Tefprit de vin , en ret- 
fortira en greffes bulles , dés qu'on aura utr 
peu pompé l'air du récipient : ce qui fait 
Voir manifeftement que c'eft du véritable 
air qui fort dé l'eau &de plufieurs àutrei 
liqueurs quand on les fait geler , ou boiiri- 
Jir > ou qu'on diminue par le moyen dfe 
la machine du vuide/, lé reffbrt àç l'air 
xjui les prefle ; ce que j'ay expliqué plus au 
long dans le Traité de la nature de l'aifv 
J'ay connu ce qui arrive à l'eati quand elfe 
fe gelé par les expériences fuivantes.' 
" J'ay mis pendant un très-grand froid dans 
Un vaifleau cylindrique de fept ou huit 
pouces de hauteur & de fix pouces de lar- 
«geirç , de Peau qui eftoit déjà affei; froide., 
jufques & deux pouces prés du bettd , & jp 
confideray attentivement tout ïb progrès 
de la gelée. Il fe fit d*abord noie ^étitfe 
congélation dans la furface fuperleùtç de 
Jean, de petites lames longuettes & crè'- 
«yplces ayant entre-ellcs des întefv ailes notf 

A • • • • 



f Du Meuvement des Eaux 

gelez > lefquels fe gelèrent auffi peu à peu 1 
la referve d'un petit endroit vers le milieu 
qui n'eftoit point encore gelé , quoy-que le 
refte de la furface le fut déj^ de plus de 
deux lignes d'épaifleur. Je remarqùây que 
dans le fond & contre les cote&du vaif- 
feau il fe faifoit de petites bulles d'air 
.dans la glace qui commençait à s'y former > 
quelques-unes s'élevoient en haut , & le* 
autres demeuroient engagées dans la gla- 
ce , ce qui me fit juger que ces petites bul- 
les venant à occuper plus de place dans; 
l'eau que quand leur matière y étoit comme 
diflbute, elle pouflbit un peu d'eau par 
le trou qui eftoit audelTus, de lamefme 
manière qu'un tonneau cftant plein de vin 
nouveau il en fort un peu par le trou dta 
bondon quand te vin commence à s'é- 
chauffer > & le peu d'eau qui fortott par ce 
petit trou fe répendant fur ce qui en eftoit 
proche & qui eftoit déjà gelé , fe geloit auf- 
fi > & commençoit à y former une éléva- 
tion de glace , & ce trou demeurant tout- 
jours ouvert par l'eau qui y paflôit fuccef- 
fivement, eftant pouflee par les nouvelles 
bulles d'air quife faifoient dans la glace, 
laquelle continuait à s'augmenter peu à 
peu vers les cotez du vaifleau & vers le 
fbnçt\> j'obfervay que la furface fuperieure 
de l'eau eftoit déjà gelée de plus d'un pou-» 
ce d'épaifleur vers les bords du yaiflçaiij 



* - N» 



/. Partie* 9 

& de plus cTon pouce & demy à lYntour 
& proche le petit trou , avant que l'eau qui 
y eftoit comme dans un petit canal fur ge- 
lée : mais enfin elle fe gela y & alors le mi- 
lieu de l'eau n'eftant point encore gelé 3 & 
I eau pouflee par les nouvelles bulles qui 
continuoient a fe former pendant deux ou 
trois heures » ne trouvant plus d'iffuë par 
le petit trou la glace fe rompoit tout à 
coup vers le haut par l'effort de cet ait 
enfermé. Jefisuncfeccnde expérience , en 
laquelle après que la glace eut environ 
deux pouces d r épaiflêur , je fis chauffer les 
bords du vaiffeau pour faire fondre l'ex- 
térieur de la glace , & je la tiray par ce 
moyen toute entière hors du vaiffeau , fans 
que l'eau qui eftoit encore au milieu de la 
lace fe renverfaft. Ternis cette glace à 
'air pour achever de faire geler le refte de 
I'eaù, & trois ou quatre heures après elle 
fe rompit ? & je trouvay que dans le milieu 
il y avoitun vuide delà groffeur d'un pou- 
ce & demy de diamètre, d'où eftoit lorty 
le refte de Teau qui n'eftoit pas encore ge- 
lé & qui remplifloit cette efpace. Je fis une 
troifiéme expérience , dans laquelle après 
avoir tiré de fa mefine manière la glace 
fcors du vaiffeau , je perçay avec une gran- 
de épingle l'endroit du petit trou qui s'é- 
toit gelé , & où la glace eftoit plus élevée 
4 un pouce qu'au refte , par l'eau qui s'étoit 



F 



Té* pu Mouvement des Eaux 

répandue prés du petit trou & s'y étoitge-^ 
lée > il fe fit un petit jet-d'eau par le trou 
qu'avoit fait l'épingle après que je l'eus 
retirée , & Teau fe g la de nouveau 
dans le trou. Je cbntinuay à percer cet en- 
droit de temps en temps jufques à ce que 
Feau fut toute gelée > J'expofay en fuite 
cette giace à l'air froid pendant toute la 
t\uit fans qu'elle fe rompît -, ce qui me fît 
eonnoître manifeftement que la rupture de 
la glace dans les expériences précédentes 
procedoit de la force du reflort desbuiles- 
d'air. Le milieu de CJtte glace eftoit mêlé 
à peu prés d'autant d'air que de glace, & 
il y avoit bien moins de bulles à propor- 
tion vers l'extérieur de la glace. Si l'on f iir 
bouillir l'eau pour en faire fortir la matiè- 
re aérienne avant que de i'expofer à la ge- 
lée, il fefera de ta glace jufques à deux 
ou trois pouces d'épaifleur qui h'aura 
point de bulles vifibles & fera parfaite* 
ment tranfparente & propre à faire le met 
me effet pour brûler au Soleil que les 
verres convexes > Voicy la manière de ren- 
dre cette glace convexe. Ayez un petit 
vaifleau creux en dfcmîe fphere dont le 
diamètre foit d'un demy pied , mettez* 
y un fragment de cette glace tranfparente 
& la mettez fur un peu de feu pour en fairç 
fondre l'extérieur > vous verferez Teau par 
ipdiaatiojaà mefure que l'extérieur delà 



/. Partie* n 

gjface fe fondra : retournez-la de l'autre 
coté & la faites fondre de mefme jufque» 
à ce qu'enfcn elle ait pris une figure con- 
vexe des deux coftez bien polie & unifor- 
me j alors file Soleil lu t elle fera ipeu pré* 
le mefme effet pour brûler du papier noir- 
*y ou de la poudre à canon , comme fi c'é- 
tait un verre convexe. Quelques-uns ont 
cru que l'eau bouillie fe geloitplus aifé- 
ment que l'autre, mais en ayant mis de 
Tune & de l'autre également dans deux 
verres égaux * & ayant fait enforte qu'elles- 
fuflent refroidies également avant que de 
les expofer à la gçlee , je ne pus jamais^e-» 
marquer qu'elles gelaflent plutôt Tune que 
l'autre* 

Dans Tes endroits des Rivières où l'eau 
eft dormante, il s'y amaffe de la boue dont 
(1 fort beaucoup d'air quand on marche 
deflus > bu qu'on y foure un bâton, (bit 
que cet air s'y forme peu à peu de ta ma* 
tiere aëdenne qui fe trouve dans I eau de 
la Rivière , foit qu'iï procède de ce que 
l'eau defeendant par de petits canaux au 
deflbus de fon lit , fait élever l'air qui s'# 
trouvé, lequel rencontrant la boue syar-» 
jrefte. Outre la matière aérienne qui fe 
trouve dans l'eau , il. y en a une autre qui 
peut eftretippellée matière fulminante que 
j*ay reconnue par plusieurs expériences 
^omme celkque je rapporte icy ;. Mettes 



îî Du mowvstnettt des Eaux 

dans un petit vaifleau de cuivre ou d'e- 
tain une grofle goûte d'eau & de l'huile ait 
deflus jufques à un pouce de hauteur , met- 
tez une chandelle allumée ati-deffous du 
vaifleau à l'endroit où eft la goutte d'eau y 
vous verrez qu'il en fortira de petites bul- 
les d'air pendant un certain temps, & qu'en* 
fuite il n'en fortita plus ou tres-peu ornais 
quand l'huile fera échauffée il le fera des 
fulminations dans la goutte d'eau qui fe- 
ront fauter une partie de l'huile en haut , & 
pourront feparer la goutte d'eau en deux 
eu trois parties. Cet effort peut procéder 
de»quelques parcelles de fefs ou d'autres 
matières inconnu?* diffoutes dans l'eau, 
lefquelles .ayant atteint un certain degré 
de chaleur fe dilatent tout à coup comme 
fait l'Or fulminantr 

L'analogie qui eft entre Fhuiïe & leau 9 
tft que l'huile s'affermit 8c fe gelé par un 
;rand froid > mais moins fortement que 
leau; qu'elle devient coulante à une mé- 
diocre chaleur , qu'une grande chaleur la 
fait élever en fumée & en exhalai fons fem- 
blables à peu prés en confiftanee aux va** 
peUrs qui fortent de l'eau , & enfin que 
ces fumées , du moins leurs plus fabules 
parties , fe change en flame par une très- 
* grande chaleur. 

L'air , le mercure , & l'eau où il y a beau* 
jgpopde fcl comnuin diflbusp pcfe gelentpas* 



/- Partie- jff 

ny ne deviennent pas durs au froid non plus 
que Vefprit de falpeue , l'efprit de vitriol & 
les autres eaux fortes, mais ces matières de* 
meurent toujours liquides & coulantes >k$ 
eaux fortes s '.élèvent auffi en vapeurs par la 
chaleur. 

Le mercure, l'eau, l'huile, le vin,l'efprit de 
vin &les autres liqueurs fe dilatent par la 
chaleur , & fe condenfent par un médiocre 
froid , fans qu'il paroiife pourtant qu'au* 
cun air y foit mile ou qu'il en forte aucu- 
nes bulles. Mettex de l'huile dans une 
bouteille qui ait le poulet long & étroit , & 
la chauffez médiocrement ; elle montera 
peu à peu dans le goulet, & en fe refroidit* 
Tant elle defeendra jufques i la pomme fans 
qu'il y paroi/fe entrer ou fortir de l'ai/; & 
mefmefi la bouteille eftant toute pleine 
d'huile médiocrement chaude , on la ren- 
trer fe. en la foû tenant avec le doigt, & qu'on 
trempe le bout dans de l'eau froide jufques 
à la moitié du goulet , l'huile ferefroidif- 
îant quittera le goulet qu'elle pecupoit, & 
Teau y montera ; rnais fi on chauffe de nou- 
veau mediperement la bouteille l'huile 
redefeendera & chaflerafeau fans qu'il pa- 
iroifle s'y fermer aucunes bulles d'air. Cet 
effet e# tr.es- fenfible dan$ l'cfprit de yin 
dont on remplit les thermomètres de verrp 
/celiez hermétiquement* car quan4 il fait 
t>içn ffpid , Yç fpyit de yin defcçnd jufquç* 



T4 Du mouvement des £/tux 

a la pomme» & dans le grand chaud il 
monte jufques au haut du tuïaa , quoy- 
qu'il foit de plus de deux pieds de hauteur. 
J*ay vcû des thermomètres pleins de mer- 
cure au lien d'efprit de vin, qui fai. oient à 
peu prés le met \\ e effet. 

Le mercure ne s'élève en vapeurs qu'à 
tinc grande chaleur. J'ay tenu pendant 
deux ans une pptite bouteille ou il y avoit 
environ une livre de mercure dans un ca- 
binet , où le Soleil luifoit pendant l'été \ j'y 
trouvay fenfiblement le mefine poids au 
au bout de ce temps-là > mais fi on en met 
dans un aflèz grand feu, iiy élevé tout en 
Vapeurs invifibles , lefquelles eftant re- 
çues dans un alambic , elles fe remettent en 
mercure coulant & liquide comme avant 
leur «vaporâtion. 

On remarque dans l'eau une efpece de 
vifeofité , qui attache fes parties l'une à 
l'autre & à quelqu'autres corps , comme 
"au bois & au verre bien net , en forte qu'u- 
ne goutte d'eau affez groffe demeure fuf- 
penduc au verre & au bois fans tomber, 
& lors -q Ton en verfe dans un verre 
"bien net lans l'emplir entièrement , elle 
s'élève joignant le verre au-defliis de fon 
niveau jufques à plus d'une ligne & demie : 
•& quoyqu'on ne puifle bien dire en quoy 
confifte cette vifeofité , il eft confiant q«c 
£es effets fe font toujours -, ain/i deux gou&- 



/. Partiel rç 

tes d'eau feparées fe joignent enfemble & 
nefo t plus qu'une feule goutte auffi-tôt 
qu'elles vienr^ent a fe toucher tant foit peu : 
la même chofe arrive a deux gouttes de 
mercure, à deux. gouttes d'huile pofées 
doucement fur de l'eau en les approchant 
i'u^e de l'autre * v & mêmex)nvoit que les 
petires bulles d'air qui font au fond d'ua 
plat plein d'eau quand il a éré fur le feu, 
fe joignent à celles qui leur font voifines 
fi on les pouffe furie contre 1 autre avec une 
épingle ou autrement* J'ayveu une fois 
rouler le long d'une table de pierre polie, 
un peu de mercure de la grofleur d'un pou- 
ce , il rencontra un petit creux dans la ta- 
ble où une petite partie. du nièreure entra , 
& le refte continuant de couler fut fur le 

Î>oint de fe feparer du peu qui étoit dans 
e creux , ce qui les joignoit n'ayant plus 
qu'environ deuxlignes de largeur ;mais cet- 
te vifeofité qui lie en femble les parties du 
inercure îem pécha , & ce qui étoit pafle fe 
raprocha de la partie qui étoit dans le creux, 
£c tout le mercure s'arrefta deiïus & à Ten- 
tour. Pour expliquer en quelque façon cette 
vifeofice , on pourroit dire que chacune de 
ces matières ont leur petites parties en 
perpétuel mouvement , & que celles decha* 
que efpece ont de certaines figures propres 
£ s'acrocher & à fe lier les unes aux autres , 
$:<ju eljes s'embar^ent & s'acrophent ne-* 



i6 Dm Mouvement des Eaux 
ceflairement par leur mouvement des que 
elles fe touchent. Il y a une autre caufe 
qu'on pourroit conje&urer , fçavpir que 
Fair ayant une vertu de reffort reduiroit 
ces corps fluides au plus petit efpace qu'ils 
peuvent occuper qui eu la figure fpheri- 
que > mais il pourroit auffi-bien réduire en 
an globe feul une goutte de mercure & une 
goutte d'eau , & même cette caufe n'auroit 

I>oint de lieu dans la machine du Yuide 
orfqu'on a pompé Vair qui eft deflbus un 
récipient , car ce qui en refte n'a plus de 
pefibrt confiderable & cependant les goût- 
tes d'eau & celle de mercure fe joignent 
enfemble & prennent une rondeur dans cet 
air extrêmement raréfié de la même ma- 
nière que dans l'air commun. Dans ces 
doutes on pourra fe contenter de prendre 
pour principe d'expérience que les fluides 
de même nature font difpofez à fe joindre 
enfemble auffi-tôt qu'ils fe touchent &l'on 
appellera cet effet fi Von veut, mouvement 
à. union. Il y a aujlïï de certains corps où 
l'eau ne s'attache point ou très • difficile- 
ment comme la graifle , les feuilles de 
choux non maniées , les plumes de cignes 
& canars,& elles s'y mettent en petites boit* 
les , ou fi elle y eft en grande quantité elle 
fe met en rondeur aux extrejnitez , le refte 
demeurant de niveau, Le mercure ne s'at- 
tache ny au verre ny au bois ny à la pierre , 



9c ctft ce qui luy a donné lie fioffi <ïe vif- 
argent , car lorfqu' il eft en petite quantité 
il roule for ces matières par fa peianteur , 
jufques à ce qu'il rencontre de petits 
creux qui te retienne » mais il s'attache' 
facilement à i'eftain > à for , & à quelques 
autres métaux & même il s'y imbibe de' 
manière qu'il en cii (continue les parties & 
ne coffipofe plus qu'un corps avec elles , 
tfeftce que les Chimiftes appellent amal-- 



■MtaMi«^IBw^taMtaMMk«a*^IMr< 



SECOND blSGQURS, 

.De l'origine des Ftnt dines •- 

LEs vapeurs' aqueufes qui sr* élèvent 7 de** 
mers, dc$ rivières, &des terres hu- 
mides étant arrivées à là moyenne région 
de l'air , & y ayant formé des nuéesVy re- 
froidirent , & eites ne peuvent pas monter 
plus haut , parce qu'elles rencontrent un air 
moins condenfé que celuy quiCeft proche 
de la terre , & cet ak efiiant moins pefànt 
qu'elles ne les fçauroir (buftenir. Ces; 
vapeurs eftant agitées-pair lés venw feren- 
contrent lés unes lés autres & s'attachent 
etifembfe & de plufieurs petites' gouttes 
imperceptibles il s 'en fait d aflez grofles- 
qpi commencent £pefer plus que Tait qui 
cfc au deffous^ & en dçfoendàni? peu à peu 



T&f Dit Xfottvemtkt dks Eaux. 
elles en rencontrent d'autres plus petîteft 
d'où il awrivc qu'elles iègrotfiflent fucceffi— . 
veinent , & par ce moyen elles deviennent: 
çrtfin âes gouttes de phiye y celles qui vien-' 
nentdeà nuées fort hautes font les plus* 
groflès parce qu'elles ont plus d'efpacef 
pour fe.grpffir ; & Ariftote s'efi tromjpé 
quand il & foûtenu, ]e contraire t h rai fo nu 
qu'il en donne eftquefi Fon jette un feai* 
d'eau par une feneftrefort élevée , elle fe. 
divife en de plus petites gouttes que fi Foi* 
ncTavoit pas jettée défi baux î mais cette* 
compararifaiî eft tram peufe, car iieftbien 
vray qu'une goutte groflk comme le pouce 
tombant plus vifte par Faix qu'une fort 
petite fe fepare facilement en deux ou trois? 
parties par le choq de t'air , principalement 
quand il fait un grand vent , & âinfiies plui 
grofles gouttes ne font ordinairement que . 
d'environ trois lignes de largeur, &lor£ 
que deijx ou trois de ces gouttes fejoi-, 
gnent enfembie ctles fe feparent incontinet 
après , mais elles ne peuvent arriver à cette ; 
giofleur de trois lignes de diamètre qu'a- 
pies s'être jointes plufieurs enfemble y 8c x 
en voit tomber fouvent quand ïes brouil- 
lards s'épaiffiffent de «es- petites gouttes 
de pluye qu'on ne peut bien difcerrier que 
quand il -y a quelque objet noir par der- 
rière. ' 

•Puis doJKq^e lapk\yç^fQn«çoiiun?tt't 



»_* 



/f Partie ' i* 

Ciment eft très menue', il eft évident qu'il 
faut qu ? elle tombe de fort haut' pour' fé 
groffirj & c'eft par cette raifori que les pluies 
d'hyver font ordinairement fort menues 
parce que les nues ne s'élevênt alors qu'à 
une petite hauteur. J'ay obfervé que Tait 
étant couvert de groffes nues & faifant 
une pluye fort épaiflfe avec de grofles gpùt- 
res au bas dHine'montagne fort haute,' les* 
gouttes- ëtoient moindres à mefure que je 
xnontois au haut de la montagne , Se quand 
jt fus prefque au plus haut , la pluye étoi; 
très menuet j'eftois alors dans un brouil- 
lard qui m'avoit paru une nuée quand j'é- 
tois au bas de la montagne^ 

Une feule nuée pouflee par des vents - 
Impétueux peut donner delà pluye fucceffi- 
vement par une efpace de plus dteinquan-; 
te lieues, ce qu'on a remarqué fouvent par 
les dégâfts que fait lâgrefle qui fé fornxe : 
dans une feulé nuée. 

Les piûyes étant tombées pénètrent -dànr 
la terre par de petits canaux quelles y' 
trouvent , ce qui fait que Iorfqu'on creuj("çj- 
Û terre vtti peu profondément on rencon- 
tre d'ordinaire de ces petits canaux , dont- 
Peau s'aflemblant au fond de ce qu'ôn^ 
creufé fait l'eau des puits j mais J'eau des 
pluyes quitombent fur les colin es & fur 
les montagnes ayant pénétré la furface 
de la terre, principalement quand elle eft' 

Bij 



r 



*p Dm Mouvement dis Eaux* 
fcgcre & mêlée cfc cailloux & de racinei; 
4'arbres, rencontrent fouvent de la terre 
riaife , ou des rochers continus le long def- 
quelles elle coule ne Iespouvant pénétrer 
jufques a ce qu'étant au bas de fa monta- 
gne ou à une diftance confiderafcle dif 
ibramet , elfe reflort a Pair Se forme les 
fontaines, cet effet de la nature eft aifé à 
prouver y car premièrement Teau de& 
pliiyes tombe toute Tannée en aSez grande, 
abondance pour entretenir les fontaines: 
& les rivières-, comme on le fera voiren^ 
fuite par le calcul •,. fécondement-oniemar- 
cjue tous les tours que Tes fontaines aug- 
îrientent ou diminuent à mefurc qu'iTpleut 
eu qu'il ne pleut pas , Se s'it fe pafle deux, 
nabis entiers fans pleuvoir confiderable- 
ment, elles diminuent la plus-part de la. 
moitié >& (lia (fecKerefle continue encore, 
deux ou- trois mois , la plus- part tan ffent: 
te les autres diminuent des , y ou des ~ d'où. 
Ton. peut conclure -que s*il ceflbit un an. 
Entier de pleuvoir , il'ne refferoit queforti 
peuple fontaines dont la- pins- part feroient 
tïes- petites ou quèHes cefler oient toutes* 
entièrement* 

* Les grandésrivieres comme là Seine , di— 
mintlëntfouvent àla fin dé l'été de. plus des. 
-de fit grandeur qu'elles ont après lés gran- 
des pîuyes > quoy-que la fecherefle ne 
étire pasjrois mois de fuite : & s'il y, a quel- 



L Partie. S* 

Sues fontaines qui ne dimhiurtnt qjie de 
la moitié ou du tiers, cela procède de ce 
qu'elfes ont de grands refetvoirs qu'elles 
ont creufê dans les rochers en ayant em- 
porté les terres Se ne s^érant fait que de pe- 
titesiiTuës : d'où vient qu'elles ne croiflent 
pas tant que fes autres par les pluyes con* 
tinuelles. Quelques Philofophes apportent 
une autre caufe de L'origine des fontaines r 
fçavoir qu'il s'élève des vapeurs du pro* 
fond de la terre lesquelles rencontrant de* 
Rochers au haut des montagnes en forme 
de voûtes , s'y reduifenr en eau* comme 
dans le chapiteau d'un alambic , Se que 
cette eau coule en fuite au pied ou dans le 
penchant des montagnes» mais cette hy- 
potefefe peut difficilement foùrcnir, car 
fi A B C eft une voûte dans une montagfie 
I>E F U il e(l manifefte que files vapeurs- 
fè rednifoient en eau dans* te concave de 
cette furfaceA B G \ elle tomberoit per- 
pendiculairement vers H G I & non vers 
LouM>& par conséquent elle ne fer oit ja- 
mais aucune fontaine , d'ailleurs on nie 
3u'if y ait- beaucoup de telles caveenes 
ans* lés- montagnes & on-nefçauroit lest 
faire voir , que fi on dit qu'il y a de la. 
terre à côté & au dèflous de A D C , on ré- 
pondra que lès vapeurs s'échaperont à côté- , 
xcis A & C & qu'iF s'en refoudra fort 
jeu. en eau , & parce qu'on voit prefque 



ti Du Mouvement des Eaux. * 
toujours de la terre glaife où il y a des fon* 
taines, il eft très vray-femblable que ces* 
prétendues eaux alambiquées ne* pour- 
roient paffer au travers, & par confequent. 
que les fontaines ne peuvent pas être p;o^ 
chiites par cette caufe. 




2> H 



Quelques Auteurs rapportent que des 
fontaines ont ccflc d* couler pour avoir 
donné jour a de grandes concavitez fôû- 
terraines , d ou il écoit foitï une grande 
quantité de vapeurs qui fe refottdoient en 
eau dans ces cavernes : cm peur-fépondre 
à cela que ces h'ftbires ^ont (ufpecîes,oiv 
fifc nie pourtant pas quM n'y puifle ^voir 
dételles difpofitions dans le haut d'une 
montagne principalement dans celles qui 
font couvertes de neige , que Us vapeurs 
qui ft condenferoient par la rencontre d*un 
grand lit de pierre comme dans un al m-< 
bic, pourfoienr former quelque' petïtBIec* 



r. Ttrtfi. '2jt 

cTéatr qui fortiroit à coté s mais cela eft très, 
difficile à rencontrer , & on n'en pourrait: 
tirer de confequence pour Tes autres Fon- 
taines. 

. On obje&e encore que fes pluyes de. 
F efté quoy-que très - grandes , n'entrent 
dansJk tetre que d'environ un demy. pied* 
ce qo'on peut remarquer dans les jardinai 
& dans les terres labourées : je demeura 
d accord de f expérience > mais je foûtiensr 
que dans les terres non cultivées & dans. 
les bois il y a.plufieurs petits canaux qui 
font fort prés de k furface > dans lefquek 
Feau de l'a pluye entre, & que ces canaux 
font continuezjufquesi une grande pro- 
fondeur, comme on levait dans les puits 
creufez profondement , & que quand il 

{>leot dix ou» douze jours de fuite, à fa fin 
edeflus des terres labourées shumedke 
entièrement > & le refte de l'eau pafle dans' 
les petits canaux. qui font au-deflbus, SC* 
qui n ont pas efté rompus par le labourage* 
On voit dans les caves de l'Observatoire 
Royale de Paris plufieuis gouttes «Leaii- 
qui tombent du- haut des voûtes naturel- 
les de pierre qui y font , mais il cffcaifé de 
remarquer qu'elles ne procèdent pas des» 
vapeurs* car on les voit toujours couler » 
par quelques fentes ou par quelques petits 
rroux dû Rocher , lés autres endroits de* • 
meurans fecs ou fort pe» Jaurnides , & ceU [ 



ï£ Du Mouvement des Ea**' 
arrivé après de grandes pluyes : il y a mê- 
me un endroit où eft la plus grande voûte ,► 
oiildiftilc en tour temps beaucoup de' 
gouttes d'eau , mail elles procèdent d'un: 
amas d'eau qui eft directement au defliis. 
: Il y a des carrières en plufieurs endroits 
dont le haut eft en forme de voûte , & il 
n'y a que vingt ou trente pieds de terre air 
defliis, où Ion peut remarquer que les* 
petits égouts d'eau qui s'y font patient par 
de petites fentes entre les lits de pierre & 
qu'ils procèdent des piuyes , parce qu'il* 
ne paroiflent qu'après de grandes piuyes v 
& qu'ils ne durent que Quinze jours ou 
trois femaines après qu'il a cefle de pleu- 
voir y Se on peut facilement juger que les* 
autres écoulemens des fontaines £e font de 
la même forte. 

Lefté de Tannée id8i. fut tres-fec eit< 
France > ce qui fit tarir la plus- part de^ puits • 
&des fontaines en beaucoup d'endroits, 
&quoy- qu'il fît un affez grand froid à la? 
fin d'Oâobre & au commencement de 
Novembre > les eaux continuèrent à dimi- 
nuer, os qu'elles n'enflent* pas fait s'il fc 
fut formé de l'eau pat les vapeurretevée*- 
des lieux foûterrains & condenfees par le 
feoid de la furface de U terre. Il y a un creux 
dans les caves de l'Oblèrvatoire où il y 
avoit toujours de l'eau depuis Tannée \66in 
Jilfijuea, çn îé&i. maisla fechereflè de cette 

annes- 



t jftirri* *£ 

jftttnéc la fit defTechex entièrement , & il ny 
icn avoit pas eacoreeoe feule goutte en Fé- 
vrier i*#z. quoy qu'il eût beaucoup plû 
.pendant pluheurs jours au commencement 
kc ce mois » & l'efté faivant ayant 'été fort 
pluvieux , i*eau n y revint pourtant point 
.au mois *de Septembre, nymeme pendant 
les deux années fuivantes. 

Si lonjette furtm terrein fermée difficile 
à être pénétré par l'eau , une grande quan- 
tité de pierres > de fable & de plâtras me-» 
lez de terre jufques à dix ou douze pied» 
jde hauteur » il fe fera une petite fontaine au 
lieu le plus bas qui coulera toujours > fi ce 
terrain cft de la grandeur d'un arpent ou 
de deux. . 

J'ay veu cet effet dans une place où Ton 
•avoit amaffé des plâtras de la hauteur 
d'environ trois pieds „ elle contenoit en 
furface un peu moins de 500. toifes , il arri- 
voit que les «aux des pi uy es qui tomboienc 
iur cette place & fur les toits des maifbns 
voifines étoient retenues par ces plâtras , 
& ne palîoient que peu à peu à travers , & 
ne pouvant pénétrer le pavé & le terrain 
ferme qui eftditau-deffous , & elles fe reri- 
doient enfin vers un endroit le plus bas où 
il fe faifoit un petit filet d'eau continuel* 
Quelquefois les terres des montagnçt 
ibntdifppféçs de telle forte que les eaux qui 



! > 



lé 3h Moutiâment des £a#xl 
y entrent peuvent reflbrtàr à lai r&: coûter 
.entre deux terres oie eïitre la terre & les 
xpchers;& alors on; ne peut les découvrir 
qu'en faifant des tranchées à my -côte aflla: 
profondes > & il arrive fbuvent qu'on ra*- 
jnafle <Jes eaux enjraifonn^ble quantité p^r 
jCette manière, comme on la pratiqué ejt 
plufieurs endroits. 

Il y 3 quelques fontaines qui viennent 
*lu milieu des montagnes, & elles fe font 
ijors que Jes c*ux des jpluyes ayant trouvé 
paffagepar les terres fabionneufes & par 
îes fentes dçs rochers jufques aux deux 
tiers ou aux trois quarts de i'ijciterieur de 
ïa montagne , il s y trouve un fond contint} 
yde terre glaife ires- dure, pu quelques Uts 
M pierre continue où f eau s'arrête & 
s'amalTc jufques à une hauteur jponfidera-- 
J>lc, laquelle faisant effort de tous côtes 
par fa pefanteur, faix enfin quelques ou* 
,vcrtures yers le bas de \x montagne par 
quelques fentes des rojdiers. Ces portes dç 
fontaines durent plus que 4es autres pen* 
dant \çs grandes fechereffes > & peuvent 
tftre chargées de divers jfels èc d'autres 
matières qui s'y diflbudent. '-• • . ' 

* On voit quelques - fois des fontaines 
£:en élevées dans le haut des montagnes , 
JH quelques-uns foûtiennent qu'elles (bnj: 
*a/plus haut lieu ï jf'ay remarque une d^ 
pes fontaines dans une montagne à dejjx 



#. Partie ¥7 

îïeuSs de Dijon , elle donne beaucoup 
*Teau : &<juand on en eft fort près on ne 
*oitquîenviron quarante pieds de hauteur 
Je terrain au ddTus dont la pente eft tres- 
roide s mais fi l'on regarde de loin cette 
itnontagne., en la voit s'étendre par une 
3>enre allez fenfibie , jufques à plus de cinq 
cens toi fes de longueur & deux cens dp 
largeur. Or en cet efpace il tombe aflez 
-deau des pluyespourentretenir cette fon^j 
taine .comme il fera prouvé enfuite. 

II y a -des lacs au deïlus de quelques 
montagnes qui donnent de petits ruif-< 
ieaux : cela peut arriver , parce qu'il y a des 
terres àl'entour du lac plus élevées que le 
niveau de Teau & <f une grande «étendue. 
M. Catfni m'a dit avoir veu en Italie un 
tfflfez grand lac au deflus d*ttie haute mon- 
tagne où il y avoit deçà & de là des éléva- 
tions de terre de plus <Turve <lemi lieue 
de longueur qui étoient fouvent couvertes 
<ïe neiges , dontles écoûlemens nvec celuy 
des eaux des pluyes pouvoient aifément 
eutretenirlelac , qui doit avoir un terreia 
très- ferme au deflbus ou des rochers con- 
tinus, il y fait ordinairement très- froid* 
c'eft p0iir<]uoy cette eau ne s'exhale pas 
confiderablement. 

Il y a une fontaine au Mom-Valerien » 
à deux lieues de Paris i peu prés de mê- 
«ieu Le terrein qui la produit a envi* 



z9 T>h Mouvement dès Eaux* 
ron cent toifes delongueur y& xinqtiati? 
ce de largeur : elle til auprès d'une 
mai Ton enviton au tiers de la hauteur de 
la montagne. Il y a encore plufieurs au*- 
très endroits du mefme cofté * dans les- 
quels on trouve âc l'eau , & on y fait 
de petites fontaines coulantes > en creu^- 
fant la terxe de fept ou huit pieds de 
hauteurs car fi après avoir trouvé l'eau 
on continue l'ouverture hprifontale- 
ment tirant vers le bas jufques à ce qu'on 
ait gagné la hauteur du tertein > on au- 
ra une petite fontaine qui ne tarira que 
rarement. Il y a de l'autre cofté de la me- 
tte montagne tout au plus bas une affez 
belle fontaine qui ne tatdt point. H y en 
a aufll trois ou quatre à Mont-Martre *, la 
plus élevée eft environ à 50, pieds au de& 
lous du haut de la montagne > le terrain 
qui produit la plus grande , n'a qu environ 
300. toifes de longueur & ipo.de largeur. 
Elle ne donne au.ffi que tres-peu d eau., 
jnême après les grandes pluyes > les deux 
autres n en donnent pas chacune le quart 
de la grande, & ne coulent qu'après de 
q:es-grande$ pluyes. 

. La ville deJLangres efl: fituée à l'extre- 
mité d'une éminence fort élevée , laquelle 
continue dans la même hauteur jufques à 
une lieue de longueur avec une mediocrç 
largeur > il y a une apwe montagnç yi$-i« 



/. Psrtie. if 

%îs de menue hauteut & longMciîr à peu 
prés ,& de plus d'un quart de lieue de lar- 
geur, entre ces deux montagnes- il y a u$ 
grand valonoù coule unaiîez grand ruif* 
feau ou petite rivière qui procède de plu* 
fieurs fontaines qui ne (ont pas beaucoup 
éloignées du fommet de ces montagnes» 
& il eft aifé de juger qu'elles font produis 
tes pit les eaux des pluyes qui tombent 
fur les plaines qui font au haut , 8* qui 
ont un terrain fort (pacieux -, il eft vient 
davanrage de celle qui a le plus d'ctenduo 
en largeur. 

Toutes les autres fontaines font a peii 
prés femblablesà celle-là & doiventavoic 
des hauteurs confiderablcs au defTus de 
leur fortic. Il y a une campagne à fix lieue» 
de Paris > entre la valée de Palaizeau & 
celle de Marcoufllqui a plus de deux-lieucS 
de longueur & une de largeur > où loi* 
voit des marres en quelques endroits qui 
ue font furmontex que de cinq ou fix pie^» 
par les lieux les plus élevez , mais le ter* 
yain y eft très- dur à deux ou trois pied» 
de profondeur , particulièrement proche 
le Château de Bauregard où il y a trois ou 
4. de ces mares, & ce terrain eft tellement 
impénétrable à l'eau > que pour y faire une 
conduite d'eau , on s'eft contenté de creu- 
fer un petit fofle à deux ou trois pieds de 

profondeur > & le remplit de pierres fan$* 

~ *- *~* • • • » 



$é Du MoKVtmtnt des Eaux: 
mettre aucun ciment au fond; 

On pourroit objeéter qu'il ne tomfie" 
pas allez d'eau en toute l'année pour four- 
nir aux grandes rivières qui fe déchargent: 
dans la mer. 

Pour refoudre cette difficulté je me fer* 
d'une expérience qui a été faite à ma? 
prière il y a fept ou huit ans à Dijon par 
an tres-habile homme & très - exaft dans 
fes expériences, ltavoit mis vers le haut der 
/a maifon un vaifleau quarré'quiavoit en- 
viron deux pieds de diamètre , au fonct 
duquel il yavoitun tnïauqui portoitl'eai*» 
de h pluyequiy tomboitcUns un vaifleaif 
cylindrique, oùileftoitficile de la mefu- 
rer toutes les fois'qu'iï pleuvoit ; Car 
quand l'eau eûoit dans ce vaitfeau cylin- 
drique , il s'en exhaloit fort peu pendant 
cinq pu fix jours. Levaiffeau de deux pied»- 
eftoit foutemi par une barre de fer qui s'a- 
▼ançoit de plus de ffx pieds au-delà de lar- 
feneftre où elle eftoit potée & arreftée , afire 
qu'il ne reçut que l'eau de la pluye qui* 
tomboit ïannediatement dans là largeur 
dé fon ouverture, & -qu'il n'y entrât que* 
celle qui y devoir tomber félon là p opor- 
tion.de fa furface fuperieure. Le refultat 
de ces expériences- fut qu^en une année iF 
ponvoit ordinairement tomber des eaux de 
là pluye jufques à la hauteur d'environ dix- 
fept pouces. L'Auteur du livre intitulé 



et t Origine des Fontaines , affure avoir fai* 
une femblab'e expérience pendant trois 
années * & que f une portant l'autre il étoi* 
tombé de l'eau de la pluye cri un an ju£ 
^uesi 19 pouces. 1 lignes. |-de hauteur. 

Je prens moins que ces ob ferrât ion s , & 
je fuppofe qu'en un ah il tombe feulement 
de l'eau de la ptuye jufqucs à 15 pouces de 
Kautfeûr , fur ce pied-là une toife receVroit 
en un an 45 pieds cubes jd'eau , & fuppo* 
faht qu'une lieuï contienne de iongneui 
ajoo toifes v une lieuë quarrée conrien- 
droit 5 190 000 toifes fuperficielles , qui' 
multipliées par 45 donnent 1)8050000. 
pieds cuber. 

Les fources les pùsr éloignées de la Seine 
font à 60 lieues de Paris à peu prés , (ça* 
^oir celles de h rivière d'Arnianfoh Se 
des autres rivieres r qui entrent dans 1er 
rivières d'Yonne & de la Seine , à les 
prendre depuis les* fources les plus pro* 
ehes de la Loire auprès de la CHarite > & 
celles qtii entrent dansr la Marne depuis* 
«rel'es qui font Tes pins proches delaMeu- 
ic au-delà de Bar-le-Dfcc. La diftanec def 
c^es fources les plus éloignées Tune de l'aura 
treeftde piréfc de 60 acuci. Que fi foi* 
€oupe la rivière de Seine; fit une ligné* 
perpendiculaire qui pafle à cinq pu fit 
lieues de Paris , du côte de Corbeil > > 

ma u&xvç des fources vers les cxticmi* 

*^ • • • • 
G mj 



jz Du Mouvement ck s Eaux* 
ttz de cette ligne qui font disantes Ftfrap 
de l'autre d'environ 45 lictics. Je ûippote* 
donc que la continence de tonte cette 
étendue de païs eft deéo lieues de Ion* 
gueui revêtue , &de 50. lieues delargeup 
qui font 1000 lïeuës fupcrficielles dont le 

Sroduit par 138050000 eft 71415000000a 
'où Ton voit que les terres qui fourniflent 
l'eau de la Seine à Paris, reçoivent des 
pluyes 714150000060 pieds cubes d'eaa 
en un àn- 

La Seine an deffus du Pont-Royal lors- 
qu'elle touche les deux quais fans couvrit 
que très- peu: l'extrémité du terrein de part 
& d'autre à 400 pieds de largeur & cinq 
pieds de profondeur moïenne , elle eft 
alors dans fa moyenne grandeur , fa viteftfe 
au haut de l'eau eft telle qu'elle fait envi* 
fonijo pieds en une minute , elfe en fait 
&50 quand les eaux font en leur plus gran* 
de hauteur : car un bâton qui eft empor- 
té par le milieu du courant, va auffivîte 
qu'un homme qui marche bien fort 5 le- 
quel peut faire 15000 pieds en une heu- 
re >& par confequent 150 en une minu- 
te, c'eft-à-dire environ 4 pieds en une 
féconde > Mais parce que le fond de l'eau 
ne va pas fi vue que le milieu, ny le mi* 
lieu que la furface fuperieure , comme il 
fera prouvé enfuite j on peut prendre pour 
yîtefle moïenne 100 pieds en une minute» 



/. Parti*. ty 

Le produit de 400 pieds de largeur par 5. 
pieds de hauteur moyenne eft 2000 > car» 
elle a 8 ou 10 pieds en des endroits & fix » 
eu trois , ou deux en d'autres , & le produits 
de 200 par 10 pieds, fait 2000000 pieds 
cubes» & par confequentil paffe par une 
feâion du lit de la rivière de Seine au 
deffusdu Pont- Royal 200 mille pieds eu* 
bes en une minutte & 12000000 en une 
lieure,& en 24 heures 288000000 *ft en 
un aa 105120000000, qui n'eft pas la6 p 
partie de l'eau qui tombe en un an par les 
pluyes & les neiges *, fçavoir 714150000000 
pieds -cubes- li eft donc manifefte que 
c^uand le tiers de l'eau des pluyes s'éle- 
*eroit en vapeurs incontinent après être 
tombée y & que la moitié du refle demeiv» 
reroitdans les terres fuperficielles pour les 
tenir mouillées comme on les voit ordi* 
jaairement , & dans les lieux foûterrains au 
deflbus des grandes plaines > qu'il n'y au- 
roit que le refte qui s'écoulât par de pe* 
tits conduits pour faire les fontaines au 
deflbus on au penchant des montagnes , 
il y enauroitaflezpour produire ces £b ti- 
râmes , & les rivières telles qu'on les 
voit. Si on prend 18 pouces au lieu de 15. 
dans le calcul cy-defliis , on trouvera au 
Heu de 714150000000 > 8569S0000000 
pieds cubes, qui donneront huit fois plus 
g'eau que U Seine n'en fournit^ 



Jfif Dh Àiowomïnt* Ses Êàu& 

Pour calculer l'eau de la plus grande ftik* 
faine de Mont- Marne, il faut multiplier 
300 toifes de longueur par ibode largeur, 
$c produit eft 30000 toifes qui donne- 
ront à 54 pieds cubes par toife , 162000a 
jpieds cubes, à peuplés en un an. Orltf 
terrein de cette montagne efffabîonnsux 
iiifques à 1 ou j^pieds de profondeur, & 
re deflous eft une terre gfaife*, une partie 
de l'eau des grandes pluyss coufè d'abord 
au bas de la montagne , une partie dit refttf 
demeure dans le fable proche de la fur- 
face , le reffie coule entre Fe fable & la glai- 
fe , & û Ton fuppofe que ce ne foit que ta 
quatiiénae partie dtr totàt , qui eft dC 
J6700000 pintes en un an , ou 155341 etv 
un jour , ce qui fait 647* pinter ert une" 
heure , & ib^'etfirne minute , ce quart fè* 
roit environ i6*pintes par minute que dê^ 
Vroit donner cette fontaine , & c'eft cor 
quelle donne à fort peuples, lbrfcpj'ettb 
eft plus que médiocre. 



T K 0*1 S IE r ME DISCOURS. ' 
&e F Origine dès caufes & des Vents* 

* - 

L "Origine dès vents eft : beautotTp plu*- 
difficile à découvrir que celle desfon-i' 
t&ines, parce que chaque fontaine ay*at 



/. Partie. # 

fe cbîfttirêncement' de fa production » & 
FiffuC'de fa fource en une feule monta- 
gne, un feul homme en peut obfervei 
foutes les plus confiderables circonftan-" 
ees > mais un meine vent s'érendant bien 
fbuvent par Pefpace de plus de 100 lieues , 
il faut neeeffairement pkifieurs obferva- 
teurs en même~temps , pour fçavoir où ii 
commence & où il finis, & quel efpaceii 
occupe en» large mv 

Jay entrepris plufîeurs fois d'avoir des 
correspondances pour ces obfervations 
dans des.ét&nducs àt fèpt ou huit cens 
liouci en pfrifieitrs endroit d* l'Europe en 
même tem|îsScottime depuis Paris jufqu'i 
Varfotàe Sëvers les extremitez de l'Italie Se 
T£(pagne , & depuis* Londres- jufqa'a Con? 
ffântinople , de cent lieues en cent lieues \ 
mais quoyque plufiturs curieux à qui j'en 
avois parlé ou écrit me l'eiiAent promis $ 
& que de mon côté- je fifle exactement* 
Ifes miennes à Paris & ailleurs, je n'en af 
pu avoir que fort peu de corre (pondan- 
ts dont je parlcray dans la fuite. 

Ariftote & quelques aunes Phiîofophes 
ent cru que les vents procèdent des exa* 
halaifons ou fumées élevées de Fa terre s 
Forfqu elles fè refléchiffent apiés4tre mon-* 
fées perpendiculairement jufques à la 
moyenne région de l'air. Cette opinion % 
fort peu de vray-fembiance > caries exha* 



fR Va Mouvement des Eaux. 
ïaifons s'élèvent fort lentement , & paf 
confequent leur teftexion ne peut donne? 
qu'un roible mouvement à l'air , & ne peur 
produire qu'un vent très- médiocre 5 qui 
ne regneroit ordinairement que dans la 
moyenne région de Tair , Se ne defeen- 
droit pas jufquesd la furfacc de la terres 
Il eftvray que s'il s'élève en quelque lieu 
particulier une extraordinaire quantité* 
d'exhalaifbns & de vapeurs» elles pour- 
roient occuper a(Fcz de place dans l'air pour 
en repoufler une partie en circonférence,- 
mais ce mouvement d'air* feui fèroit trop 
foible pour produire un vent considéra- 
ble j & qui eût une vitefli égale à celle de 
lia plus-part des vents. U s'enfuivroit auffi j£i 
cette opinion 1 étoit véritable , qu'il ne, 
viendroit point de vents de la mer Ocea- 
ne vers les côtes de France Se d'Efpa- 
gne , puifqu'il ne s'eleve point d'exhahi- 
ions des eaux de la mer ou très- peu, mais" 
fèufement des vapeurs aqueufes -, & cepen- 
dant il s'y fait fouvent des vents d'Occi- 
dent tresviolens. 

Monfieur Defoartes qui a voulu rendre 
raifon de toutes chofes , a cru que les' 
nuées qui étaient fur le point de fe re fou- 
are en pluye , pouvaient produire les vents 
en tombant d'enhaut les unes fur les au- 
tres ; mais il n'a pas confideré qu'il n'y 
A peut de nuée fi épaiffe qui n'ait beau* 






/. Partie. çf 

<onp d'air dan&les intervalles des Vapeurs 
qui la compofent > &c que par cette xaifon 
l'air qui eu entre- deux nuées peut paffer 
facilement au travers à mefure qu'elles 
s'approchent l'une de Fautre , ou qu'elle* 
tombent de haut en bas yers la terre ; ad- 
joutez à cela que les nuées fuperieures 
defeendent fi lentement fur les inférieu- 
res , qu'il eA impoffible qu'elles donnent 
une grande vitefle à l'air qui eft entre-; 
deux, & il ne peut jamais en refulterua 
Mouvement d'air d'un feul côté qui puifle 
être porté par une efpace tant toit peu 
confiderable. La raifon qu'apporte cet 
Auteur pour prouver que ces jiuées fort 
élevées produifent les terapeftes, fçayoir 
que plus les corps pefans tombent de haut » 
plus leur chute eft impetueufe , eft un 
pur fophifme : car cela n'arrive qu'aux 
corps fort pefans . comme les pierres & 
les métaux , mais à l'égard des nuées qui 
commencent à defeendre quand elles font 
fur le ppint de fe rendre en petites gouttes 
depluyes > la plus grande viteiTe qu'elles 
puiflent acquérir en defeendant , eft de fai- 
te cinq ou fix pieds en l'efpace d'une fé- 
conde, & ces petites gouttes peuvent ac- 
quérir cette yiteffe en venant feulement 
de cinquante pieds de haut. Ce même 
Auteur a encore tâché d'expliquer 1m 
yepts par les dilatations inégales des v£~ 



1 



$ Dm Mowotment âu!L*#x* 

f>enr$ , & a foûtenu que les vapeurs fe dî- 
atant mille fois plus que l'air à propor- 
tion, «lies doivent être les canles des 
•vents , donnant pour exemple le vent des 
JEolipîies ; mais tous ces raifonnemens 
foht fondez fiir de fauffes fijppofitions j 
car il n'eil point vray que reatuétant ex- 
trêmement échauffée ne produife que des 
vapeurs , car elLe produit auffi beaucoup 
d'air & d'autres matières encore plus rarc- 

" -fiées , comme il a<étc expliqué cy-devant* 
£c c'eft ce qui fait le vent dfis Eolipiles i & 
non pas les vapeurs aqueufes que ces ma- 
tières raréfiées font fotsir avec elles. Car 
les vapeurs qui ne :font autre chofe que 

. de petites parcelles d'eau <jue la chaleur 
fait feparer du çefte de l'eau, nefe chan- 
ge point en. ait, A n'occupe pas davan- 
tage d'efpaçe pour être plus raréfiées , puif- 
que cette v dîl^taticn n'eft à parler propre- 
ment qu'une feparation de ces petites par- 
celles 3. de la même manière que lorfqu'on 
jette ,en l'air une poignée de cendres ou 
de t pouffiere dans une chambre , les petites 
"parcelles de la cendre étant éparfes , n'oc- 
cupent pas plus de place dansla chambre 
f que lorfqn elles étoient dans la main + 
& ne pouffent pas Pair au dehors pour fe 
/aire faire place > ,& s'il étoit vray que les 
vapeurs qui compofent une nuée fiflent 
#aitrjc des * r eçt5, h nuée dcjuejwroi* 



Itiftnobîlc & pouflcroit des vents de toute* 
part autour d'elle , ce qui eft contraire 
aux obfervatioas s^ar on voit par expé- 
rience qu,e les vents pouflêflt & empor- 
tent les rouées d'un igil côté , & qu'ils 
,x>ç<fupent beaucoup plus d'elp^ce en lar*- 
.jgeuc ,que les plus grofles nuées. J'obfcr- 
>*y un jour étant au 4iaut de la plate- fora- 
nte de FObfervatpire , qu'il venoir une 
jgrofle nuée du côte du Couchant , dont 
x>n voyodt tomber une j4uye fort épaifle^ 
cette pluye tomboit à joo. pas dc^Obier* 
*vatohe , .qu'an ce fentoit .encore aucun 
.vent confid.erâble fur la plate-forme i Je 
defeendis avec £.eux qui croient avec moy 
j>our éviter l'orage qui dura -fept ou huit 
jminuces, & loriqu'il fin fini, je vis U 
nuée qui étoit pafiee, ,& qui écoit déj* 
fort éloignée h mais il rie faifoit plus de 
Vent confiderable fur U plate-forme > ce 
qui me fit connaître manifestement , que 
x'étoit le vent qui avoit caufé cette pluye , 
£c qtfe la nuée d'où tpmboit la pluye n'a* 
voit pas produit le vent qui la poufïbit , 
jee que j'expliqqe en la manière fuiyante. 
- Lor fqu'il - s jpxcite par quelque eau le que 
fit foit un vent aÇTez grand en une partie 
de l'air proche de la terre , il chafle de* 
«vaut luy les vapeurs qu'il rencontre, 8c 
les amrfle les ..unes contre les autres en 
p àf Kjns îftx s'U fo0c avçc un? 



%é T)h Mouvement des K^uxi 
viteffe à faire 20 ou 25 pieds par féconde » 
il peut paffer 6 ou 7 lieues en une heure y 
-& former une nuée de plus d'une lieue de 
■longueur & de largeur, comme é toit celle 
4ont je viens de parler , & enfin lorfque 
les petites parcelles <Teau qui compofent 
les vapeurs font tres-preflees par le vent * 
il s'-en forme des gouttes de pluye > com- 
me il A été expliqué cy - devant , d'où il 
s'enfuit que c'eft le vent qui . fait les 
nuées & les pluyes , & que les nuées ne 
font point le vent. ; 

Voici quelques conje&ures qui me pa- 
toiffènt fort vray-femblables fuir les véri- 
tables caufes des vents , lesquelles j'ay 
fondées fur plufieurs obfervations que j'ay 
faites du fait faire , ou qiie j'ay tirées de 
plufieurs relations de voyages de mer. 

Je fuppofe que quelque vitefle quipuifle 
Être donnée à un efpace d'air de lagrof* 
feur d'une nuée , il ne peut continuer un 
mouvement fenfible au travers du refte 
de l'air immobile que jufques à un^quart 
de lieuë au plus , ce qui eft aile à prou- 
ver par expérience en pouffant le vent 
d'un foufflet d une extrémité d une cham- 
bre vers l'autre. 

> Je fuppofe encore qu'il s'élève plus de 
vapeurs des eaux des mers que des ter- 
res , & plus de fumées falpetreufes & 
£ilphurées des terres découvertes » que 



T. Partie*. 
de celles qui font fous les eaux/ 

Cela étant fuppofé , je dis qu'il y a 
trois caufes principales des vents , & quel- 
ques autres caufes particulières & moins 
importantes. Les trois principales & gé- 
nérales > font i° le mouvement de la terre 
de l'Occident à l'Orient, ou fi Ton n'ad- 
met point cette hypotefe , celuy du Cie! 
de l'Orient à l'Occident. 

i° Les viciflitudes des rarefa&ions de 
l'air par U chaleur du Soleil , & de fes 
condensations lorfque le Soleil cefle de 
TéchaufFer, 

3° Les viciffiipdes des élévations de \i 
Lune vers fon apogée , Se de fes dèfcéntes ; 
vers fon périgée. 

Les caufes particulières les plus considé- 
rables font, i' Quelques élévations ex- 
traordinaires- d'exhalaifons & de vapeur* 
de la terre en certains lieux: 

i° La cheue de s grofles pluyes , ou de 
quelques grefles grofles &c epaifles. 

j° Les éruptipnsde quantité d'exhalai- 
fons fui ph urées Se falpctreufes dans les 
tremblemens de terre, 

4° Les foudaines fontes dés neiges 
dans les hautes montagnes. Ces caufes par- 
ticulières fortifient les caufes principales, 
ou diminuent & empêchent leurs efforts 
félon la diverfite dés lieux & des tems, 
par plufieur-s corabinaifons. Les éruptions 

P 



I 



4^ Du Mbnveimnt ctes Eaux. 
des exhalaifons peuvent être fort irregu-* 
lieres dans les périodes des temps , & dans> 
leu» quantité odeur force , comme on voit* 
des irregularitez dans les périodes des 
tremblémens déterre, &; dans-la variation* 
de Taigiiirle aimantée , & Ton peut rap- 
porter les unes & fes autres à: quelques^ 
.grands changemens qui fe font de temps; 
en temps dans 1-i ri :e Dr eut delà terre. Lotir 
veut autfique les montagnes ardentes ne* 
ibnt pas leurs éruptions embrafées en des* 
intervalles, de. temps limitez^ périodi- 
ques. - 

Par ces-caufes tant générales que parti* 
culieress.on peut expliquer tous les vents,, 
comme on le verrat dans la fuite. 

Il eft '- mani-féfte » qae fiïla terre fe meut' 
autour de fbn centre d'Occident en Orient 
la furface va bçaeoup* plu* vite fous la* 
ligne équinoxiale, qirau 30 ou 40 d*gré 
de latitude, de part & d'autre , & que cet- 
te furfâce entraine, avec foil^air qui en eft 
proche , mais avec un peu moins de vi- 
teffe > ce qpi doit faire paroître un mou- 
vement d'air > d'Orient en Occident à 
ceux qui font fous Téquateur , jofques 
à* une latitude de plus dèvingrdegrezde 
part & d'autre, puifque ce mouvement; 
étant plus vite que ccî&y. r de l'air qui là. 
fuit, ils doivent fentir le choeq- de l'air 
eaijs: rencontrent fucaffivement , & c'eflf 



-de la que peuvent procéder ces vents qu on 
appelle Alizez , qui régnent prefque tou- 
jours entre les deux tropiques » mais qui 
ont cette différence , que lorfque 1er' So*-' 
leil eft au tropique du Caticer , il fe fait 
©tdinairement un vent d'Efinûrd-eft, o\f 
de N*rd-eft<> Si que quand il eft vers lé 
tropique de Capricorne , ce vent eft ordi* 
lïairement Sxd eft, ce qu'on explique ai- 
fément par la féconde eau Ce *, fçavbir > la 
rarefa&ion de Tait excitée pat la chaleur 
du Soleil : ; Car lorfquïl eft dans les ffgnes'' 
dû Capi corne & du Sagittaire , il échauffe 
beaucoup l'air & lés terres qui font au' 
deflous : d'où il arrive que cet air étant 
extrêmement' dilaté , & celuy- qui eft fous' 
les fîgnes oppofefc s'étant condenfc en:* 
même temps par le froid de Thyver qui- 
^ règne alors > il ffc fait necefiairement un 
mouvement d'air du midy vers leSepten- 
rfion , h quel fe joignant au môuv^emenf 
qui va d'Orient en Occident^ il doit faire* 
un vent compofé des deux , SçaVoir ui| 
Sud-^eft, ou Fjt'*> $nà - eft \ & au corrrsîre 
quand le Soleil eft dans le tropique du 
Cancer , iiyoijc fè faire un mouvement d'air 
àvr Septentrion vfrs Pautrô Pôle , qui fe 
joigtiarrt atf même mouvement êt> l'Orient 
î l'Occident , fait le vent dç Nord - eft\ 
z* -*' Eft - nordi eft- 

- L>t Relacions 4c quelques Pilotes por- 

D ij 






44 Du Mouvement des EdU*. 
tent que les vents d'Occident régnent or- 
dinairement dans la mer Oceane , de- 
puis le 27 degré jufques au 40: J'explique 
ces vents en la manière fmvante , pre- 
nant le j 3 degré de latitude pour exem- 
ple. 

L'air qui cft entre les deux tropiques va 
tin peu moins vite vers l'Orient que la 
terre qui eft au défions , puifqu on n'y 
lent qu'un vent médiocre , qui ne fait pas 
ordinairement plus de huit ou dix pieds 
en une féconde , an lieu que la furfacc de 
Ta terre qui eft fous l'équateur 5 fait dans 
le même-temps environ 1423 pieds :. mais 
la furface de la terre au 3$ degré de lati- 
tude , ne fait que 1195 pieds ySc par con- 
fequent fi l'air qui eft en et parallèle aU 
loin anffi vîte que celuy qui eft fous l'é- 
quateur , il iroit plus vîte que cette fur- 
face d'environ 128 pieds par féconde. 
Or fi l'air du 33 degré navoit fon mouvez 
ment que de 1* terre qui eft au deflous qui 
P entraine > on y fentiroit un vent d'Orient > 
dont la viteffe feroit d'environ % ou 10 
pieds par féconde ; mais parce que Fait 
qui eft depuis Téquateur jufques au 10 de- 
gré , entraîne celtty qui eft i côté tou-* 
jours en diminuant jufques au 33 degré > 
il peut arriver que cette diminution s'y 
reduifè à 20 pied$ par féconde , de maniè- 
re qu'étant jointe i la diminution de iq 



7. Pdrtiel 5ft 

pieds par féconde en un fens contraire qui 
fe feroit s'il n y avoit point d'autre caufe , 
l'air y fera pouffé a faire i o pieds par fé- 
conde > plus que la furface de la terre vers 
l'Orient , & qu'on y fentira un vent d'Occi* 
dent 9 auffi grand que les vents Alizez le 
font entre les deux tropiques. Ajoutez i 
cela que les vents Alizez rencontrant le s 
cotes de l'Amérique courbées en demy~ 
lune depuis la Cayenne jufques au GolpHc 
de Mexique, peuvent fe réfléchir contre 
leurs hautes montagnes , & aider i pro- 
duire ces vents d'Occident , & augmen-* 
ter leur vitefle, & ces vents ferpient per- 
pétuels s'ils n'éroient empêchez quelque-* 
fois par une ou plufieurs des- autres catt-> 
{es dont on a parlé cy- devante 

H y a beaucoup d'endroits entre les» 
deux tropiques où il fe fait des vents ex- 
traordinaires qui viennent des terres vers 
la mer fur l'entrée de la nuit , & de la mer 
contre les cotes depuis que le Soleil eft 
levé jufques vers midy *, on explique ces» 
vents en la manière fuivante. 

Suppofons une grande Ifle qui foit au x% 
eu au zo degré de latitude, où les vents, 
Alizez peuvent: être foibles > le Soleil 
échauffant les terres de cette Ifle depuis, 
midy jufques à 4 ou $ heures du foir,& 
en même temps la mer qui en eft proche y 
il ne fe fait point de mouvement d'au 



4f , lfttm#*tfé*ièMrÏÏerÉâ*M . 
ferifible par cette caufe jmais immédiate* 
ifient après le Soleil couché , Pair de là 
mer fe condènfebeaucoup en fe- refroidit* 
fènt , &les tertes de Tlflè confervant long-* 
temps leur chaleur , l'air qui eft au deflus 
ne fe condenfe qu* peu à peu , & beau- 
coup moin$ au commencement que celuy 
de la mêr><l ? otHl doit arriver qu'il fefe* 
râ un vent par le mouvement de l'air de 
rifle qui coule pour remplir la place de 
celuy qtfrs'eft beaucoupcoiidenfé au deflîis 
de la mer yoifine. Mais au< moment qae 
fe Soleil fe levé, lès terres de Plfte étant 
refroid es par la longueur de la nuit , 8c 
Fair s'y étant beaucoup condeftfé , il fe 
doit faire uti réflux de l'air qui s'étoit 
avancé vers la mer, aflez grand pour pro- 
duire un petit vent venant de la mes 
contre les côtes. 

Les viciffitudés dès vents, oit leur flux 
& reflux fe remarquent encore félon quel- 
ques Relations le long- de la msr Méditer- 
ranée en de certaines fai fois de l'année* 
car elles aflurent qu'iF s'y fait uft venr 
d'Of ienrle matin , 86 un vont d'Occident le 
foir. Le premier peut procéder delàdila* 
ration^ de l'air qui fê fait vers les pays- 
qui font O'ientauxà cetre mer*, fijavoit : 
la Natolie , l'Arab e , &c,où le* Soleil tffc 
déjà fort élevé., quand il & levé à Tcgaid 
du; milieu de la Méditerranée, & ceuedi* 



"^ T. Partie. %? 

Étàtîon peut faire fentir un vent d'Orient 
vers les îfles de Malte & de Sioile : mais 
deux ou trois heures après midy le vent 
d'Occident s'y doit faire fentir jufques 
feien avant dans la nuit, à caufede la di- 
latation de l'air par la chaleur du Soleil» 
qui échauffe alors fortement les certes qui 
font au delà de cette mer en E (pagne &> 
©n i'Aflïique , & ccfle d'échauffer celles* 
qui font vers f Orient » d'où il arrive ne~ 
©eflairement qu'il fe fait un reflux d'air de 
tOccidentvers l'Orient dans le milieux 
de là Méditerranée- 

Dans là commencement d& Novembre il: 
fe fait dans rifle de France , dans la Bour- 
gogne, Su chns la Cha-m pagne dés vents 
du JW qui amènent de grandes pluyes;, 
parce qu*albrs les terres vers* le Polè Se- 
ptentrionatne voyent plus Je Soleil , & 
Pair s'y eondenfe beaucoup par un frotd- 
exceffif, d'où il" arrive- que les terres de 
l'Afrique étant alors beaucoup échauf- 
fées , y pouflênt leur air f>liifieurs jours 
durant, & y en font amafler au delà d^ 
Péquilîbre dont il réfttië Se fait un vent: 
dé Nord-efta&èz doux à caufë du venr 
dû Midy qui y a porté un air chaud, le* 
quel venant ircfluër donne un Beau temps 
Jkpeu froid jou" 4 jours de fuite, &c'eft 
ce qsi on appelle l'efté de. la Saint Denis 
ou de la Saint Martin. - 



jfl s T)u mouvement des E*u& 

On peut ai fément comprendre que lors- 
que le Soleil luit à plomo fur un grandr 
espace de terre , l'air qui eft au deffus» 
séchauffe beaucoup , & s'étend de toute» 
parts en circonférence , & que Taie s y re-« 
troidiflant de routes parts en circonféren- 
ce , pat l'abfence du Soleil, il y doit ve- 
nir un reflux d'air. Ce aux, & reflux de 
l'air fc voit Ken fouvent en petit. Mon-r 
fieur Huggens me dit un jour qu'il avoi^ 
obfêrvé que fa chambre étant bien Fer* 
niée 5 fon Baromètre qui étoit un de ceux 
qui font baifler leur liqueur par la plus 
grande pefanteur de Pair , & dot t les 
changement de. hauteur font fort fente 
blés, s'étoit baiffé & haufle- alternative- 
ment plufieurs fois en un quart - d'heure* 
J'en attribuay la caufe à quelque vent 
qui s'étoit rabatu dans la cheminée de (à 
chambre, lequel y ayant preffe l'air, luy 
a voit donné une plus grande force de 
teflbrt qui avoit fait defeendre la liqueur 
de fon Baromètre, & cet air condenfc 
ayant enfuite la liberté de s'étendre par 
la cefTation de la caufe , repaffoit par 1^ 
cheminée , & fon reffort étant diminué •' 
la liqueur du Baromètre remontoit > & 
parce que lé mouvement acquis par l'ai* 
qui remontoit par le tuyau de la chemi- 
née en faifoit fortir beaucoup plus que 

félon la proportion de l'éqiùliDres il fe 

« faifoit 



f. Partie. fy 

laffoit de nouveau une defceme 3e Tair pa* 
^e-mème tuïau, qui mettoit en colère la 
-condenfation de Tair delà chambre au 
delà de J'équilibre , & Faifoit defcendre 
la liqueur du Baromètre , & ainfi de fuite* 
«en diminuant peu à peu jufques à une en- 
tière réduction à l'équilibre 

J'ay vu un femblable effet dans un 
fourneau où l'on faifoit de la .chaux , â 
étoit comme une petite chambre voû- 
tée où it y avoit dans le milieu une fe- 
nêtre quarrée d'un pied & demy de lar- 
geur , par laquelle on jettoit le bok pour 
entretenir le teiij. Il arrivoit que le fe* 
étant grand» Tair enferme fe dilatoit ex- 
trêmement , & qu'il fortoit en partie par 
la fenêtre avec beaucoup de ▼iteffe, 5c 
le feu s**étant alors diminue par le dé- 
faut de Tair , la chaleur de Tair enfermé 
diminuoit , & devenant par confequent 
jjnoins raréfié , il en rentroit neceflaire r 
ment par la fenêtre en forme de vent qui 
fcuffloit le feu & le ràlumoit , ce qui fai- 
foit dilater l'air de nouveau par une aug- 
mentation dp chaleur, &: le faifoit re- 
fortir encore par la fenêtre. Cette viciflu 
tudé faifoit «une efpece de refpiratioa 
femblable a celle des animaux ; ceux qui 
faifbient ce travail me direct que la mê- 
me chofe fe faifoit dans tous leurs fouç- 
fi^aux i jçbaux * & ils me firent remar- 



<o Dp Mouvement de* Eaux* 
quer que les papillons & les autres zx&r 
maux qui voleht la nuit vers la lueur du 
feu, étapt àûnpiedou deux de la fenê- 
tre (étoiem entraine* dans le fourneau par 
i air qui y rentroit ^vec une grande vi- 
tefle après en être /prti. Le temps de 
chaque refpjratiqn étoit trois ou quatre 
fois £lqs fpng que .celuy de 4a refpiiwion 
des animaux. ' 

J*ay remarquay par plusieurs tfbferva- 
fions qu'à Paris & danfc le vorfinage , les 
vents font en rç jours à peu prés une revo- 
iùtibn entière , iouffiant fucceffivement de 
tçoutes les parties de l'horîfon , & qu'aux 
nouvelles & pleines-lunes le vent eftpref-* 
que toujours JV. & N. E. C'eft à-dire 7 
qu r e s'il le fait un vent de Nord a la nou- 
velle lune , il pafie à FEftèàns .trois oa 
quatre .jpur$ , & en fuite au S*d, puis à 
fOûeft/ôi fe remet au Nord vers là plei- 
xié-lunè , d'où il repaffe fucçeffivemerit vers 
tEfi , le Sud & tOûeJl ? revient à la nou- 
velle lune au Hordes au No.rd-eft* Quel- 
ques-uns 4 e f c * vents tournent quelques- 
ques-foisunpeu en arrière , comme de 
fOUifi.m Smi-Ouefi. & du Nord-Eft aa 
Nord , & alors ces vents durent fept ou huit 
jours : mais ils ne font prefque jamais un 
tbur entier. 11 arrive auffi qiielques-fois ijue 
4e vent pafle de tOkeftni Nord- Efi , & de 
fEftmSHd' 0\left\ fans queues vejps dfcn<* 



ttz-Hçux Ce faflent remarquer! 

On peut expliquer ces révolutions de ] 

vents par la trorfiéme caufeprincipalceft ! 

la manière fuivante. 

Il eft tres-vray - femblâble que la Lune 
fe levant a ion apogée doit entraîner beau- 
coup d'air après elle , fi l'on fuppofe qu'el- 
le; nage dans Pair , & que fon diamètre foit 
de 5 à 6 cens lieues , comme les Aftronô- 
mesTaflurenr, car en s'clevant elle doit en 
trainer l'ait qui eft luy proche, celui- cyl*air- 
<\ui eft au doubus , jufqu'aux terres qui font 
•fous la zone torride^ & par cette railon l'ait 
-qui eft proche des poietf de part & d'autre 
y doit couler pour conferver 1 équilibre du 
Teflbrt,ce qui doit produire le Nord vêts 
Je milieu de la zone tempérée Septentrio- 
nale , lequel fe joignant avec le vent d'Eft 
■oui eft produit par Ta même caufe premiete , 
içavoir par le mouvement de la terre , com - 
pofe le Nord- Eft qui règne à Paris ordina>. 
cernent dans les nouvelles lunes* 

Il Ce doit faire encore un petit vent 'de 
Nord par le grand mouvement de l'air 
entraîné par la terre , depuis la ligne é<qui- 
no&iale jufques au 50 ou 60 degré. ]*ay 
expérimenté que faifant tourner bien vi- 
te une boule de plomb de deux pouces de 
diamette proche d'un feau plein d'eau , 
il s elevoit vers la boule de petites faletez 
Wi croient au fond du feau > & ayant ûif- 

El J 



> 



£i DuMonvetytnt dey £au#. 

pendu une boule de 8 pouces de diamètre «J 
6c la faifatit tourner rçxediocrement vue, 
il fe faifoit un grand mouvement d'air à 
jcbxé y & un autre fort petit de ;bas en haut 
vers le pôle de 4a boule > ce que je con- 
noiflois par ,de petites duvets pofez fur lç 
haut d'un petit bâton perpendiculaire , dU 
ftant 4p àtux ou trois pouces de la bou- 
le , lefquels (e mouvoient comme pour fe 
leyer vers elle >:, mais ce vent étoit tres- 
'foible, P'oùl'on peut juger que l'air jver£ 
les poïes Ce meut contre la terre > & peut 
/étendre jufques aujo degré, & puis in- 
continent après que c£tte caufe à ceffé » 
fie avant que le reflux de l'air élevé par la 
Jane revienne -vers iespedes , Sç le jnouve- 
iVemcjit de la terre d'Occident en Orient 
|>eut faire paroîtte un vent d'Efl feui , qui 
^'ordinaire ne dure qu'un jour pu deux* 
7 car la lune revenant à (on perigçe , pouffe 
^réciproquement l'air vers les pôles > & il fe 
fait au ^ommenjçemcnt „un Sfid-Eft paj: 
la coirçbinaifon de ce mouvement d'air 
•vers les pôle?* & de çejuy xjui vient àp 
l'Orient. Le Su4 prédomine enfuite juf- 
cjues à ce <jue le grand mouvement des 
vents d'Occident qui régnent .jufques au 
•40 degré , comme il a été dit , &,qui 
peuvent quelquesfais s'étendre à huit ou 
dix degrez plus loin , s'avançait un peu 
•yfe le* climats Septentrionaux, & fcrn^ 



/. PaftU. fi 

Fant avec les vents du Snâ , faffent le 
Sud Oïtfly & le reflux du S*d étant céf- 
fé , le fèul vfcnt £ Que fi peut régner juC- 
ques a ce que le reflux de l'air , que le 
Sud avôit pouffé vers le Nord 9 joint k 
celuy qui çft entrainé par l'élévation fui- 
vante de la lune vers ton apogée , & par 
fe petit mouvement dont if a été parlé , 
fafle le Nord & le Nord - Eft\ comme à 
la nouvelle lune. Cette période & viciffî- 
rude des venrs arrive deux fois à chaque 
mois lunaire. 3'ay l'ay obfervç pendant plu- 
sieurs années, & quoiqu'il y arrive quel-' 
ques irfegularitez par les combinaisons 
des caufes particulières y j'ay prefqlie tou- 
jours trouvé que le Nord-Efi regnoit au* 
nouvelles St plèiries lunes : & le Sud &- 
VOUefi aux quadratures : mais on doit re- 
marquer , qùt comme dans les Rivierer 
où le flux de la mer eft pouffé bien Haut , 
le reflux commence à fe faire vers leurs 
embouchures pendant que lé flux monte 
encore au* endroits les plus éloignez y 
ainfi le Nord ou le Nord-Eft né foufflent 
pas à Paris* en meme- temps que la lune 
cft à (on apogée , & que ce neft Capter 
qu'elle s 'eft beaucoup rapfocKée de la ter- 
Pt. Il eft encore aife de juger que lbr£ 
que la lune eft vers le tropiqile du Capri- 
corne dans fa plus grande latitude auftra- 

&>. l'air qu'elle élevé alors ou quelle re- 



£% B u Mouvement des Eaux. 
pouffé , met beaucoup plus je temps £ 
faire fentirfon mouvement Vers les pay* 
Septentrionaux , que lorsqu'elle eft à fa 
plus grande proximité du pote Boréal , & 
même que le mouvement* peut être trop- 
foible pour s'étendre jufques vers le 50 
degré: de latitude Septentrionale. J'ay ob» 
fervé quelquesfois a Paris que le vent- 
ayant été Nord-Eft 7 ou 8 jours de fui- 
te , & que les vents du Sud devant 
foufflér i leur tour , le Nord-Efi regnoit 
encore par bas*, mais il y avoit des nuées 
fou élevées qui étoient pouflees en mê- 
me temps par le Sud > mais fort foible- 
ment; ce qui me fit juger que vers le 40 
degré de latitude le Sud & le Sud- Que A 
pouvoient être alors affez grands pour y 
régner feuls. Il doit arriver auffi que les 
élévations inégales de la. lune feront des 
différences confiderables à l'égard de ces 
vents, & tant pour leurs forces , quepouc 
les jours où ils doivent régner. Il eft mê- 
me neceflaire qu'il arrive beaucoup d'ir* 
régularités dans ces vents* par le mélange 
des caufes particulières dont il- a été par- 
lé y mais ces vents doivent être moins ir- 
reguliers dans les lieux où il y a peu de 
montagnes , comme dans l'Ifle de France & 
dans la Champagne , que dans * les lieusq 
fore montagneux. 

Le mouvement des vents n'eft jamais 



/ fartii. . • . * yjk 
«•ni forme non plus que le courant des ri- 
vières, & il s'y fait de la même manière 
des vogues & des tournoyemens qu'or* 
appelle des tourbillons . qui .ont de diffé- 
rentes vi telles. On obferve dans les grands 
orages que dans une largeur d'un quart d& 
lieue , où la plus «part des arbres ont été 
abatus, il y a des intervalles où il n'y en 
a point d'abatus , parce que le yent y a été 
moins violent. On remarque auflî quo 
tous les vents foufflent à reprîtes & pat 
bouffées, ce qu'on reconnoit même par 
le ion des cloches qu'on entend Sarfoi- 
blir ovC s'augmenter dans de petites inter- 
valles de temps. En voicy les caufes. Sup> 
pofons qu'un grand vent ay$nt beaucoup 
de largeur rencontre vers G des maifons Se 
de petites émidences , qui le faflent réflé- 
chir en quelques endroits , & faire des va* 
Sues nôri parallelles comme A , B , C , D , 
cft évident que le relîort qu'elles fe-» 
cont parleur rencontre en B , fera aller 




jglks vite la vague BD, & que celle qui crf 

E iiij 



fS &# Mouvement des 7-4UX. 
dans la diredtion G B choquera cnfofcC" 
Bien plus faiblement l'oreille en B. La" 
tfnefme chofe doit arriver en tous les au- 
tres endroits du vent. 

Il arrive quelque -fois que lbrfqu'utr 
grand vent en rencontre à côté un autre 
flus foible j foit qu'il luy foir oppofé ou 
non , il emporte l'air qui luy eft le plu* 
proche , & fe fait tourner en rond avec 
Une grande vitefle , & ce tournoyementf 
d'air qu'on appelle un tourbiUbn > s^avan- 
ce avec lé vent le plus fort, & enlevé tout 
ce qu'il enveloppe qui n'a pas beaucoup* 
de pefanteur s comme la pouifiere • , les feuil- 
les feches , & même des tas de foin tous 
entiers qui vont quelque s foi s tomber £ 
plus d'un quart de lieue de diftance. Ces 
tourbillon* enlevénr auffi quelquesfois 
mie grande quantité de l'eau de la mer > 
qui paroit à ceux qui là voyent de loin » 
comme une grande colomne d'eau. 

On voir un exemple de ces vents. qufc 
▼ont à côté Pun de l autre en un fèns con- 
traire dans de certaines cheminées* lors- 
qu'on y fait un grand feu , la chambre 
demeurant fermée : car l'air raréfié & la. 
flamme qui s'élevent font fuivreunc partie 
de l'air db la chambre , & ecluy qui refte 
étant trop dilaté par ce moyen , il faut 
neceflairement qu'il en revienne de haut 
en bas pat la cheminée.» lequel raknenf 



I Vtrt'tè. ff 

tint; partie de U fumée , & fa répand pat 
la -chambre , & ordinairement la fumée & 
fair raréfié montent d'un côte , & l'ait 
pefânt defeend par Tautre avec une partie' 
de la fumée , ce qu'on évite en laiffant I»' 
porte on une fenêtre à demy- ouverte-.- car 
l'air qui y entre fuie le mouvement de U 
fumée par ta cheminée, & remplit iuffi-- 
famment la chambre i Se s'il y avoir feule- 
ment un trou d'un pouce de diamètre damf 
la fenêtre ou dans la porte pour laiffer en- 
tre l'air du dehors^ il s'y fèroitunvem fi- 
grand qu'il éteindtoit les chandelles qu'on 
y expofeioîr. 

Lorfque le vent reneontte un obftacle 
comme une grande muraille , il change fa- 
direâiohjSc fe rabat au-delà de cet oblta- 
ele v comme on lé voit dans cette figure'. 



jS JS)# Mouvement des Eaux*- 
en laquelle A B repreferite la mur-aiHé-* 
& les lignes CA,GH ,-iL, FB , U 
direâion du vent étant libre. Qr il eft 
évident que Tau (e flïet en reflbrt entre 
A & B > & que ne" pouvant s'étendre vers 
emb^s , il s'étend du c&é de C À , com- 
me jufques à DE, & Fair qui eft vers Ri 
ayant peu de mouvement r cfcluy qui eft 
en D&M,y eft pouffé par celuy qui eft 
plus hatit de M. en N comme on le voit 
arriver à l'eau , au delà des piles des ponts' 
où elle eft fort rapide. 

De là il s'enfuit, que fi du côte que 
vient le vent il y a une muraille plus-hau-* 
te qu'une cheminée > la- fumée <» fort dif- 
ficilement , parce que Te vent rabat en toui> 
billon après avoir paffé la muraille , & en- 
tre avec force dans le tuyau de la chemi- 
née ', & quand même le mur feroit de ni- 
veau avec la cheminée, & un peu éloigné, 
il feroit à peu : prés un fèmblable effet * 
comme on le peut juger parla figure fui- 
vante , en laquelle A B marque la dire- 
ction durent , B C eft le mur oppofé à cette 
direékion , D E font deux tuyaux de che- 
minée à même hauteur que le mur. Les 
vent qui rencontre le mu£ eft repoufle 
comme en F G, fie n'entre pMnt dans U 
cheminée D, au contraire il entraine avec 
violence la fumée qui en fort : mais le vent' 

inférieur A B qui conferve» & vioLcocç le» 



i 






p 



Rtïcoturànr et» G, lé fait aller en tourbil- 
lon ,. & Iuy donne le mouvement en rond 
GHE y &par confequent il fe rabat dans 
la cheminée £, & empêche la fumée d'en 
ïortir. Que fi le vent ftape obliquement 
la muraile qui eft au devant des cheminées, 
la fumée montera aflèz librement > car la 
partie du vent ABfe réfléchira parle cô- 
té , & ne s'élèvera point: ou fort peu s 8t 
par confequent il ne fera point de tour- 
billon considérable qui rabatte les fu- 
mées. 

, La dÏTerfité des venu qui régnent en 
même temps en differens endroits > pro- 
cède de pju/îeurs caufës. 

La première eft', que les vents vont tou- 
jours pat un grand cercle, d'où ilefl aj£6 



6è îfu gouvernent dès Éan£> 
de juger , que fi un même vent d'Oiicfl on 
Sud Oùeft faifoit le tour de ta terre > il pa- 
tfoîtroit fort différent dails tes lieux fort 
éloignez les uns des. autres, 

La féconde caufe eff, qùVn grancf 
Vent fquffianten un endroit entraine l'air 
qui eft deçà & delà en le pouffant un peu 1 
à côté , comme Ton voit que dans les riviè- 
res, lotfque le milieu va «es vite, il pouf- 
fe des vagues un peu obliquement vers les' 
rivages. 

La troificme catffe eft , lorf^ue dans 
deux endroits de la terre éloigner l'un de 
l'autre d'environ ioo lieu2s , il fe fait une 
gtande élévation de vapfeurs & d'exhalai- 
fons qui pouffent l'air en circonférence»- 
fbit en même temps, foit dans l'intervalle 
de quelques heures, il s'étend necefiaire-^ 
menr deux vents contraires' de t*un de ces* 
lieux vers l'autre, lefquels s'étant reix- 
contrea refluent des dîre&îons oppofées. 

La quatrième caufe eft la rencontre des 
hautes montagnes , qui font refléchir les 
vents , & leur font fui vre leurs directions.- 
On en voit un exemple dans le lac de 
Genève qui s'étend entre deux rangs de" 
hautes montagnes par pefpace de doitée 

Erandes lieues depuis Genève jufqûes &* 
auzane ; car il n y règne prefque jamais 
eue deux vents qui fe fuccedent Tûn à 

feutre > 6c vont félon la direction du lac> 



i 



/ Parti ?. âr 

<juî pourraient même aller 1 un contre l'au- 
tre vers lemilieudulac ., s'il faifoit uq 
vent à Genève qui fût un peu oblique à 
la direction des montagnes , & un autre i 
Lauzane qui fut oblique en jun autre fens, 
comme fi E F , I H font les vents , ABC 
D les montagnes, car EFfe refléchiflanr 
£n F G , & en I H en H L , ces vents fc- 
xoient contraires vers M N. 




* 



<a 







• La même chofe arrive au portd'Amble- 
teufe proche de Calais , où COueftrSud* 
O'tiefi (buffle environ les trois quarts de 
l'année , à caufe que les côtes d'Angleter- 
re Se celles de France qui leur font oppo- 
sées en cet endroit ont cette direction , Se 
a dix lieues de là il peut faire un vent de 
Sud-Eft ou de Nord. 

}*ay fait faire des ofcfervations prés de 
laverrerie de Cherbourg , lefquelles m'ont 
fait connoître qu'il n'y règne que deux 
(Vents oppofez qui fe fucçedent alternad- 



«&t Du Mouvement des E*ux» 
vcmçnt , fçavoir le NE & S , ce quî 
arrive par la même cauie des dire&ions 
de quelques -montagnes. 

Monfieut Varin qui a fait des obfcrva» 
fions en Tlfle de la Gorce proche le Cap- 
vert , m'a afluré .que le vent de Nord- 
Q*ç/?yregne fouyent au lieu des vents 
d'Orient , ce qui procède de ce qu'il y a 
4e hautes montagnes à une iieuc de -di- 
stance de cette Ifle <du côté du Nord-0uefl 9 
qui réfléchirent vers elle , les vents Alizez , 
Efi ou SE> y font fentir un Nord-Oueft 
lorfque ces. mêmes vents Alizez fe. font 
lentir £n rneme temps à dix lieues .an* 
Jelà de cette Ifle en pleine mer» J'ay en- 
core appris par plqfieurs Relations , que 
-quand des vaifleaux pàiTent le long des 
côtes de Gènes où il y a de très- hautes 
montagnes, dont quelques-unes, ont en- 
tre-elles de longues volées , qui ont leur 
direfikion vers la mer , on fent un vent 
confiderable qui -vient des terres vers ?le$ 
vaifleaux fluand ils font yis-à-,vis de quel* 
qu'une de ces vallées* 

J'ay connu encore de grandes diverfke* * 
de vents en même temps parles pbfeuva- • 
étions faiies à Varfovie,£n Pologne par M. 
Defnoyers , &à Abordpn enEcbfle par M. 
G^egori, en .les comparant à celles que je 
faifois à Paris en même temps *car fou- 
yent les vents y font différents de. ceux de 



T. TArtie. <?j 

Paris de la huitième partie de ; la Boufïble, 
comme C\ le vent eft SO à-Pans, il fera 
Onefi à Àfeordom p X,es -vciits font ,quei- 
quesfois opofez à Paris & à Vaifovjie, le 
Vent étant un jour Sud- Oueft à Paris , il 
ctoit Nord- Eft à V arfovie , ces -Villes font 
fituéss à peu pi és<0 50, & Eft Nord- Eft 
à l'égard Tune de Vautre , d'où il s'en- 
foit que ces vents s^toient prefque ren- 
contrez dire&ement en quelque endroit 
de l'Allemagne proche de la Pologne ou 
de la France. J'ay encore remarqué cette 
oppofition 4e vent en un même endroit 
en faifam voyage par le moyen de beau- 
coup de neige ^qui étoit tombée la nuits 
car on -voyoit qu'elle avoit été pouflëe 
dans refpace d'une lieue par un Sud-Efti 
que dans la lieuë fuivante il y avoit eu 
un calme, & que dans4es trois ou qua- 
tre lieues fuivantes , la -neige avoit été 
pouflee jpzx un Nord 7 Oueft , ce que je 
connoifiois aifément aux -tigres £c aux 
groffes branches des arbres qui navoient 
de la neige que du coté d o.ù le <vent étoit 
venu. 

ï'ay remarqué encore un femfelable ef- 
fet par des obfervations faites en même 
temps à Paris , à Loches & au Mont de 
Marfan en Guyenne i car un Sud- Sud* 
Oueft ayant régné trois jours de fuite en 
ces trois lieu* .qui font dfns la dirf &i*&. 



4*4 tin Mouvement des Eanx. 
À peu prés de SSO au Nord-Nord-Efti 
il fe fit un Nord -Nord -Eft i Paris, le 
S S régnant encore £ Loches , ,& au 
Mont de Marfan : le lendemain le Nord* 
Nord ~Eft éqoit à Loches & à Paris , £& 
S S au Mont de Marfan & enfin le troifié- 
ane jour le Nord-Nord-Eft fouffloit en ces 
jrois Villes : d'où je connus manifeftement 
que les vents fe repoufTentquélquesfois les 
uns les autres > & que le plus fort emporte 
celuyquiluy eft oppofé. Dans les mêmes 
observations correfpondantesjj'ay ^emar? 
que qu'un vent d' One fi violent aysnt ré- 
gné à Loches > il y faifok en mepae temps 
a Paris un Oneft-SudrOueft^ J$c un Qttefi* 
Nord-Eft au Mont de Marfan , ,ce qui fè 
rapporte à la féconde .caufe de la diverfi-? 
té des vents* 

J'ay reconnu fouyent une grande diverfî- 
té de vents en même temps dans un me-» 
me lieu , lorfquil y avok deux ou trois 
étages de nuçes>ce qui fe peut expliquer 
,en fupppfant que les nuées élevées fonj: 
çrdinairement pouflçes par les vents de 
Midy , & que les plus baffes font pouflSes 
jpar (e Nord : car quand eeta arrive en 
jnême temps , les nuées du premier & du 
deuxième étage doivent aller ejl un feus 
xontraire ., & cela n'empêche pas que des 
nuées beaucoup plus élevées ne puiffenc 
|tre jppufljeies j>^ un ve/at jd'Qrienr qui 



* /i* Partie** 8Jf- 

fSgnc toujours quand iln'eft pbiiit em- 
pêché par d'autres caufes , ou j>àr un vent 
dOttcji produit par la troméme caufe 
principale , ou par qnelqu'autre eaufe par- 
ticulière. 

Pour biert remarquer cette diverfité de' 
ffeouvement des riuées > il faut regarder lst : 
jtoîiite dé quelque clocher , ou quelque 
autre objet fixe fort élevé , afin de pouvoir 
comparer les divers mouvemens des nuées 
ftperieures &infeiiëure$ , car autrement on 
pourroit crôfre que deux nuées différem- 
ment éloignées de la teîre , iroient félon " : 
des directions oppôfées , quoy- qu'elles fuf- 
fènt pôttées du même c&té ' 9 parce que 
les fuperieures paroi fient aller plus len- 
tement que celles qui font au deffous 
qûoy - quelles aillent auffi vîte , & cette' 
apparence de retardemenr poutroit faire" 
juger qu'elles Croient en un fensoppofé. 
©n peut fuppofer qufc le* vent d'Orient' 
ireft proprement qu'une apparence de 
vent, puifque lé mouvement de Fair va'- 
du même côté que la furfàce de là terre, - 

Cette contrariété de vents en ub même 
ïreu dôtw différentes élévations de l'air > 
peut procéder de ce qu'un grand vent qui' 
cft porté' le long d^une vâlée , & qui par ; 
confequent a peu' de largeur & d'éléva- 
tion , en peut rencontrer un autre qiH 
occupe dans l'air u& efpace beaucoup 



€8 Du Kfôwotmint des Eau* 
plus grand , & alors le vent inférieur peu* 
forcer une partie de l'autre > fçavoir celte 
qui eft proche de la terre , luy laiffant fou 
cours libre dans le haut de l'air où font 
les nuées élevées : mais quand deux vent» 
contraires font également forts & de mê- 
me largeur. & hauteur , - ils- s*'arrêtent Tu» 
l'autre &. font un calme à; Tendroit*do 
leur rencontre, & y ayant amafl& beau- 
coup d'air iU le preffent & le* mettent en 
reflort , d oà il arrive que cet air pour fe 
mettre en liberté , reflue de part & d autre * 
& fait deux autres vint s contraires qui 
ont leur origine en cet endroit. 

S'il fait un vent de' Sud en hyver qui 
vienne de loin , il peut pouflfer des ntiéçsr 
fort élevées, parce, que foufflant en ligne 
droite félon une taegente , il s'éloigne de la 
rerre de plus en plu*cn s'avançant ; & en- 
fin ayant beaucoup, condenfé Tair fupe+ 
rieur , le reflort de cet air peut faire un 
vent de Nord proche de la terre qui pouk 
fera dé la pluye ou de là neige -, ce que 
pay- veu arriver plufieurs fois» On, poutr 
xsl expiiquer x de même tous les vents qui 
régnent par toute la terre par ces diffo- 
rentes caufes, tant générales que parti- 
culières. 

A l'égard' des orages & des grandes tem^ 
petes , il eft difficile de les. expliquer par 
fies caafes ordinaires. On remarque que 



î 



I. Pdrtif* 6y 

Jbrfqu en cjé il fait dés pluye* épaifles 
èc à groflcs gouttes , elles font toujours 
accompagnées d'un vent tres-violent qui 
Tes précédé de quelques fécondes , & 
que la violence celle auffi-tôt que la nuée 
eft paffée. J'explique ces orages dont 
"uelqûes-un font capables de renverfer 
es arbres & enlever tes toits dés raai- 
fbns, en là manière fui van té. 

torfque deux vents aflez larges incli- 
nez l'un à l'autre de 15. ou de 16 degrez* 
viennent dé loin ,-&' qu'ayant ramafle & 
pouffé devatft eux toutes fës vapeurs qu'il* 
rencontrent , & en ayant formé chacurv 
une nuée épaiflc ils viennent àfe rèiicon- 
tfcr, ils condenfent l'air dans le lieu 4e* 
leur rencontre , & lé mettent 'en un grancf 1 
reflbrt, & félonies téglés de la percuffion 
ifs le font aller plus vîtè d'un tiers à peu' 
prés que chacun d'eux i Suppofant donc 4 
que ces vents aillent d'une vite lie à faire 
24 pieds en une féconde qui eft la vicef- 
fe ordinaire cfë-s vents incommodes &c con- 
tre lefquels on a peine d'aller > le vent 
compofé des deux ira avec utle viteflc i 
faire 31 pieds en une féconde , 8i ta nuée 
epaifïe qu'ils' pouflcnt étant élevée d'une* 
demy-lituë où d'un quart de I eue , les' 
gouttes dé pluyc qui s'y forment foht 
groifes d'environ trois lignes dé diamètre" 
£c acquièrent leur vkéfle complète à pou- 



et Pm IMûHVemènï dès Ha*** 
voir faire ji pieds par féconde après lôdM 
pieds de dvfcente, comme il a été expli- 
qué dans la fin du Tiaité ce ta pcrcuf- 
fjon. Chaque goutte entraîne en tombant 
depuis la haut; ur de la nuée deux ou trois* 
fois autant d'air qu'elle eft greffe, ce qui 
fe prouve par Inexpérience dune petite:: 
balle dé plomb qu'on taifle tomber tfans^ 
un feau d'eau ; car dés qu'el'e a touché lc^ 
fond il s'en élevé deux ou trois bulles d'air' 
àufli groffcs< qu'elle , lèfquelles ne peu* 
vent procéder que de l'air qui la fuit juC- 
ques au fond l'èau. Or l'on fçait que dans- 
Beaucoup de lieux- on fe fert de certains- 
fbufflets pour faire fondre la mine de: 
fer dans les fourneaux par là feutë chute 
de l'eau > ee quhfe fait ainfi. On a \xn< 
tuyau de bois ou de fër bknc de 14 ou 15* 
pieds de hauteur & d'un pied de diamè- 
tre qui eft' fondé dans une médiocre cuve - 
renverfée, dont le Kas eft pofé fur un* 
terrein > en forte que pour peu d'eau qui- 
y tombe , elle ferme les ouvertures &f r 
Itair n'y peut plus pafler yon laifle aushaut 
<tu tuyau une ouverture de trois ou quatre:- 
pouces de diamètre , dans laquelle on met 
un entonnoir , dont le goulet eft dé la* 
même grofleur > & on y fait tomber de - 
*1 > 10 > ou 30 pieds de hauteur l'eau d^- 
quelque fontaine, dont la largeur en tem*- 
binteli à geugrés égale à - l'ouverture de." 



, i: Târtîe; ^f 

Fentonnoir, en faite qu'il ne peut s'y 
âmaffer de l'eanqu? de 5 ou 6 pouces de 
Hauteur*, Cette eau tombant entraine avec 
elle beaucoup d'air qui la fuit jufques a» 
deflbuy de Tcntornoir, & me me jufqueS' 
au fond de la cuve -, lequel ne peut refortir 
par l'entonnoir i caule de la pefameur cte 
[*eau qui continue de tomber fie de la vi- 
tefle de fon mouvement > on met â côté 
de la cuve un tuya» qui va en étreciflànt 
jufques auprès du trou du fond du four- 
neau où Il charbon doit être foufflé , & 
Pair preflé & enfermé dans la cuve ne 
pouvant fortirpar en Haut à caufe de la 
©heute impemeufe de Téau qui occupe le 
trou de l'entonnoir, ny 5 par embas à caufe 
de l'eau qui s'y amafle , & qui s'élève d'un 
pied ou de deux par deflfus les fentes qui 
tfeftenrentre là terre du fond & les douves 
de la cuve, il eftxontraint de fortir avec une 
très-grande force par le bout du canal , 
de manière qu'il lait le même effet pour 
fouffler le charbon , que les plus grands 
foufflets dé cuit dont Tour fe fert ailleurs. 
H T doit donc arriver que Peau qui tombe 
dé ta nuée en grofles gouttes & en grandes 
abondance -, entrainant beaucoup d*àir, 
comme il a été prouvé , cet air ne peut; 
remonter qu&idil eft proche de là terre r 
a caufe des autres gouttes qui tombent 
avec impetuolité :ilne peut auffi s'étendre 



jo Du Mouvement des Êâusf. 
vers le derrière de la nuée , parce qu'il eft 
foûtenu par le grand vent qui la chafTe , ny 
même par les cotez ou fort pieu > parce que 
le même vent preffe la nuée par les deux 
cotez. Il refte donc que tout Ion cflort fe 
faffe vers lé devant de la pluye , & que; 
cet effort joint à ceiuy du vent qui empor* 
te la nuée foit environ deux fois plus vite 
que le vent qui la poufle , & que ce vent 
augmenté fade plus de 60 pieds en une 
féconde , alors il peut renverfer des ar- 
bres , comme on le prouvera enfuite. Il 
ne peut précéder la pluye que d'environ* 
trois ou quatre cens pas pouri'ordinaire > • 
par la raifoti qpi a été dite >: qu\m efpace* 
d'air de telle viteffe qu'il Toit pouflé , ne 
peut continuer fon mouvement bien loin 
en ligne droite fi la caufe de l'impulfioa 
et (le. Je me luis confirme dans cette hy- 
pbthefe en voyant d'une lieue de diftance 
une nuée épaifiè d'où il tomboit de la, 
pluye : car du coté d'où venoit le vernies 
gouttes tomboient prefque toutes droi- 
tes : mais dans le milieu &c jufques aux* 
premières gouttes , elles faifoient un an- 
gle de plus de 45 dégrez , comme en la 
Figure lui vante , à laquelle A B eft la nuée ,. 
B D le côté d'où vient le vent > & G tt 
lés gouttes- lés plus avancées* 



r 






P 







La même chofe doit arriver par la greflë 3~ 
êc même Ci elle étoit fort épaifle , & le» 
grains fort gros, ils entraineroient davaiv 
rage l'air du haut en bas , & fcroient une 
tempête encore plus impetueufe, dont la 
vitefle pourroit être de 75 pieds par fecon* 
de. Les grands vents qui fe font fans pluyc 
peuvent procéder de la combinaifon de 
trois ou quatre caufes , & ils viennent or- 
dinairement du Sud-fud-oueft : il peut 
donc arriver qu'en même temps, ils'âeve- 
une- très -grande quantité de vapeurs 6c 
d'exhalaifbro dans> l'Afrique , qu'il y faflé 
tres-chaud trois ou quatre jours de fuite, 
eue les terres Septentrionales fe refroidit 
ient ,- & que la Lune defcendaat vers 
ion périgée de fon plus haut apogée» 
fe fafleun reflux- de l'air qui a été porté 
jpar un Nndrtfl : ces quatre cauffcs enfen> 



'it\ Dît MoùQirfiênt des taux* 
ble feront un vent affez impétueux qui ré- 
gnera fùcceffivemenf depuis l'Affrique ju£ 
ques en Angleterre. 

J'obfervày un jour utie grande tempête à 
Paris venant àxiSnd^ &j'apris enfôite par 
des retirions aflfurées', que deux ou trois- 
jours auparavant il ' s'étoi t fait un furieux - 
orage vers les côtes d'Aîger* Cette Ville eft ; 
i peu prés dans le même Méridien que Pa- 
ris , fi ce vent faifoit jo pieds p'ar fécon- 
de, il pouvo t arriverez denx'jours d'Al- 
ger à Paris, Pour' exprimer lès -houïa* 
gans qu'on fent prefque tous lés ans dans" 
quelques - unes des Ifïes Antilles , il faut ' 
avoir recours à quelques autres caufes.- 
i° Parce que ces tempêtes fbnt beaucoup • 
jrtus violentes, St font plus de ioô pieds 
en une féconde yz° Qu'elles ne durent qu^ 
fept ou huit heures j ? Quelles uc féforït' 
guerres fouvent ailleurs ** que dans quel- 
ques- unes de ces Mes*,4 9 Quelles com- 
mencent ordinairement psr utt Nerd- 
onteft qui fe change fucceffivement en 1 d'au* 
très vent*, fçavoir rOveft, le Sud-ou*ft\ 
lé Sud , le Sud efr , le Nord+eft 8de Nord Y '■■ 
5* Qu'on trouve dans les mers voififtes dé 
ces Mes quantité de poiflons morts , & 
qu'on y fent des tremolemens de- terre > 
de toutes lefquelïes circonftinces ori peut 
conjeâttrer que delà terre qui eft au fond 
de ces mers * il fe fait des éruptions d exha r 

iaifona 



ï. Pdrthl 5j 

&ifqns*falpetrcufes & fulphurées en plu- 
toeurs endroits fucceflîvement qui ne peu- 
Vent être remarquées , parce que les vaiP 
féaux qui fe trouveroient en ces endroits 
fer©ient-fubmergcz>-&il peut arriver-que 
les premières éruptions s'étant faites du 
côte des terres du cç>ntinei\t de l'Améri- 
que, le vent qu'elles excitent du Nird- 
cHcft peut fe refléchir contre les côtes de 
la Cayenne & <elles qui en font voffines, 
& s'y faifant en même temps de nouvelles 
éruptions , les premières ayant cefle , le 
vent doit augmenter & «venir du câté de 
VOueft* comme l'eurent ceux qui en ont 
fenti "les effets > & ces éruptions de feus 
& d'exhalaifons falpetreufes & fulphurées , 
doivent faire mourir quantité de poiflbns 
aux endroits où elles s'élèvent > ceux qui 
auront veu plufieurs de ces ouragans , & 
*jui en auront remarqué beaucoup d'autres 
lirconftances , pourront les expliquer avo? 
jjlus $le certitude* 




ii 



w*\ ... -_ 

3 



SECONDS P4KTÏ& 

D £ V E QJJ ILIBKE 
DES CORPS f GUIDES, 



PREMIER DISCOURS. 

pE VEgVl LIBRE DES CQRP$ 

f lut de s par l* ftfonttmr. 

Pour bien expliquer l'équilibre des Corpi fluides 
entre- eux ou avec les autres Corps > on peut 
fe fcr,vir des Règles fuivaotes. 

N Corps ne xefifte i Être ; élevé id 
bas en h*ut , que felon ? quîonr,cloi* 
gne du centre de4à terje » & on peut 
moiryoir un coqps tres-pefant avec une très* 
petite force , (Tonne luy fait point chan- 
ger de diftance à Regard de ce tpeme centre. 
L'expérience s en fait -en jeette forte, 
Ayez un grand baquet plein xTeaju dans urj 
iieu ferrry pu il ne faffe pointe de vent: 




7Î. Ttrtit. '7$ 

faites nager for la furfaçe de Veau , le 
taifleau G grand 6c pefant , Scy attachez 
un très-petit fil de foye HI , & le tirez ca 










- -.-» - »» . 



forte qu'il ne fe rompe pas,cVft-à-diré 
Avec très-peu de force $ le vaifleau G fui- 
vra le filet, & quoyqu'il fe Faflè depeti^ 
tes vague$ dans l'eau du baquet, & qu'il 
faille un peu de force -pour la divifer* ce- 
la n'empêchera pas que le vaifleau n'aille, 
srflèz vite quand il fera proche du point; 
3}, fi on accélère peu à peu (en mouvement 
il eft vray que fi on vou(oit donner d'abord* 
une vitefTe confiderable au vailfeau-G v ott 
«omproit le filet , & merue une corde aflè* 
forte , prefque de même que Yi elle étoit 
attachée à un corps inébranlable , p^rco^ 
-qu'un corps fort pefant ne peut recevoir 
un grandrmouvement to4tt à coup > que par-, 
«ne très- grande force* 

On confirmera encore cette .jrctitê> % fi \ 
on fufpend un très-grand poids à, upe lon- 
gue corde en un lieu ouvert-, car le moindre 
<vent luy donnera du mouvement, quoy , 
.qu'il ne puifle.fe mouvoir fans $ 'éloigner . 
yjj peu plus du centre de ta terre que 

Gij 



-jf Du Motivtwm dct.Eaux. 
quand il. eften repos ijlelà.on vaitlâtaï* 
'ton pov»rquoy il eft facile de foûtenirunc 
Ijpiile xomme D tres-pefanre ûir un plat* 
fort incliné, comme AB, car étant trai-' 
#ée ou poufféç depuis A.jufques &B , çlle 





ne s'élève £ l'égard du çentçe dp la terre ? 

i fuppofeperpenr 
i^zontajle A C , au 
lieu que G on 4'avoit élevée perpendiculair 
rement en m£me temps jufques à une hau- 
teur égaip i A B , elle auroït agy par toute 
Ùl pefanteûr, $c il auroit fajlu .une fojxç 

beaucoup plus grande pour l'élever. 

». 

II. RE G LE, . 

SI deux Corps fans reflo^t de mêmp 
matière fê choquant horizontalement 
jSc jdireâemént ont leurs quantirçz ^ç 
mouvement égales j c'eft- à-dire fi lçurs Yi- 
wfles font réciproques à leurs groffeurs , au 
moment d\i choc ils feront équilibre, 
{ on fuppofe que les corps d'unç mêtpe ma- 
tière ont leurs poids proportionnez apx 
quantitez de j[cu^$ matierçs ) fuiyanr fti- 



fef Régie , fi un poids de deux livscs allant 
avec une vitefle de quatre degrez en ren- 
contre directement & horizontalement 
un autre de quatre livres qui ait deux de 
grez de- viteflè, ils s'arrêteront l'un Tau* 
ire , & ferent équilibre : nui» fi le pre* 
mier de deux livres . va fix fois plus vîta 
qu'un autre de dix livres il remportera j 
car le prodfii* dé i par 6 qui eft douze > eft 
plus grand que le* produit ide ib par l ? u«* 
niré ; On fuppofe que ces poids s'atta- 
chent cnfemble en fe rencontrant. De-li 
on prouve facilement le principe de m©* 
chimique* qui a été mal prouvé par Ar-* 
chimedey par Galilée > & par. plufieur^ 
Auteurs ; Ravoir que- lotfqu'en une balan* 
ce les poids font réciproques à leurs di" 
fiances du centre de la balance,' ils- font 




1> 

équilibre ; car foit la balance B A C 5 A 
te centre du mouvement , AC quadruplé 
de A B 5 le poids É quadruple du poids C i 
je dis que 1 un des poids n'emportera pas 
Pautre ; car que le poids' B s'il eft poffiblc 
emporte l'autre -, or il ne peut ïc mouvoir 
avec quelque viteffe que ce foit par Tare 
B D en descendant , qu'il ne fafle aller le 
pbiàs C 4 fois pliis yîje par Tare CÉ ; , puis( 

9 H 



*ff Ufc Mouvement des ÏÏ4K& 
que le demy diamètre ACeft quadruple dit' 
detny diamètre AB, & alors les quanti- 
tez de mouvement de ces deux corps fes- 
toient égales , St une quantité de mouve- 
ment en auroit forcé une qui luy? férôir 
égale, ce qui eft impoflible, puisqu'elles- 
doivent faire équilibre par cette féconde 
çegle^ Par là même raifon le poids C ne' 
pourra defcendre Venais fi' on 1 éloigne un 
peu plus du point A , il defcendra, car alors- 
Ai pourra donner il autre poids , une moin- 
dre quantité dé mouvement que celle 
qu'il prendra r Se par confequent il le for- 
cera , & c'eft une chofe affez étrange que 
fe poids B étant de trente livres & le bras* 
A B d'un piedyon ne pourra foûèerrir ce- 
poids en mettant la main dèflbus , ôc qu'on 
Soutiendra facilement le poids d'une li- 
vre à 31 pieds du point A, fi le poids B 
eft-<&t£». sar il n'aura qvie le poids d'une: 
Kvre -quand même on le* mettroit à 10 a: 
pieds de diftanee dû point A : St cepen- 
dant fi Ton met en même temps fe petit: 
oidsàji pieds de diftanee dupointÂ,&:: 
e gros à un pied, le petit emportera le^ 
grand , ce qui ne peut arriver^ que parce 
qu'il eft difpofé à donner en dèfcendantr 
une moindre quantité de mouvement au ' 
poids B que celle qu'il prend , & qu'ils 
agiflent tous deux de toute la force de leurs 
poids par la gremiere rc glê , . parce quUlç 



r< 



//: farti*. ft 

ëht une même dirc&ion vers le centre de 
la terre. 

H il R Ë G LJÊ.-. 

- > 

LÔrfqùe deux pôid^ n'ont pas h même 
direction vers le centre de la terre» 
& qu'ils font difpôfez ci) foi té que l'un ne 

fuifle fe npiouVpif , qu'il jte faflè mouvoir 
autre auiîi vite, il ne. faut pas cftimer U 
force de chacun par fa (impie quantité de 
.mouvement» mais par une quantité de 
mouvement reipediveqjLii fe trouve en mul- 
tipliant chaque poids par fa vite (Te à re- 
gard de fori approche ou de fon recul du 
centre de la terre . 

MXPÏ'ÏC'jttJOM 




À cft mTpoidtf fufpendu à lapouticB 

^p^r'E B A J qui foûpcnt âuflî la bpufc 

C D pat le moyen de deux cordelettes 

attachées à l'Eflleu de la boule , & au 

^point E de ia corde AB.E. H G eft un* 

G utj 



16 Ibu Mommint des Maux. 

ftghe Horizontale , H F eft perpendicufaw 
rc : E B eft parallèle au plan incliné G 1* 
leprefenté par la ligne G F. Il eft mani- 
fefte que la trtwleeftdifpofécfà aller auflï 
vite que le poids A, foit que le poids A 
defcende ou que la boule en defcehdant le 
fâfle monter , mais lorfqu'élle aura parcou- 
ru Tefpace F G en défcendint obliquement 9 
elle' ne fe fera -approchée du centre de li 
terre que de la diftattee F H > on confidere 
tous les joints* de là ligne H G de deux oti 
trois pieds de Jonguéfcir,comme fi ils étoieiît 
également diffans du centré de la terre à 
caufe que la différence en eft infenfiblé. 
Afin donc de fijavoirFes forces 4e' ces poiefe 
ou leurs quantitez refpeâfciVes' de mouve- 
ment , il faut multiplier le poids de la boule 
G D par Ta longueur FH * celnyile b boule* 
A par une longueur égale à F G, puïfque cet- 
te dernière boule fait autant de tfit mit* 
en montant ow^en d&tndj&etfSt U b^ule 
CD, & qu'jrfffé v«* "diisâeTfienc jveb, le: 
cerftre delà terre > ©r (fFG eft triplé 'de* 
F H, &qne le poids de CD foit triple* 
du poids_ A> on verra qail fe-fcra équili- 
bre , entrtf des poids , ce qui procède dey. 
A çaufes expliquées. dans les- deux premières 
[Règles , que fi r.ojî adopte quelque- petit 
poids ou au poids , A- , ou au poids R , il des- 
cendra & fera monter l'autre, faifanr ah- 

l • a 

ftraûion du frottement de la poulie. &d& 



//. Partie U 

fef&tr. On expliquera de même les équili- 
bres qui doivent arriver quand le plan FG, 
•fera plus ou moins incliné en y appliquant 
les mêmes regfes , fefquelles on pourra ap^ 
peller principes d'expérience ou loir de la 
nature. 

Que fi les poids comme A & B en la 
figure fuivante font fur des plans diffé- 
remment inclinez comme CD, C F > Dî? 
étant fuppofée hortèonrale & C G perperf- 
diculaire à D F , ii faudra pour faire l'É- 
quilibre que le poids B foit au poids A 




tommeJt^gtteGFàlahgne'CD, &onle 
OTopréra patf les- mêmes régies > car fi F H 
^fcft prife égale à C D & qu'on tire H I pa- 
rallèle à C G , il eft manifefte que pen- 
dant que le tooids B Jroit de Fen H, le 
poids A iroit o£C en© , dond C G feroit la ( 
jnefure de la v^efîe du poick A à l'égard 7 
du centre delà terre, & H I cfclle du poids 
B allant de F en H^ -en même temps ; 
mais comme F Ç à F H , ainfi C G à H I » 
^ pat ia troifiétae règle te poicb~B cToij 



& JÔu mouvement des Eau». 

être au poids A, commeCGàHI, cVfè 
à;dirc comme F C à CD pour faire l'équi- 
libre. Et par confequent ces poidi ainfi 
difpofez s'arrêteront l'un l'autre» 

La même chofe arrivera à des poids atta- 
chez auxextren&ûez des rayons d une rouc> 
c eft à-dirc qù'afin que le poids A fi tué 
à l'extrémité du rayon K A faffê équili- 
bre avec le poids B , la ligne A & étant ho- 
rizontale & la ligne B K élevés de foixaiv- 
re degrez fur AKF : Il faut que le poids 
B foit double du poids A > car la ligne B F 
étant tirée perpendiculàiiye au rayon K B 
jnfques à ce qu'elle r£»con$f e la ligne A K 
G F, le plafTBFieta éievédejo «g«** 




! # U^rpen(Ucuki?e B G «fer* f IjB. q«r 



/A ftrtit. t± 

ta moitié de B F , donc le mouvement du 
poids B vers F fe faifant au commence* 
menrfelon la tangente B* F , ne s'avance* 
ra, vers le centre de la terre que de l'efpa- 
ce B G, moitié de B F, au lieu que le poids A 
aura fa direction félon la tangente MAy r 
perpendiculaire à A*K F laquelle s'éloigne 
directement de ce centre , &• par confe- 
quent il fera difpoféi aller deux fois plus • 
vîte & l'égard de ce même centre que la 
poids B rmais comme F B , à B G , ainfi le 
rayon KB ou AK, a KG j donc le poids 
B fera le même effet à regard' du poids 
 , que s'il- étoit en G > c'eft-à-dire que fi* 
A K eft là oiefure de la viteife du poids A > 
KG fera: hi mefiire de là vitefle du poids- 
B, mais A K eft double de KG, comme 
FB eft de B G •> donc le poids A fera réci- 
proquement au poids B comme KG , à K A 
Se par la i& ^ Régie , ces poids ainfi dif- 
pofez feront équilibre, & L'un ne force* 
ta pas l'autre- 

La même chofe arrivera i des puiflan* 
«es» qui étant attachées aux extrémité* 
des rayons égaux d'une roue tireront obli- 
quement ou directement : car fbit au point 
L dans la ligne B G continuée directement 
en L une puifiànce tirant pat là corde 
£ B attachée en B félon là direâion B L $ 
Se une autre puiffance en M , tirant félon 
& Mçgeaifc A M par U cordée M attachée 



?4 £# Mouvement <tef Eau*. 
au* point A. Si ces puiflances font cgaîe^j? 
elles ne feront point équilibre : mais l£ 
puiffance en M forcera l'antre, & pour 
faire équilibre , il faudra que lapuiflancd 
en L foif à la puiffance et» M comme là 
ligneAKà la ligne R6, ce qui pfôcede? 
de ce que la pu flanee eiiL M fait point 
venir à foy direékemcnt le point B : triais il 
▼a félon la tangente B F au commencement 
du mouvement > & qaen même temp$ 
k puiffance en M va direâemenf félon là 
tangente H A M, -Or.fi Ton fup'pôfe BN in- 
définiment petite dans fo, fangentfe BF& 
que NQ foit perpendiculaire à B L, il 
eft évident que le point B étant en N , le 
point L fera venu enP, fi N P' eft pa«- 
fallelc & égale à BL^&LR&QtJ étant 
parallelës'a AF, RP fera égale à B'Q, St 
LP à BN *, Or la puiffance attachée ail 
point M fe fera avancée félon la dirtltion 
* effort A M *Tune Hgne égafe à B N ou 
LP, & la puiffance en L nefe fera avan* 
cée en même temps félon fa diîeftton 
dfeffort B Lou NP, qirc de la ligne RP 
qui n'eft qup Ta moitié de B N ou LP, 
comme B G n'eflr qoe la moitié de B F*; 
Donc, il' faudra pour faire équilibre entre 
les deux? puiflances que celle qitt eft aa 
poiut L foit doublé de celle qui eft ad 
>iut A , cellfe-cy tirant felôn la taftgetite 
AM, ficlautrc filof) la - dite&içrt B % 



If. V*rthe. , t{ 

j0p\ fait un angle de 30 degrez avec le 
-ta^Qn K B , de même . qu'il faut que le 
poids B ioit cloiible du poids -en ,A /afin 
qu'ils faflent équilibre. 

D t e ces trois principes d'expérience on 
tire une Regfe générale pa$r toutes le* 
forces, mouvantes, Cette Règle, ou pria* 
xipe urtiverfeï eft telle. / 






PRlNCfPP VjVirÈRSPL'i)E LA 

4 . JMtich/imqHc» 

L.Orfque deux poids oitde^ix mites puiC* 
fanecs font difpofées enfbrte que l'une 
ne pui(Te jfe mouvoir qu'elfe ne fafle mou- 
voir l'autre , fi l'efpace que doit parcourir 
ujn des ppids félon fa dire&ion propre & 
naturelle eft à l'efpace que doit parcourir 
l'autre pn mèj#e tpmps félon fa direélion 
propre^ naturelle, réciproquement com- 
ice ce dernier ppids eft a* premier s il fe 
fera équilibre entre les deux poids j mais 
(î l'un des poids dl en plus grande rai* 
fçn à l'autre il le forcera, 

. On peur prouver par ce principe un ef* 
fçt furprenna^at qu'on ne peut pas prouver 
facilement par d'autres hypothefes > fçavoir 
que s'il y a pilleurs bras égaux attachez i 
jun même effieu A comme À B, A C> 
jSç qu'on mette un poids E fur le bras A B 
pi un aytrp j> fur le ty# fiÇw .goint? *«$ 



^ 



Stë Dm MoHvtmmtâtt Edttxl 




forte qtie les diftantes A E , A : F foient éga- 
ies, le poids en F étant rond & non atta- 
ché au point F» de manière qu'il puifie 
rouler de F en C , mais -qu'il en foit em- 
pêché par «ne glace .de verre G C jr tres- 
pohe lîtnée perpendiculairement i alors 
pour faire l'équilibre il faudra que le 
poids £ foit 'beaucoup plus grand que le 
poids b, fçavoir en ta raifon de A E i 
AHj;fi HÉeft uneligne perpendiculaire 
à B,A GK „<equi eft le contraire de ce qui 
arrive quand le poids F eft attaché au plan 
■ inclinéAFC, car il faut alors pourTéqui- 
libre que le pot&'-lMbit plus grand que 
ie poids E en la même raifon de E A a A H , 
.comme il a été explique dans la Figure. 
précédente. 

• Ptoor piôuvef ce paradoxe foit tiré 1« 
ligne /*# JJoÔMflWfe paflàntpai le cen- 



ftre âe ta 'boule b * il eft évident que le point 
e eft plus haut^que le j>oint.d.:ppuyF,& 
que bexft un peu plus grande que le de- 
,jny- diamètre bf\ mais .pour faire cette de- 
monftration , #n fuppofeie triangle FA d 
indéfiniment petit & fe point F joint ai* 
rfoïnt e , Se que la perpendiculaire F b 
paffe par ce point : Or la boule b en 
uêfcendant fera tourner en rond le point 
:C par Tare C d > & >fi d g eft égale au 
diamètre de la boule , le même brafc 
fera en la fituation A k d lorfque le dia* 
mètre de c£tte boule fera arrivé en d g » 
JSc le point d'appuy F aura décrit l'arc Vb 
en même temps .que le centre delà boule 
fera descendu par un elEpace égal à e d\ 
mais fi â caufe de la periteffe. de l'arc on 
jjrend Tare F h j>our fa tangente , on aura 
le triangle Thd fembiable au trianglç 
AHF , & d Ffera à TJj Comme F A oU 
E A a A H ; 5c parce -que le poids E ne s f é- 
jeve qu'àproportioxi de la Kgfté Y h » t'ef- 
face pafïe par la boule en defeendant di- 
je&ement depuis le point F jufquesà^ 
fera a Tenace pafle en mèmfe temps pal! 
le poids E eg remontant direâement , 
,comme A E a A H > donc \t poids Ê pour 
faire l^quilibre doit être an poids b corn- 
ue E A à A H far le principe univerfel * & 
parce que la bsoule tombe encore d'un 
eu j>lus haut tyitfjfc pvi&Fp içàybij? Axf 



%t Dp Mouvement des „ 
point r, il s'enfuie que les poids étaot 
félon cette raifon le poids b descendra , Se 
fera élever le poidsH, ce que j'ay trouva 
conforme à ^expérience : car ayant difjpo- 
fé le bras A C enforte qu*il faiibit un an- 
gle de 60 degrez avec te bras horizontal 
AHKj j'obfemy .que le poids b étant 
double du poids E il failoit équilibre 
avec luy quand je l'avois arrêté pour l'em- 
pêcher de rouler , jnais l'ayant laifle libre 
après avoir mis une glace de miroir re- 
prefcoté,e par CG pour l'empêcher de 
rouler à c6tc , il fallut mettre le poids 
double en E &lp fïmple .en b pour faire 
l'équilibre , .& même ajouter un petit 
poids eh £. .On prouvera par les mêmes 
raifofts que (î l'angle KAC étoit de 45 
degreiz, il'faudroit pour faire l'équilibre 
que le po^d* JE fût le plus grand en la rai- 
ion 4e % diagonale .d'un qwarré à fon co- 
té. Qjçi^e confidere point icy qijelc cen- 
tre 4e la bople, F eftiiii peu à côté du point 

' des ehofes étant fpppofées, on peup 
expliquer aflez bien les équilibres des 
corps fluides. 

* Le pjus léger, jc'eft-a-dire le moins pefant 
des corps fluides eftlaflame, maisparcp 
qu'elfe s'élève dans l'air , Se qu'elle ne fç 
tient pas étendue for quelques autres 
gprps ? elle np peiu foire 4'é<juilibr p pair 



7/1 Partiel 89 

fort poids , mais feulement par {on choq&s 
par fon reflortv 

L'air qui s'éjend au defliif de la terte 
& de l'eau peut faire équilibre pas: foh 
poids { , par fon choq & par fôn redore 
avec les autres corps fluide» plus greffiers % 
6t même avec les corps fermes <8c durs* 
On prouve la pefanteur de l'air par les 
effets du Baromètre, ceft un tuyau étroit 
de veire de deux pieds & demy ou de y 
pieds de longueur «feelté hermétiquement 
par tfn bout, on remplit de Mercufe fans - 
ylaifl'er aucun air> & Ton ferme l'autre 
bout avec le doigt , & après avoir tourne 
en haut le bout fcellé*, on- trempe le doigt 
dans d'autre Mercuremis dans un yaiflcau f > 
oii ôtô le doigt -qui foûtenoitle Mercure 
du tuyau , & alors il en tombe une partie 
dans levaiffeaur, & après quelques balan- 
cemens il s^arrètfr enfin dans le* tuyau a 
la hauteur de* 17 0^18 pouces \ car félon 
les changemens des vents & de l'air, il 
monte quelquesfois/à xi pouces & demy 
& d'autres fois feulement à 16 Se demy , & 
ordinairement il s'arrête* à Paris -à 17 pou* 
ces 6c rlerrty environ? 

Or cette élévation de Mercure ne pfcut 

être bien expliquée, qu'en fuppofanr que 

-la côlomne d ? air de mfeme largeur que le 

dîametie intérieur du tuyau pefe autant 

xjgç les xj ou xi pouces- de Mercure éle- 

H 



5>b Du mouvement des Eaux. 

vez dans le tuyau > en prennent cette cfr* 
lomne depuis la furface du Mercure qui- 
eft dans !c vaifleau jufques à l'extrémité de 
là p ? us haute région de l'air V Carfiloa 
porte le Baromètre au haut d'une mon- 
tagne ou dune tour fort élevée, on voit - 
diminuer peu à peu la hauteur du Mer- 
cure, 8c fe réduire à 24, ou 25 pouces*, 
comme étant alors chargé d'une moindre 
quantité d'air >& fiTon defeend dans des- 
caves ou* dans des mines fort profondes y 
il fe haufle peu à peu à mefure qu'on def- 
cend comme étant fucceflivement chargé*' 
d'une. phis grande- quantité d'air. 

Oh peut encore co^noître lé poids de-' 
Pair & réani libre qa'itr fait avec l'eau*: 
par les mêmes* Réglé**» en fbppofant t 
qu'un pouce de Mercure pefé autant i> 
-peu prés que ij ponces d*eau, cotr, me 
j'ay l'ay connu pat des expériences que 
j'en ay faîtes :cat 28" pouces de- Mercure - 
pe feront autant à peir prés que 3S3 pou- 
ces d'eau, qui font un peu moins que 3*-- 
. pieds v d^ù. il s'enfuit que lorfque le: 
poids de l'air fera monter lé Mercure à- 
28 pouces quelques, lignes , il fera mon» 
ter l'eau- dans un tuyau d? 35 ou 40 pieds, 
jufques à 32 pieds, & que lbrfqu'il ne s'é- 
lève qu'à 27 ponces^; l'eau ne doit s'é- 
lever qua 31 pieds i peu prés, ce qui 
$\d trouvé allez conforme à quelques > 



r 



//• Partie.' 91 

rif jffcrkrnçes que j'en ay faites à l'Obfer» 
yatoire en la ipanieje fuiyame}je fis foi- 
re a Monixcur Hubiii Em^illeur ûrv tuyau 
de verre de 4a pieds de hauteur qu'il 
ajufta dans dû bois creufé afin qu'il ne fe 
rompît pas çn le maniant > il étoit de 5 
ou 6 pièces qu'il fouda dan$: Î* grande 
Saje de robfemtoire , & on éleva l'un • 
des bouts jtifquea au haut de la plate-for* 
me par l'ouverture qui yeft, qui té pond 
perpendiculairement au noyau creux du - 
degré -de ,1a ca^pson le descendit enfai te ■ 
peu> ipeu jufquef daflsr ce -noyau & on l'ar- 
rêta €% le liaac f a plufi&urs endtoftfrà la x 
rempe de-feti ensuite ayfot été rempli d eau - 5 
après avoir fermé le bout d'embàs , ©n " ap? " 
pi S qua au j haut nti bouchon "dr* verre qui ! 
fermoir e*a4teifï£nr le- rttyau & «n y *mit ' 
encore une Veâï£ pourfe- ,•&>*£&& fccllcr > on * 
ritoplir âtjffi^â'eâu ttft "fOùf. vaifl&au qui étoit 
oh defTous de l'autre bout jpfq^csà ce qu'il • 

ttêmpât 4fns l'Ç*P;V. & apïéë qu'il fut dé- ■ 
^Àuaié>T4tttt- , t09^int''dftfeendit jufques l 
à ix pi?df çn^fjrqn ; nuis il^n fortit tatot 
de bulles d^air flaon ne put reniai qxieir 
oà 'cite étoir tpmoiitçc > <rnfin eiU demeu-' 
ra a la hautçw de -3,9 pieds àcaufe dâ * 
report de l air des bulles qui' étoient for* 
ttès de l'eau- & montée» an battt du tuyaiv • 
©fcux jours^apçés on y xemit de l'eau qui < 
z&it et£ ^^iW.pS* '«ipajrtMnK ppwÇ-' 

H i j " 



9%. Dh Mouvemm des Eau as 
en faire for tir la inatierc àërienne><mifit 
Fexperience de tt&me , ôdeati agit's quel* 
iques balancemens- s*anfera 'toi} 1 pieds 4 
pouces etiviron> on là rit ^monter peuà 
peu plus haut & s'aréter £$©• pieds z 
pouces , fins que le* autres- baromè- 
tres euffènr change; J'en attfibnay Ii cati^- 
fe i ce que l'eau qu'on* y ayôit rèmifê 
étoit mêlée é'ûh peu de bouc?'» & par* 
confequent pefoïit plus que l'eau nette ? 
mais cette bbiiëdefcendit en peu'detethps 
au fond du petit vaifleàu ; & parce tnpyerr 
Itau 1 âe^efcant péit 'à*pe« plus 'légère elle 
mombit peu à peu plji^haut. Dëu** jours* 
après fôbftrVay qoè le* bdftjmêtres cbm- ; 
muns étanr à T i7*pèU€es* clignes , Teau de 
ce 'grand tuyau étoir* montée à"jo pieds^ 
JP pouces ,-elfe ftroh njontéetwr peu plus* 
Haut , s'il nes^fùè^'^teVé qùél^èsîRïP 
lis -d'air qui ià fieént feiifïer rie Bàrome 1 ^ 
tre ; commun étàht à iV poweesf , elle 
monta encore pitre hautH -& 1 de&fcndi't en-^ 
ftite quand tèBfr omette comfhèn revint 
Au dèflffus 'dé^poflcéS', d*bi? je'cohriùr 
^ucle* -Bkrômetrts 'cPeaù ôiïrdes' 1 çftan^ 
gèméns prppôrticmnez : 1 éfeôx dé 'MtràMrer 
St qu'on peut prif ndfe yi ^tectrçTeiu pbui* 
H plus grande -hauteur à peu pésde ctsf 
Baromètres- > lôrftjué 1 eau dont ils Ton rem-* 
j^iseft de eeties quiofônt tes moins pefan^ 
tt* Ci buelà ^ûliéi^iaWieml^te cftfbh«f f v 



Zfv Tdrtir. $ 

Potfr Ta facilté du calculon fàppofeicf 
qap \è poids de Fàtmofpherie fait precifé^ 
trient équilibre avec ji pieds d'eau douce'» 
& que le Mercurrpefe 14 fois* davantage 
gtecifémeht 

On; prouve encore le poids dé Fair pat 
tfhe expérience aflfea curïeufe * On prend 
ane bouteille de verre A IH laquelle on fait 
ifec ouverture de deux ou 3 lignes comme 
en Ci on mer dam Ifc côFG un tuyau de 
verre DE environ dfcur lignes de- dia«* 
mené & on Vy fonde avec un mélange de 
«fo &-de telcbenan^ou-avec delà poixi 
;: :, T ' 1' en forte" que l'air 

tfe t/Uiffc paffer ctiï 
re-deux 5 enfuite* 
on retfipKt là bou- 
teille d'eau par fbiK 
vertur*eC en la cou- 
dfant & même ft 
tuyau E D en ter 
naat . fer me. le bout 

D, & Jors qu'on 
pçfe la fedu teille en 
ia|fituatfoh perpen- 
diculaire i l~eau qui 
eft dan$ Ipl ttfyâiï 

dèfcead, jufques' en' 

E, & iïe'n fort'au- 
tant par l'ouverture 



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tô D h Mouvement da É*trsr.' 
^autfut que te milieu de i'oOvettare^C; 
que fi U cûyau s'étend atu dçfloys dei'çw*' 
yerture* comme jufques en I l'eau ceflera 
de couler , le tuyau étant yuide jufqueç 
a £ , & la bouteille demeurera pleine d'eau 
juiques à la foudure vers G y que fi le bpuc 
du tuyau eu: un peu plus haut que le dê£r 
fus de l'ouverture C comme en L , & qu'il 
ait deux ou trois lignes de largeur , alors 
on verra fortirde i air par ce bout ouvert 
& remonter att haut de la bouteille & 
l'eau for tir en meiae temps par 1 ouver- 
ture C jufques a ce qu'jl n^ ; : ea>.ait p£us ail 
deflps dq pftiutC , ces effets s'expliquent 
f n la manicte furyance. - ^ 1 

tè|roid$derair 
exterieuHfait effort 
lyeuilouvénure <&, 
p^ur re^ûtaflci lie au 
qui. fait' èffprt par 
fon poids potfr (o£~ 
tif , & Jl'air qui eft 
aiTdcfltis jdu tuyau 
EjD fai(| 4iffiui\ ef- 
fort & $gtf*par fou 
i|>.oids fur foairqui 
y le iï* - contenue -, & 
fe joignait aupefids 
dé cette eau « -if 
doit forcer le poii! s 







.j3 



«♦ 



;■> 



tersG, ce qui fait que l'eau 4Îu tuyau 
defcend juftjues en E, & alors l'air fait 
effort d'un côté en E , & de l'autre en 
C & foûtiennent conjointement l'eau die 
là bouteille depuis E & C jufques à A 
H, Bc elle la foûtiendroir quand- même 
la hauteur CH (èroit de trente pieds le 
Bout du tuyau étant au défions du bà* 
de l'ouverture*' C i maïs lorfque lé tuyau 
ne defcend que. jufques en L, alors Tcau ' 
depuis L jtrfques en E jointe au poids - 
de l'air quipefe fur të> force l'air en C 8& 
I%au toute par G pendant que l'air def- 
cend de D en L & entre goutte à. goutte 
dans leairpar le bout ouvert -L , & s élevé 
au deflus de la furface de l'eau qui eft au 
deflWs dircoldela bouteille j fi Ton pan- 
che la bouteille* en forrc^quelé poiat L& 
fë milieu de l'ouverture G foira* en une 
mèmeligne horizontale , on verra & moi-» 
rie d'une goutte d'air qui pdfera au def- 
fôvs du point L, mais qui ne fe feparera 
pas du refte^ SI Toi*. ne rehâuifc-unpei* 
le boutL. 

Lorfqu on a làiflc entrer de l'air dans 14 
Bouteille en. forte que la furface de l'eatt 
feit en NO & qu'on échauffe cet air avec 
la main pour lé faire dilater , on fiit for- 
tir quelques gouttes d'eau par C quoy 
que le bout du tuyau foit au deflous de^ 
cette, ouverture , & l'eau <Jcfccn4ra com^ 



y£ Du MoHvtmtm dïs Eauxï 
me jufqâes en yq , mais fi on laiffc refroidit 
•et air, on verra pendant quelques temps 
entrer- des gouttes d'air par C à caufe qu© 
Pair qui étoit defcendu jufques en P Q fe 
jemet dans fa première étendu? depuis 1 
N O jufqoesà A-H , & n'y ay&nt point d'eau 

f>our remplir l'efpace NO P^Q , ilfaut que 
a*r y vienne du dehors par f ouverture- G* 
L'eau n'a point de retfbrt fenfible-, 8C e\\o 
ne fait équilibre avec les autres matières » 
que parfon feul poids ou par fon choqS 
le premier équilibre qu'on y- peut remar- 
quer à l'égard de l'air, eft qu'étant itduitd 
à- de très -petites- gouttes t elfe devient 
plus légère que l'air s & s'élevcen vapeur, 
ooname il a été dit cy*devant. On ne peut 
dire quelle petitefle doir avoir une petite 
parcelle d'eau* pour faire équilibre avec 
l'air proche de la terre-, parce que celles qui 
fcnt un peu plus légères que cet • ait ou un 
peu plus pefantes font invifibles * feparé-- 
ment. Onpeu-encore difficilement trouver 
1« cawfe de ce* qu'elles s'élèvent, car ce n'eft 
pas le mélange de l'air puifqu'elles pefc* 
raient encore pjus que l'air pur -, ce n'eft 
pas la chaleur > parce- qtfon voit des eau* 
rres-froides jetter des vapeurs. On pour*- 
roit peu fer qiv'il y a de très* petits pures 
«ians l'air, oimI n'y a aucune matière pe- 
&nte,dâns lefquels les tres- petites parcelles 
# <te*ufe peuvent infinuér & y -monter ,«3c 

celles 



//. TdrtU. 9i 

cetîes qui font un peu plus grofles n ? ypour- 
roient pafïèr. Ces petites parcelles font 
enfin équilibre avec l'air , a une diftance 
d'une lieue ou de deux de la terre , & elles 
y demeurent long-temps fofpenducs jufqu'à 
ce que plufietirs s'étant jointes cnfemble , 
deviennent plus pefames-* & fi l'air deve- 
noit très raréfié elles pour roient tomber. 

On en voirTexpcrience dans les machi- 
nes pneumatiques ; car lorfqu on a pompé 
une patrie de Pair , on voit troutler le ré- 
cipient par la chute dos vapeurs qui ne 
pouvant plus être foûtenues dans l'air , à 
caufe de la trop grande rarefa&ion , tom- 
bent en petites goutelettes fur le verre .qui 
ies environne. Dansées endroits où il Te fait 
de grandes diutes d'eau > on y voit s'éléver 
perpétuellement des ^vapeurs qui ne font 
autre chofe que les parcelles del eauèrifées 
par lecfeocqv& quand une boutefUe de fa- 
von vient a fe rompre , une "partie de l'eau 
dont elle eft compofée , tombe, ôdereffe 
qui Te réduit en des goutelettes trop petites # 
s'élève commets vapeurs. 



x 



h &EG LE. 

leur IVfHititn Je fcAHpérfa* feids. 

? Eau étant dans un vaifleau ou dans 
jpiujfieuis qui fe qammttniqurtut > a ton* 



•-' 



fi Du Mouvement des Eau?. 
jours fes parties fuperieures en n\êrne .jp>i 
yeau><;'eft-à-dire>en égale diftance^iMtfA- 
tre de la terre. 

fi XP SéJCATjfO M 

» 

•Soit le tuyau recourbé A B C d'égale erof 

v feur > dans lequel on 
yçr(e de l'eau par 'le 
bout A > elle montera 
aullï haut dans l'autre 
branche 4u tuyau*, c'ejft 
4-dire que Sx D E eft 
une ligne horizontale , 
& que l'eau dans la 
braqchp A G, ,mon^ 
jufqu.es cpP ., elle iera 
r d ans 4 autre jufques en 
JE , quand on auracefle 
.de vecfer , & que l'èay 
demeurera ,ep repos. 
»,Car premièrement^ les branches font d'é- 
gale largeur & également inclinées d i'herf 
rizpn, tout étant égal de part &d'ajure, 
Teau ne pourra pas demeurer dans les hau- 
teurs inégales A Çc F, parce qiije le poids 
de l'eau A G fera plus grand .que celuy d $ e 
l'eau H F>& par coofequent , en ciefeendaru 
il pourra prendre une plus grande quantité 
àe mouvement qu'il rren donnera à l*au«e 
en montant > puifque leurs vitefies ferpnt 




M. -Parti*. 99 

égales & leurs dire&ioas femôlabies. Donc 
parie principe univerfel, Teau ne pourra 
V arrêter fi elle rv'dl aune même: hauteur 
dans ces deux branches. Que filon* ferme 
avec le doigt le bout C avant que de'-veffer 
de Teau par le bout A, &quon etnpliftel 
td'eau la branche A G jufques ?à A ^l'autre 
* demeurera vuide, &ilu/y montera .point* 
d'eau ou tresnpeujacaufc delairqurToceu- 
;pc y& la branche A G n eft que de deux ou 
trois pieds de hauteur s alors fi onleve le. 
doigt l'eau de la branche A G defeendra* 
t& une partie paiTera dans l'autre branche , 
Sf s'élèvera xom m* jufques en £ .pendant 
que de l'autre part eUé defcendca-comme 
jufqu'enN & derechef elle monterarcotnine 
jufqutan D~ & defeendra jufques en M) Bc 
enfin auprès plufieurs balancerons ellç s'ar- 
rêtera de part& d'autre àpnc mciue liau- 
steur *eomoie ;I E, , i ■ 

Lorfqu en tcette .expérience Teau corn* 
mener à de fc end te de la branche A pour 
•palTer d^nsTautre ,,«?ile acç^lcrefoii mou- 
vement ^ jufques i ce quel le (bit en égale 
hauteur dansles deux branches v <omme en 
I fie F^ù *dqit £tre l'équiUbre^ & diminue 
epfujrte de vitçfle <peuà >peu, jufques à ce 
^u^fle foi taux points^ & E* elle redes- 
cendra de même en accélérant depuis U 
liaute^E'jufquàscquelleait paiïeie me- 
jrçe iiiy ça* I f > & dirotimicxa fou mouve* 



TO Du Mouvement des Eau*. 

mentjufqu a ce que Tune des haut ur$ fok 
en D ,& l'autre en M> & ces balancement 
continueront jufqu'a te que l'eau foit arrê- 
tée en I & F, de la 'mènie manière que le 
plomb d'une pendule accélère fonmouve* 
nient jofques gu poitvt de repos , qu'il le- 
diminue e« remontant , ic qu'il .^arrête en- 
fin agrès flufieun ; baiauèchiens. 

Xa même chbfe arrivera dans un Vaiffean 
A>B C Q , où il y aura de f eau jufqu'en E F h 
car filony verfe deJ-eau^vers F, enforte quV 

elle s* élevé corn- 



1 



S 



_li 




2 



u 



me jufqucs en G , 
ëHe ne 1 demeurera 
point en cet état, 
dors qu'on ceflerâ 
de yerferde Peau 
jiouvelle : car le 
poi<ïs 4e 1 eau 
GK H C, étant 
plus grand que 
celuy de Tcaip 



KJLH> LH &HC^tfuppofées égales, 
il forcera içette dernière par les mêmes rai* 
'Cçfts , & fera élever Peau vers I K , $c en 
même temps la fut-face fupericure G fc 
étant en pente , l'eau coulera Aè G vers I; & 
par les mêmes «ratforis Teau ESLI s'élever^ 
aufîî: & enfin après pluficufs mouvement 
Ja-furface fuperieure de Feaù fe mettra de 
niveau. De la an fourra expliquer ce ^ui 



//. târtic. rot 

dérive dans une eau dormante LM,lorf- 
qti'on y jette une pierre comme en N , car 
la pierre faifant élever autour de foyTeaur 
en une vague circulaire , dont O & P repre- 
{entemP élévation , elle ne pourra demeu- 
rer en cette pofîtion > mais la partie O cou- 
éra ve:s L,& en coulant elle pouffera ëc 




R 

élèvera Peau tfqinné R; qui poiiflTeraf & 
élèvera la fuivanté , de màniètte qu'il fem- 
blera que la même eauireveeen 0,s'a- 
▼ànce jufques en t.* 

La même tfhôfé arrivera àjap mie élc-. 
ièe~P\ &jJàr ce moyen iffe fera uric vagtfcf' 
circulaire qui s éloignera dû "point N en s'é- 
krgiflant toujours* jufques aux rivages E & 
M, s'ils ne font pas trop*élôigrie*V& en 
s'y réflcefciffant , iFfe fera une vague cir- 
culaire nouvtlfe, qui s'avancera départ & 
d'autre vérsN, fits'agraitdira toujours en' 
circonférence eri diminuant de hauteur, 
jtrfïjues à ce que toute l'eau ftrpjerieure fe ' 
fuit mife^de niveauv : - x * . • 

» 

Xuj 



Soient maintenant tés deux branches ifie*- 

fales en largeur comme en là figure ABCD , 
eau fe * mettra encore i même hauteur f 
comme E F dans les éeu*branches , & l*éatf< 
E B ne forcera point l'eau G F ; car foi tU? 

baze^ B G qu'on 
Eajr ; fuppofe quart éé, fein- 
te Fors ^ plus grande 
^que la bâze' C Y $c 
s ïl eft poflible, que 
Tëau defeende de B : 
fafqu'en t , & qu'el- 
le monte de l'autre 
part jufquVn D , cel- 
le -qtri fera dépen- 
due de E en I » fera 
égalei celle qui efc 
enFD, & les deux 
q petits cylindres F D » t 
El.» auront leurs hau^ 
teurs réciproques i i 
lturs bazes : Donc comme i^a.i , ainfi la ^ 
hauteur FDa.El :Qji le cylindre EB étant 
if fois plus grand que le cylindre CF » il ' 
p.e fera \6 fois davantage : mais réfpace-- 
p^fleen memeteraps par le* petit cylindre y - 
fera auffi i<S-fois p|us grand que l'efpace 
paffe par le grand cylindre,. & leur&ainS» 
âions font tés mêmes étant perpendicu- 
laires ; donc leurs viteffes auroient i té re* 
tiproques à leurs poids , & ils auroiç m c*« 




//.* Partie*' IC# 

une égale quantité de mouvement , ce qui : 
(te impoffible* car parle principe univérfel 
ces cylindres dVaù dbivem faire équilibre* 
5e l'un ne petit pas faite mouvoir l'autre, 
fmifqu'ils font difpdfezà* prendre une égale ' 
Quantité de mouvement fcïon la mcme^ 
direction. 

Que fi Ton vérfe de l ? eau dans "ce tùyaii* 
é tjroit jufqùës enD, elle ne potirra s'y ar- 
rêter que lbrfquè l'autre branche fera plei- ; 
lie jufqûes à A : car foït la hauteur' F ET 
d'un pouce & fa baze un poncé-, & F C 10 J 
pouces, dçnc toute reau CD ferad'opzfe 

Îbuçès cubes, Sf l'eaùBE iéfbpbuces cubes. * 
i donc toute Teaù CD dbfcënd d'un pouce, * 




DFeffi celle de l'èaù C D : Or 160 multi- 
pliez par-/- dbttnb'iô dé* qïw^ dé mou- 
vement, & il multiplié; par i donne n ; ' 
dpnc ia quantité de mouvement de Peau '■[ 
DCfera pîirs 'grande' que celle de l'eatif* 
B E , oti ce qui eft la niême chofe ,lavi- ' 
tefle dé Teaù de là petite branche, aura * 
plus grande raifon à la v^tefiede l'eau de 
la grande branche*, que lé poids dç cette 
dernière au poids de I* autre 5 & par fe prin- 
cipe univeriel l'eau du petit tuyaivdétccn- 
dra. On tirera les mêmes cohfequériçèg 
pour k$ autres hauteurs inégales juiqu'à ce 

I mj 



i&4 D* Mouvement des Eaux. 
que les deuxfurfacés des eaux de ces bran* 
hes (oient de niveau , & elle ne s'arrêteront 
point qu'elles ne foient a même hauteur. 
On peut encore confiderer l'eau en Af 
G, comme fi elle éroit divifée félon f* 
longueur en feize petites colomnes quar- 
rées chacune égale à ia petite colomne 
quarrce C D : & parce qu'aucune de ces 
petites colomnes ne peut monter plus haut 
i\y defeendre plus bas que les autres , on 
doit juger de même delapecitc coîomne 
CD-, quoiqu'elle nelxut foit pas conti- 

g u ' é - - ■. r . ■ 

De là ilYenfuit que il on met un corps 

flotant fur l'eau de la branche A D , &que 
Te poids de ce corps {bit égal à celuy de 
Teau qui occuperont la hauteur A E après. 
qu'on Taurpit ôtc , l'eau de la petite bran-, 
che demeurera toujours i-Ia hauteur CD y 
& il fe fera équilibre entre l ; eau CD 8c 
l'eau BE jointe au poids du corps flotancr 
gar les mêmes raifons cy-dèfïÏÏs. 

Lorfqqe la petite branche eft' tres-me- 
nuë comme d'une demy-ligne , ou d'un* 
tiers de ligne, 1 eau y- monte plus haut; 
qii'én l'autre branche d'un pouce ou de. 
Jeux , ce qui arrive aufll quand on trem- 
pe dans 1 eau. un tuyau de verre , dont le. 
diamètre eft moindre qu'un quart dcli- 
^ gtie } car elle s'y élevé à la même hauteuc. 
d'un pouce ou de deux pardeflus le refte. 



de la furface de l'eau , &T tonte cette eail 
qui s'éfetfe au deflus du nivcaii dans les 
tuyaux très- menus ou dans ceux qui Te font 
médiocrement , comme d'une ligne ou d'u- 
ne demy-ligne eft égale fenfiblemtfht à une 
groflè goutte d'eau qut étant attachée À 
quelques corps ,• demeure fiifpendu? fans 
tomber. 

(j>n .voit le même effet danrs Fexpcrien- 
ce de la bouteille cy-deffus ", car file tuyaif 
eft tres-étrdit comme dune demy-ligne, 
. Veau n'y defeendra qiîe jufqucs vers L en- 
viron un pouce au deflus de E, & alors 
dette caufe particulière d'adhefion refifte à 
l'effort de Irair qui èft fur t*êâia dans le 
myauiôc plus le tuyau eft étroit, plus le 
point L kra élevé. 
, Quelques-uns attriÔuïtir Fa caûfe de cet 

| effet au poid? de l'air qui agit pleinement 
\ fur l'eau du tuyau large, & ne peu? bien 
'■ agir fur celle du tuyau étroit ; mais on 
*: doit rejetter cette caufe. Cat fî Ton pion- 
,t ge un femblable tuyau dans du Mercure, 
[ j \\ n'y monte pas fi haut que le niveau du 
1 refte du Mercure, & routes fois tè poids de 

(l'air y doit agir de même qu'à l'égard de. 
Teau :' & même fi Ton trempe dans i'eatt 
% un de ces tuyaux étroits qui n'ait qu'un 
demy-pouce de hauteur , Peau y monte 
jufques au haut , quoy qu'alors l'air n'ait 
point de peine à s y ipfinuer : jomt à cel$ 



A 



tùS • Du Mouvement des. ifaux.' 
que fi ce tuyau eft gros ou qu'il aie cré laide 
lông-tèmps fans être mouillé , il contra- 
cte un certain enduit où l'eau ne s'atta-*' 
chc point \ ôè v alofs feau ne s'y élevé pas 
au deflus du niveau, quoyque la caufe du s 
défaut dupoids de l'air demeure la mê- 
me fans'chdngemens. Il faut donc expli-* 
quer cet effet par les mêmes caufe s qui" 
font élever l'eau qui eft: àkm ui vaiflfeau 4 
de bofo vers lés bordi jufques à plus d'u- 
ne ligne &'- demies de hauteur avec une 
petite côftèàvité K 8* qui fait joindre deux' 

{'outres d'eau Tune à l'autre qâand elles 
e touchent , defqtJelIcs fautes on a parlé ' 
dans le ptttfAtt ài(couts zffez au long. 
. On voit, un effet furprennant de l'équili* ' 
Sire dans l'expérience mivànte Ayez un ton- 
neau de bois large de deux ou trois pieds 
ABCD> plein d'eau enfoncé par les deux ; 
bimts^ Faitesutie outferturfe an fond d'en- 
ftaut comme en E, pdur y mettre un tuyau l 
d^tn pouce de. largeur, fi bien joint avec* 
de la poix & de la nlla.ee ou avec qûëlqu'au- 
tre matière , que Tair n'y puiffè entrer , & : 
que ce tuyau éttoit , fçavoir» EF ait n 
ou 15 pieds dé hauteur v empliffez d'eau : 
le tonneau par quelques trous qu'on fera 
au fonds fupericur , & pdfez fur le fonds * 
fepe ou huit cens livres de poids qui le fe- 
ront courber en concavité comme AMD ; '* 
64 on met une marqtfe blanche au dehots • 



/*? fimtoï 



10^' 



db tUfatt, comme au point H , & i côte un 
peu plus haut une règle IL, plantée dans 




le mw voifiiî, # affermie de manière 
qu'elle demeuré immobile i en vetfant de 
l'eau enfuite peu i peu dans le tuyau 
étroit EF, vous verrez que quand il fera 
plein» le fond AMD fe tera élevé avec les 
poids dé 800 livres dont il eft charge» 
noa feulement a fon premier état A EI>, 



tôt Du Mouvement dé( Èdux. 
mais même quand il auta pris une cour- 
bure (fonvexfe , & que fon élévation datxs 
ft milieu fera autant élevée par~ defïtîk 
le point E, que le point Métoit audef- 
foUs auparavant > ce a que Toû connoîtfa 
parce qu'on Verra élever la marque blan- 
che H > & paffer pe»u à peu plus haut que* 
la règle IL , dont 1 on pouna mefyrer tf 
différence.- Qbç fi ïc tuyau eft encofe plus 
hatic l'élection desf poids fera encore 
plus grande : d'où' Ton juge qiïc* le p. ir 
d'eau qui eft daiSs le tuyat|*, a^ autant de' 
force pour élever ce. gtand poids & cour- 
ber le fonds du tpiïneàu'en convexité , 
que fi ce tuyau étoitde mêtaer ïàrgetor que 
Je tonneau. Cet effet le prouvera par les 
mêmes raifons cy*deflus touchant ffcau 4 - 
dc la petite branche CD, qui fait! élever ' 
l'eau de la branche B A , lorfqu'elle n'eff 
que jufques à E ,♦ quarto même ellepefe- 
foit ioôo fois davantage ; Car là viteflè~ 
ue prendra Te au du petit' tuyau FE en 
efeendant , fera à celle de fond A D ave& 
j fes poids e,i s'élevant, comme la furface 

de ce fond eft à la furface de ce tuyau ï 
ceft-à-direque (tic ttryau a un-poucede 
lr diamçtre & le fond *o' pouces', la for-" 
? fkee du fond fera 900 fois plus grande que 
celle du haut de Te au dit tuyau : donc fi? 
r l'eau du tuyau defeend d'un pouce ,. cel- 
le qui touche lé fond fo'perieuï du muict 



2 



//. Partie» îp$. 

-S£ s*élryera qije de— de pouce j^fe pac 
<;onfeqi^nt fi l'eau du tuyau pefe tjnejii- 
vre, elle fera équilibre avec 900 livres > 
donc elje fera élever JesJJoo ljvçes qjii 
font foc le fond avep le t peu d'eau qui 
paflèra au deflus 4 de £ E JD > mais il faut fijp- 
pofer que le fond^s'éleye tout»tntjer en 
même t&mps pour U jpftcflè ,du calcul Sf 
du raifannçmem. 

Lorfque dans un {yphon Tune des branr. 
ches eft inclinée, ,& l'autre .perpendicu- 
laire étant toutes 4çux à peu prés de n\i- 

^t j^ fi» c iafgeur > 

p* l'eau s'y met* 

£> ^ ra au ^ de 
niveau ; Car 
fpit le fyphoçi 
ABÇpofcen 
force que la 
branche A $ 
(oit perpendi- 
culaire > & que 
C B foit en up 
plan incliné , 
ileft manifefc 
çrquç lepojd* 
de l'ç^u qui 

fçraép DB, 
fera au poids de celle qui fera en EB* 
^coijime la .grandeuc D B eft £ h cran- 




.* ri ô v 2># "Mouvement Uts Htnx. 
zontâîe, la force totale de Feau E B pour 
< descendre fera à xelle quelle auroit iï 
.die toniboit perpendiculairement, com- 
me la longueur t B eft à la longueur D 1 
B:Donc elle fera équilibre à Teau DB,, 
-dont la dire&ion eft perpendiculaire fui* 
vatnt le principe univerfël ; ^ Car 'les e (pa- 
yées pafTex en même temps par les eaux 
de ces deux branches- félon leurs dire&ioiw 
naturelles vers le centre de 4a terre * fe- 
ront>en raifon réciproque de leurs -poids* 
*c èft-à - dire de E B à J> B , & par confè- 
rent l'eau EB ne forcera f oint l'eau B 
D,$ le frottement jflus grand dans la lon«- 
gué branche *peat fiiire-qudques différen- 
ces > •& donner un peu plus de peine pour 
faire mouvoir l'eau par le pian indiné E 
Bi mais quand l'une ou fautre des bran- 
ches feroît plus grofle , «cela >n'empê- 
cheroit -point l'équilibre .par les mêmes 
raifons qui ont été dites ^cy-deffus. 

Lorfque dans les fypbonS qui ont une 
branche beaucoup ;plu$ groffe que l'autre , 
Comme en la€gurejfervante , -on ferme le 
tbout de la petite branche avec le doigt , 
& que la grande étant enfuite remplie 
d'eau, on levé le >doigt tout à .coup , le 
•bremier «mouvement de toute Teau A B 
jt& retardé par la docilité de litïuë en 
,Gi mais le mouvement par F C , eft bea*- : 
sbvjp plus-vite m (on ^Ammei^ejneût*. 




.1 wm * 

qne^juand les dcartbran^ 
cbes font d'égaje largeur ;t 
; p d où il arrive que : fi r&m 
•" met un peu d'eau dans 
*la branche F C , jufaues £ 
ce qu'elle rempiifle le 
tuyau de jonction BC,^ 
fi sprés a^oir ferme 4e 
bout F avec le pouce , on 
rejmplit l'autre partie A B 
jufques jà la ligne hori- 
zontale E D , $c qtttm'le* 
ye enfuite le pouce tome 
Jg à coyp , l'eau montera 
plus haut .que D comme 
jufqncs en F, ,ce qui ar- 
rive parce que l'eau de4à grande branche 
descendant quoique lenj^nçnt , fait morv 
%€t trejs vite l'eau dans là petite franche j 
K jk ( que tonte l^eau fe mouvant pour armer 
£ l'équilibre , elle fe .meut encore après 
y être arrivée jjar la .yitefle açquifecom-» 
*n.e ; dans le fyphqji ^uniforme j^e ,q\Â fait 
<jue l'eau de' la grande Jbran^he ddfceni 
encore , jk fait .nvpn^er l'autre çotnme mf- 
jqxies à 3 oju^ pouces au' s dçflus de D d'qp 
jd'le redjefçend , Jk après .quelques ^alan- 
pemen? c^lc s'arrcvtfcenifinàla'même hau- 
teur ^ans les deux branches au deflbus dp 
& F i & quand lt tuyau A B feçoit lov^ 
olein avant ^ue d'ôter le -j>ouce , Yfàppfi 



njL Dti Mpv&emnt des Eaux. 
lai(Tcfoit pas,dcjaUir,deux oumois pquee* 
plus haut gue F , fi la branche nR eft&eau- 
çoup plus large que la branche CD > c#r 
alors la defcçnte §c la montée dans cette 
branche large fera fort petite & prefque 
infenfible. yoicy les expériences qui . en 
pnt éxi fakej., 

On ^aj>ris un bacqjiet'de*fer blanc À B 

CD avec le tuyau 
£ F de .4 pouces de 
Jargevu: où croit fcu- 
dc tetuyau recour- 
bide verre FGH) 
on epijpîiflbit le bai?» 
quet & le tuyau ET 
après avoif mis le 
pouce £x\ H pour eitv» 
pêcher Pair de forcir 
du tuyau GH;& 
quand on .ôroit le 
pouce , l'eau jaillit 
foit , jufqucs çh I ei*- 
vj^oti ,trois pouces 
jdus haut que la furface de l'eau D A * 
mais lorfque le tuyau de . verre p.lloit jut- 

?ues à 5 ou 6 pouces plus haut que AD, 
eau y montoit à environ 4 pouces pltf$ 
haut que H,. 4 Quelle redcfcendoit , # C n r 
fin fe mettait, cfons l^quiiib^e. On 1 foz 
Ta même ejpetj|ence ,dans uji tuyau J-ÏEF 
if égale largeur par tpijt, GJH demeurant 

* tpujourj 




//. Pétrtie. Jl * 

toujours plus ccroit que LEF , & l'eau 
jailliflbijt plus haut que le point H , de mê-\ 
me que quand le bàcqûec A D éto t au , 
deflus de E F : Oc en ces cas l'eau com- 
mence à monter aflez vite par G , & monte 
encore uti peiv plus vite quand 1 eau L E a » 
acquis du mouvement. Mais cette vite (fe 
par G H commence i diminuer quand l'eau 
des deux branches eft arrivée à l'équilibre , 
ceft-à dire à la hauteur où elfe doit demeu- 
rer dans Ies~deux branches , comme à cette 
de la ligne horizontal e* KM. Que fi Ton 
mec desliqiteuts diffiprentes dansïcs detrë'' 
tuyaux , lés plus légères demeureront ( ék- 
vées dans les tuyaux pUis haut que les au-; 
très félon les proportions réciproques de 
leurs pffamêurs , dpnt vo cy les règles. 

Xeglt de l'/quilihri dêî liqueurs diffirtn^ 
tes p*r tApfantc*r. 

ON confidere icy deux fortes depêfan- 
tears <Jes corps , l'uni qpt procède 
de la matâe du corps , cçmme un pied eu be 
de bois pefer plus qu'un pquee cube de , 
même matière > l'autre procède deladcn- 
fité des matières ou de quelque autre cau- 
fe par laquelle un corps pefeplus qu'un au- 
tre de pareil volume;, comme un ponce cu- 
be do; pçfe plttSf qu -un ppuce cube de fer 9 

K 



t 



nous appellerons pefanteut fpecifique ceftt?r 
dernière pefantenr V aînfi la pe&nteurfpe*' 
cifique de Tëau eft-phis grande que celle" 
cie l'huile Von ne confidere point icy ta 1 - 
ppids de l'air dans lequel on pefe les corps , 
qttoy qu'a la rigueur on y doit avoir égard. - 
Soit donc *dans le fyphon A B G*de Féau* • 
J en équilibre^ là" hau- 

ts : * ' tmr^D E qu'on verfo < 
1 tout ^doucement de- 
FKuHe dans la branche 
£- C B jtrfques à^cc-queW 
ît M (oit à la : hauteur C T -, 
il Irritera que l'èau def*- 
cétodra* au^ deffôus de 
E", S&VéJevera aii def- 
ftfc de D en l'auttt béa n- 
che rfcir la deicente- 
E* , & IEG Fëjevation » 
& foktiré f HTiôrizon- 
taie , alors Fhuite F C 
fera à l'eau HG reci^ 



1 

53 



» 



I 



' i 



& 



prcfquenvént confine fit 
pêftnreut fpécifique dé Téau efr à celle de 
rhuilA; car f eau FB v 'fera équilibre avec 
FeawBH, ddnc Vhfùilè FC fera équili- 
bre avec Féau H G , or il eft '.' neceïfoire 
j>our faire que le cour demeure en cet état 
que les parties H & F foienr également 
>reffées félon le principe cy-dtflus : Donc 
a quantité d'huile F Gpefer* auront fur F 



i 



//. Péirtie. ^ iij 

que Peau H G fur H. La mêmechofe arri- 
vera an merçtiré &à l'eau v Car fi on mec • 
dans le fyphoh A B C du mercure lufques 
a la haiiretir. DE & qu'on verfe ; *douce- 
mênt deTeaiipar G' inclinant im peu le * 
fy*phon au'commeiiceitient afin que t'éau * 
ne fe mêlé point avec fetneretfre, & que 
leau foit élevJejufqû'enC, & Te mercure : 
JBfqiren I , Te&i defcèndra comme juf- 
qijcs à Kî ligre horizontale" K L \& alors * 
Feau KC avec le rnércvue'K B , fera équi- 
libre avec le mercure BI > &*commçla l 
pëfànteur fpecifiqoe du meretlfre cft à ecl- ' 
lé de leau , ; airifi. réciproquement la hau- ' 
teur'KC ferai ta hauteur LI,&pgir ce ' 
mbyen il fera facile de déterminer les pc- 
fahtems fpecifiques d<?$ liqueurs à l'égard * 
lune de l'autre , carfi le mercure pefe-qùa- r 
torze fois plus que feau, KG fera quà-* v 
tofce fois plus grande que L I. - 

Ayant confideré l'équilibre desdlfferen- 
teMiquéurseritr'ëllts, on "peut corifidérer 
celuy des corps fermes qui' n'agent fur 
Teau , comme le bois > \x *cire , N &t: En :i 
?oicy*Ies reglçi. * 



Kij 



irf * Dmimwvctrtent des Eaux.- 

Règles de Vtquilihre des corps fermes dont* 

la fefdntenr fpecifiefue efi moindre • 

que celle de l'tau+- 

TOut corps ferme plus pefant q»e Pair r 
&' plus léger que Veatu y - étant mis ^ € 
s y enfoncera, ua peu & fera élever l'eau ^ 
& toute fa partie enfoncée fera au- refter 
comme fa pefanteur fpçcifique.icefle de^ 
Kéau* 

Soit dans lu figure fuivante & C D E-dé~f 




f eau dont la furface foperieoie foïrB^S ,' 
contenue dans quelque vaifleau ; & foit 
A F G H un corps cuoique plus léger fpe- 
cifiquement que Teau, & plus pefant que 
l'air > je dis qu'il ne demeurera pas fur la 
fupeificie de l'eau > Car la colomne quarrée 
d'eau K R L 1 feroit plus preflée qu'une cô- 



TV. Parfte* " îlf 

lomn'e égale B El K , puifqûe le poids di* 
<x>n>s A H y ferait de plus \ donc le poids* 
defeendra', & entrer;* cfans l'eau \ mais il ne 
s'y cachera p*s entièrement^ pareequ'a— 
l&rs la colomne K Ri L cempofée de ce- 
corps & d'eat* , fero-it plus lege* e qu'âne 
égale colomne deauBEIK s fait dono 
fon enfoncement jp(cp&s *n K- R , & que 
l'eau qui l'environne fe foït 'élevée* jufques* 
en B C , qui fera plus» haute qu'elle^ n'étoir- 
atiparavant à cauie que la portion KG H R' 
du corers occupe la place d'une partie qui 
tft oblrgée de s'élève* : je dis que l'eau con- 
tenue en KUGHI&, dont le* corps occupe 
la place , fera, d'un poids-rgàl au poids de* 
tout le corps, c T éft-à-dire que fi- une quan- 
tité d'eau* égale en vofûrae à K G H R pe- 
fe- autant dans l'air que le corps entier A F' 
6 H, il demeurera dans cette fituation>&~ 
la portion KrR G H de cecorp* fera au to- 
tal , comme laepefenteur fpecifiqnede tout' 
ce corps fera à celte.de Teau* 

Ainufi lé corps A F G H eft à 1 eatren pe- 
fimteur fpeoifiqtiei^somme; i ; 4, la partie ' 
ÂFKR qui paflera aifcdeflus de l'eau fe- 
ra le quart de toute fa hauteur *, car • s'il . 
pefcit 11 livres dans l'air ,auranr d'eaupe- 
ieroir 16 Iroes ; &vpar eonfcquenrla partie 
MGH peferoit ia livres fi elle étoit 
d'eau ,* eUfe ne psefera donc qne-9 livres > fie 
la partie, au de (Tu 5 de l'eau AFKR feratde 



t't - { TS»Hi(fuvément des Eaux. ' 
& livres &' k tout pefera ir livres cora^' 
ipfc. 1 efpace cf eaer- occupé par la partie du 
poids qui y entre vqui fera : 16 livrés dan» 
là- mcro£' raifon de$à4 * &*par h pre- 
mière règle le poids demeurera en cet étâe 
dans Teau. Et parce qufe fc- Keg$ cft 4 foi» N 
«i'oifts. pefam qtife leau, fil'on tnet dan* * 
de TcauBCED un cylindre de' liège A~ 
F G H , il defeeflfdra i & fi la fuperfecie de 
leau èft double de celle de la bàtfe du^ 
cylindre y l'eau ne s'élèvera que-delahifw 
tiémer partie de J la h^feto- du cylindre, • 
&-le cylindre ne déteindra dans l'eau qtte 
de fonquâtt, cnforfeqae lapiïtic qui re- 
ftéra hoirs de4'eau fera teà j quarts dé tout-' 
le cylindre* 

L eau s'attache qûêlqaè$foÎ5'autf ccftps le* 
g$fcs ,• 8c s'élève un peu en Concavité contre 1 
la partie audeffus de K , & quclquesfois il ' 
fefait im petit enfoncement au deffj us, » 
cpmme il a été expliqué cy-de vaht , ce *jui 
pôurroit faire quelque difficulté ^ mais ce"- 

}>rt d'eau qui s'élèvera au deflus du tefte'de 
a furftec de l'eau n'y fourra faite qu'un très- 
petit changement , dc : on ne le conftdece - 
point icy. 

. Cétteproprietéde l'eau de s'attacher b* #î 

de ne pas s'attacher à de certains* corps?* » 

fait qadquesfois paraître des effets aller - 

fiirprennatffts. En voicy des exemples 

AB.Ceft un rare à dcmy-piçin -à eau* 



s- y t* 




If. Partte. \yf 

«font M iîirface fifpetieure eft D*E:~s*ify ■% < 

une petite butte* 

A ^ r . ...,.T:o ». ' 1 . - ^ d «cume pleine 

d'air comme F , ou ■'■ 
une. petite balle 
c*e»te~ de - verre 
*pfeined*àir plus lé- 
gère que Peau ovt * 
quelques autres * 
corps fembliables > > 
eHê ira^-vers lés ■• 
bords EouD , 8c - 
corn m* ' cdRéè -, mai* au «on*> 
traire <î f£ vrivr rft tout plein d'eau corn-* 
me e«A'C, alots la petite MfleK ne pcHuEa? - 
approcher du bord > fw l'y >poufle elle jfe-~ 
viendra vers le nrili eu en Kr Maisiî y & d'au-* 
ne* petits corps légers qui- font dey effets' * 
ttfiit? contraire s. Prêtiez «rie petite^bille de 
cire non moiïiléè * S&ïa poièfc doucement 
foi l'eau en F, quart die verre n'eft pas plein» 
elle fuira* les bords , & fi-'on h met en Kr 
vers Je milieu quand le verre eft plein , elle 
ira &' précipiter vers C jitfques ace qu'clte; 
touche le bord du T verre. On peut expi*-< v 
quer ces effets en cette forte. - 

A B eft la fur&ce de l'eau quand Te ver- 
re h'èft pas plein » CD eft le bord du 
ferre où Feàu fait une petite élévation 
commet *fg> E eft la boule dfrecire qui 
étanigrafle & pc^éc doucement fur -Tmot 



Ho D h Mouvement des Ééuuiï 
j&faft'un patit- creux- H I K àcAUjfe; qjje-" 




leau ne s y attache pas, & la balle ehtre : 
au delfous de la face de IVau A H K B juf- 
ques à ce que la partie qui eft au deilbus 
avec l'air- qui eft compris au'deflous delà- 
ligne horizontale ponétuë pefe atttant que 
l'eau qiti y^étoit contènlie' dafcs rêlpace- 
compris -de cette ligne pônûuceH Kètdè 
la ligne courbe H I K -, or fèlon fait avan- 
cer cette balfe jufqties vfcrs^ loifque le- 
joint K de l'extrémité de là concavité H 
I K veut s'approcher plus prés du bord du* 
verre que le poi»t£ r alors l'eatiqui eft en 
«^n'étant plus fomehue par ce v le quieft 
au .pomfc g defcyid % & repotiflè la boule 
jufquçs a* ce que le potnt> K^' ioic joint ait- 
point £ la courbure efg demeurant en- 
fbivpremier état. 

Mais £ -oe verre ; c ft tout plein Scr que 
JV»u paflê par deflUs ks-* bords ftnf fe 
QHîyerfec «comité il : fe psat faire- aifë- 
mw >»& . comme ,0û : h: vc*t & la ëgg~ 

ce 



xt iuivante joù l^au fait une convexité 




-depuis X. jttfqaes *u tord du vçrre B , alors 
quand là «boule Efe fera avancée jufques à 
-ce que la fe&ion HIK rencontre la con- 
vexité L S , oonuke en P , ce point P fe- 
xa plus bas que le point H de Tantre 
•cote de la balle ><& par ee moyen la bal- 
te fe tj&uvet^dansuri penchant qui fera 
^encore plus grand <£iand la même fe- 
•âion s'approchera plus prés de B, & cette 
pente deviendra toujours plus roide jufques 
a ce que la balle touche le verre au point 
B , comme on le voit en la mime .figure 
4e l'autre cote du verre. 
. Par .cep mêmes raifons . lorfque deiix 
de ce* balles font mifes allez prés lune de 
l'antre, elle fe joignent: car (bit la ligne 
A CD£ PB h niveau de la furface deTcau, 




Çatt^rbY les deux creux que font le 

L 



#>afles ï&fe'jpbfet? rinterfefitiori tics^crei^ 
il cft évident que le point^ e fera $lus bas 
que le^nyeau deTeau'AC F B, & que pat 
.confeqii&Qt ily aura Jine «pente départie 
d aufre i ce ,quf fera que les ball r e* .coule- 
ront juives à ce qu'aies ^fe t retxcontrent 
comme on Te Voit en cette ;nîê;iT*e figure. 
Que fi l'une des balles eft itiouiHée , enfoi> 
;jfe-qœ ttm <fy pïrîffé attacher ? elles fete- 
jpovàciçtkt i'upe l'jautte î ce qui fc prouve 
$emfera$Vcàr dans la bdie mouillée Be^ 
fz %tire;fàiv*nte i il fe fait une élévation de 




: f eau comme C B & B D , & dans l'autre E 

: tfa creux comme ï G H > & fi on les pouffe 

'•furie contre l'afitte , l'eau s'élèvera davahr 

taze vers Centre les'deux balles j5c en une 

pfeàandé^dantité, ce ; qUi fera xmc les 

balles feront repouflees ep arrière 1 unp 

de l'antre, M 1 m _ 

Qq^frlcç deux balles de^lafigure^rece- 

dente font moiiilif es , elles s'approcheront 

à ç^ule/tte A*v 

I?s Vielles v £ 

fe que deux gouttes jàW fe- joignent 8? 

'ne font plus qu'une feule poutre. Caries 

dèux'^vations «fcau BC » C P àzas h 




Jfigure fuivant^ font comme depx 4*®f ~ 




gouttes qui doivent fc joindre en Ce t;oa- 
xhant tant (bit peu. 
CVffi pat la même 
les mouillées iejjoig _. _. A 
prochent des bords du «erre qu; 
|>as plein : car ils y fait une femblab'e élé- 
vation d'eau* & Quand il eft plein & que 
3*eau pafle plus haut que les bords > latb^lie 
moiiillée en efft repeuflee de la même ma- 
nière qu'elle eft repouffée par une balle non 
mouillée y car s'appfochant du bord 4pi 
verre C , la petite élévation d'eau A B fait 

hauflêr plus haut cet- 
g le qui eft entre B Se 
1 ' Ci & alors toute ie- 

vation eft plus forte 
«jue la feule E> F qui n'eft que concave ; 
& pat conséquent la boule fera repouffée 
du coté de D , ce qui eft conforme à l'ex- 
périence. ' 

Cette difficulté qu'a l'eau de Rattacher k 
la cire , fait que -quelquefois des corps plu* 
3>efanS'que Teau ne coulent pas au fond» 
comme fi le petit cylindre E K eft de bouts 
onde quelque autre bois plus pelant que 
3 eau > & gu'il&it frotté-de-fuif p ofc enduit 














K 



Y 



it4 f>* jMoéêVttnentlles Eaux. 
^«.quelque vernixqai empêche l'eau de .iy 
attacher, il demeurera fujpendu&: fera un 
enfoncement daps feau cornue FG H K 
ï <L M -, car fefp'ace <Pair G F L M qui e$ 
^i deflqus du niveau A F M B , n'ayant point 

\ de poids 9 Je 
.j... *L— : » foni O P rie 
;fr fera pas plu? 

■* * ohajrgé queC 
O oui luy eft 
égal # mêr^e 
on peut pouf- 
fer un poi 
D avec le doigt 
en embas le 
$>etit^lindre,fan$ .qu'il aille au fond? 
;pourveu.qi^ les courhurei F G , M L foiem 
moindres qu'une ligne & demie > car pou- 
vant être de i lignes faris ^ue lançante 
.fur GX > il y «ra plus d'atf au deifos , 
fr dé? qp on otera le doigt • le cylindre 
remontera , non pas * caufe ique l'air le 
retire à foy , mais pa*ce que tes cplomnes 
d'eau W ibnt à côté , dont les bafçs fogt 
égales àPO, pefe plus & font remonter 
le cylindre G L, 'On peut mettre par ces 
*nêmes xaifo^s une petixe cg^le fur de 
l'eae calmé fans qu eile enfonce > fi cite 
jc(t i^î peu grafle & friche \ mais des qu elle 
&ra mouillée , l'eau s'y attachera , & il ne 
/y fer* point .d'cAfon.cçjpcnt o» lw V 



//. Partit. \ iïy 

fui/Te loger , & elle ira au fond* - 

On peat s'étonner pourquoy la glace va 
au deflufrde feaa > car ttvftmble\qu*étaatf 
]Mus froide que l'eau coulante elfe doit être 
plus oondehfée & pareonfeqnent ptu$ p^fin-^ 
te Vrrrais il (scùt remarquer que la glace! eft-i 
Toujours mêlée de qtifelcjïfts bulles d'airV 
comme il a été explique darçp la première' 
jartie jr& c'eft ce mélange qurta rjrrfd plus 
légère :& encore qu'en-quéloues endroits" 
de la glace ce mélange ne Toit pa$ vifibie i A 
caufede la petitefle des pardelles d'air , on 
peut croire qu'il y en a toujours 1 quelque 
p:u , & que ce pfeu étant Joint à la glace 
dqnt lâcoûdccfation al'ég^r^jde lfeaun'eft' 
jias foh confiderable > peut faire ùi\,com^ 
foCé moins- pefenr- que l eatt/— - r 

La même chofe arrive au plomb à la 
graifle, à la cire, & à quelques autres ma- 
tières fembiabfcs vcar ce* matières étant, 
fondues foutienrient, les parties qui ne le 
font pas encore , ee qui procède 4e ce qu'if 
ic fait toujours quelques intervalles vùi déc- 
entre les parties de ces corps quand ils* 
commencent à feduteir. Si Ton coupe une 
balle de plomb par le milieu , pn y trouve 
Vers le centre uh vuide confiderable > la 
graiflè enfe congelant devient opaque i 
Caufe des petits intervalles vuides qui s*f 
font qui empêchent la lumière de contn; 
xiuêi en ligne droite par les diverfes re~ 

h ny 



vff Dm Mouvement ici Eàuxt- 
fia&ions& remettions qu'elle y fbuffire. 



s 



J&pflieâth* Àù cette Règle*- 

I Ton enferme an wiffitfuvmde ABCEF 
dans l'eau F E 1 1 contenue dans quet- 




•««•* 



Ht» 



IX 



que vaifleau G L t H , tenant êe vaiffeau rtrf~ 
de enfortè qu'it foit dtoic , ÔC qu'il ne 
puifle pas fe renverfer $ il faut autant de- 
force pour en tenir une partie arrêtée & 
#ftfc certaine profondeur au ckffous de 1*. 
forfree de l'eau E F comme celle qu'il fau- 
drait pop r fou tenir en l'air un poids M qui* 
étafit tnis dans le fond êto vaifleau ABCD 
te pëurroit tenit ert cette (uuation , léqUeF 
poiéTs aveccelu? dd vaifleau vùide doit 
fctre égal au poids de l'eau qui occuperoi* 
Fefpace fi O D G * eomtae il a été expliqua- 
ey-dtvâat 



On peut applique* cet effet 2, la ejaçe qui 
fe façme dans lef ri>v^rç* qpifogg ^es pilo- 
tis qui ^>ûtiffiçp|lcs Ftenç T :f*W r J9gBf' 
tt la rivière venait £y$pftdca fo gkçequi 
cft attachée aux pilori^ le§ 'peflt foule ver 
& renverfer le Pont. Car ftppçfant que la* 
gheç ait un pie4 4*4p*i»çur> ^«Mç P c fc 
^ttcl'a* dptvcjjfifift f«#pb> flpçiqf d'iuv 
dftusréme que l'çaû , on Ufa ttffoFîtf.fc 
calcul p^ur fçawpu <^Hc pefanteyr peut 1 
rttppfeKef de l'élever, #§ ckfl\« de i'eau , 

comme fi clip. MQP &ifrfc 4* futfM* » *J%»* 
400 pieds cubes dont chacun rie pefera' 
quç^Iifres au lieu des 70 pour le pied 
cube d*tajl> & le produit de 6 différence 
cfc^4 i 70 étantmi^yglii: pt 4&Q *1| 
x£oo livres : Or fi iê poiSi des pilotis 4g 
J&jît eft pW g^aiicT que £fào , Jl-ghaï? 
^arrachera pas les pilo&^ar il y aura en* 
eore de plus la jembtnce que font les pilo- 
^ par leur frôrtrmenr contre le terreur 
ferme où ils {ont engagez , polir être ar- 
taçhez. 

. Si la glace n'étoit que di| c&tc d'en- 
B?ut & qu elle fû|t extrèrtefflèat longue' 
coroipf A B» çl}epourroit favir de Uyifï t 
cppiipc pp Je yoit tb la figure * en faifan* 
<bn appuy fur le dernier pilotis C D pour ar? 
lâcher lies pilotis £ F &GH , mais il ne 
ftudroit prendre la portion de fe force 
9i£ depuis i* rooitiç de. la jdifancg Att 

fciiij 



lit X>* MoHVtntext ief T. aux. 
à caufe que chaque partie de l'a glace'& 
B o'agtt que félon fa diftanee jufqurs au f 
joint d'appuy D > que sUl'yà" auffi <té la 
glace de l'autre côté & Ai la rrieme*lon- : 
gueur > alors elle employer* tour fou ef- 
fort : Mais comme ordinairement les Ponts 
ont Beaucoupde pefanteur, ils ibrit plutôt; 
emportez par le choq eontintiél'des-grârds- 
glaçons qui- peu à peu- le* ébranlent , Si" 
les déracinent en lés fieuTtanr par ciï Haut »• 
que par le foûleventent de ta glace qui n'y 
peut pas faiic un grand effort» 



Si l'on met an corps fort léger dans des* 
liqueurs differenteren pefanteur fpeoifique,. 
la partie enfoncée dans l'une fera à la par- 
tie enfoncée dans l'autre , comme la pe- 
fanteur fpecifiquede ï'nne eft a ht pefan-J 
tour ipecifique de l'autre. 

Par ces mêmes talions les Vaine wx & lest 
Barreaux chargez de marerfandifes doivent 1 
«-enfoncer (Unvl'eau-jufqutsà« qycl'&uii 



dont ils occupent la place au défions du ni-* 
veau y pcfe autant que le ,Vàifleau avec coup 
ce qui eft dedans *-D'où il eft arrivé quel-* 
quesfois que de* Vaiflaufc entrant de 1W 
mer dans des rivières coûtaient à fond* 
parce que l'eau douce étant plus légère* 
que celle de la mer, Vtfpacçde l'eau dott*- 
ce égal i eeluy qp'occupeit le Vaifleau en-» 
ticr étoit moins pe(Wnt ; que te poids du> 
Vaifleau ^Sc que dans la mer ce poids du> 
Vaifleau croit moins gefant. 

H.- RE G L E#* . 

. « « * . 

T. Es corps plus légers que Te au étant! 
J^ t«çnu$ par forqe m>fond de l'eau , & 
étant enfuite laiffcx en liberté s élèvent 
]au deflfrs de L'eau en la manière fui vaut*: 

ABGD eft tiea* 



A 



\ 






«■■«nui 



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• ■ 



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*■»• 



1 1 li 



-tef- 



IH 



* contenue dans UL 
Vaifleau > EFGtt 
efr lé corps dont 
Ta pefanteur fpe- 
ciêque eft moin- 
dre que cette de 
Y-egM- : Or la co* 
k>mneKIGHpc- 

&(t moins qu'une 
colpmne d'eau de 
même volume 1 H 



'4 



&P > ; # t paf cpnfequçnî Kcm proche dà 



f%6 Du Mouvement des Édu*< 
point H , entre H & D eft plus chargée 
qtte celh qui eft entre G &H, & pai? 
eonfequent elle s'infinucra d& coûtera foui 1 
te corps G H & le pouffera en haut. Les 
autres parties de I eau qui font au fondé' 
la même profondeur que le dèffbus de ce 
corps feront le même effet pour le pouBfcr 
en haut S & comme il rencontrera plus haut* 
de femyablés di(p!>(îtions > il fera toujours* 
élevé jufques à et qu'une partie foit an def- 
fus de l'eau ; & parce qu'il s'élèvera avec 
vitefle , il paflPera un peu plus haut que l'en- 
droit où il doit s'arrêter *, mais il redtfcenf* 
dra un peu plus Bas que cet endroit , & en- 
fin après quelques autres balaiicêmens TP 
arrêtera dans le U cU defo n ^ilibtèftt 
Ion les règles précédentes. 
• Que s il y avoir un troir dans te foniF 
dttVaiffean comme LJ par où l'eau coujât, - 
M corps F H- ne «'ét^rol^ointjrft^ \g 
ihëârc *au qui devront p&qfler ce forpj en 
haut , dtfcend par l'ouverture & r«ntrajne 
de fon côté par fa vifcofité : > Gérant prçffér 
far defliis par là colomne d'eau K El F, 
il demeurera toujours au fond de l'eau 
jtxfques i ce ' qu'elle (frit tome -écôdléd 

11 eft évident pat ce qui 3, été dit cy-defljis * 
que fi A B CD eft un Vaitfeau plein d'eap 
ayant une ouverture en E, l'eau qui eft à 
doté comme en F étant preflée par toute 
Veau fugeiiewe - , fera ptefiee vêts 1 ower-^ 




o 



^ture avec plus de 
force que celte 
qui ïft au dcfTu» 
perpendiculaire* 
mentr comme e» 
# _.1K I : fi le point G 
iy** [ cft plus éloigné 
t I 7^ du point E que 
E^" H^G. >. le point F , on en 
& \M JL Xn> " -. verra Texpericn-» 
SLJUC£JSJS> c ^ en y faiffant 

tomber un petir 
morceau de papier tortillé Se mouillé» 
eu quelqu autre petit corps un peu plus 

Sefant que Peau ,. comme det fragment 
e feieures de bois :• Gai dés qu'on ôte-» 
là le doigt qui foûtenoft l'eau en E » Teait 
coulant fera &me du papier en' F » ce 
qui fera connoure que les parties de l'eau 

5 roche de ce petit corps, y font pouffées 
e même que les autres parties qui font 
tes plus proches de l'ouvertUre » & qui font 
comprîtes dans une demie Sphère com- 
me QJilLN , celles qui feront les plus 
proches comme en M ou F, iront fucçcder i 
celles qui coulent* plus vite* que les plus 
éloignées » Comme H ou L, & Deaucoup plus 
que cfcHet qui font comme en 6 ou phi* 
haut en O. On en fer a l'expérience en lai f- 
fant tomber des petites parcelles de quel* 
çpes matières dans Peau avant- qu ôtciJe 



Xft Vu Mouvement 4n É*nx\ 
doigt : Car on verra <jue celles qui feront* nf* 
H pu L , & qui tombaient perpendiculaire 
ment > feront debout née s potir aller par les' 
rayon* de la demie Sphère H E & ii E 
avec une plus grande vitefle que de fembïa- 
bles petit* corps qui feroht en-O ou en<î. 
La même èhofe arriver^ Ci l'ouverture eft 
comme en P au lieu d'être en E:' Caries 
petits corps qui ferorft dans là detnie Sphè- 
re K R S , y couleront des qiftjn aura oté 
le doigt y c'eft* pat* cette raifon que fi oft 
perce un tonneau devin à un doigt au def- 
fus de la lie , & que ïettou foit affez grand ?' 
1 les parties de la lie les plus proches monte- 
ront potf* ypaffcr& rendront le vintrou- 
ble. Lorfque les ouvertures E ou P font fort 
petites, la demie 'Sphère ne s'étend pas 6 
foin que quand elles fon grandes* 

r'H. RÊGL E. 

LÊs corps* dontlaf péfantèur fpecifiqnd 
eft plus grande que celle de l'eau* 
comberont-au fondi 

SOlt A le corps plus ptfarit que l'eau V 
il defeendra de la même manière dan* 
t'eau que dans Pair ftnon qû*it* deftendr* 
moins vite» l'eau B qui fera iirïmcdiate-* 




je: ♦• * 



//. Partie. ^ 

is^ent.au deffoUs fera pôùffée en bas par .ce 

coxps } qui cho- 
quant l'autrp 
plus bas la pouf- 
fera à cote verf 
C&p<en circon- 
férence, & toute 
l'eau du VaifTçaqi 
fera mife en 
mouvement > & 
^qnand Je corps fera ^efcendu comme e& 
B il fe fera d^uttss tourbillons pour rem* 
<plir la place qw il quêtera jufqu.es à ;ce qu'A 

touche |e .fond* 

W. jR E G L «. 

LBs jçorps ,dont 4a pefanteur fpecifiqiic 
cft plus.grandeque Qclk de Feau , per- 
dent dans l'eau autant de leurs poids qu'en 
* l'eau dopt ils .pccqpeiu la place. 

SXJfpendez le çorp* AB, dans l'eau par 
lacpjdeÇQ, fupppfé qu'on en ait oté 
intérieurement la partie £ , enforte que le 
ieile pefe aupaitt que l'eau qui templiroit 
tout l'efpace A B fi ,cp corps étoit ôté , 
U jeft ,évident qu'il fera alors équilibre avec 
autant d'eau fituçe à c£té > & par confeque(Lt 
qu'il ne peferoit riçn fur la corde CD, 
pon plus que fi çn la treppoit dans i'eAp 



> 



^4 



Éumouvefntntdes Tlxnx. 

fans le corps : Donc 
iî l'on- en tend que la 
partie £ y 4bit re- 
snife, tout le corps 
ne pefera fur C D 
qu'autant que pcfe 
la partie E > d'où il 
s'enfuit ce qui avoit 
-été piopofé ; Delà 
on peut trouver le 
moyen d'examiner 
la pefanteur fpeci- 
figue de tous les 
corps -qui pefent 
plus quel'eau , tant 
1 l'égard de f eau 
<que des autres 
corps ; car *&it'par exemple le corps A B » 
d'or* il faudra le pefer danslcau avec une 
balance Tattadiant à l'un des badins par 
:Une cordelette & mutant un poids d'égale 
f êfanteur dans f autre baflin , on le laiflera 
srempër enfuite entièrement dans l'eau , Se 
Vil faut -ôter t T - du j>oids-qui luy faifoit 
équilibre dans l'air pour continuer l'équi- 
librelorfiqu'il eft dans l'eau , on connoîtù 
que la pefanteur fpecifiquede for cft à cel- 
le de l'eau comme rf a i , & fi le corps eft de 

flomb& qu'il faille ftter^ dti poids qui 
uy faifoit l'équilibre dans Teau* on con- 
noîtra que la pefanteur ipecifique dp Tcau 




//. Parti* *# 

a Tégard du plomb cft comme t à n , de 
enfui te que celle del!or à l'égaid du plomb 
èft comme 18 a£i> dé U on pourra xonnoîrcc 
ii une pièce d'or cil fauue fans l'altérer, 
xar fi dans june femblable expérience elle 
perd<lans l'eau ~ ou -i;de fon poids, on 
jugera qu'il y 4 d'aunes métaux mêlez ea 
aft?: grande sfju an tué, xom me le tiers ou 
la moitié , & qu'elle eft faufle *, mais fi elle 
ne jperdoitjque ~ onppurroitla prendre 
pour bonne , parce qu'il y auroit tres-peu de 
mélange. Que fi l'pn fufpend dans un feaU 
avec une corde un grand corps cylindrique 
de verre ou de métail , enforte qu'il le rem- 
pli (Te à peu prés fans toucher le bors ny le 
-forKl J & J qu'on j y verfede l'eau pour rem- 
plir les vuides jufques à la hauteur du corps 
cylindrique •, alors ecluy qui fupportoit le 
feau facilement avant iqu'on y eût mis 
l'eau aura de la peine à jle fupporter > car 
il pefera,autant que s*il éttoit plein jufques 
à la hauteur de ce corps .aptes qu'il feroit 
ôté y £c celuy qui ibûtenoit la corde fera 
déchargé d'autant de poids que feroit le 
poids de l'eau dont le corps cylindrique 
occupe la placb; la raifon t& qu'alors ce 
corps ftuvroit les mejDg.es règles «que les 
icorps qui font foutenus dans Peau dont le 
poids diminue du poids d'tfn pareil vola* 
me d'eau que celay. qu'ils occupent, & paj 
confçquent celuy qui foûtiendr oit la çprde 



\ 



H^6 D# Mouvement îc$ "Eaux. 
4b fetitirok déchargé d'un poids égal sol 
>poids de l'eau dkm pareil volume que le 
«corps cylindrique r & l'autte ijui auroit la 
main fous ce ieau., outre le poids du feau 
jfoûtiendroit autant de poids que ceiuy donc 
J'auure fe fentiroit déchargé , & encore ce- 
Juy du peu d'eau qu'on y -auroitverfée. 

Qûelquesfois ics xorps plus légers que 
>Teau ^vom au fond par une caufe aflèz fa- 
cile a expliquer ^ en voicy une expérien- 
ce : Ayez un verre cylindrique de 7 ou t 
})ouccs de hauteur & de crois au quatre de 
argeur cpoune A £ <C £> , qui ait une ouver- 
ture £ ., au milieu du 

a ?j 3?....-..Jb % ^^ d'environ 3 U- 

.... ........ g ncs>e ^1^2, le ver- 
re d eau tenant le doigt 
fous E , .& mettez au 
defliis de l'eau une 
çetite hatie de «ire F 
qui puiffe pafler par 
l'ouverture E 5 & lojs 
que l'eau fera calme 
& arrêtée , otez le 
doigt & laiflfez couler 
. « - . ., - l'eau*» la cire dofcendjra 
v ; iV*.i ?H]) demcmcquela furfo- 
£ ce de l'eau jfc pafleja 

par E avec la dernière eau. Mais n vous 
* donnez] un grand mouvement circulaire à 
i eau + lbit ea la y cxfym de tcavw £pn$i:e 

le* 



!H: 



ï-frpÇ 



//. Partie. IJ7 

♦tes bords du verre ou autrement , lorfque 
vous ôterez le doigt; de l'ouverture y vous' 
Verrez defcendre la balle incontinent après 
cjue leau aura commencé à couler , & faire 
tfn vuide dans le milieu de Teau où l'air 
s'ïnfinuë comme depuis H jufqùes a È > > &C~ 
ce vuide ne Te remplît point :que toute l'eau 
né foit écoulée-, &l'on voit toujours com- 
me une colomne d'air torfc depuis le haut 
■de Teau jufques à 'l'ouverture Ev 

Cet effet s'explique eh cette manière. *• 
I/eau qui efedansla denfie Sphère Cl IMÙ ' 
cil p juflce vers É , lorfque 1 eau jcfc calme 
Se fans -mouvement considérable - comme r 
il a été ptouvé , & elle fucçede'à celle qui "■ 
fôrt avant qxte celle qui eft vers* H y Toit 
defeenduë *> mais lorfque 1 eau a un grand: 
mouvement* circulaire les pattite^laterales 
vfers M & I ou r '8ÏJ*> ne' peuvent arriver 
Yfcrs E qu'après 4 où j tours en fjrirale , & 
nicme elles font portées vers le? bords cÇù 
verre à eaufe qu'elles font pouiTécs félon les 
tangentes des cercles, quelles decrivenr y* 
-d'où il arrive que la colomne entièieFE 
.y' tombe ct > abord>& y paflè toute, avec Ja 
Irrite- balle de cire qui eft au 1 deflusjjfe 

{*arce que l'eau qui eft*à côté de cette cô- 
ôntne qui s'eft écoulée ~ ? ne peut pas rem- 
plir fa place affez vite à caufir de* fon mou* 
• vêmenr " circulaire qui n'y a pas fa dirp- 
ùi^n % ileftneçeffaire que l'air fuperieiu^r 



Ij$ . Dm Mouvement des Eauxl 

r^n poids & Ton reflfbrt N s'y tnfinuë , Se ft 
idemeure toujours jufques à la fin de f écou- 
lement. 

Il arrive ouelquesfois que la petite ballr 
ii'eft pas directement fur la colomne, 8C 
ilôts elle eft portée un peu à côté entre 
'deux eaux , n;ème fi elle revient vers le 
"Italien > Ta colomne d'air larepoutfe par fort 
teffbrt jufques vers les Bords du verre ; Mais • 
enfin elle entre dans la colomne yuide- 
•& paflê ensuite par Couverture en tour- 
noyant très- vite avant que k moitié de 
ïxatr foit écoulce. 

C'éft partes mîmes ràifèns que s'il y a 
one grande ouverture fous le fond -d'une 
eau profonde foit d'une rivière ou de Isu 
Met , par où Feau s'écoufe vers< des licux^ 
£Foignez'plt IS ^ s > comme on dit q«e la mer 
Caspienne s'écoule dans le Poftt-'EoxinPeat* 
entraide tes Vàiflfeàux qui paftent par deflus 
* J ce gouffre *, Car Peau y tombant de biais 
prend toujours fon mouvement tournoyant 
& fait le même effet i l'égard Û€s Vaif- 
feaux qui paflent par deflus > que l'eau tour- 
nant dans le verte A B € D à l'egtfrd de là 
balle de erre. On dit auffi qu'il y a dans 
quelque Mer proche de la Suéde unfem- 
blable tournoyement d'eau où les Vai£- 
feaux s abaiflent , & qu'on en aveu quel- 
quesfois les débris en un endroit d'Une Met 
voifinc qui eft plus baffe. H eft aife de ju- 



1 • * 

./■/• Partie *\ 159 

get que Peau employeplus ide temps i s'é- 
couler par L'ouverture fc quand elle tourne 
en rond» que quand elle ne ( tourne point r 
puifqp'au premier cas l'ait -Occupe une ga*- 
lie de cetee ouverture* . 



«ii rn 



■**■■** 



SEC O M DD ISC-OBRS. 

» 

De fË^uiUhre i$s corps- pu de s par /r 

refort* 

5 'Ait & 4a flamme agirent par leur te€* 

L fort pour faire équilibre avec les au- 
tfcÉ corps y le reflbrt de Tai^fe manifefte 
par ptuhcurs expériences foit dans les ba- 
rtfmctres*où ir fe dilate beaucoup , foir : 
dans lès atquebufes à vent oùilfe con- 
denfe extrêmement > mai* il eft tres-difi*- 
eile de bien expliquer ces dilatations &t 
ces condénfationr. Pour en donner quel- 

uc idée>on peur confiderer toute retendu? 

efairde bafren 'fiant , comme un grand 
«mas* d'épongés ou de balles de cotton , 
dont 1er plus hautes aoroient leur étendue 
naturelle vmais celles du délions étam pre{^ 
fées p*r le poids àts fuperieurèst.fe : rédui* 
roifcnt à une très- petite épàifieur, & elles 
reprendraient leur première dilatation, 
lorfqu'elles feroient déchargées du poids 
des autres Suivant-cette hypothefe oapeust 

M ij 



1 



%$a Du Mouvement dcs^Eénr. 
dire :'q»c. L'aie: d'icy-T bas fait équilibré pw 
ion reflbîst avec lé poids d« tout kncAcdo 
l'air doot il eft chargé; en/forti-P que fi cet 
air fupexieut devenoi t «plus pe&nt mi qu on 
y en mît davantage,, l'air inférieur 4e* con- 
denferoit un peu pins qu'il n'eft»& fi le 
firperiéur dévenoît moins pefânt ou s r ill 
avojt moins >d'étendu&, lHpfesieuL{edi}a- 
teroit davantage. On peut comparer avilit 
le iefljbrt.de, 1 air à un r effort d'aérer qui fit ■ 
prefle & fe ierre.d ayant âge quand on le* 
charge d'un pins graird poid* T & qui Té. 
relevé & s'étend qçan4 on oteunô partie ' 
du poids, y & comme on peut dire qu'un 
seflbrt d'acier .étant . psefl&fcredrçit ;*à un© 
certaine figure par un poids -, faic équilibra ~ 
dans cet état avec ce-poids von ftjxt direde» 
oxême que Tait d'içy^bas condenfêeanw 
jpe il eft , fait équilibre - par fém reftbfo 
-avec tobut le poids del'Atipo/phere^ . , 
. Plufieurs expériences font vcMc^que la 
condensation de l'air fe fait feW^a pro-» 
portion des poids dootél eft chargé : En 
yoicy - une allez «facile* -Prenez un^ tuyau - 
de verre recourbé A B £ fermé au /bouc C 
$£ ouvert, à l'autre, -, vcffoz-y un peu do 
mercure jufque s à là hauteur horizontale 
DE., afin -que l'air enfecraéCEne foifny 
moinsny plus dilaté que celuy qui eft dans 
l'a utre branche : car fi le vif- argent étoir un : 
|*cuplus haut dans une des branche* quo 



de 



/£* Partie? t$p 

dânHaittreJ air y fcroit moins prefl?.tl fttft- 
ê là hametir B G fôirmediocre comme*' 
if pouces* telîé qù'cm la fôpçoftc m* 
cette figtrre , & Fâutre D A tant grande-* 
qu*ôn pourra Le mercure étanr donc de 
parfte àtsiinte i l'a même KauteiK vers D* 
Sc&ytfrnf ayamplïK de communication - 
de Tair fe C avec cetùyde D A\ vecfea pas" 
H borut A • avec utî petîr entonnoir de ver- 
re r dtrmrêteurè "nouveau , prenant garde** 
de ne point faire entrer d'air dans Tefpa- 
ée G Bv- vorre remarquerez" que le* mer- 
cure montera peu 1 à~ peir vers G , & ccm- 
cknfera V-airquiétoiren GB, SèqucfiEF*' 
eft'de* fix powtts* FG étant vint ligne hô-- 
«zontate 5 14 mercure fera monté dans Vau- 
tre kranchfe jufques en H fi' ce point eft' 
àftacit d6 1^ pouces du point G , & que les 
tercmietm Soient alors à la hauteur de* 18 - 
pouces ctens4é licur de Tobfervation 5 car 
s'ils frétotent' qtfi 27 & ctemy^ auffi G H - 
né ferait que^de 27 pouces & demy : Or en 
cet état 1 air en F G eft preflé; par le* poids ; 
de KAtmofphere qu'onfuppofe égal a ceUy 
èett- pouces de-mér cure , &: encore des 
*8:pôttce« qui font enFefpice 6H •, &pat 
confequeftt il rft chargé dTuft peidsdoubte 
de- cetuy donc eft'chargé l'air;' qui eft dans 
lelieu où fe fait lVxperience & qui eft fem- 
Wâbte à ceiujr qui* étoit€#E ? G avant qu'il 
fû* candenfé parlé pôid^dî^mercuie GH; 



ÏT 



H 



IfT D h Afiuvtmcnt Jes Etux. 

@à verra donc manifcftement dans ce*rtP' 

expérience qpe lVigEQf 
aur4 fuivy éii fàctfttden* 
fatiort la proportion des 
pbids ; On tiroévera la 
même proportion dans* 
les autres expériences en-^ 
fitifanc le calcul en eec-r 
te forte y ifc faut 5 pren- 
dre pour premier ter- 
me la fomme du poids 
de rAtmofphere Si dtr 
mercure qui fera monte 

flus haurqcicle bas de" 
air dad*la branche t C v 
pour fécond terme * le 
poids de rAtmofphere>. 
c'eft-à-dirtf x8- pouce* 
de mercure ; pour xt oi- 
j? fiéme , là; diftance E C V 

& lé quatrième pr&ppr*» 
j^ : tionnel fera l'efpace ou* 

-hauteur ou fe rreduira. 
— . l'âir enfermé dans lé 
* tuyau E C : comme fi 

1 l'air, étoit; feulement re- 
j£ duir i Hefpace I .G de 8 

pouces- , on trouveroit 
que le mercure ftroit 
en l'autre tuyau feulement 14 pouces plus 
haut que la ligne horizontale IL. Oxccs 






•G- 
L 



>«*• ••*»««'« 



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35 [« 



>«-•••••* V mm 



fc 



/7T Pantin " intf. 

vç ponces avec lès jg de r Atmosphère 
fcnt 4Z j il faut donc dire fuivant cette re- - 
gle comme 41 paaces eftà 28 pouces, 
àinfi Tétenduc de l'air E C , eft sU'ctenduë 
IC. Que fi omrouloic réduire ce memer 
aie enl'efpace M C de ^pouces qui eft le 
quart de E C # r il feudroit mettre 84^ pou* 
ces de mercure dans la branche D A- au 
«iefiifô de la ligne horizontale MN,&on 
trouveroit cette proportion par le calcul 
fuivant : comme. M Cj- pouces eft à M E 
f pouces, airifi 28 pouces poids de l'At- 
roofphere , eft à 84 >" car en changeant 84/ 
fera àtifc, comme 9 à y, &. en compofant 
*4 pfus 28- , e'efîf à- dire n* fera à *8- 
comme 9 plus } c'eft-à*dtreE G u à $ , & fi 
l'on veut Ravoir quelle hauteur de tuyau 
il kiudroit pour réduire cet air enl'efpa- 
•^eOC d'wn peuce, il faut dire , comme 
•©C un pouce , eft A OE n pouces , ainfi 
a& pouces de mercure poids de TÀtmofphe- 
rt y à 308 , & 308'fera là hauteur verticale 
xpiïl faut donner au mercure au deflus da 
point O ou P par où Ton connoîtra que 
^pour faire cette expérience il faut que ta 
•branche D A foit plus haute que 508 f ou- 
-ces y c'eft- à - dire qu'il faut qu'elle (bit 
-d'environ 3 10 polices afin qu'il refte un 
efpace au defius du mercure pour empê- 
cher qu'il ne verfe* 
La même choie arrivera fi la branche 



VW Du Mouvement des Eaux. 

BCeft beaucoup plus large ou beaucoup 

moindre que la branché 

, DA :-Ca»frï©nv ver* 

fe da mercure jnfques à 

ce qu'irmoMe'àlahaui 

ttutGFjGH hauteui 

chr mercmedans' l'autre 

branche fera de i8-poU> 

ces: Car comme le mer* 

cure DG faitTcquilibr* 

avec le mercure E F , ■■ 

quoy qu'en- beaucoup 

plus ■ grande quantité , 

Gamme il" a ère' prouvé 

1 /- cy - devant à l'égard de 

l'eau s ' auffi- le icflbrt de 

l'atr- en F G fera équii- 

- ' libre avec : le mercure 

. GHs puHqu'il'le foû> 

tiendroit frG H étoit 

de même largeur que 

-FC j & par confequent ' 

il "fait am.rnc d'effet; 

que tV la branche- EÇ 

^WirauUThaute que raurre , &' qu'il y 

eue*- du mercure jufques à' la même hau- 

reur H ■: j'en ay Ésit les expériences foi- 

vantes.' Ayant fait verfer du- mercure juf- 

qnes i L qui étoit le tiers de £ G, H s'en 

trouva 14 pouces moins -<- au défias de>I 

JUcla-a* l'autre bftmthe;, Bc il s'y en trou- 



II. Parti*. 145 

*a 27 pouces \ au deffus de G F, quand 
r'efpacc £F moitié de£ C en fut plein* 
Se y en ayant fait mettre jufques à 44 
pouces ^-an jdeflbs de N M ; M C le 
trouvera de «ois parties | un peu plus de 
. telles .parties «que EC en. contenait 10 4 
. ce qui fait toujours la même proportion » 
..car les baromètres itoient alors à xj 

fouces £: Par de femblabtes raifansli la 
raiiche £ C .çto.it beaucoup plus étroite 
que l'autre ,1 air qui7feroit enferme, feroit 
4e femblablçs 'équilibres par ion refibre 
avec le mercure de l'autre branche. On 
<verra lés mêmes proportions lorfqueTair 
fera plus rareté que celuy du lieu où fe 
fait i expérience 5 ce qu'on éprouvera en 
jc ette forte, 

. Ayezjin l>arometr$AB de telle gran- 
deur que vous voudxez , comme p^r;exeqi- 
jplc de j8 poujees , faites y une marque à 
un po-int comme Z ,ixin pouce atidefliu 
«du bout ouvert B > afin que ce bour étant 
plonge dans le mercure du petit vaiflfeau 
JC DE jufques à cette marque , il refte $7 
pouces au deflus. Empliflez le tuyau de 
mercure & y laiflez 9 pouces d'ak, .afin que 
quand le tuyau fera renvetfé comme on le 
voit en la -figure, & foûtenu avec le doij*t# 
il y ait -9 pouces d'air aju haut dp tuyau ; 
^\ors fi vo^s.trempez le doigt avec le bout 

4» WJfd» (ta* fe «MWWÇ 4» ^tit v^ifotïb 



»4* 



nA 



H 






l)t M f *ùvtment de Eaux* 

&«que vcfus ôciéz ' eftfuftç 
le doigt 9 'le mercure des- 
cendra 8ç s'ancrera après 
quelques balancemens à it 
ponces , ce qui doit arriver 
pour confetver la propor- 
tion des poids & de* con- 
dénfations expliquées cf- 
devant 2 & on peutrle prou- 
ver en cette fotte. 

DEMONSTRATION. 

Soit le tuyau A B de j8 
pouces , 2 B d'un portée \ AH 
de Tait enfermé au deflus 
du mercure H B de telle 
étendue qu'on voudra % (o\x« 
tçnu aves le doigt eh B i 
je dis premièrement que-ft 
on &re le doigt , le tpercu- 
re defeendrâ % ea* d'autant 
que l'air A H eft çondenft 
de la même manière queceluy^u 1îçujb£ 
(e fait expérience , il doit foire par j&fe 
réflort équilibre avec tout le poids de t'A*, 
^notyhere, comme il a été éprouvé * & étarft 
joint avec le poids <U» mercure enZH, 
*es deux puiffances enfemble fufpaJFeront 
*|e poids de rAtmofphçre;&il faudra dp 

<j*ttO*é que r^rAH fç diktc> & qu'ont 




//. Partie* 147 

partie du mercure defcende \ mais il ne 
defcpndra pas entièrement : car s'il defcen- 
doit entièrement» l'air AH fe dilateroic 
beaucoup , & en cet état il ne pourroit 
plus faire équilibre avec le poids de l'At- 
mofphere : d'où il fuit qu'une partie du 
.mercure doit demeurer dans je tuyau» Je 
dis encore que fi A H eft de 9 pouces , qu'il 
fe dilatera ft repouflera le merciue,en (one 
qu'il demeurera élevé de \6 pouces au 
detfiis de la furface fuperieure du mercure 
FZG, foit cette élévation ZL, Or aloss 
il y aura équilibre entre le poids de toutjp 
la colomne d'air de l' Atmolphere ,. i& ,le 
reflbrt de l'air dilaté A L joint au poids 
des \6 pouces de mercure 2 L > & parce 
que le complément de 16 à *8 eft u,» 
Tair dilaté A L fera équilibre par ion re& 
fort au poids de 1% pouces de me rente qui 
cèdent pour le poids de LAtmofphere iu 
delà des \6 pouces > jpais comme 1$ i \x % 
*infi A L de xi pouces eft à 9 j d'où il fuit 
que le mercure doit demeurer à 16 pouces 
d'élévation au deOTus de la marque Z , loi £• 
fqu'on laiflè 9 pouces d'air dans le' tuyau 
jau defliis du mercure , à caufrque l'air fe 
•condeciei proportion des poids dont il eft 
chargé. Que fi le mercure dans une autre 
♦expérience fe metto.it & xi pouces» 011 
$KMrca juger fuivant la même Règle »qu£ 
" iue .ces ia ^©ûçcs de mercure font 

f T Nf < 




* t4$ ■&* Mouvement Jes Eaux* 
^équilibre avec les J du poids dé l'air ,• i& 
quart reftam qui <îoit valoir? pouces, fe>- 
*z foûtenu par ie rdffort de Pair raréfié qui 
jbSl renfeirme dans le tuyau, felonla diftin*? 
4Hon de l'équilibre des refforts a Or 2JS 
pouces de mercure poids entief de i'A*- 
mofphere eft à 7 pouces , comme 16 pou- 
ces d air dUaté eft à 4 pouces d'air , d'où 
Fon jugera qu'il faut lai(Ter4 pouces d'ak 
*Un$ le çuyau au detfus du mercure , afin 
qtrtl fe mette à 21 pouces , Se que l'ak fe 
dilate à \6 pouces.' Que fi on veut redui-. 
-«t le mercttté à 14 pouces qpi eft la moi- 
e Àé Au poids de rAtmofpheredaris leme- 
ine tuyau au deflus delà marque £ , il faut 
-confiderér qu^il reftera^ pouces jufques 
,à A , & que l'air dilate de 15 pouces doit 
faire équilibre par Con fefl'ort à la moitié 
reftaiue du poids de PAtmofphere/ Il fau- 
dra dory: dire, que comme 18 eft à 14;, 
fupUment de 14 À *3, ainfi *j d>ir dila- 
té qui 'remplit le tuyau au dêffusdes^ 
.pouces , eft à 11 £ , ce qui fera connoître 
-qu'il faut Jaiffer 11 polices & demy d'ak 
va deflus Ai mercure dans le tuyau de ;8 
pouces avec A'fexpeaence , & il paroîtra 
manifeftement que le reflbrt de l'aie etw 
fermé ne faifant alors équilibre qiravec 
Ja moitié du poids de l'air de l'Atmof* 
^pheie;; puifque les 14 pouces de mercurp 
ioifc équilibi* avec le regs > il & fejca r%- 



rr 



tehé en proportion double ; & par toutes- 
ces expériences on pourra juger en. fe fer- 
mant de la Règle expliquée cy- devant* 
quelle quantité d'air il faudra laifler dan* 
un tuyau grand, ou petit, afin que le mer- > 
cure s'y mette à telle hauteur qu'en vou- 
dra > car quand le tuyau feroit feulement 
de fix pouces au deflus de la marque Z, on' 
trouvera les mêmes proportions en fai- 
fant le calcul de même , comme par exem- 
ple fi x pouces eft la hauteur, donnée dû- 
mercure, & qu'on ait trouvé que comme; 
2$ eft à 16 complément deià 18, ainti 
4 efpaee de l'air dilaté au deflus des deu* 
pouces do mercure eft à 3 | > 3 pouces | fe- , 
ra la quantité d'air qu'il faudra 1 ai fit r dans 
h tuyau, afin que le mercure fe mette & 
deux pouces de hauteur dans un' tuyau de 
?. pouces , plongé d'un pouce dans le mer» 
cure du vaifleau. 

Que fi la quantité de f air enfermé clan* 
le tuyau itoit donnée , & qu'on voulût 
fçavoir à quelle hauteur demeuretoit le 
mercure après- l'expérience on pourra fe 
fervir du calcul algébrique , en y appliquant 
-fçs mêmes règles, comme je Pay enfeigné , 
dans l'Eiïay de Logique, 6c dans le Traité 
de la nature de l'air: 

On trouvera de femblâbles équilibres* 
du reflort de l'air dans les tuyaux pleins* 
cteau & d'air,, en fuppofant que le gW 

• N 4 



ip Du MoHi>emnt des ÉauX* 
grand poids de rAtmofphere cft égal ail 
poids de 31 pieds d'eau i ce qu'on a trou* 
vé^paf expérience} car le baromètre étant 
à 17 pouces 8 lignes» le baromètre d'eati 
é toit à 31 pieds 1 pouce é , & étant à 28 pou- 
ces l'autre étoit à ji pieds 4 pouces : & s'il 
eût été à 18 pouces 7 lignes * comme il s'y 
met quelquefois, l'eau auroit été à 31 pieds* 
Si le tuyau eft de 40 pieds , & qi'on veuil- 
le réduire l'eau à ï6 pieds, il faudra met- 
tre 12 pieds d 5 air au defîus de l'eau j car 
l'air fe dilatant ait double & occupant 
*4 pieds, il fera équilibre par fonretfort 
avec la moitié du poids de 1 Atmofphere , 
& les 16 pieds d'eau qui reft:m, feront 
équilibre avec l'autt? moitié. On fuppofc 
qu'une petite partie du tuyatf étant pleiw 
géfr dans l'eau oô on le trempe , pour fai- 
re l'expérience de même que celle du mer- 
cure , il en refte 40 pieds au deflus. 

De là on voit manifestement que fi oïl 
plonge dans de l'eau fort profonde une 
bouteille reriverféè pleine d*air , ayant des 

f»oids autour de fon goulet fuffifants pour 
a faire aller au fond , lorfqu'on la des- 
cendra peu i peu > l'eau y entrera & mon- 
tera peu- A peu dans le goulet \ & que quand 
elle Fera. descendue à ji pieds de profon- 
deur , l'eau qui y entrera, "réduira l'air à 
la moitié de l'étendue qu'il avoit dans la 
bouteille ayant que de la plonger, ce que 



J 



//. Pdttit* T$I 

JVy expliqué plus amplement dans TEflay 
idç la nature de 1 ain 
On voit en&ûre l'erreur de ceufcqui croyent 
que dans Une pompe on peut faire monter 
leau jufquèsà jt pieds en l'attirant avec 
un pifton ., puifque félon le jeu du pifton 
*>n ne peut 1 élever qu à une certaine hau- 
teur déterminée : Car foitpar exemple un 
corps ou tuyau de popipe uniforme de 10 
Jriedi ayant au defl'us dcio pieds un pifton 
de même largeur , & qui ne puifle être 
élevé & baifle que de Pefpace d'un pied i u 

!'? dis qu? s'il y a une foufpape au bas de 
i pompe , Se qu'on fa (Te jouer le pifton > 
l'eau ne {«Mma pas s'deytr jài(queàà îi 

Î>ieds« Car quVHe :foit élevée Vid c&po& 
ibleà u pieds* ou qu'on verfefurlafauf- 
pape de leau jufques a n pieds de hauteur > 
6c qu'on raccommode le pifton , il reftera 
9 pieds d'air jufques au pifton : & cet air 
qui fe raréfiera en élevant le pifton d'un 
pied, ne pourra être raréfié que comme 
y à îo » & parce que ai complément de 
n pied£ à 31, qui eft le poids de l'At- 
mosphère, eft i ji, comme 9 a 13 ^ , il 
faudrait pour foutemr l'eau à 11 pieds > 
que le pifton s'élevât à 4 pieds \ pour fai- 
re l'équilibre entre le poids de l'Atmos- 
phère > Se le reflort diminué de l'air en-» 
fermé joint au poids des n pieds d'eau » 
comme il a été expliqué cy-devant ; doù 

N iiij 



ïji Eh Mowoelhent des Eduv. 
il; s'enfuir que par Télcvation du pifton' I* 
& tin pied feulement , la foufpape'ne s'ou^ 
vrira point & 1 eau. ne montera pag plus? 
haut que les ji pieds. 

Pour donner des règles de cesréifevâtidns 
d«'eau dans les pompes , cm fe- fetvira du* 
calcul algébrique en cette manière. Oif 
appellerai la hauteur où doit monter l'eaa' 
dans le tuyau* de pompe parle jeu du pis- 
ton, faifant abft action dit poids de ht fouf- 
f>ape. Soit le tuyau de pompe au dèflus de 
a furface de l'eau qu'on veut élever de 
m pieds, Se fuppofé qu'on la veuille éle-- 
ver jufques à ces tu pieds par un feul coup* 
de pifton, on fera cette analogie : com- 
me xo complément de il pieds 331, efc 
a 31, ainfi iz pieds d'arr ordinaire à un 
4 e proportionnel , ce 4 e proportionnel fera 
19 y 9 ce qui fera- voir qu'il? faudroit que 
le tuyau de pompe fut afleï grand pour 
élever le pifton jufques à 19 pieds i- aa* 
«feflus de douze pieds pour faire monter* 
leau jufques à jz pieds par un feui coup* 
de pifton; mais fi te jeu du pifton étoi* 
limita à 2 pieds, on dira V comme $2 — A' 
e#à ) 1 , ainfi 1 z<— A eft à i4~-A , le 
i c * .terme eft le complément de la hauteur 
inconnue où montera t'ean^à* jt pieds-, 
d'eau qui eft le poids de FArmofpncre >- 
le j c terme eft les iz pieds moins cette- 
hauteur , &le 4 e eftles zpiedsoùlc piftoa. 



7/1 Partie. ftf 

$Vfeve joint aux 12 pieds moins la mê- 
me hauteur: Or le produit de 14 — A par 
32— A eft 448 — 46 A -*-A A , & le produit 
des deux termes dû milieu eft $84 — - 
32 A , f équation étant réduite il y aura 
égalité entre A ^ & r4 A< — 64 , Se parce 
qu'on nepeutôterde 49 quarté de 7 moi- 
tié des racines , 64 , c'eft Une marque qu'en 
continuant de pempet on fera monter & 
plnfieurs fois Peau jnfqtfes au pifton \& 
pour fçavoir combien elle montera au t** 
coup, il faut fuppofer que le pifton foir 
élevé ,de deux pieds : ûy aura donc un 
rayau uniforme de 14 pieds. Et fuivanr 
ce qui a été dit dans TEffay de Logique 
& le Traité de la» nature de Tair , on fera 
ce calcul. L*air enfermé étoit de ïrpiedV* 
11 pieds h^ A eft i A , comme fi à 1 - A , 
Féquatiôn cfant réduite oti trouvera qttfc 
A A fera égala 24 — 41 A 5 & enfin que la 
valeur de» la racine fera an peu moins dé 
| laquelle Srée de r refterâ 1 ~ un peu plus S 
Se par cbnfequent Teaù ne montera par 
le i cr coup de pifton , qu'àun pied § un peu 
plus. 

Si on avoit fcppofé Te jeu du pifton d'un 
pied, on f<jauroit par le même calcul juf- 
qacs ou Feau s'éleveroit 1 par le i rt coup de 
pifton; & fi Ion veut fçavoir jufques'oà 
elle peut s'élever après plufieurs coups 1 , 
A faut dire comme 32— A tft àjt >t ainfi 



1*4 t>H Mouvement des ÊduX* 
douter-* A cft à 1 3— A , l'équation étant ft r 
duite on trouvera 15 A jt égal à A- A 
le quatre de 6 i moitié < des racines eft 
41 £, dont étant 31 reftexo^, dont lara* 
cine eft* & ~ un peu radins» ôtez-la de 
C \ y reftc 3 , & £ ajoutez la à 6 i , ce fera 
$ 74> & ces nombres j £ «-Jj fetoient Its 
2 racines; ce qui fera voir que jamais 1 eau 
ne peut monter quand le tuyau cft vui- 

tore 

Voudra; mais que (î l'on" avoit r?mply le 
tuyau jufques a 9 pi-ds îf on acheveroic 
d: faire monter le au jufques aux ia pieds 
pat plusieurs coups de pifton* 

Suppofons maintenant que le tuyau juf- 
ques au pifton (bit de 14 pieds >& que le 
jeu du pifton foitde t pieds * 31— A fera 
àja comme 14 — A à 16— A, Pour trouver 
facilement l'équation» il faut multipliée 
31 par deux différence de 14 & de 16 : le 

{traduit eft 64 pour le nombre abfo- 
u f & de î* A fera le nombre des raci- 
nes , & .A A fera égal à \6 A — 64 \ le quarré 
de ta moitié des racines cft 64 , dont otant 
64 , refte zéro , dont la racine eft zéro , qui 
ôcé & ajouté à 8 , fait toujours 8 , ce qui 
marque qu'il n'y a qu'une racine & que 
l'eau ne peut monter qu'à 8 pieds; mais que 
fi peu qu'on fafle joiîer le pifton plus haut 
91e les deux pieds, l eau montera jufques 






//• Pâftiei ffl 

à 14 pieds. L'analogie eft facile , car le 
pifton étant monté à i pieds , le tuyau 
fera dé \G oieds , & l'eau étant à huit 
pieds > il reliera 6 pieds d'air » mais $ 1 
eft à 24 complément de 8 pieds à 31, 
comme huit pieds d'air dilaté à 6 piedà 
d'air commun i donc l'eàu ne montera pas 
plus haut que les 8 pieds fi le pifton ne joue 
que de 2 pieds. 

De là on Voit que pour faire monter de 
l'eau par a'piratidn à Une ha:;t :ur confide» 
rable comme de 10 pieds , il faut dimi- 
nuer le tuyau de pompe de largeur & 
donner un jeu fuflifant au pifton : car fup- 
pofé que la furface du pifton foit 4 fois 
plus large que la bafe du tuyau , un pied 
d'élévation du piftçn en vaudra 4 u le 
pifton n'étoit pas fins large : fi donc le jeu 
eft d'an pied & demy , ce fera de même 
que fi on 1 elevoit i 6 pieds étant de mê- 
me largeur : Or les 4 termes de l'équation 
étant de }i— A , $2 , 20-— A , x6 — A > il y 
aura 6 fois 31 fçavoir 191 pour un terme 
dç l'équation & l'autre %6 A fuivant ce 
qui vient d'être dit » ce fera donc A A égal 
à 16 A moins 191 , le quarré de la moi-* 
tié dés racines eft 169 moindre que 191V 
éc par confequent en pompant long-temps , 
dû fera monter l'eau jufques i 10 pieds. 

Si dans l'exemple cydefliis on prend les 
* pieds pour le plus haut terme de l'eau: 



1$ 7)* Mouvement des JLéuix. 
quand le ruyau eft de 14 pieds & le jeu Â# 
pifton 1 pieds > il eflfaifc de prouver que 
ni on ftfppofc 9 pîeds-d'eaufur la foufpape» 
elle achèvera de monter par le jeu dû 
pifton à 1 pieds y ca* il refteta 5, pieds d'air. 
Ôr il y a moindre raifon de 5- I7 que de 
*7 complément de 5 a 32; j à j-i", & pa* 
confequenc l'eau montera plus haut que 
tes 9 pieds v La proportion fera toujours- 
plus inégale en prenant îo- pieds- ou n 
pieds, & fi l'on prend 7 pieds au lieu de 
8 pieds , Peau montera encore , car il reftera 
7 pieds d'air >.or 25 complément de 7a jr 
eft a 31 comme 7 à8^v donc fi le pifton 
va jufques- à t pieds il lera monter Featt- 
plus haut que les 7 pieds > elle mofttera^ 
encore plus aifément fi <5n n'en verfç que 
jufquesa 6 pieds : Qtr il y aura 8 pieds 
d'air : Or 16 complément eft à 5.1 comme 8. 
à 5> f^Srdonc fi au lieu* de 9- £7 qui faitl'é- 

riltbre , le pifton va jufques à 10 pieds,,* 
fera encore mieux monter l'eau que 
quand elle étoit à 7 pieds- , & encore 
mieux quand elle fera à 5 pieds &ç. Si. 
on vouloit fçavoir quel jeu de pifton fe- 
*pit nece flaire pour faire monter Veau à y* 
pieds > il faut prendre un nombre un peu* 
plus grand que la moitié de 30 comme rf' 
où fera à peu préi la plus grande difficul- 
té d'élever l'eau, le complément eft 16 r . 
le refte de L'ait eft. 14 , comme feize à yt^ 



//. , Partie. %yj 

AÎnfi 14 â 18 : il faudra donc que le piftom 
Relevé de J4 pieds , ou -que fi le tuyau a 
t pouces, de diamètre, ce'luy du pifton foie 
de 7 pouces^ y car le quané de7^eft 56 
£qui eu un peu plus que 14 fois 4 quar- 
te de 1 pouces , & alors il fufc'ra que le 
jeu dupifton foit d'tan pie<l>mais comme 
ii8 pieds l'élévation eu encore plus diff- 
icile , il faudra 8 pouces jde diamètre ail 
pifton afin que fon jeu «tant d'un pied/ 
H élevé l'-eau plus haut que les iS pieds. 
On explique facilement par la rrieme forefc 
du reflbrt de l'air l'expérience fuivanta , 
<jui -eft aiTez curieuftr-: 

Ayez un tuyau A G fermé par smbas 
large d'environ 11 ou 15 lignes , mais un peu 
plus étroit versA>afinquonle puifle fer- 
mer exactement avec le pouce > emplifle?* 
k d'eau & .y mettez quelque petite figu- 
re de verre, ou A& suivre creufe au de<- 
dans & percée comme en D d'un petit 
trou omettre une épingle afin que l'air & 
1 eau~y puiflem entrer * ,& qqe fa pefanteur 
à l'égard' de l'eau .-ibit fi bien proportion* 
née , que fi on ajoute un petit poids elle 
aille au fond > & que fi on fête elle nage 
au dedans comme de la cire. Appliquez 
le doit fur le bout ouvert A & le preflez 
bien fort ,1a petite figure defeendra juf- 
ques en B pu plus bas &jufques au fond) 
sçfcvez le pouce > xile ^montera } & £ 



ï}8 Dft Mouvement de% Eaux, 
étant remontée comme en E ou C , on jfcË 
met le pouce plie recommencera à def- 
cendre, La çaufe de ces effets , eft que lorft 
qu'on pre(fç l'eau avec le pouce on pieflç 
atiffi l'air qui eft dans la figure, & on le 
condenfe quoy qu'on ne çondenfe pas l'eau, 
& par cqnfcqvjent on fait entrer u$i pei; 
d'eau dans la figure par le petit trouD,ce 
qui fait quç fa peianteur fpecifique eft alot$ 
plus grande que celle de l'eau , & elle des- 
cend ; Mais loifqu'on levé le pouce, l'air 
enfermé reppuffe l'eau par ce même trou 

par la vertu de fonref- 
fort qui eft rais en li- 
berté, & reprenante 
dilatation > • la figure 
avec l'eau & l'air en- 
fermé, reprend fa pter 
miere difppfition & re- 
monte. Que fi on levé 
le pouce bien vite > une 
petite partie de Pair 
torti r a foudai ne ment 
avec l'eau par le petit 
trou i & l'un & l'autre 
fera par fon choq con* 
tre 1 eau du tuyau , pi- 
c fouetter, la figure* H arrive quelquefois 
J|u-ii fort trop d'air de la figure , & >qu'étanc 
^u fond die ne peut reinonter quoy qu'oi* 
jlit Jçyi le piiçç ? jdprit il.jfrw plonger A« 




//. tartie. ijj 

pouce bien avant dans Je tuyau $c le re- 
tirer enforte qu/il rempli (Te le canal exa- 
uçaient, afin qu'il n'y entre point d'air 
exerieur en la place du pouce \ Se il ar- 
rivera que l'^ir de la figure étant alors 
beaucoup moins prçflefe dilate beaucoup 
plus qu'à lprdinaire > $c fait fortir plus 
d ? eaù par la petite figure * ce qui la ren- 
dra plus légère & la fera monter en haut 
pourvu qu'on tienne toujours le pouce 
d^ns le tuyau fans Voter entièrement; 
Quelquefois le poids de lafiguie Se de l'air 
qui y eft enfermé eftfibicn proportionné 
à la pefanteur (pecifique de l'eau , quVn 
mettant ie pouce çn A , la figure defeend 
comme jufques en F, & en rélevant le 
pouce elfe remonte; mais fi on la faitdef- 
cendre comme jufques en B & qu'on levé 
•le pouce , elle achevé de defeendre -, ce qui 




{>our y taire entrer de 1 eau iulniante p< 
a rendre d'une pefanteur fpecifique egaîe 
: à celle de l'eau, & que le poids de l'eaji 
A B prefle aflez l'air pour cet effet } ce qui 
'la fait defeendre jufques au fond où le 
-poids de l'eau étant encore plus grand , fait 
^condçnfer l'air de la petite *gure plus 

3a' auparavant , & y fait entrer un peu plus 
eaû : À 9 oit il arrive qu'on a plus de vti- 



%fy> Dh Mouvement dis Emhx. 
reur-dcceux qui croyent que l'eau & 1* air ne 
pefent rien fur les corps qui fonc aude£ 
fus, & le jugent ainfi ,parce que nous ne 
fentons point le poids de raie Mais il faut 
.confidexer que nôtre cojps eftdifpofé na- 
turellement pain* la preffion de 1 air telle 
quelle eft icy-bas î c'eft pojirquoy nous 
n'en fouffrons aucune incommodité. Mais 
ii nous étions transportes en «n air deux 
ibis plus ratifié , la matière aérienne 
qui feroit dans nôtre fang & dans les au* 
très parties de nôtre corps qui font fort 
chaudes , fe remetterpit en air,& feroit des 
bouillonnement qui ^nfleroient nôtre 
*cotps & nous feroïeru -ttes-inconunodes. 
On en vpit l'expérience quand on enferme 
un oyfeau dans Ja macjiine du vuide j car 

3uand pn a réduit \\\t A >une dilatation 
puble ou triple > 4 e ^P ^ u ^ a P*^s <te 
\fi terr f e p l'oyteau meurt en peu de temps 
â caufe que /on fang chaud n étant plip 
prefle par jeorejTorjt ordinaire de lair, jette 
quantité de bulles de même que l'eau 
chaude qu'on y enferme çp même temps,: 
Que fi au contraire on ctoitdans un aif 
,qûi fû,t doublement xondenfé , on çp. 
j(buffrqiî beaucoup quoy xju'on eut $e Vi 
peine £ reflentir fph prejtTejnent ; parce 
que fi d'un cote il prçffoit la «poitrine pour 
cmpêslier'larefpiraçiQn, d^utre côti l'air 
qui y ejurçroit pat la rç^iraâpn ayjint up 

xçffQtt 



ff. Partie. i& 

feflort empccheroit Ta&ion de Fair exter- 
ne : D'où iL s'enfuir que ceux qui vont 7 ou " 
Jf pieds fous l'eau, n'en doivent refleurir 
aucun poids fenfible , parce qu'elle les 
greffe également de tous cotez > & que le; 
poids de P a tmofpherc étant égal au. poids 
de 31 pieds d'eau 3 ces huit pieds ajoutes*' 
n'augmentent la prelfion que d'environ^ 
~, ce qui ne peut être^ienfentfUe. Quel-* 
ques-uns obje&ent contre ces' raifonrië- 
mens & ces effets du reflbrtde l'air >qtre 
lorfqu'on fe fert d'un tuyai* percé par les • 
deux bouts pour faire les expériences de* 
l'air enfermé au deflus du mercure >& que 
quelqu'un ferme le bout fuperiièw dtt 
tuyau avec le doigtpour empeener la com- 
munication de l'air avec cefay qui eft en- 
fermé , il arrive que lor%uon fait' 1 ex- 
Eerience , il fcmble à .celuy qui ferme le 
out fuperieuf , que fon doigt loir comme ' 
{ucé & attiré par le mercure f .q[iU defcend% 
& même il en reçpit de la douleur com- 
me d'un pincemtnc > d'où ils concluent 
que lait dilaté dans, le tuyau ne fait paç : 
effort pour foûtenir une partie de T air de 
l'Atmosphère , ppifquil s'appnyerérit contre 
ce doigt & le poufleroit plutôt qnç de l'at* 
tirer. Pour fatisfaire à cette difficulté il fau« 
confiderer que lorfqu'on enferme quelque* 
corps comme une pomme ridée dans le$ 
- machines duvuide, & qu'on a pompé unç 



« « 



t£i T)u mouvement des Emhx- 
gran le partie de l'air qui y étoit enfermé , 
ces corps s'enflent & le dilatent» & que 
ft on yavoit enferme là moitié du doigt 
par le moyen d'une veffie couppée par les 
deux bouts on par quelqu'autre moyen} 
cette partie du doigt s'enfleroit extrême- 
ment & on y (endroit beaucoup de dou- 
leur, d'où il fuit que la partie du doigt qui 
ferme le bout fuperieur du tuyau du baro- 
mètre étant contigue à de l'air beaucoup 
dilaté , & le refte étant preffe par tout le 
poids de l'Atmofphere , cette petite partie 
doit s'enfler & faire une grande convexité 
vers l'intérieur du tuyau , ce qui ne fe peut 
faire fans douleur', & plus l'air fera raréfié 
dans le tuyau, plus cette enflure & cette 
douleur fera fenuble , & le foible reooufle- 
fnent de cet air raréfié ne fera pas fiiÉfifant 

5" our empêcher cette enflure du bout du 
oigt puifque le refte qui eft dans l'air li- 
bre fera beaucoup plus preflfé. 

On peut encore objefter que quand fl y a 
iS pouces de mercure fufpeniu dans le 
tuyau, fi on le fbûleve fans le mettre hors 
as mercurc,le vaiffèaû en fent un poids égal 
à celuy du mercure enfermé > ce qui ne dc- 
vroit point être s'il fa ; foit équilibre avec 
le pods de rAtmofphere. Oa répond £ 
cette difficulté , en difant que l'air fuperieur 

2 ni eft au defllis du tuyau n'a point alor* 
'autre air qui luy faflê équilibre ', car ce- 



//. Tartte* i£| 

lay qui devroit la foûtenir au deflbus du 
tuyau fou tient le mercure qui y eft : donc 
eh doit foûteiiir tout le poids de l'air fil* 
perieuç quipefe i8 pouces de mercure >& 
fi le tuyau n'étoit que de quatorze Pou* 
ces & que le mercure y demeurât jufques 
au haut , alors on ne fentiroit que quatorze 
poucçs de mercure de poids , parce que l'air, 
oui s 'appuyé fur le mercure du petit vaif- 
(eau fou ti endroit ces 14 pouces >•& feroit 
encore effort de 14 pouces vers le haut 
du tuyau intérieurement : ainfi il feroit 
équilibre avec là moitié du poids fuperieuc 
de Pair , & la main foûtiendroit le refte. 

<_ La Mme peut faire auflî équilibre par 
Ion reflortavec l r J s autres corps -, mais com- 
tneil n'y a que la flame de là poudre à 
canon qui puifie fouffrir d'être comprimée 
fans s'éteindre , & que cette flamme du- 
re tres-peu de temps , il eft difficile de faire 
des expériences de fon équilibre ;& la force 
de ion reflort eft fi grande, qu*on n'a pu 
encore trouver de poids fi gran.d qu'elle ne 
furmonte , puifqu elle peut renverfer des 
Baftions entiers & même des Montagnes. 

.. Psur entendre comme fe fait utf fi grandi 
effort , on peut fuppofer qp'il y ait une 
certaine quantité de poudre allumée qui 
remplifle un tuyau aflèz large fuué per- 
pendiculairement Se qu'un grand poids 
dent la largeur pcçupe & remplit precifô» 

O i) 



i^4 Bu Mouvement dis Ea*& 

merucellè dû tuyau en p^eflant la flamrite 1 
<ïe # cette poudie-, la fafle refierrer jufques 1 
a ce quêtant réduite à un petit espace if* 
fë fafle équilibre entre ce pords^& le reflorr 
cle là flâme., fans» qu'elle seteigne>ce qii'oiv 
peut concevoir fe faire pe^dantfefpaee d'u- 
ne fécondé , & en cet état le reflbrt de cette* 
ftâme féroit équilibre avec le poids * en— 
forte que fi tè poids étoit augmenté , cette* 
même ftâme fê redUrroit a* un plus petit 1 
espace fuppofé qu'elle ne s'étetgnîp point y- 
& fon reflbrt qui feroit alors plus fort^fe— 
xoit encore éqnilibpe avec ce pftis grand' 
poîdsi 0r fi-on* conçoit qu'en ce monneric j 
ù s allume quelque quantité d& 'nouvelle 
poudra, lô reffôPt de la fllme fera aug«* 
mente : , St lé poids* ne pouvant plus* faire' 
équilibre fêrapaufle en hauts & étant une* 
fois en #x>uvement lî continuation de Tex-« 
rtnfion du reflbrt delà flamme qui fe devè-^ 
l6ppera& s.*étend*a ck plus en plus , accélé- 
rera fon mouvement cte plus en plus * & eh-*- 
fin lé pouffera jofcpes bien hautifalns l'aire 
Celàfuppoféileftàifé de concevoir que J 
fi Ton met 10 outi milliers cte poudre dans* 4 
tmç mine } & que toute cette poud*e*étant* 
allumée puifle occuper unfe efpàce de locr* 
pieds de hauteur & de^ico pieds cfe lap- ' 
geur, il arrivera qu'il s'eir allumera au 
commencemenr une petite quantité qui ne 
fera pas fufftfame- pour enlevçr tout le 



r£ Vàrtie: iff$î 

BâfRon:Mais parce que cette flâme a la 1 
propriété' dei ne point s'étouffer pour être- 
preflee, il s'en allumera 30 ou 40 fois da- 
vantage que ce qu'en poom>ir tenir la 
chambre de 14 mine fi elfe iroit décou~ 
verte -, &r alors fi Ton reflbrteftaffe^forr,. 
elle commencera à éfèver ht terre qui cft: 
au deffus, laqueBè étant une fois en mou- 
vement & le reûe de là poudre continuant* 
a s'enflâmer & refnpKffimt* fêefpace que la* 
terre a quitté en conameitÇRm à s'élever , en* 
forte que fon reffbrt fcit encore plus forr 
que le poids de là terre qui eft déjà en' 
«Mouvement jelte acceterm fa viteffede 
plus e4i plds,& pouffera enfin le Baftionr 
eh Kairt 8ti> côté-, ou du moins une partie ,< 
jôfqu'à ce qilfe tôute^â ftâtne air acquis Té- 
rendue qui luy eft naturelle' dans l'air libre*. 
Utt peu>de poudre fait de femblables 
effets dan* les canons Y car elle salranre 
fuceflïvetnenr-, quôy qu'en très -peu -de 
temps fans pouffer le bouler jufques à ce 
que fëreflbrt delà flâme preflee fiirriion-»' 
te la refiftance du boulet i & lorfqu'elle 
a commencé' à l'émouvoir, le reftëdeta 
poudre qui s'allume prômpteroent,atogtnen* 
' te fonrcâbn&accellere la v^teffe du bou- 
let jufques iHc pouflerà 7 ot* 800 jtoifes. • 
. De lâ> <m voir qu'un canon de 20- pieds* 
doit porter foir boulet plus loi fcg qu'un de 
10 pieds jorce que. la pputkc. . aptas^d* 



i66 Dm Mouvement à: s Emx* 
temps pour s'allumer & augmenter fati 
rcflbrt pendant que le boulet parcourt ces 
efpaces. 

On voie auflî que fi un gros de poudre 
allumée a la force d'ébranler Un boulet qui 
ne Toit pas bien joint au canon , il ne fera 
pas pouué fi loin que s'il étoit bien bouré 
& pre(Té avec du îiege ou autres chofes 
qui l'empêchât d'être mis en mouvement 
jufques a ce qu'il y eût i ou 3 gros de pou- 
ci e allumée : c\t en ce dernier cas le com- 
mencement de (on mouvement feioit plus 
vîte & f >n accelleration plus. grande. 

Par la même raifon la poudre éran; bien 
fine & facib à être enflâmée pouffera, le 
boulet plus loin que fi elle eft groffiere, par- 
ce qu'il s'en allume davantage pendant que 
le boulet eft dans le canon. 



TROISIEME DISCOURS 

JD# /' Equilibre des corps fini de s f*r le 

choq. 

LÀ flâme peut faire équilibre par fott 
choq avec des poids von peut en rae- 
furer la force , fi en la faifant forcir par 
un tuyau aflea large on la fait choquer 
contre les ailes d'une roue fituée horizon- 
talement, pourvu que ces a^es ioiqnt toutes 



//. Vdrtlt. téf 

Situées obliquement en un même fcns 
commç celles des moulins â vent. On fc 
fert en plufieurs lieux de la flâme qui mon- 
te dans les cheminées , pour faire tourner 
Quelques petites machines auprès du feu * 
plus le feu eft grand , plus le mouvement 
de h flâme eft vite : Mais ce mouve- 
ment ne peut être augmenté beaucoup 
par l'art , & fo i choq n a pas beaucoup de 
force ; une f ufee - volante s'élève par le 
choq de fa flâme contre l'air , mais fi elle 
pefe trop elle ne peut s'élever , ainfi on 
peut mefurer fon équilibre. La flâme du 
tonnerre ,qui va fort vite fait des efforts 
très considérables :Car elle renverfe des 
Tours & des Rochers , la vitefle de la flâ- 
me augmente auflî la force de brûler , 
tomme on le remarque fouvent dans les 
incendies quand le vent eft très-grand. Oa 
envotauffi des effets très -fenfibles quand 
les Emailleurs foufflent le feu de leurs lam- 
pes contre du verre ou contre des métaux 
pour les fondre :Mais parce que la flâne 
lie fe gouverne pas facilement pour de- 
meurer dans une même vitefle ou dans 
Une même largeur , & qu'il coûte oit trop 
pour l'entretenir, on s'en Fert très-rare- 
ment dans les machines ; c'eft pourqùoy 
il n'eft point neceflaire d'examiner icyia 
force ny de U comparer avec celles des 
autres corps fluides. 



Hfl Dm Mouvement d$s Eaux. 

t'air & l'eau font employez dans le» 
machines pour les faire mouvoir par leur 
ehoq« Oiï peut»connoître l'équilibre-qu'ils* 
fipnt entre-eux & avec les corps fermes 
qu'ils choqyent , par-Tes Règles fiiivantes.. 



i>. KEGtE. 



LEs jets-d'eau tie choquent pas par Pe£^ 
fort de toutes leurs parties comme les- 
0Qjps fermes^ 

é xp l i.q.j;x Vo n: 

#B cft un jèc: 
i'eaufortant dit» 
cylindre- C D^ 
fit E F eft un cy- 
lindre de- baisse 
il eftmajaifefté- 

g- , . • ffi ^ ue ^ cs particr 

i/ qui conapofent. 
E F étant liées.' 
& unies enfera- 
bles , elles font 
toutes enfenw 
bïe leur effort en choqaanr un corps pat. 
extrémité F >mais un jet d'eai* comme AB' 
étant porté félon la dire&ion AdQ, ne 
peut agir que par fes premières parties r 
Car liait cunt fluide & comme compofée 

d'une*. 




fi. Pdrtie. té? 

d ; une infinité de petits corpufcules oui gli-f- 
iënrlesuns fur les autres i comme féroient 
de tirs petits grains de fable; il n'y a que 
les premiers vers B,qui puiflent faire le pre- 
mier .effort furlescorpt-qu'ils rencontrent, 
te ils fe tefléchiffent ou s'écartent avant 
que les autres qui font commeen d ayent 
choque à leur tout. Ponr bien entendre 
cecy.il faut confiderer que laviteflè qu'a 
l'eau à la fortie d'une petite ouverture 
laite au bas d'un tuyau fort large , eft bien 
différente de laviteflè de celle qui fort pat 
un tuyau d'égale largeur par tout: d au tant 
quen ce dernier cas 



■*i4=i 



eilecommenceà for- 
tit avec une vitefle 
tres-peritè & pareille 
a celle d'un cylindre 
de glace qu'on laif- 
feroic tomber : Car 
foit un tuyau uni- 
formément large AB 
plein d'eau foûtenuc 
en B avec le doigt", 
ii eft évident que la 
même viteffe que 

Sirénd l'eau B a la 
ortie » cft égale i 
celle qui eft en A » 
& que tout le cylin- 
dre d'eau tombe tout 
- p 



\y,o 2>0 Mouvement des Emux. 
d une pièce , comme s'ilétoit folidej SCf^i 
confequent il fuit les mêmes règles à l'égard 
de la viteffe de la chute , qu'un cylindre dp 
glace de même volume * à fçavoir que com- 
'mençant par une yitefle très-petite, ellje 
Vaugmenteroit en defcendant félon les 
^nombres impairs i. 3. 5, 7. &c C'eft i 
.dire que fi en un quart de féconde elle deC- 
f cêndoit dun pied , le quart fuivant clJL# 
defcendroit de trois pieds , dans ; le troi- 
iiéme de cinq pieds , &c. D'où il s enfuie 
.ique 1 eau qui . croit en A étant arrivée en> 
B, forcira bien plus yîte que celle xjui fax 
;U première, 

Galilée a parle tien aurlong de facccr 
leration de la vitefle des corps jqui tom- 
bent dans lai r libres voicy comme je la 
^conçois. S'rl y a quelque .corps très- léger 
qui choque un corps 100 fois plus pefant, 
il luy donnera ia i,oo c partie de fa vitefle * 
& le choquant une i cm ? fois , H luy en don- 
nera eqcore ubc autçc xoo c , en (bue que 
fi le corps choquant avoir 101 degrez de 
viteffe , le corps choqué en prendra un de- 
gré au i cr choq, &* fa quantité de mou- 
vement fera 100 , ôc étant choqué une fé- 
conde fois avec la même vuefle de 101 
degrexçat le corps léger » il en recevra ua 
nouveau degré de viteffe , lequel joint ait 
pronier fera cfeux degrez : le j« œc çhoqluy 
♦j*%ra çpfQffi &£a$ ? '9! ùnlxàç f$k 



77. Parfit* ^ 

tte , comme il a été prouvé dans le Traité. 
*du choq des corps. La même_chofe arrivera 
Si quelque puiffance foible tire À foy un 
corps très- pefant, le tirantparreprifes. Or 
rfoit que les corps foient rirez ou pouffez par 
«ne matière Buide tres4egere , il doit ar- 
tiVer que S au premier moment de foa 
«effort il pafle ibe ligne car une vitefle 
*iniforme , qu'au i« me choq 5c au i«*c mo , 
ment il en paflera 2 , au y** moment} & c . 
Or fil on ptend plufieurs nombres de fui- 
te , commençant à l'unité y comme i. 2. 3. ^ 
&c.jufqnes à 20, & qu'on compte 20 mo- 
-mens j la fomme de cette progreffion fera 
*io* & fion compte 40 moraens , félon la 
même progreffion jufques à 4o,lafom- 
me de ces derniers nombres fera 820 9 qui 
eft quadruple à peu prés de *io fomme 
des 20 premiers nombres^ mais à. hnfiny 
cette dernière fomme fera quadruple «ïe. 
la première precifément, parce que h pro- 
portion du défaut diminue toujours S ce que 
'Galilée a auffi conclu dans fon Traité de 
l'accélération du mouvement des corps qui 
tombent Mais file mouvement fe fait ait 
travers d'un corps fluide fort pefant, 1 accé- 
lération fera bien-tôt arrêtée , & le corps 
tombant teduit i une vitefle uniforme -, 
,comrae auffi fi c'eft un corps fort léger 
qui tombe par l'air libre,' ainfi qu'il a été 
f terne 4aas Le Traké de la Percuflïoru 

Pij 



•rat Dh Mouvement àts Eaux* 

Oap/eut juger encore de la lenteur çte* 
1<a fortic despremieres. gouttes d'eau, lors 
.que les tuyaux font uniformément larges, 
$>ar l'expérience .fuiyanre. Ayez mi tuyau 
recourbe 4c 1,0113 pieds de hauteur corn- - 
' me CD G d'égale 

largeur par tour , 
verfez 4e l'eau par 
JC jufques à. ce 
.quelle coule par 
G , fermez le.bout 
,G ., & achevée 
Remplir le tuy.ni. 
jufques à C > met- 
tez enfuitc l'autre 
doigt fur ce bout, 
& ouvrez le ;bout 
G , l'e^u ne cou- 
lera point ,fi le 
Qiyau n'a qrçejgu 4 lignes 4e largeur £ 
ïeyez le doigt qui ferme le bout C , Scie 
limette*: tres-promptement , l'eau ne jaiU 
Jjra par G qu'a 4 on 5 lignes de hauteur, 
au jiçu que fi le tuyau C D çft beaucoup 
glus large que louvtrturc G 3 .par exemple 
/il à 9 lignes de largeur , & l'extrémité . 
^ ou 3 lignes, Sf que vous ouvriez & re- 
fermiez avec la mpme pipmptitude la 
petite ouverture en G, les gouttes d'eau 
qui fortiront par G , jailliront jufques à fort 
j>ré$ $e Û bauteuj .Ç. Yojis jçonnojup* 




//. Partie. rfi 

encore la même lenteur de l'eau à fa pre-» 
mierc fortie du tuyaup comme AB en la 
figure page 189 , & ion accélération , fi 
vous empltffez d'eau ce tuyau , & fi la 
foiuenant avec un doigt > vous foûtenez 
auflî une petite pierre avec wr autre doigt 
de la même main: car en tirant la main 
tout-à-coup vous verrez defeendre la pier-* 
rc & le bas de l'eau avec une même vi* 
tefle jufques à u ou 15 pieds. 

On fait encore uïie expérience fort ctr» 
î ieufe pour la preuve de cette règle , en h 
manière qui s'enfuit* 

Ayez un long tuyau de Jf ota 10 pied* 
de hauteur comme M N en la figure fui* 
vante de la i emc régie marquée i , le plus 
poly & le plus égal en dedans qu'on pour* 
ra « plein d'eau , laquelle on foûtiendra avec 
le doigt Se on la lai (fera couler tout-à- 
coup fur l'extrémité de la règle QRpréi 
du point R , laquelle règle fervant de ba- 
lance doit être horizontale Se appuyée 
par l'aurte bout fur un foûrien comme 
OV,& k point Rdoit être éloigné fei*- 
Cernent de 5 ox*6 lignes de k baze du tuyau 
par où l'eau coule; c'eft-à-dire une ligne 
ie plus que TépaiflEèur d» doigt qui foû- 
tient l'eau*, alors fr à l'autre extrémité Q_ 
il y a un poids Q plus petit d'ua quart ou 
d'un cinquième , que le poids de toute 
l'eau du cylindre , ce poids Q. ne s élèvera 



VT4 1>h Mouvement eh s Eanx: 
point au commencement de la chute cfe 
l'eau quoy qu'il ^jnble que toute l'eau 
pefe fur R > mais feulement lorfque le 
cuyau fêta prefque vuide \ ce qui fait voit 
que ce font feulement les premières panies ; 
de l'eau qui font I'impreflioiv, & que lors- 
qu'elles fortent eres-len terne nt a comme elles* 
ront au commencement de leur chute , > 
elles ne peuvent élever qu'un poids bieiv 
moindre que fe poids de tout lé cylin- 
dre : Mais que lorfqu'elles ont acquit 
une grande vitefle en tombant depuis la 
Èaineur M , celles qui reftent , élfcven: par 
feu* grand choq', ce que les première* ne~ 
pouvoient élever par leur petit choq au. 
eommencemenc de leur chute. Que fi on 
élevé le même tuyau deux ou trois piedr 
au de/Tus de R , & qu'on y laifle de l'eau 
au fend" feulement d'un pouce dé hauteur , 
& le tuyau a feptoahuit lignes de largeur $ 
elle fera moins d'impreflïon en tombant 
for R pour élever un poids en Q^ qu'u- 
ne boulette de cire ou de bois moins pe T 
fente de là moitié tombant de pareille 
hauteur *, ce qui fait voir que là boulette* 
fait fon impreffion par toutes fes parties, 
& l'eau d'un pouce de hauteur feulement 
par les plus proches dé fa première furfa- 
ce qui choque la balance , Se qui font : 
un peu aidées par les plus éloignées qui? 
coulent à côté- Car quoy que l'eau t&*~ 



i 




//. PsrMs fy 

giffe pas en choquant par routes Ces pat- 
ries , & qu'il fait difficile de déterminer 
jufques à quelle hauteur de l'eau on 
les doit prendre > il eft pourtant tres- 
*fray fcraWable que les premières quitom*' 

bérit, agiflent le 
plus, & celles' 
qui font un peur' 
plus haut juf- 
ques i deux otf 
3 lignes, nn pêir 
moins, & même 
jufqués à 5 ou 6 
lignes , comme 
il arriveroit & $ 
ou 6 petits grains de fable contiens , A E F 
t> B tbtrtbàht* fur ikreglë G H d une certain 
ne hauteur , n'étant pas tous en la même 
figne perpendiculaire , les deuxD & B 
ne iaifleroierit pas de contribuer un peu au 
choq du preinier , quoy qu'ils ne !ef|flent : 
pas dk tout leur poids & de toute leur vi* 
tfefle n'étant pas dans la même ligne de 
direction , les plus hauts AEF y contri- 
buent auflï urt pet* » & Feroient que la règle 
^feroit choquée plus forteriierït que s'il o'f 
avoit que ïès feuls B & D. 

Or l'eau étant coitipofée d'une infinie 
ré de petits corpufculès continus beau- 
coup plus petits que de très petits grains 
de &bte qui roulent & qui giiffem fi- . 

• T> • • • • 

P lllj 



V}6 D* Movoemftot ie$ EaHXÏ 
cilement les uns contre les antres , an? 
petit cylindre d'eau comme G H choquera 
un peu plus fort qu'un moindre LH , 
puiiqu'il y aura plus . de petits cor pu feu- 
les pofez directement les uns for les au- 
tres en la hauteur GH, qu'en la. moindre 



IL REGL % 

L*Èa* qui jaillit au deflous d'un refera 
voir par quelque ouverture ronde, &it: 
équilibre par fonchoqavec un poids égal 
au poids du cylindre d*'eau qui a pour 
bafe cette ouverture , & pour hauteur cel- 
te qui eft depuis le centre de, l'ouverture 
jufques à la hauteur de la furface fupe* 
xieure de l'eau. 

On démon," 
tre cette pro- 
pofition, & ea 
même temps 
la force du 
choq de l'air 
en cette forte : 
ABCD eft 
un' cylindre 
creux dont les 
deux bafes A 
D, BC fonr 

«bbaisv.&k 




//. ïtrties vff 

teâc de cuir, foûtenu & étendu pïr plu- 
sieurs cctceaux de bois ou de fil de fer 
FE.HI.LM.enfoo- 
te qu'on puiflè faire 
abaiffer ht bafe AD 
foit prés de la bafe 
BC qu'on fuppofe 
inébranlable -, N eft 
une ouverture faite 
dans la bafe BC, 
par où faii enfermé 
dans le cylindre peut 
fortir ; ce cylindre eft 
chargé d'un poids P 
pofé fur la furface 
AD, Si l'on ajufte 
au deflbus de ce cy> 
lindte une balance 
=. comme celle delafi- 
sure marquée i > en- 
forte que la règle Qj* étant fituée ho- 
riiontaleruent » te point R qui eft proche 
de fon extrémité, foit fort prés de I ouver- 
tatç N, & directement au deflbus de foa 
centre : Cefa crant , je dis que fi l'on met 
un poids Q fur l'autre extrémité de la 
balance dont l'eflieu CD eft fnppofé tour- 
ner facilement furies points C&D,& 
que l'air que le poids P en defeendant fait 
fortir avec violence par l'ouverture N, 
Choquant l'extrémité de la balance vers R., 



à 

I 




fafle équilibre avec le poids Qjfappofé cgi* 
lëment diftant de Tcflidu C D > ce poids fere 
au poids P en même raifon que la furface 
îde l'ouverture N eft à la fcrface'enticre de 1* 
bafe BC i Car fi par fe rroyen d'un foitfflèt- 
dont le tuyau ait fon ouverture égale à fou-* 
Verture N on poufle de l'air contre cette oié 
ver turc avec une force égale à celle de l'air 
que le poids Pfaif for rir , il fe fera^quilibrê* 
entre ces deux forces , & le poids P ne de t- 
eendra point parce qu'il ne fortira point 
d'air par l'ouverture S & alors l'âîr po^flé- 
par le foufffet rempliflânt cette ouverture 
fbûtiendra fa part du poids P, comme les 
autres parties de la bafe B C foûtiennent 
^e refte de ce poids, &1 appartienne l'air 
poufle fottticndra fera au \ poids entier P' 
dans la proportion de l'ouverture N à la 
largeur entière de la bafe B C jdonc ré- 
ciproquement F air fortant par cette ou- 
verture après qu ! on aura oté le foufflet» 
fera équilibre par (on diocf avec un poids 
qui fera au poids P comme Couverture N 
«ft à la bafe B C. Que fi l'on ferme l'ouver- 
ture N, & qu'on en ouvre une autre de" 
même îàrgenr tout auprès de l'a bafe A DM* 
comme au- point R, rair en fortira avec 
il même vitefle que .par l'ouverture N , 
fi la bafe A D eft chargée du même poidf 
P > & fera équilibre avec un même poid^> 
far fon choej- 



J 



//. Parte. if? 

Qbe fi le cylindre eft chargé (îicccffive-; 
ment de divers poids pour faire des- 
cendre plus ou moins vite la furface AD, 
Pair qui fortira par l'ouverture N, fêta 
équilibre par fon choq aveedes poids qui 
feront l'un i l'autre en même rai fon que' 
Jfes poids qui chargent fucceflïvement îa 
bafe A D : La raifon eft qtie la proportion' 
du grand poids P au petit qui fait équilibre , 
eft toujours là mime que celle de là bafe 
B C à l'ouverture N s d'où il s'enfuit que le* 
petits poids feront l'un à f autre en mê- 
me proportion que les grands poids qu'on; 
mettra de fuite fur la ftrfaceAD. Que fi 
Ton emplit d'eau le même cylindre , le jet 
qui fe fera par l ouverture K par l'effort da 
poids P , fera le même effet .que l'air* 
c'eft-A-dire qu'il fera équilibre par fon 
choq avec un poids qui fera au poids P 
comme l'ouverture K à toute la bafe B C » 
parce qu'alors le poids de 1 eau* enfermée 
ne contribuera rien dfe fënfiblfeàià force 
du jet, puifqu'clle eft prefque toute an 
deflbus ; Se que (î un jet d'eau de même 
Farceur & de même vitefle choquoit di* 
teckement en K celùy qui fon par cette 
ouverture , il TarrÊteroit & feroit équilr- 
6re avec luy % , & foûtiéndroit une partie 
du poids P (clon la proportion de lou* 
verture Kà là furface B C ; d'où il s*en- 
fiiic un paradoxe alfez furprenam > fçâvok* 



F 



2 



rôo Dh A/ouvtx&ntJes Edux* 
que l'air Se l'eau qui fortent fuccefiïve* 
ment par la même ouvertute K quelque 
poids qu'on mette fur la bafe A D » élè- 
vent les mêmes poids parleur choq* quoy 
que l'eau foi t d'une matière beaucoup 
lus denfe & plus«pefante que celle de 
'air : Mais il arrive auffi en recompenfc 
que Pair fert beaucoup plus vite que l'eau > 
car on a trouvé par plufieurs expériences , 
ue quand Je cylindre eft plein d'air , il 
e vuide en un temps environ 24 fois moh> 
dre que quand il eft plein d'eau. 

Par exemple , fi l'air fe vuide en 1 feconr 
des > l'eau ne fe vuîdeta qu'en 48 fécondes-* 
d où l'on peut conclure qti'afin qu'un je( 
d'air fafle le même effet par fbn choq 
qu'un jet d'eau de pareille largeur , il faut 
que fa vitefle foit environ 24 fois plus 
grande que celle de l'eau. 

Or le même effet doit arriver , fi ABCD 
eft un vaifleau cylindrique plein, d'eau, 
•& découvert par le haut : Car f eau qui 
doit jaillir par l'ouverture N , étant ar- 
rêtée par un autre jet qui la rencontre 
dire&emr nt au point N > !ce jet foûtien- 
dra une partie de l'eau jde tout- le cylin- 
dre j fçavoîr le cylindre qui a pour baf* 
l'ouverture N , & le refte de la \>afe foû~ 
tiendra le refte de l'eau : Donc ce jet étant 
fcté , Ife jet qui fortira par l'ouverture N -, 
fera équilibre par fon choq à un poids qui 



-H. Partie. *ft 

ferâ égal a&poids de ce petit cylindre qui a 
pour bafe l'ouverture N & la hauteur égale 
a A B , fi le cylindre A&ÇD cft tcwt rcmply. 

III. REG LE. 

LEs jets d'eau égaux en largeur , qui . 
fortent par des petites ouvertures fai- 
tes au bas 4 e plufieurs tuyaux pleins d'eau 
-de différentes hauteurs, font équilibre avec 
xles poids qui font l'un £ l'autre jen la raU 
fon des hauteurs «des tuyaux. 

EXPLJCATWlf. 

S Oit un grand tuyau À B & un plu* 
petit CD, percé aux points E f fk F 
d'ouvertures égales , 'il a été 
sngun de v montré cy- devant que l'eau 
( Ufa£e\69/ jailliflant par l'ouverture E fe- 
ra équilibre avec un poids égal 
' jblu poids du cylindre xl'eau E G , & que 
le jet qui fort par F fera équilibre avec 
un poids égal au poids Au cylindre d'eau 
F H : Or ces petits cylindres ayant des ba- 
fes égales par rhypothefe auront leurs poid* 
en là raifim de leurs hauteurs : Doùil 
s'enfuir que les poids avec lefquels ces 
jets feront équilibre , ferontjçntr'eux. com* 
ine les hauteurs A B , C D ; par confequent 
il eft évident que la première viteffe d'ua 
jet^n fotunt 4oit être telle que la pr^mia* 



Du fflotrocmint âis 'Eaux* 
goutte d'eau qui fort foit difpoféè as*&- % 
lever auffihaut que la furface fuperieure 
d<3 1 'eau : Car fuppofé oque l'eau lût dans 
i\t latge cylindre AJ3 CD en AC>> & qu'il 
y eût un cylindre de glace de la lar- 
gçur del'auvettiwe F,qui tfall&tque depuis 




F jufques en G , & qui fût fiifrendu de- 
puis ce point directement fur îouverture 
F à une demy ligne ou environ jde di- 
ftantce»& qu'on lailfât aller Feautout-à- 
•coup» elle feroit monter plus haut par fon 
xhaq le cylindre F G, puifquette peutfai-- 
rc équilibre avec un cylindre de même 
largeur & de la hauteur F E,: Donc fi l'eau 
ne jailliffbit que jufques en G ^depuis le 
point F 9 elle ne pourroit demeurer à cette 
élévation, puifque la force de l'eau fui- 
jrcm# la pou/ferpitplus hapt > & plie étais ; 



i"N 



♦•felfne comme un cylindre de glace 5 d'où. 
'Fon peut juger queja première goutte sîé- 
levcroit jufques à A E fans la refiftance 
de l'air & quelques autres empêchemons » 
joint 4 ceU -que l'eau qui fort par F ,fe por- 
.te en haut pour faire l'équilibre avec,! eau 
AD) la première goutte qui Sj-éleve ,doy& 
avoir la force Ac monter jufques à laiiaUr 
k *eur 4e 1 eau fuperieure du refervoir , fi oa 
fait abftraftio» de la refiftance de l'air 1 
pmme on l'a expliqué dans le I er difeours > 
on Ton a^fait voir qu'en s'jélevanti l'équili- 
bre, elle jaillit .même plus haut.que l'eau fu- 
perieure par la vitefle acquifepar le grand 
^mouvçment^jue le jet pçen4 pour s'elevcc 
à la hauteur de l'eau fuperieure. 

Ayanc remply d eau le refervoir ABCJ> 
de 16 pouces de hauteur au deffus de 
J ouverture du jet en F jufques i ce qu'elle 
paflat pair deffiis les bords environ d'une 
ligne: Car comme il a été dit » elle ne 
xoule point par deflus les bords qu'elle ne 
foie environ à une ligne &4emie pu deux 
lignes au deflus, particulièrement files 
rbords du refttvoit font frottez degraifle, 
x>n a mis par deflus une règle O Len fin 
r tuatio.n horizontale , qui étoit par confe-, 
xpient environ une ligne plus baffe que 4^ 
iurface fuperieure de 1 es*u -, & 1 on a remat*. 
,qué que laiflant jaillir leau un peu obli- 
quement par YojfXpttpvp F , fcmxpiçpaaf. 



#84 JD# Afotvement dvs Eaux* 
le tuyau A B C D toujours plein i une ligne 
au de (fus du bas de la règle , le haut du jet 
ailoit jufqu'à la règle ,<:e qu'on cpnnoifloit 
par un peu d'eau qui sy attachoit , -qui 
auroit eu encore aflez de force pour s'e- 
fever un peu plu£ haut comme d* un quart 
de ligne : Mais lorfque leau niétoitqu'à 
fleur du refervoir & ne paflok point Açs 
bords * il ne s*attachoit point d'eau à la 
règle, parce que l'air reîiftoit un peu i la 
force du jet. 

Que fi le tuyau étoit de deux pieds* de 
hauteur,il s*en falleit un peu moins de deux 
lignes que le jet n'allàc jufques à la rè- 
gle : Mais lorfque le relervoir étoit de 
moindre hauteur comme de 7 ou 8 pou-» 
ces & -que les ouvertures étoient de 3 011 
4 lignes de diamètre , les jets s'élevoient 
toujours fenfiblement aufli haut que la far- 
face de l'eau , parce que le peu d air qu'ils 
avoient à pafler ne pouvoit diminuer feii- 
fiblement leur force,. 
- Or par la doârine de Galilée une gôqte 
d'eau qui s'eft élevée à une hauteur de 
a ou 3 pieds , lorfqu'en retombant elle 
eu parvenue $ui même point d'où eHe 
avoit .commeoé à s'élever , elle doit re- 

Ijrendre a ce point la même vitefle qui 
'avoit fait élever ; d'où A s'enfuit qu'on 
peut prendre pour une règle ouloy delà 
nature > que l'eau qui jaillit au bas d'un rc- 

fervoic 



//. Partie. 1S5 

ferfbir par une petite ouverture , a la mê- 
me vitefle qu'une groflc goutte d'eau au- 
roit acquife en tombant depuis la hauteur 
de la fuifaec de l'eau du refervoit jufqués 
à l'ouverture de rajuftoir,faifant abftraûio» 1 
de la refiftance de l'air. 

* 

C N S EgJJ EN CE. 

IL s'enfuit qtie les vitefles de Peau qui Tort 
au deflbus des refervo'rs qui font de hau* 
teurs inégales , font l'une à l'autre en la rai-» 
(on foudoublce de ces hauteurs*, car puifque 
lia vitefle de chaque jet les dodtfaire élever à 
fa hauteur de leur refervoir, & que parce 
que Galilée a démontré , Tes corps qui ie 
. meuvent avec des vitefles différentes , s'é- 
levent à des hauteurs qui font l'une à Tau*- 
tre en raifon doublée de ces vitefles » i$ 
s'enfuit que les vitefles font Tune à Tau-- 
tre en la raifon foudoublce des hauteurs 

iv. re g le; 

L< Es jets d'eau d'égale largeur qui onr 
des vitefles inégales , foûtîehnent par 
Teur choq des poids qui font l'un à l'autre 
en raifon doublée ck ces vitefles, 

E X P L I CATION. 

D Autant' que Te au peut être cônfr 
derée comme compofée d'une infi- 
nité de-getites parcelles ioperceptibles ,,i£i 




\t'6 Vu Mouvement dis Eaux. 
doit atriver que lorfqu'elles vont deu*r 
foU plus vite, il y en a deux fois autant' 
qui choquent en même temps , & par 

cette raifon le jet qui va deux 
fTigun de j fois ■ plus vite qu'un autre, 
( UftgeUïJ fait deux fois autant d'effort 

par la feule quantité des pe- 
tits corps< qui choquent •, & parce qu'iF 
va detix fois plus vite , il fait encore 
deux fois autant d*effbrt par fon mouve- 
ment-, & par confeqitent lés deux efforts* 
enfembïè doivent faire un effet quadruple > « 
&. de même à ï*égartf des autres propor- 
tions^ Oh prouve encorexette réglé en cet- 
te manière : A B eft un- cylindre quatre fois-^ 
plus haut que le cylindfe C !>', l'ouver- 
ture E eff égale il ouverture F, les^éux* 
cylindres font pleins d'eau :Or dautant" 
que le jet fbrtanrparE doit'foutenirutt' 
poids égal au poids du petit cylindre (Feau* 
GE,&quelè jet par F doit fôûtenir ucr' 
poids égal au poids du pe tir cylindre H F, 
&: que le petit cylindre G E eft quadruplé * 
dû petit cylindre H F*, il s'enfuit que les- 
poids élevez feront comme 411 5 mais 
par la confequence de là règle précé- 
dente^ la viteflèdujetparF eftâ celle dtt^ 
jet par E en raifon foudoublce de la hau* 
teur F H à la baureur EG, & par confe- 
quent elle fera comme 1 ai • Donc une* 
viteiïe doublé d*un jet de miaiç largeur 



17. Partie. 187 

lo&tiendra un poids quadruple** &ainfï à 
f égard des autres propartions > de là il s'en- 
fuit qu'un jet d'air qui va 24 fois plus vite 
qu'un autre foûtiendra un poids 576 foi* 
plus grand , puifquc 5 7 6 eft le quarté de 
24 ; & parce qu'un jet d'eau qui va 14 
fois moins vite , foûtienc le même poids » 
on peut juger que l'air eft 5 7 6 fois plus ra- 
réfié que l'eau, puifqu'allant avec même' 
iriteflc au le jet d'ea.u foûfcient un poids j f$ 
fois plus grand. 

On peut connoître par expérience la 
force du choq de l'air avec la machine fui- 
yante , auffi bien qu'avec celle de la i* m5 tp* 




gie. ABCD eft un vaifleau cyîïndriqtt^ ; 
de -for blanc, bien foudé ouvert en CDv 



1S8 Dh mouvement des Eaux, 

ic renverfc dans un autre cyîindrc EFGÉQ 
au fond duquel il y a un petit tuyau bier* 
fbudé L I qui entre, dans le cylindre ren-« 
verfé & pafle un peirau deffus de l'eau N K 
qui eft dans le cylindre EH» On chante 
focceflivement de pîufieurs poids difte- 
rens la bafe fùperieure-A B pour faire des- 
cendre ce cylindre , & en même temps faire 
fortiifrâh: avec violence par le tuyauIL, 
au bas duquel on a juftfc une balance com- 
me celle de la figure cy-defTus marquée iV 
chargée à un des fronts de differens pouls 
pour éprouver la force duehoq de cet air. 
îfes expériences^ troueront conformera 
la demonfttation cy-deffus, fçavoir que fi- 
Vkyn fonffie de l'air avec ur*foufflet dans le: 
tuyau H, de telle force qu'il empêche lé \ 
poids M 9 & le cylindre AD de*defccn— 
dre , alors cet- air pouffé fait le même effet 
que fi orcmettait le pouce au point L; pour 
empêcher l'air de forcir » &. comme en cet- 
état le pouce portêroit fo-ipart du poids; 
M joint- à ceîuy doxyllndie AD > & le refte 
feroit fhûtenu par lé xefte.de.la baft G H , 
& que cette partie féroit à tout le poids; 
foûtenu en la raifon de la bafe G H a la 
hauteur de GD, à Jf ouverture L j«nforte.- 
que fi tout le poids étoirde cent livres , &. 
que la bafe GH fût ioo fois plus grandè- 
que l'ouverture L l'air foufflé ddns le 
tu^au. foûtiendroit la iQQ5 me gartie dé tout 



//. Partir. *i<r 

k poids: Donc réciproquement fi on ôtoit 
le foufflet , Pair qui forcira avec la.mfcme 
▼itefle que le vent du foufflet qui lempc*- 
choit de fortir , fera équilibre avec un poids 
«gai à cette ioo partie.* 

Il fuit de ces raifonnemens , que fi deux 
cylindres pleins d'air de même hauteur 
ayant leurs bafes inégales , font chargez par 
des poids égaux étant difpofez comme le 
cylindre ABCD & ayant les ouvertures 
égales par où l'air doit fortir » les poids que 
l'air fortant élèvera , feront l'Un à l'autre en^ 
*aifon réciproque de leurs bafes > car foienc 
ces^ckui cylindres ABCD, akcd> mi» 




cHacun dans un autre cylindre plein d'eatty 
comme il a été expliqué dans la figure 



t$fo JD*rMi*Qenfinties Etxxï 
«frecedente , &> foient égaux les deux poids 
M & m pbfez fur lés cylindres inégaux , & 
tes poids élevez foient P &^ fçavoir P* 
par M Se p par m > dautanc que la bafe 
G H cft à Pouvtfrtufe L comme le poids 
M au poids- P élevé par Tait qui fort par 
E> & que* Touverturc/ égale àL eft à la 
tëafe h g comme le poids p élevé par l'air 
<pi fort par / au poids M ou m * en rai/on 
égalé là, proportion étant troublée , la ba- 
fe GH fera a là bafe h g comme le poids 
/ au poixfe P; Qoc files poids qui char- 
gent lès cylindres , font proportionnez à} 
lritrs bafrs > ik élèveront -des poids égaux » 
par le choq de l'air qu'ils feront fortir par •" 
des ouvertures égales , comme fi la bafe 
G H eu; 24 & la bafe^fc tt, & que le 
poids M foit ii livres & le poids m 6 li- 
vrer, l'ouverture L étant 4 > de même que 
/*, lès poids P &^ feront chacua deiiî- 
vres dont la preuve eft facile. 

CQN&EgyE &CB. . 
De là premier* JJmvn&rAt : j>n. * 

I: LVenfifit que le temps de l'écoulement " 
de 1 air dû grand cylindre fera au temps ; 
dé l'écoulement de l'air du petit cylin- 
dre , Iorfqu'ils feront chargez de poids *■ 
égaux en-U raiftn compafée de celle do 



ti: Fmti. «jrr* 

fa Uafe G H à celte de la bafe^j&V &dc 
la foudoublée de la même bafe GHàl* 
même bafe^A, car fi les viteflfes étoienc 
égales , ces temps ibroient entr'eux com~ / 
me les bafes: Mais les poids élevez étant*: 
en la raifon réciproque des bafes , Se' 
les vitefTes étant par la» troifiéme règles 
en U raifon foudoublée des poids élevez r - 
ïès vitefles feront réciproquement en rai- 
fon foudoublée dès bafes , c'eft-à-dïre que ' 
ta viteflè par/ fera à là viteflepar L en* 
raifon foudoublée de la bafe G H à la 
tfàfe Ç h > & par confeqaent le temps de 1 é- 
coulement de l'air du grand cylindre fera 
au temps de l'écoulement de l'air du petit' 
cylïndte en là raifon composée de celle * 
de labdtfë GH à la bafè gb , ô& de la ; - 
foudoublée des* mêmes: bafes Tune à 
loutre -, ce^ qui s'eft trouvé conforme à- 
l'expérience*: Car un cylindre de 8 pouces 
7 lignes de diamètre dé bafe, & on- autre 
de 5 pouces 6 lignes étant chargez cha~ 
cun de 44 onces , lé grand s , eftrvuidéen47" 
demies fécondes , & le petit en il : Or le» 
Safes G H 6c gb font entr 'elfes 'comme 
les quarrez de leurs - diamètres G H & 
\h 5 & 7+ pouces » qui eft à peu prés 
ê quarré de G H dé 8 pouces 7 lignes ,- 
eft à 30 > qui eft à peu prés le quarré de gk« 
dé 5 pouces 6 lignes , comme 47 i 19 à 
peu pré* > & comme 74 i 47 moyenne gr©- * 



f, 



ff^i Du Mouvement des 'Eaux* 
portionnelte entre 74 & $0 ainfn^à \\y 
d'où Ion vot que 47 eft à 11 ènlaraifon 
compofée de celle delà bafeGHà celle 
de la bafe gh, & de laraifon foudoublée 
de la même bafe G H à lamême bafe^|r» 

T. REGLE. 

LEs jets d'eau de même vitefle 8t de 
différentes ouvertures foûtiennent des 
poids par leut choqqiti (ontfun a l'autre en 
saifon doublée des diamètres des ouverures 
Soient deux forfaces A B:*C V percées de 







1C 



1* 



deux ouvertures E & F, & que lés deux jet»- 
d'eau EN, EM paflent par ces ouvertu*- 
res > il eft évident que la furface de l'ou- 
verture E.eft à la furface de l'ouverture 
F en raHon doublée du* diamètre G H a« 
diamètre ICL , 5c les viteffes étant fup*- 
j?ofées égales, fi le diamètre G H eft dou- 
ble .du. diamètre KL,, il y aura 4. fois, au- 
tant: 



//• Partie* i^. 

tfantde petits corpufcules d'eau pour -cho- 
quer , dans la bafe G H que dans la bafe 
KLvils feront donc un effet quadruple, 
Se fi les furfaces des jets font réciproques 
aux hauteurs des refervoirs , ils feront équi- 
libre avec des poirits égaux. 

Pour fçavoir la force des eaux coulantes 
lorfqu elles choquent des dîies d c mou- 
lin ou de quelque aurre machine , il f auc 
fçavoir leur vitefle & la^comparer à celle 
des eaux qui jailliflènt au bas d'un refer- 
voir. Il eft encore neceflaire de fçavoir la 
ptfanteur fpecifique dc I eau , à l'égard 
des autres corps \ voicy les obfervations 
<Jue j'en ay faites. 

•Oxi a fait faire, un taifleau de cuivre 
quarré en tous fens d'un demy pied de hau- 
teur & de largeur dans oeuvre , lequel par 
çbnfequent contenoït la S«* partie dun 
pied cubfton 1e mit dans lebaflïn dune 
balance , & de l'autre côté fon poids au 
jufte, on l'emplit d % c^.u ehfuite avec un très- 
grand foin y par une petite ouverture 
faite vers un angle de la platine de def- 
fas : On a trouvé par plufieufs expérien- 
ces que cette eau pefoit 8 livres ~ , & par ' 
<x>nfequent que le pied cube â'eau de- 
voit pefcr7o Iivres.îîe muidde Paris con- 
tient 8 pieds cubes , en chaque pied cube 
36 pintes quand elles font iue&rées au 
juftè Jk que 4'eau ne ptfîe pas les bords , 



X94 &* MeHViment des Eaux* 
.mais quand elle pafle les bords le plus 
qiiïlfepeut fans verfer * il ne contient que 
J5 pintesj chacune de ces dernières pin- 
tes pefe i livres , & les autres i livres moin^ 
7 gros : Le muidcle Paris contient 2J88 pin- 
ces de ces dernières , & 280 des autres / 
De là on connaît qu'un cylindre d'eau dont 
la bafe a un pied de diamètre & un pied 
de hauteur, né pefe que 55 livres , parée xjujê 
:1a proportion du cercle au quarré .qui luy 
cft circônfcrit, eftà peu prés comment 

14 : Or cornue 14 au ,* ain/i 70 liyrep 
font à y livres ;, de Jd pn (çaït qu'un cy- 
lindre d'un pied de hautes &aunpoi\* 
ce de bafe pefe 6 onces un gros à fort peut- 
prés ; car la j^» 16 partie de jj liyres ej$: 
itf onces &£> & un gros eA |.ifurquojr 
on a fait Xcs expériences fuivaptes. 

Ayant attaché un petit batteau i un autre 
fort grand qui è toit immobile dans le mi- 
lieu du cours de la jriviere . où elle étou 
fort rapide , on mefuroit le Ions du petit 
batteau une di/lançp »d. e 1; pixels félon fa, 
.longueur, onjettoitenfuite un petit mor- 
ceau de Jbois , ou quelque, britf d'herbe £ 
deux ou trois pieds iu petit batteau , vis- 
à-vis l'endroit où étoitla i rc marque des 

15 pieds , $c ion cojmptoh nar les batte- 
; mens d une pendule a demi - fécondes % 
en combien de temps il paflôit jufques à 
l'autre parque , fi cétoit en di* demi- 



&1. ïârtie. T95 

fcconfles en conduoit qu'en <tt "endroit 
l'eau de la rivière alloit d'une vitefle à 
faire 3 çieds en une féconde. En fuite on 
ie fervit d'untourniquetoùil yavoitdeux 
règles qui traversaient l'effieu , en forte 
que les plans où elles étoient Te coup- 

f oient à angles droits. On avoir élevé vers 
extrémité de Tune de ces règles un pe- 
tit ais quarré de fix pouces de largeur 
'fort délié qu'on faifoit tremper perpen- 
diculairement dans l'eau courante jufque* 
À ce qu'elle^palTât 1 ou 3 pouces au deffus, 
£c en même temps on mettoit a l'extrémi- 
té de l'autre règle <jui étoit en une fitua- 
tion horizontale , un poids à pareille di- 
stance de Fcffieu que le milieu de Tais, 
& on l'augmentoit ou diminuent jufques 
a ce qu'il fift équilibre avec le choq de 
l'eau contre le petit ais ou pahtte. On , 
fit j5lufîeurs de ces expériences à l'endroit 
où l'eau étoic la plus rapide, & en 4'autres 
endroits où 41e alloit moins vite , & l'on 
rtrotivoit toujours à fort peu prés les mê- 
mes proportions correfpondantes à la for- 
£t de l'eau qui fort du bas d'un tuyau de 
12 pieds de hauteur : Voicy la manière 
d'en faire le calcul. 

Ayant trouvé que leau la plus rapide 
faifoit 3 pieds -en une feconde,& qu'el- 
le foûtenoft àlots par le choq de la pal* 
lette 2 livres \ , osx difoit , le jet du bas d'un 

Kij 



f $6 Î>h Mouvement des Eaux* 
re fer voir qui a u pieds de hauteur, auqd 
vitefle à fa fortic pour faire 24 pieds en 
une fecondç félon la do&rine de Galilée, 
& qui a été expliquée cy - devant > cette 
vitefTe eft donc environ 7 fois &^ plus ^ 
grande que celle de la.jiviere ; le quarré 
de 7 £ eft $6£> ^ P* r confequent fi çc 
jet eft de même largeur que la pallette?' 
il doit foiuenir un poids environ 56 foi* 
|>lus grand : Oj: ix pieds cubes d'eau pe- 
frnt 840 livres , dont le quart eft z\q livres 
qu'on prend £ c^ufe que la pallette n'eft 

3uc d'un dejny pied, & qu'une colomnç 
'eau dont la bafe a un demy pied quar- 
ré & 11 pieds de hauteur , pefe *io livres.; 
&filon divife do par 56 , le quotient fera 
environ 3 livres | qui eft le poids qui a 
été trouvé dans l'expérience. 

J'ay trouye de même la force de l'eau, 
coulante dans plufieurs autres endroits dç 
la rivière 9 & même dans l'aqueduc d 'Ar- 
cjieih Jel fis une expérience au bord de I4 
rivière où Teau courante Faifoit un pied 
&^ en upe féconde, &'elle faifoit équi- 
libré avec 9 onces de poids ? pour la cem- 
Sarer à la vitefte de j p^çds i ilfmtpren- 
ré le quarré de 1^ qui eft ~ contenu en- 
yi^on 6 fois | dans le quarré de 3 i qui 
eftïo-^-s car le produit de 6 £ par \± eft 
9&f|qui valent un peu plus de 60 çnces 
qui fçni J livres 4 f 



//. Partit. î9f 

Les foues des moulins qui font fur la 
Seine à Paris entre le Pont - Neuf & le 
Pont*au-Change n'ont i lèlus extremi- 
tez que la moitié de la vitefle de l'eau cou- 
rante qui les choquent, ce qui revient à la 
même chofe que lorfqu'un poids ea 
'mouvement en rencontre un autre immo- 
bile de même pefanteur & qu'il s'y atta- 
che s car étant joints enfemble , ils nom 
incontinent aptes le choq que la moitié de 
la vitefle de celuy qui a choqué , & ainfi on 
peut fuppofer que la refiftanec du frotte- 
ment oe l'eflLu de la roue , de celuy de 
la meule & du grain qu'elle brife , joyjj au 
poids de la roue & de fes pallettes , vaut 
autant à peu prés que la refiftanec d'un 
poids égal i celuy de l'eau qui choque , & 
par conlequent elles doiveoc retarder de 
moitié à peu prés la vitefle de l'eau qui 
les choque *, on remarque la même propor- 
tion dans la roue de la pompe de la Sa- 
maritaine» 

Il faut icy confîderer que l'eau d'une 
rivière ne va pas également vite à fa fur- 
face , & dans les autres parties i car l'eau 
proche du fond eft beaucoup retardée par 
la rencontre des pierres , des herbes Se des 
autres inégalités. 

Voicy les expériences que j'ay faites de 
ces vitefles différentes. 

Pay mis dans une petite rivière coulan- 



I 

t$î Du Mouvement dis Edu& 
te uniformément des boules de cire atta- 
chées à un fil d'un pied de longueur , l'une' 
étoit chargée dfc petites* pierres dans le 
milieu pour rendre fa pefanteur fpecifique? 
tin peu plus grande que celle de l'eau , 
en forte que quand lès 1 boules étoient' 
dans l'eau-, la plus pefante faifoic bander 
le fil & enfoncer la plus légère plus qu'elle 
n'auroit fait toute feule, 8c par ce moyen* 
fa partie fuperieure étoit prefque à fleur" 
4'eau afin que le vent n'eut point de prife" 
fur elle. J'ay toujours remarqué que. las 
boule d'èmbas demeuroit en arrière prin- 
cipalement aux endroits ou il y avoit quel- 
ques herbes au fond de l'eau prés des- 
quelles la boule inférieure paubit *, car* 
cette rivière n'avoit qu'environ- j pieds- 
de profondeur : Mais lôrfqtfon mettoit 
ces mêmes boules en un endroit où l'eau? 
rencontrant quelque oBftaclc s'élêvoit un 
. peu , & en fuite ptenoit un cours plus ra~ - 

{>ide,comme on le remarque fous les Ponts* - 
a boule inférieure devançoit la Supérieu- 
re, ce qui faifoic voir que l'eau du mi— 
Heu alloit alors plus vite que celle de la.* 
forface -, & cela procède de ce que l'eau s'é- 
levant un peu plus haut par l'obftàcle , elle ' 
acquiert une plus grande vitefle en coulant : 
par une pente plus roide , & ce mouvemeiur 
violcnt fait qu'elle fe plonge & pafle au> 
deflbus de celle de la fuiface i cpmrae fc' 



.*«,,,. //. Partie.. „ 199 

À 8 C D eft le cours de l'eau fuperiei^b , 
& que par un obftacle vers B elle s'éle* 
ie jufques àla ligne pofc&tiée E F elle cou- 

S 

era plus vite pat la pèntëroideEF , C, 
& par la vitefle , qu'elle aura acquife .en 5 
C , elle continuera fa dire&ion au deflbus 
de CD, comme en GH, & par confe-* 
<Juent elle ira plus vite eri'G & H qa'ctr 
I & D , & c'eft de là que procède qîic dans' 
fes médiocres rivières il y a" toujours de 
grandes foflfes un peu au deflbus des 
Ponts •, on en voit l'expérience en toâi J 
fcs Ponts de la chauffée de Nogent fur Sci- 
rie : Car l'eau qui s'eft élevée par la rencoiv 
nre des piles du Pont prend une plus gratis 
de vitefle & pàfle avec Violence au deflbus' 
de la ftiperieure jufqûés r au fond où elfe-' 
emporte Je fable & rentraihe un peu plus* 
Bas où il s'amafle : Mais lorfque l'eau 
eft en fon lit & en fa courfe ordinaire Se 
médiocre , Ta fu'perieute doit al ter. plus* 
Vite que celle qui eft un pied au deflbus v 
tzx foit" A B une ligné horizontale & 
£B 1* nentè du fbrief de la rivière > D E- 

R iiij 



ioe t>u Monument let taux» 
l'eau qui eft à un demy pied de la fepe- 
rieure F G , Tune & l'autre parallèle à C B : 
Or parce que l'eau eft vifqueufe & que fej 
parties contigues font un peu liées enfem- 
ble l'eau D E emportera celle qui eft im- 
médiatement au deflus avec fa même vi- 
tefle à fort peu prés i& en fuite celle qui 




: 



eft en F G , -qui fe mouvant aufii d'elle* 
même à caufe de fa pente 9 va un peu 
plus vite que l'eau D E , ce quTon pourra 
mieux comprendre fi Ton fuppofe qae F L 
fait un ais nageant fur l'eau , & dont le 
deflus foit en une pente parallèle àCB , 
ayant une balle fort ronde au deflus s 
car cet ais emporté par Veau , emporteront 
la balle 3 qui rouleroit d'elle - même ic 
long de Tais jufques en G y &parconfe- 
quent fa vitefle îeroit plus grande qu* 
celle de Tais. 

J'ay encore remarqué fouvent des her- 
bes que l'eau emmenoit , & je voyois 
manifeftcmenr que celles qui étant entre 
deux eaux prés du fond plus avancées quf 



\ 



//. Partie. ïctf 

telles qui croient prés de fa futface * 
étoiénr bien-tôt paflees & laifl'ées en ar- 
rière par Us fuperieures > & fi je jettois 
dans le même courant une poignée de 
grofles feieure^de bois quialloicnt au fond 
plutôt les unes que les autres , je voyoii 
toujours les fuperieures précéder les autres 
par ordre à proportion qu'elles écoient 
plus ou moins eloignées^du fond > des- 
quelles expériences il paroît que dans les 
civières qui coulent librement , l'eau fu- 
perieure va plus vite que celle du milieu i 
& celle du milieu plus vite que celle qui 
eft proche du fond , & que dans celles qui 
font contraintes de pafler en un Heu étroit» 
étant retenues des deux cotez v celle do 
milieu va plus vite que celle de la furfacc 
s'il n'y a que trois ou quatre pieds de 
profondeur. 

Voicy comme on peut calculer la force 
des roues des moulins delà Seine. 

Je fuppofe qu'il y a deux roues à un feul 
eflieu qu'elles ont 5 pieds de demy-diame- 
tre , & que les ais qu'on appelle des aubes 
qui fervent de palletes , ont deux pieds 
de hauteur dans l'eau & 5 pieds de lon- 
gueur : Je fuppofe auflï que la viteffe de 
l'eau qui choque les pallettes , eft de 4 
pieds par féconde , ce qui eft aflez ordi- 
naire : Car elle s'élève un peu par la ren- 
aître du batteau qui porte le moulin g 



Sfoz Êtt MoM<ôm*nt des tâu^è. ^ , ! 

f: par confcquent elle va vis-sUvis dtnhi? 
eu du batçau' plu* vite que fi elle n'avoit 
pas été arrêtée v Or comme il a été dit 
cy-devant > un referVoir de ïi pieds faf 
hauteur faifant jaillir atr deffous de "il 
pieds un jet quarré dé de my- pied de lar- 
geur, peut foûtenir uô : livres ; favitefle' 
?ui efrde 24 pieds par féconde efttf 
ris plus grande que celle qui choque les' 1 
roues du moulin: Donc cette eau qui cho- v 
qiie unie palette de demy-pied ne doit 
foûtenir que \zj£ mc partie de iip livres, 

{>ar la i* rc règle > donc elle foûtiendta j* 
ivies & ■£' Le pied' quarré foutiendra le 
quadruple , fçàvoir z) livres j St parce 

2ue les pâllettesd^une. roue' ont 10 pieds 
iperficiels , elles Apporteront zjj 1U- 
Vres | , l'autre roue aura la même force t* 
donc les* deu* foutieridrotit 4S6 livrer 
j mifes eh lihè régie horizontale à la mê- 
me diftance de Taxe , que le milieu des 
jiàllettes i' 4 pieds; 

La force du choq du vent contre les 
ailes d'un moulin à vent Ce trouve en* 
cette forte. 

Ayez un tourniquet cylindrique fem* 
tilabte i cefuy dont il eft parlé dans les 1 
expériences précédentes 5 A B ; dans cette' 
figure représente fdn axe , G H eft une' 
règle horizontale qui traverfe Taxe du cy-*' 
lindreà angles droits , I L eft une autre r«^ 



t 



Yf*- Partie» ï'o* 

;le pôiée j5èr)fendicûkiretnefit fuf G H\ M 
" O P eft encore une règle perpendiculaire' 
pofce obliquement fous un angle de 4J de-' 
grez,à l'égard de la règle G R : or fi l'on fucU 
j^ofeun je-c d^eau qui choque directement W 




iRpgîë tt vers lé point Q\ & qui fafle 
«burner le cylindre félon Tordre des let- 
tres dbcd, Vagira de toute fa force pour 
fbûtenir le poids Ks Mais ftun autre jet 
d'eau égal ? choque directement là» règle 
M O au point S > que Fon fuppofe autant 
éloigné de Taxe que le pomt Q , il ne 
pourra foutenir Te poids R\ parce que fa 
àireâion ne fera pas parallèle à la dire» 
<ftion de Texuemité de la réglé IL* &>il 



i«H 2>« Mouvement iès Ëau%. 
ne courra fbûtenir qu'un poids qui fera afï 
poids R , comme le côté d'un quari é a fa 
diagonale , de fi le même jet eft parallèle 
à l'axe A B & qu'il choque au même 
p oint S , il faudra encore diminuer le 
poids R dans la même proportion pour 
faire l'équilibre , parte que ce jet choquera 
obliquement cette règle fous un angle de 
45 degrez, & alors le poids R n'aura 
plus que la moitié de fon poids : car fî 
AB C D eft un quârré , la i«e ra if n f er à 
comme de A C à A B , & la féconde 

comme dç A B à A 
£ moitié de A C t 
comme il a été ex* 
pliqué plus au long 
dans le traité de 
la Pcrcuffion , à la 
fin delà 13 propo- 
sition de la i m « 
C partie. Or levenc 
qui choque les ai* 
les d'un moulin à vent , les choque oblique- 
ment, Se s'il rencontroit chaque aîlefow 
un angle de 45 devrez, il ne luy refteroit de 
fa force aue félon la proportion de la dia- 
gonale d'un quarréà ion côté par cette 
feule caufe : Mais fi cette aîle qui eft obli- 
que à l'axe Tétoit félon le même angle; 
cette féconde caufe diminuëroit encore la 
force du vent feloa la même proportion* 




tomme il a été du du jet d'eau , & la di- 
minution tptalc par ces deux caufes fe- 
joit de la moitié de la force du vent quand 
il choque directement cette règle, com- 
me I L difpoféc à fe mouvoir au com- 
mencement félon fa direction , de maniè- 
re que fi fa force totale croit 80 elle fe- 
rpit réduite à 40 par ces deux caufes. 
Mais à caufeque l'aîle dont l'obliquité eft 

de 45 degrez reçoit unç 
/Figure deU \ moindre largeur de vent 
\ pa&i*)- / que quand elle eft oppo- 

féc dire&ement , il reçoit 
encoje une ,j m ? diminution félon la mê- 
me raifon de A C à A B , & la diminution 
tptale fera comme AC à E F, oui peu 
prés comme 80 i 1% ^.Que fi l'obliquité 
de Taîle eft N O & que l'angle de A B 
& NQ foit de <£o degrez , alors la i cr « 
c^ufe feule diminuera de moitié la force 
du vent Se la réduira de 80 à 40 & les 
deux autres enfejnble la réduiront de 40 
à 31 à peu prés \ doù 1 on jugera qu'il 
vaut mieux que les ailes des moulins à 
vent ayent cette obliquité 3 que celle de 45. 
Pour fçavoir la force d'un vent qui cho- 

3ueroit directement la voile d un Vaiflèau , 
faut fçavoir la yjtefle du vent : On la 
trouve en luy laiflant çrçiporter une plume 
tres-legere de duvet depuis un endroit fta- 
ble ? £c comptant le temps qu'elle inçt £ 



Du Mottvement des fidHXi 
parcourir un certain efoace comme 5è 
$o ou de 40 pieds- Or fuppofont que le 
-vent fafle %+ -pieds en une féconde* 
comme il fait quand il eft aflez violenjt 
à l'ordinaire mais pourtant bien moins 
-que dans les grandes tempêtes & hou- 
ragans , il ira auffi vite qu'un jet d'eau 

3ui fort d!une ouverture à u pieds au 
eflbus d'an refervoir \ JSc parce que le 
arent doit aller £4 fois plus vite que l'eau 
pour faire le même effet , il ne fera pas 
plus que l'eau de pareille largeur qui ne 
fait qu'un pied en une feconde 9 ouxjue le 
jet qui en fait 14 , fi la largeur du veut 
^ft 14 fois plus grande en diamètre , ou 
575 fois en furface. Or un Jet d'eau de 
4emy pied en quarré venant d un refervoir 
<de 11 pieds de hauteur , peut foûtenir 
comme ii a été ^ic cy- devant , un poids 
égal au poids d'une colom ne ,quarrée d'eaji 
.qui a pourfeafe un quarré d'un demy pied » 
& pour hauteur u pieds >& Sautant xju'ua 
jdemy pied cube pefe 8 livres ^ fi on dou- 
ble cette hauteur c,e fera 17 livres £ pour 
une colomne quarrée d'un pied de nau* 
teur Se d\in demy pied de largeur , & 
C\ elle eft de 11 pieds de hauteur» ce fer* 
210 livres qui feront (butenuës par un jer 
d'un demy pied en quarré: Afin dpncqug 
le vent qui va auffi vue, foûtiennele mc- 
«ae pçiàfi dçuoliyïçs, il faut que la yoii* 



Sf. finie) ààf 

f fju*fl choque foit 14 fois plus large &plu^ 
longue qu'un denxy pied , c'eft - à - diçc 
qu'il faut .qu'elle au if pieds .tant de 
dargçur ,que de longueur , bu £ .pieds de 
largeur & i£ piçds de hauteur ,,& alors je 
,vent qui fera 24 pieds en une féconde, 
Soutiendra 110 livres poÇfjes fur^une règle 
horizontale attachée au même axe que la 
.voile quarrée <|e u pieds , dans là même 
.diftance .de l'axe , que le milieu de la lonr. ' 

gueur de Ja voile ,qui .doit .être en une fir 
ruation perpen&culaije : Mais fi le vent ne 
/ait que iz pieds en une féconde , il ne 
apportera que # livres j-qui jçft le quart 
,de zio livras. 

Si l'on ^n veut faire l'experiençe.en pe- 
tit , il faut fç Servir du tourniquet de 1^ * 
page pis , & prendre une voile d'un pi cd de 
Margeur 6c deliauteur , ,qui ayant fa furface 
xj'un pied ne {upportera qiie la 144^ 
.partie de 51 livres 'j- fçayoir 5 onces 7 , § 
ce poids e^ft à ,1a même distance de l'axe 
4311e le milieu de cette petite voile , mais 
il faudra choiiîr le vent qui pourra faire 
^2 pieds par fccondej. 

Par cette manière on^calcuîçra aifément 
les différentes forces des eauxjk des vents 
par leur choq. - 

Poiif comparer laforce des moulins à vent 
a celle des moulins de la Seine dont j'ay 
pari ép je fiipppfe que ch^une des 4 a$e$ 



f 



io8 ï)u Mowaêmmt des £auxl 
ai* }0 .pieds de hauteur & 6 pieds &ê 
largeur, ce font 180 pieds', file vent ne 
fait que n pieds en une féconde il fbu- 
tient 5 onces |, de livre en choquant une 
aîle d'un pied de furface, s'il en choque 
une de \%o pieds err furface , il foûtiendra 
66 livres à peu prés : Mais il en faut 
ôter les £ a caufe de la triple obliquité 
du choq, comme il a été prouvé» fi l'o- 
bliquité eft de jo degrez , il reftera donc 19 
livres» & les 4 ailes foûtiendront 100 li- 
vres; mais la diftance de i'eflïeu au milieu 
de l'aile eft de ao pieds , & celle du milieu 
des pallettes jufques à leur axe n'eft que de 
4 pieds : Donc par cette caufe les moulins 
à yent augmenteront leur force du quin- 
tuple , & fi la rouç dentée de chacun eft 
de 1 pieds de diamètre , la force du moulin 
à vent fera de 10 fois 100 & celle des mou- 
lins à eau de 2 fois 466 livres , quand le 
ve/it fait iz p>eds par féconde , & h courant 
de l'eau 4 pieds > on fera de femblables cal* 
culs pour les moindres ou plus grandes vi- 
teffes d eau & de vents & pour les plus 
grandes ou moindres ailes. . 

Quelques-uns ont entrepris de faire des 
moulins horizontaux qui tournaient à tous 
vents > j'en ay veu de trois fortes. 

, Les premiers avoient leurs jiîles con» 
caves & convexes félon un angle de 45 de- 
gré* comme Qn le ygit ei) fe figure , A B 

eft 



//. Partie* 109 

Éft le haut du concave , & CD le haut 
du convexe , le vent (oufHanr contre les 
deux n'agira pas de même ; car il glifl'cra de 
part Se d'autre depuis l'arcte C D , le long 
des plans CL, & CN , & n'agira que comme 
8 à 5 |au lieu que rencontrant le con- 



cave & ne pouvant gliffer , il agira par 
iDiite fa force , comme s'il y avoit une 
•toile tendue* fur E QH F , & aiofi il agira 
de toute la force de (on choq 8c comme de 
S, Se y ayint 6 allés femblables il y en 
auroir toujours ; qui recevroient un peu 
moins d'un tiers plus d'impulfion que lés 
trois autres, ce qui feroit necefTai rement 
tourner les roues, mais avec peu de force,' 
en forte 'qu'elles ne pourraient tourner 
qu'à vuide, ou bien il les faudrait deme- 
ïurément grandes, & elles ne pourraient 
fe foutenir Se feraient en danget d'être 
emportées par un vent impétueux, Pour 
les perfectionner il faudrait que l'angle 
EAQfûtde jo degrez {calots la propor- 
tion , de la force du vent feroit dans le con- 
cave à l'égard, du connexe , comme de 4 



lia I>* Môffléftoitit dés Ë4h& 
.ai , comme il a été expliqué- dans lèsre* 
gles de la chute des e©rp» à la fift du trai- 
té de la Percuffion de laj? c édition: On* 
pourroit encore faite les faces C H, CL- 
mqbiles >& BE , B Q , afin quelles fe ferraf- 
fent un peu en l'aîleC D , ^qu'elles sVm~- 
vrtffent en l'autre , ce qui augnâenteroit' 
encore l'aprbportion > il faudroitauffi mét- 
ixe ces 6 ailes deux à deux l'une-fur Tau- - 
treafin qu'elfes receuflent mieux le vent, 
& alors ces moulins pourtqient faire te* 
peu prés, le même effet que ceux donroi^- 

a parlée 

La féconde, manière avoir la largeur de" 
fts ailes en une fituation verticale, mais- 
la toile qui fes revëtoit étoit dans des 
chaffis mobiles qui d'un cote s?appuyoit 
entièrement contre fca extrémités de* bois 
ou: pcrcKes qui lès environnoient quand* 
le vent foufflbit contre r&c ainfi elles exr- 
recevoient- tout l'effort jamais' de l'autre* 
côté eflës cedoient au vent tournant fur 
des pivot* & n'àyanr point 1 d'arrêt, &- 
pat ce moyen une partie du vent paflbir 
entre les ouvertures qu'il faifoit , ee qui*? 
dor.noit beaucoup moins de force que de 
Faitre coté, & la roue toumoit neceflaire- 
menttmais elle tournoit foiblement, même 
a vuide ,. lbrfque des* moulins à ventt 
ordinaires tournoient par un vent médio- 
cre ,.ceJuyoy ne tournoit point, ou touj> 



fi. Partie. m 

. ffoft tfc$4cntemerit à caufc qu'il ne reftoic 
jfas un quart de force de plus dans le 
coté où le vent choqtfoif entièrement , que 
de l'autre >te qui procedoit de ce que les- 
bois & les traverfes 1 en rèceVoient autant? 
«l'un côté que d'autre , Se les chaflîs du* 
côté qu'ils souvïroiemnelaiiïbient pas de 
tomber un peu par leurs poids & d'être 
tfènconttez par lé vent qui les foutenoif 
lie s'clevant jamais à la hauteur horizon- 
tale : Mais il s'otfvroit* feulement à de-- 
my un peu plas oa'morns rc'eft pourquoy 
ils étoiêtits ihutiles la plus. part du temps 
fle ne poûvoient moudre qu'à des vents 1 
Violents.' 

La 3™ riïâhiete- értoit'dë faire couvre 
B moitié* du nombre dès aîles par tfiie' 
demie eiteonference cylindrique de fer 
blanc oti d'autre matière legerfe qtii ctoir 
dirigée droit au vent par une erande ei- 
*bUètte fort éloignée <fu centr/delama- 
diine , & par ce ifcoyfcn il y en avoitf 
fluleirient trois d'tfn côté qui recevaient 
Kmprelfion du Vent farts êtfe empêchées 5 
j&r lès 3 de 1 autre cô\é : Mais on ne 
pbuvôit faire en grand cette machine à 
<fcufe de l'énorme gràndeiir qu'il>eût fallu •' 
donner à là demie : circonférence cylindri- 
que & qui l'eût- mife au Kaiard d'être 
emportée par un* vtnt médiocrement vio-" 
Istrc.- *• 



il x T>h Mouvement des Eaux. 

J'ay veu auffi un modèle des moulins 1 
vent horizontaux qui font à ce qu'on dit 
en ufage dans la Chine > ils font faits 
comme une lanterne » il y a plusieurs ailes > 
qui tournent fur des pivots vers le cen- 
tre & le point oppofe vers le haut , & 
ils rencontrent des chevilles qui les ar- 
rêtent en de certaines fituations pour re- 
cevoir le vent le plus directement qu'il fe 
peut, & quand ces ailes ont fait un demy 
tour par la révolution de la machine , elle»; 
tournent & vont au vent > comme les gi- 
rouettes & n'en reçoivent que très-peu 
. d'impreffion pour ne pas nuire à celles qui 
font de Pautre coté on le vent les ren- 
contre dire&cmem ou à peu prés * & enfin 
il n'y en a point de l'autre côté qui ne 
reçoive le vent très obliquement, & par 
•ce moyen le vent agit toujours prefquc 
< J cux fois plus d'un côte que d'autre, ce. 
qui fait faire un effet fuftifant à toute la 
machine dont Teffieu eft planté dans le 
mil eu de la meule qui eft au deiïbus* 
c eft pourquoy il n eft pas nece(Taire d'y 
appliquer des roues & des lanternes com- 
me aux autres mouli ns , par le frottement 
dcfquelles la force eft diminuée. 

On peut par la même méthode cy- 
«leflûs calculer la vitefTe du vent qui eft 
receflairc pour renvçrfet des arbres ou 
fies piliers qui feroieat fofez de bçue 




IL fdrtie. tij 

Tarn rien foûtenir } en voicy des exemples. 
Soit un quadre de bois ABCD com- 
me ceux d'un 
chaffis de papier , 
d'un pied de lar- 
geur , donc le 
poids foit d'une 
livre un quart ou 
io onces avec (ba 
papier colle, ex- 
pofé dirc&emenc 
au vent fc pofé 
perpendiculaire - 
ment fur un plan horizontal, & ayant 
les quatre petits barons quarrez d'un pou- 
ce de largeur: Donc un vent de 11 pieds 
par féconde , en le choquant foûtîendra 6 
onces à peu prés , comme il a été montré 
cy-defliis > & parce qu'il n'a d'épaifleur 
que il lignes , la demie épaiffeur où eft 
fon centre de gravité ne fera que de S 
lignes : Car on ne confiderc point le poids 
du papier > & parce que la diftance de fon 
centre de pefanteur jufqnes à Tappuy eft 
6 pouces, le vent agira en levier com- 
me 6 pouces à 6 lignes ou comme u à i * 
& EF étant Taxe du mouvement, lapro* 
portion de la force du vent concrète poids 
du quadre de 10 onces fera comme 71 
opees produit dç 6 onces par n à 20 on- 
ce* y il faut donc un moindre vent pour 



if-f DU MoftiJïmexï&sF.âHJcy 
faire équilibre , Se-'fi on le prend de 6 pieds 1 
par fécondé , il n'aura que !è. quart de 7 £• 
onces» fçavoir 18 onces , &c(\ ji qûarrédc 
6 donne 18 , 49 donnera 10 onces , la ra- 
cine qùarrée de 40 eft iin ; peu'plus de 6- 
f, il faudra donc un vent qui faiït G pieds 
|"en une féconde pour renverfer es qua- 
dre de chants S j'en sf fait l'expérience 
au haut de l 'Obier vatoi;e Si ■' dans la Sar 
maritàine. 

On calculera dé même la force qu'il- 
ftut pout rompre une. branche d'arbre dé?* 



dêmy piedd'èpaiflèur ayant i$ pîeds de' 
tige -& jq pieds, de branches rameaux Se 



/7t Pdrti'f.' . itp 

feuilles ; ce Ter a 900 pieds fupërficicls que [ 
le vent choquera , là rcfiftance abfoluë*' 
du bas de la branche pour être rompue, 
la tirant de haut en bas fera de 207360:- 
Car la refiftarcé abfoluir d'un bâton* 
de j lignes a été trouvée dé 550 livres , - 
AB effila tige de la branche, DFEBlétour 1 
de &$ brandies & feuilles , & C le ccntfe , • 
la diftance A C eft- 30 ; pieds , là propor- 
tion de 30 pieds ail tiers de répaifleur' 
vers A qui n*eft que de 2 pouces , eft de" 
1 8 o à 1 divifant- 1 07360 par 1 $b , té* 
quotient fera- de 115 1 > il faudra donc la* 
Valeur de 1152 lîvfes'pburrompre là bran- 
che en A 9 il y a 900 pieds dé fuperfi* 
de dàlis lés feuilles 1 & rameaux de Tar-' 
Bre , & parce que 1 pieds fuperficiels cho- 
quez par un venr de 12* pieds par fécon- 
de fofïtiennertr^ de livre, ils foûtien- 
dfont 450 fois \ 9 c'éft-à-dire 357 livres- 
a peu prés qui eft un nombre beaucoup' 
moindre que 1151 : Soir, dbnc comme 337* 
a 1151 aïnfi 144 quarre de 12 eft à 491 
j~- dont là racine quàrrée eft 21 ^ & 
peu prés, il faudroit donc que le ventfiflÉ 
%i pieds 4 en uhe féconde pour rompra 
«ne telle branche d'arbre* 

Le choq du vent contre lés voilés d'utr 
Vaifleaupour le faire pencher ou pour le* 
renverfer , fuit les mêmes règles & celles 
de l'équilibre ;Car û l'onpofefur le Vaif* 



i\é t>u mouvement itt Bmux- 
feau A B C dont le centre de pefameoî 
eft dans la ligne D B , un poids au point C , 
U fe panchera & le centre de gravité com- 



tnun fêta en la ligne *D, ce qui fera 
dans l'eau fera équilibre à foy-meme Se 
le poids C au refte du Vaiflèau E A qui 
fera de l'autre part au deflusdeTeau.-Or 
la voile D étant choquée , fait le même 
effet qu'un grand poids , &on peurcom- 

f'arer leurs efforts comme cy-devant , fe- 
on que le vent fera grand & que la voile 
fera élevée au défias du Vaiflèau i Se en fe 
feivant de la manière cy-devant expli- 
quée, on pourra connoître quelle visite 
de vent peut renverfenmYaiilèaa, filon, 
f$ait 



//. Pdrtiel 1^7 

Içatt le poids du Vaifleau & de ce qui eft 
dedans fa largeur, la grandeur de Ces voi- 
les , l'obliquité ou la direction du choq , 
en comparant fa force à celle d'un poids 
comme C : mais il faut confiderer que le 
Vaifleau ne tourne pas par le vent , comme 
s'il y avoit un eflieu au point B qui tour- 
. nâc fur i pivots immobiles , & qu'il ne le 
renverfepasfi aifément qu'il feroit : mais 
auflî en roulant il peut prendre une con- 
tinuation de mouvement, qui étant jointe 
à une grande & foudaine bouffée de vent, 
le peut porter beaucoup au-delà de l'é- 
quilibre & le renverfer. 

Lors qu'on n'a qu'une certaine quantité 
d'eau pour employer à quelque choq y. on 
peut augmenter fa force en la faifant jaillir 
au deflbus dune plus grande hauteur. 
AB eft le deflus dune rivière retenue; 
, C D eft une ouverture d'un pied qnarré par 
où l'eau doit fortir, foit E le milieu de 
l'ouverture & la hauteur BE de 3 pieds. 
Il a été démontré que le choq de Peau 
par CD foûtiendra le poids d'un foli- 
dc d'eair ayant pour bafe le quatre de 
CD , & la hauteur E B de 3 pieds \ ce 
poids fera donc de trois fois 70 livre* 

I ou de zro livres.' Soit- maintenant Peait 
retenue en forte que fa hauteur foit de 12 
pieds jufques en. F, qui eft le milieu dé 
l'ouverture quarrec G H, le jet par F ira 

L T 






118 Du Afûuve&entctss Eatw* 
deux fois pîus vice que par E ; fi l'on fait 

donc que comme la dia- 
A IB gonale d'un quarré eft à 

Ion côté , ainfi C D foit 
à G H^ la furface de 
cette ouverture fera la 
moitié de celle de C D , 
& il y paflera autant 
d'eau en même temp$, 
parce qu elle ira deux 
fois plus vite , &. le 
poids qu'cll: foûtien- 
dra par fon choq fera 
égal au poidé du fo- 
lide , qui aura pour 
bafe le quarré de G H 
& pour hauteur F B : 
mais ce dernier fbli- 
de ayant fa hauteur 
quadruple du premiers 
& fa bafç feulement moindre de la moi- 
tié , il pefera deux fuis autant ; & le jet 
par G H foûtiendra un poids double de 
celuy qui eft fbûtenu par le jet CD*, d ou 
l'on voit que pour faire tourner un mou- 
lin qui manqueroir d'eau, & n'en auroit 
que la moitié de 1 ordinaire , en luy don» 
nant une profondeur quadruple •; la rac- 
ine eau le feroit tourne r , & feroit autant 
/d'effet que s'il avoit deux fois autant d'eau. 




. Il* 
TROISIEME PARTIE. 

DELA MESURE 

D E S E AU X 

COURANTES ET JAILLISSANTES. 



PREMIER DISCOURS. 

DES POVCES y ET LIGNES DEAV, 
dent on exprime la mefure des eaux 
courantes & j*illijfantes. 

LEs Fontcniers mefurent la quantité 
d'eau que donnent les Fontaines, par 
les pouces & les lignes circulaires , que 
contiennent fuperficiellement les ouvcrtib- 
res quelles remplirent en coulant très-len- 
tement : mais ils n'ont pas bien déterminé 
quelle eft la quantité d'eau qù «-donnent ces 
pouces & lignes circulaires en un certain 
temps, ny quelle doit être l'élévation de 
l'eau par deflus ces ouvertures pour fournir 
cet écoulement î ce qui fft pourtant neceC- 
faire ^pourfçavoir ce que c'eft qu'un pouce 
d'eau : Car fi l'eau le tenoit à 6 lignes 

7 l ) 






210 Du Mouvement des Emux. 
par deflus une ouverture circulaire d'un 
pouce , elle donnerait beaucoup plus d'eau 
par ce pouce , que fi elle ne le furpaffoit que 
d'une ligne î parce que comme il a été mon- 
tré cy-devant dans la deuxième Partie , une 
plus grande hauteur d'eau fait aller les 
jets pins vite, &!es écoulemens des eaux 
par une même ouverture fe font félon la 
proportion des vitefles qu'elles ont en 
fortant î ce qui fe prouve en cette forte. 
AB cft un bacquetplein d'eau , CEDB cft 




£. 



Q( 



ïï 



D 



B 



dn des cotez du bacquet eu il y a une ouveiv 
turel,- G H eftun cylindre de bois ou de 
glace , qui pafle par ce trou avec u^e viteflfç 
uniforme. : ' - • 



II L Partie* tit 

Or fi Ton fùppofe qucn une féconde , il 
s'avance de lefpace G H , il eft manifefte 
qu'en ce temps il paffera entièrement & pré- 
cisément l'ouverture I, s'il commence à' y 
entrer par le bout H , & que s'il va deux 
fois plus lentement , il luy faudra employer 
deux fécondes pour la pafler entièrement i 
& par confequent il n'en paflera que la moi- 
tié en une féconde ,•& de même à l'égard 
es autres proportions. 

On peut tirer la même confequence à 
l'égard des jets d'eau , fçavoir » qu'il paf- 
fera deux fois autant d'eau en même temps 
par 1 ouverture I, quand elle va deux fois 
plus vite , & que fi en une minute elle don- 
ne 10 pintes en paflantpar cette ouverture 
avec une certaine vitefle , elle en donnera 
30 dans le même temps fi elle va trois fois 
plus vite. 

Cela étant fuppofé , il eft évident q&e 
s'il y a deux ouvertures rondes égales en 
uarefet voir , l'un i un pied au deflous de 
lafurface fuperieure de l'eau , & l'autre à 
4 pieds, il fortirapar cette dernière deux 
, fois autant d'eau en même temps , puis 
qu'il a été prouvé que l'eau fortira par 
cette dernière deux fois plus vite que par 
l'autre. 

Delà on voit que pour déterminer la 
quantité d'çau qui doit paffer par l'ouver- 
ture d'un pouce > fituée perpendiculairc- 

T 



m Dit Mouvement "des Eaux* 
ment, il faut ne ^flaire ment d terminer 
à quelle hauteur doit être la furface dç 
l'eau qui fournit ^écoulement audeflusdtt 
pouce circulaire. 

Voicy quelques experences qui ont 
ère fûtes pour déterminer cette hauteur, 
& la quantité d'eau qui en fort en un cer- 
tain temps. 

PREMIERE EXPERIENCE. 

ON s'eft fervy d'un bacquet de fer 
blanc M B long de deux peds , 8C 
large de 10 pouces * percé en C d'une ouç 




vertare quarrée d'environ \6 lignes de lar- 
geur , où l'on avoit appliqué une petite pla- 
tine de cuivre percée tres-exa&ementdune 
figure circulaire d'un pouce de diamètre, ce 
bacquet étant fitué de manière que cette 



Y IL Partif. 21} 

ouverture d'un pouce étoit verticale , on 
l'empliflbit d'eau jufques par deflus l'ou- 
verture , la fermant avec la main , & on y 
laiflbit couler de l'eau d'un muid % F G qui 
en étoit fort proche , en telle quantité , que 
paflant toute par l'ouverture circulaire C > la 
furface fuperieure de l'eau du bacquet de* 
meuroit toujours efnviron à une ligne p*us 
haut que l'ouverture . 

Pour faire cette expérience bien jufte, 
on avoit fait une ouverture à côté dans 
le bacquet comme en L un peu plus éle- 
vée que Pouvertûre circulaire C> pour fer- 
vir de décharge à l'eau furabondante » dont 
on diminuoit la hauteur comme on vou- 
loit pat le moyen d'une petite platine de 
fer blanc qu'on y appliquoit avec une 
matière fort vifqueufe faite de cireSc de 
therebentine. On avoit auffi appliqué une 
autre petite lame de fer blanc M à deux 
pouces À côté de l'ouverture C, & aune 
ligne plus^haut moins ±\ elle étoit pa- 
rallèle à l'eau du bacquet , en forte que 
quand Peau s'étendoit un peu par deflus > 
comrrîfe d'un quart de ligne d'épaifleurj 
on étoit aflfeurç que la furface fuperieu- 
re étoit à fort peu prés plus haute d'une 
ligne que le haut de Couverture C, & 
fans cette invention il feroit fort difficile 
de s'en affeurer j parce quç l'eau faitordi- 
âiairemeiit une petite élévation càncavë 

T uij 



<2 H P H Mouvement des Eaux» 
d'environ deux lignes de hauteur le long 
des corps qu'elle touche quand ils en font 
hume&és : ce qui empêche 'de pouvoir 
)>ien .remarquer la hauteur de la furfacc 
de l'eau à l'égard de l'ouverture C. 11 y 
avoit atiffi dans le baçquct une traverfe 
D E pour recevoir le choq de l'eau qui 
tomboit du muid dans le refervoir, afin 
qu'elle ne fift point de vagues, & cette 
traverfe écoit diftante d'environ 3 pou- 
ces du fond du bacquet, & étoit percée 
de plufieurs trous afin que l'eau y paffâc 
librement.» cela étant bien difpofé > ou 
fermoit l'ouverture avec la main ou autre** 
ment, & on emplifloit le bacquet j.ifqùes 
à ce que l'eau paffât 3 ou 4 lignes par 
cbflus la petite lame M, Se enfuite on 
JailToit couler, l'eau en même temps pas 
1 ouverture & par le muid *, & fi l'eau du 
bacquet demeuroit à cette hauteur de 3 ou 
4 lignes > ou quelle montât encore plus 
haut » on baiflbit un peu le dechargeok 
L , jufques à ce que l'on vît demeurer très* 
peu d'eau fur la petite l'artie M, commis 
d'un quart de ligne d'épaifTeur , & qu'elle 
demeurât fenfiblement en cet état un peu 
de temps. Alors on pouflent tout a coup 
un vaifleau N pour recevoir l'eau qui 
.couloit par l'ouverture circulaire C , Se 
aptes l'y avoir laifle 30 fécondes préci- 
sément, on le tiroit tout à coup, Se or> 



■ ^ 



///. Pdrtte. iif 

mefuroit enfuite la quantité d'eau qui étoit 
dedans. 

Pour marquer le temps de l'écoulement, 
on fe fervoit d'un pendule de fil tres-dé- 
lié, chargé à Ton extrémité d'une balle de 
plomb de 8 lignes de diamette \ la longueur 
du fil étoit de $ pieds & 8 lignes jufques au 
centre de la balle depuis le point de fufpcn- 
fion; ce pendule employoit une féconde 
à chaque battement , & on s'en affeuroit 
en le comparant à une pendule ou horlo- 
ge très jufte qui marquoit les fécondes» 
on a réitéré pîufîeurs fois la même expé- 
rience , & on a trouvé qu'il pafloit en do 
fécondes par cette ouverture d'un pouce , 
lors que la furface fuperieure de l'eau du 
bacquer étoit 7 lignes pltis haute que le cen- 
tre de l'ouverture , cuviron n pintes | me- 
fure de Paris , chaque pinte pefant deux M- 
vres moins 7 gros. 

Dans les pais proche delà ligne 8 lé pen- 
dule doit être plus court à caufe que le 
mouvement de la furface de la' terre en 
ces endroits eft plus grand qu'en France. 
M r Richer, & M r Varin en ont fait des 
obfervations *, le i LI à la Cayenne , où il 
l'a trouvé plus court de 1 ligne ^& l'au- 
tre en rifle de Gorée proche le Cap Vert 
où il le falloir feulement de trois pieds ê 
lignes •£: qtï démontre cet effet en cette 
Sotte i ABÇD reprefemç un méridien paG» 



X 



tii Du Mouvement des Eahx. 

fant par les pôles B C , & A E F eft îa 

ligne équinoxiale > G H M N cû le gâtai* 




s 



Icîîc de Paris : (î î'on fuppofc le mouvement 
de la terre d'Occident en Orient, une pierre 
qui frroit en A , s'écarterok de la terre 
ar une tangente ; & parce que (e poine 
iroit auffi vite, file mouvement vers 
le centre K ne furmoAtoit pas ce mou- 
vement, elle s'éloigneroit de la terre fo- 
lon la ligne AI: Mais ce mouvement vers 
le centre étant plus fort , la pierre ne 
s'élève pas; mais elle ne laide pas de per« 
(ire une partie 4e û tendance au mouve* 



///. Partiel tif 

tnent vers K. La mêoie cbofc arrivera i 
une pierre qui fera au point G , mais f* 
tendance au mouvement par la tangente 
fera beaucoup moins forte ; parce que le 
point A fe meut beaucoup ptus vire que 
îc point G : Donc il retardera moins une 

frierre qui tombe de G vers K centre de 
a terre , & même la fituation oblique du 
petit c-rcle G M à l'égard de la ligne G K > 
peut encore un peu diminuer d<* ce retar- 
dement vers le centre: car GL ligne obli- 
que 4 K G , eftant égale à G O , le point L 
fera moins éloigné de K que le point O £ 
par ces deux capfes la pierre étant lâchée en 
I , defeendra moins vite vers A ; que la picr* 
te en L ne defeendra vers G : donc le mou- 
vement du poids d'un pendule fera plus 
lent vers A que vers G, & par confequent 
pour les faire ifocrones , il faut que le fit 
du pendule {bit plus court Vers A que vers 
G. 

Il eft manifefte qu on ne peut trouver 
precifément la même quantité d'eau dan* 
toutes les erperiences , & qu'on y trou- 
vera toujours quelque petite différence 
par plufieurs caufes , fçavoir qu'il eft dif- 
ficile de commencer à compter les fécon- 
des au même moment que l'eau com- 
mence à couler ; qu'on ne peut retirer le 
vaiiTeau preciferacm quand la $o œc fecoo- 



ut Du Mouvement Jet. Eaux. 

de • finie ) que l'ouverture par où l'ea» coule 
n'eft pas parfaitement perpendiculaire , ou 
qu'elle n'eft pas exa&ement d'un pouce» 
ou que le fil du pendule fe peut un peu 
allonger ou accourcir pendant l'expérience, 
ou enfin que la hauteur de l'eau eft un peu 
plus ou un peu moins haute qu'une ligne 
à l'endroit de la petite lame M j foutes les- 
quelles chofes empêchent l'exa&itude pré- 
ci fc : mais entre le plus & le moins'on a 
trouvé cette me (lire de i$ pintes |. Si on 
yeut fçavoir l'eau que donnent des ouver* 
tures circulaires plus petites» comme de 6 
lignes de diamètre ou de 4 lignes , il Iesr 
faut placer en forte que leurs centres foient 
à 7 lignes au deflbus de la furface de l'eau 
du bacquet : car fi le plus haut de chaque 
puverture étoit placé a une ligne de diftan- 
ce de la furface , elles donneraient beau- 
coup moins d'eau que félon la proportion 
de leurs grandeurs ; mais fi on les difpofe 
en forte que le centre de leurs ouvertures 
foient à même diftance de la fuperficie de 
l'eau, elles donneront de l'eau à peu prés 
(èlon la proportion -, voicy les expérience* 
qui en ont été faites* 



///. Partit. iljj 

ÏI. EXPERIENCE. 

ON a fait cbuler plufieurs fois l'eau du 
même bacquet par une ouverture 
de 6 lignes donc le centre étoic toujours à 
7 lignes de diftance de la furface de l'eau 

{tendant l'écoulement > & on a trouvé entre 
e plus & le moins 15 dcmi-feptiers en une 
minute , quoyque la furface de cette ouver- 
ture ne foit que le quart de celle d'un pouce 
circulaire , & que félon cette proportion il 
n'en dût fortir pendant une minute que le 
quart de ij pintes | félon la 4 me règle de 
l'équilibre par le choq. Cette différence 
procède de plufieurs caufes. 

i° Qu'encore que le au du bacquet foit 
à une ligne de hauteur par deflùs l'ou- 
verture di'un pouce > elle n'y refte joignant 
cette ouverture que d'environ un tiers 
de ligné pendant (on écoulement ; ce que 
l'on connoît alternent par une particuliè- 
re reflexion de lumière qui fe fait en cet 
endroit où l'eau fe baifle plus que dans le 
refte du bacquet » & ce bâillement fe fait 
à caufe que l'eau qui fuccede à celle qui 
coule, doit venir des parties voifines > com- 
de il a été expliqué cy-devant , & qu'y en 
ayant trop peu par le haut proche le trou, 
il faut quelle s'abbaifle prefque toute 
pour pafler ; ce qui diminue de la force 



ij o Dn mouvement def Eaux. 

de la preflîon d^ l'eau , & retarde la viteffc 

de l'écoulement. 

r» Que venant peu dVau par en haut, il 
faut en recompenfe qu il €n vienne dw bien 
loin pour fucceder à çAlc qui coule > ce qui 
retarde encore fa vitefle: mais la même cho- 
fe n'arrive pas au trou de 6 lignes , parce 
que ne devant donner que le quart autan* 
d'eau que le pouce > & (on ouverture 
étant furmontée de 4 lignes d'épaifleur 
d'eau, il ne s'y fait point d'enfoncement 
(ênfible \ Se par confequent Peau eft prêt 
ftc par ces 4 lignes entières, outre que l'eau 
qui doit fucceder à celle qui coule , ne vient 
pas de fi loin que quand l'ouverture eft d'un 
pouce 5 & afin que le deflus de l'eau , qui 
eft dire&cment au deflfus de l'ouverture 
d'un ponce, fut 7 lignes pins haut que (on 
centre , il faudroit que dans le refte-du bac- 
quet elle fut à 3 lignes de hauteur i peu 
prés. 

Il y a encore une antre caufe , qui eft 
que 1^$ vitefles des écoulcmens , étant 
en raifon foudoublée des hauteurs des 
eaux , ainfi qu'il a été die , s'il y a un bac- 
qufct comme A B percé au fond «Tune 
ouverture horizontale , comme *bcd-> Se 
d'iine autre verticale *ffh> égales en- 
tr'elles, & que l'eau foit é'evée dans le 
bacquet a la hauteur precife ef > il ne 
doit fortir par cette ouverture verucak 



///. Tsrtie, 



& 




9 

4 

« 







#&fti 



e 



qae les ~ d'autant d'eau qu'il en forrira 
par celle qui eft au fond du bacquet en n c- 
ine temps, fi on entretient l'eau à la hauteur 
cfy ce qui fe prouve en cette forte. 

L eau qui fort par le bas de !oi>vercu- 
re verticale, cb, a (a viteiïe à l'égard de 
■celle qui fort par LI en raifon foudoublée 
de la hautcUr eg à la hauteur c L, & 
de même i l'égard dé toutes les divi- 
fions horizontales qu'on peut faire dans 
le quarré *ffk > à inégales diftances*, d'où 
il fuit que h la vueflè de l'eau de la i cre 
divifion vers te haut eft i ou K.i , celle de 
la z™"ftraH. z, celle de la 3 n * c R. j Sec 
ce qui* eft dans la même proportion que 
les ordonnées d'une parobole. Soit donc 
ACD une parabole , dont la bafe C D 



ïji Dh Mouvement des Eaux. 
foit celle du re&angle CDPQ^, & (bit 
divifé l'axe AB en plufieurs parties éga- 
les par les lignes EF, GH, IL, MN &c. 
parallèles àBD, ces lignes feront les or- 
données. Or par la propriété de cette fi- 



*. 




gare les quarrés des ordonnés font en-' 
tr'eux , comme les fègmens de Taxe qui 
leur correfpondent , AEyAGjAljAM, 
&c. & ces fegmens font entr'eux comme 
les nombres de fuite i> i> j, 4, 8cc. Donc 
ces quarrés feront auffi entr'eux comme 
î , 1 , j , 4 , &c & par confequent les lignes 
OEF,RGH, SIL, TMN, feront entre!- 
les comme R. 1 , R. 1 , R 3 , R. 4 , &c t 
Or fi on prend toutes les ordonnées qu'on 
peut tirer parallelles àBD infinies en 

nombre 



///. Partie,. 135 

nonjbre pour la parabole , cflcs feront aux 
lignes infinies qui compofent le reôingle 
C D A , comme la patebole eft au rcétangle*, 
mais le triangîe C A D , qui eft la moitié du 
re&angle P Q^C D ,eft les \ de la parabo- 
le, comme il a été ptouvé pat Àrchimede % 
donc fi le triangle eft x , le reâàngle feia 6 » 
& la parabole 4 , donc elle eft les j du ic- 
âarigle. ,: 

Ceux qui ne fçaverit pas lesf proprietez de 
la parabole , pourront connoîrre par le cal- 
cul cette vérité à peu £rés en prenant la fui- 
te de ces ordonnées enTnombtès 9 en tirant 
lettfs racinesejuarrées ; parla 4 dixme , com- 
me en la tablé fuivantt, où le premier ran; 
Vaut, les nombres entiers , le fecon< 
les dixièmes > le troifiéme les centièmes >.__ 
&c* 



Vaut. N' 

t 


<>b. '■ Dix. 


Cent; 




Mil. 


"R. 1 ■ u 




■ 


- 


R. 1 r. 


4- 


r. 


4« 


R. $ "1. 


7' 


* 


*• 


r: 4 2. 


1 


\ 


» 


R. 5 *. 


2. 


i- 


6. 


R. s , 2. 


4* 


4* 


9> 


R. J 2. 


tf. 


4* 


5- 


R.8 x. 


8". ■ 


2. 


t. 


R.9 j. 


. » t ' 




• 


R* 10 3. 


U 


*. 


2. 



•s 



» 



5- 3* !• 




3-, 4» 6» 


a. 


3« & ' ©• . 


5- 


3« 7* 4' 


3* 


3. 8. 7. 


2. 


.4».. •■■ 


• 


4» t. , !."• 


3- 


4. i. 4. 


. *. 


4. 3. 5, 


S. 


4. 4. 7. 


Xm 


4, 5. 8. 


2» 


■4!.,.-. ,6 ,.•; . 9r 


I. 

' J 


•*• - 7* .. . 9* 


. .£• 


4» f /i * *• jt. • 


9. 



x\ 4 B h Mouvement 4ts Eattx. 

R. 11 

R.12 

R. i) 

R. 14 

R.ij 

R. 16 

R.,7 

R. 18 

R. 1? 
R.zo 
R. 21 
R. it 

R.24 

Or fi Ton ne prend la (bmme que des 1% 
premiers nombres , elle eft un peu plus 
gt^nde que 25s & 12 fois le douzième 
nombre fçayoirj ^ -~, T ^, fanuc un 
produit un peu plus grand que 41^ & par 
confequent cette fomme qui eft la parabo- 
le e.ft plus grande que, les j de ce produit 
qui eft le re&angle ;„mais fi on prerv4 
celles des 24 nombre^, on prouvera *?* 

{>eu plus dç 79 pour la jparabdle, flf 
e produit du dernier 4 >1 prî» îToô P ar 2 4 
eft un peu plus 117» dont 1rs y font 78 
& ainfi la fomme d$ ces 24 nombre» 
ne diffère des y de ce produitf que de l'i*- 
nûé à peu prés ? & on erç approche plus que 
quand on ne prend que les 12 premiers 



///. Partie 255 

nombres , & fi l'on continue à augmenter la 
table par un plus grand nombre de divi- 
fions,Ia différence de cette (brome •& de 
ce produit diminuera toujours , & Ton pour» 
ra juger qu elle arriYeroi; enfin aux-- pieci- 
le ment. 

On voit auffi que fi on prend tes ^nom- 
bres du milieu. des u , ils furpafferont 
enfemble la fomme des $ premiers & des 
3 derniers , & que la fomme des 6 pre- 
miers & des <J derniers des 14 > fera moin- 
dre que la fomme" des ix du milieu , ce 
qui doit* arriver neceflairemeàt*;, & on 
en fait la demonftration en cette for- 
te. 

Les extrêmes des quarrez des nom- 
bres qui font en progreffion arithmétique 
(ont plus grands que ceux des nombres 
du milieu comme les quarrez de 1 & de 
8 , qui font 68 , font plus grands que 52 
fomme des quarrez de 48c de 6 9 &lex* 
cez eft \6 , produit du quatre de la diffe- 
renée par le nombre de la progreffion t 
Or puis^pie les quarrez des ordonnées 1 
de la parabole font en progreffion Arith- 
métique y Se que les extrèras enfemble 
font égaux à ceux du milieu, il s'enfuir que 
leucs racines ne font pas en progreffion* 
Arithmétique * 6c que les premières % Se les- 
«krnieres Gftjfembiç fcftt ~rooindrc$ <m& 



%y6 - Du Mouvement des Eaux. 
celle- du milieu: Car fi elles étoitnt éga~ 
les ces quarrez extrêmes feroient plus 
granck i & parce-que les écoulemens des 
eaux fui vent leurs Yitcffes , il s'enfuit que 



1 







£ 


X, O 




f 










■ 






r 


. 


■ 




M. N\ 


r* 





H 



s'il y a 8 divifions au quarré AB C0 i. 
les 4 du milieu qui font le re&angle EF 
G H, donneront plus d'eau que les 4 ex- 
trêmes qui font les deux re&angles A H ». 
F X) , & que LMNO qui eft la moitié de 
ce reâtangle & le quart du grand quarré , 
donnera plus du quart de toute l'èau que 
donne le grand quarré. 

11 arrive donc par cette. ~caufe.& par 
celle de la difficulté de l'écoulement, 
qu'une ouverture quarrée de 6 lignes 
ayant 1 eau 4 lignes au deflus , donne plus 
<jue lç quart de celle quo donoeun pou*- 



///. Partie. tyjr 

ce qûarrc furràorité feulement d'uneligne 
d'eau proche louverrorc : il eft vray qu il y 
z un peu moins de frottement a proportion 
contre les bords du grand trou , que du pe- 
tit , ce qui donne un peu d'avantage au 
grand : mais les autres chofes étant plus* 
confiderables , il doit toujours fortir plus 
d'eau à proportion par les moindres trous 
jufques à i lignes de diamètre que parles 
plus grands ; ce que j'ay trouvé conforme 
aux expériences. 

La même chofe doit arriver à peu prés >• 

, Çc par les 
mêmes cai** 
fes aux ou* 
verturcs cir- 
culaires , 
c'eft à -dire 
que fi Ton» 
>rend dans 
le grand cer* 
clc ABCD, 
le petit inté- 
rieur &,coiw 

centrique 

E F dont le diamètre E F foit égal à la moi- 
tié de AC , & par conséquent la furface ég£- 
le au quart de celle du grand cercle,il pafle- 
xt par cette ouverture un peu plus du quart 
{le celle qui paflera par lou vertu re entière 




c 



i£* t Du Mouvement des E*ux. 
ABCD 5 ce qu'on a trouvé conformé 
à coûtes les expériences dans les petites 
élevattqni àz leau au deffus des ouver- 
tures , le grand cercle ayant donné tou- 
jours à peu prés i$ pintes en une minute , & 

le petit- 15 denai-feptiers , comme il a été 
die.. 1. ?. 

H arrive ehcore que fi la petite ouver- 
ture p*roù pd(Ct leau, eft fituée horixon- 
ta ! ement au fond dij bacquet , en forte que 
l'eau coule perpendiculairement de haut en 
b*s il en çoiriera plus err même temps î'que 
fi. d^ns »un autre bacquet lou ver tire étoit 
verticale , & le jet horizontal, quoyque la 
>for£ace de l'eau fût autant élevée par 
deffuj le centre de pette dernière, que par 
defluS l'autre » ce/ qui procède de ce que 

l'eiu fartant de haut 
en bas» elle accélère 
fa yitcflk , Se a. caufe 
• de fa vifeofité elle 
cntraiiç.plus vite les 
parties qui'luy font 



E 

• 1 ' 



S 



JK 




contigtfes & même 
celles qui font pro- 
ches de l'ouverture an 
dédains du refervoir> 
& il en for tira enco- 
re f»oins>d*ane pareil- 
le puverwré. fi elte 



,///. Partie. . "t& 

êftdifpoféeàfaire jaillir l'eau perpendicu- 
lairement de bas en haut par 1 ouverture C * 
parce que l'caii va plus vîte en D qu'en E Se 
ainfi celle du dcffbus cft toujours un peu 
retardée. 

On a trouvé par pîufieurs expériences 
que s*il fortoit 15 pintes en un certaiti 
temps par un jet de 4 lignes d'ouverture' 
flui couloit deliaut en bas , il n'en fortoit 
que 14 à peu prés lors qu'on le faifoit 
jaillir perpendiculairement de bas en haut y 
quoyque furmoîué d'une pareille - hantent 
d'eau & cela arrive particulièrement dans 
les médiocres hauteurs desrefeiVoirs":,car 
s'ils (ont de *o ou $0 pieds f la différen- 
ce eft bien moins fenfible à caufe que 
l'eau fort £1 vite de haut en bas en fori 
Commencement » qu'il né fe fait point 
d'accélération conliderable N dans l'eau du. 
jet qui eft au deflbus de l'ouverture j par- 
ce que une goutte d'eau tombant , n'ac- 
quiert gueres plus de vitefle que celle de 
r«AU qui fort par un trou quand la fur- 
Face de l'eau du refervoir eft à $0 pieds 
au deflus , comme -il- a .été expliqué dans 
la fin de la 3°* édition du traité du choq des 
corps. 

Par tputes ces raj(bjis& ces expériences 
on voit qu'il eft difficile de détermine* 
ç c que c*eft qu'un poùcé d'eau : & parce 



/**-. 



246 £^ ÀtêUVêment des Eaux* 
que les dépenfês des jets d'eau fie font or- 
dinairement, pat de grandes hauteurs de re- 
fervoirs Sç par de médiocres ouvertures d'a- 
jutages , ou doit plutôt fe régler par les ex- 
périences des médiocres ouvertures , com- 
me de 6 lignes ou de 4 lignes, que par celles 
cTun pouce entier, Pay pris un milieu entre 
Ies'expçtiencàs itexs ouvertures' différen- 
tes! & tant pour 'ta facilitédu calcul, que 
pour avoir une mefure certaine » & ofter 
toute difficulté. 

J'appelle; icy itn pouce d'eau , Te au qui 
coulant pendant Tefpace d'une minute 
dorins 14 pintes mefure de Paris , de 
celles qui* partent un peu Tes bords , & qui 
pefent deux livres chacune. L'ouverture 
d'un pouce donnera cette quantité fi l'eau 
eft une ligne au deflus de l'ouverture î 
mais il faudra qu'elle -(bit' deux, lignes plus 
haut dans te reftô du bacquet , afin qu'elle 
(bit précisément une ligne plus haut au 
deflus de l'ouverture. Pour les ouvertures 
de 6 Lignes $£ au dcffbus, il fuffira que 
l'eau du bacquet foit 7 lignes au- dçftiis 
des. centres. ' . ' 

Cetre mefure ainfi déterminée eft très* 
commode pour le calcul, parce que dans 
l'efpace d'une heure le pouce donnera j 
muids de Paris, &cn 14 heures 7imoids. 
^Ccux qui ignorent Ta me&re de Paris , 

fit 



» 

r ■ 



///. Partit* 14 

&quî connoiflent la livre > pourront faire 
^ifcment ces calculs , au lieu que fi Ton pre* 
ooit pour le pouce 13 pintes &fde celle* 
qui prefcnt 1 livres moins 7 gros « il ne don- 
neroit que 66 muids plus |i en 14 heures v 
& ces fra&ions donneraient beaucoup de 
peine quand on voudroic connoître les 
différentes dépenfes d f cau pardcsdiffereni 
ajutages mis au deftbus de différentes 
hauteurs de refervoirs. Pour confirmer 
cette ieg ! c , on a fait l'expérience fuivan- 
xe. 

/.// EXPERIENCE. 

ON a pris un va i (Te au quarré en tous 
fens contenant un pied cube jufques 
au ii me pouce > mais la dernière divifion 
écoit de deux lignes au defïbus du haut 
<Ui vaiffeau On y fit couler de l'eau par 
le moyen d'un baquet où il y a voit une 
ouverture d'un pouce circulaire, comme 
on Ta décrit cydevanrj laperite lame M 
étoit 1 lignes \ plus haut que le defTus 
de rouverture , en forte que joignant le 
de (Tus de cette ouverture , la furfacc de 
l'eau demeuroit une ligne plus haut , quand 
«Ile étou x lignes plus haut dans le verte 
du baquet. Ce pied cube fut rempli juf- 
ques au h pouce indus par l'eau cou* 
jante dans l>fpace de deux minutes & 

X 



142. Du Mouvement des JLaux. 
demie : d'où il s'enfuit que l'ouverture cir- 
culaire ainfi difpoféc donna 14 pintes, 
ou 18 livres d'eau en une minute , puis* 
qu'elle donna 35 pintes <en 2 minutes & 
demie. 

On fçaura facilement par ce moyen les 
pouces d'eau que donne une médiocre 
fontaine , ou un ruiiïeau coulant -, car il ne 
faut qu'en recevoir l'eau d'ans quelque vaif- 
feau,ou dans quelque lieu qu'on -puiffe 
mefurer & qui tienne l'eau, en comptant 
quel nombre on voudra de minutes ou de 
fécondes; par exemple, filon a reçu dans 
le vaifleau 7 pintes en 30 fécondes, on dira 
que cette eau coulante eft d'un pouce; fi 
elle a donné 21 pintes on dira qu'elle eft 
de 3 pouces * & ainfi dans Jes autres pro- 
portions.. 



IL DISCOURS. 

J)e U me fur e dts efinx jtitlijfantes félon les 
différentes hauteurs des refervoirs. 

IL a été prouvé que les quantités d'eau 
qui fortent par des ouvertures égales 
faites au deflbus des refervoirs de diffé- 
rentes hauteurs , font entr'elles en la rai- 
fon foudoublée des hauteurs ; mais pour 
confirmer cette règle par les expériences 



///. Tante, v *4j 
j'en ay Fait plufieurs avec une grande exacti- 
tude , dont voicy les principales. 

I. EXPERIENCE, 

Four la défenfe des eaux jailli fiantes an 

dejfous de différentes hauteurs de 

refcrvvirs; 

UNe ouverture de 6 lignes ayant (on 
centre à 59 lignes au deflbus de la 
furface de l'-eau du baquet > a donné en une . 
-minute 8 pintes| de celles qui ne pefent 
xjue 1 livres moins 7 gros > l'eau couloit ho- 
rizontalement , comme en Pexperience cy«* 
defïus, où la même ouverture avoit Ton 
«centre 7 lignes au deflbus de la furface de 
l'eau du baquet, & donnoit 15 demi-feptiers 
en une inimité. Pour comparer ces deux ex- 
périences félon la règle, il faut prendre le 
îiombre moyen proportionnel entre 7 Se $9 
qui eft 16 ■£• à peu pris , & aux trois nombres 
7, i6|&xj trouver le 4 mc proportionnel, 
qui eft 35 ~a peu prés; $5 demi-feptiers y font 
S pintes |, & par conséquent ces dépenfes 
•d'eau ont été félon la raifon foudoublée des 
lia uteurs des refervoirs. 



ï 



* * 



144 B* MouvtiHcnt des Eaux* 
II. EXPERIENCE, 

UN tuyau ayant fa hauteur de 16 pou- 
ces a donné par une ouverture de 1 
lignes un peu foibles, appliquée au fond 
par où l'eau couloit perpendiculairement 1 
pintes & demie ôc environ 1 cuillerées, en 
30 fécondes , entretenant toujours l'eau i 
cette hauteur de \6 pouces -, on a mis au 
fond d'un autre tuyau la même plaque où 
étoit cette ouverture de } lignes ; ce i mc 
tuyau avoit la hauteur de (on eau à 64 pou- 
ces qui eft une hauteur quatruple de la pre- 
mière de 16 pouces, & par confequentil 
de voit donner le double de deux pintes { & 
2 cueillerées, en entretenant toujours Teaa 
à cette hauteur de 64 pouces , ce qu'on a. 
prouvé par expérience 5 car il eft forri de ce 
tuyau 5 pintes & environ 4 ou 5 cueillerées 
d'eau dans le même temps de 30 fécondes : 
cette expérience a été faite avec grand foin 
& réitérée jufqu'i trois fois. On en a dit 
encore quelques autres pour les eaux qoi 
jaillifTcnt de bas en haut jufques à 5 ou 6 
iedsde hauteur, & on a toujours trouvé 
a même raifon foudoublée des hauteurs des 
refervoits. On pourra donc prendre pour 
yçritablc la règle fiuvante. 



1 



//. Ttrtii* *45 

REGLE. 
Tonr U mefure des eaux jdillijfanttf. 

LEs jets d'eau qui forcent par des ouver- 
tures égales au deflbus de différentes 
élévations de refèrvoirs , dépenfent de 
l'eau à l'égard l'un de l'autre , félon la rai- 
fon foudoublée des hauteurs des fur faces, 
fuperieurcs de l'eau des refervoirs. Pour 
pouvoir trouver aifément par le calcul tou- 
tes les quantitez d'eau que dernnent les re- 
fervoirs, de quelques hauteurs qu'ils foi en t, 
j'ay choifi une hauteur médiocre à la- 
quelle on peut rapporter aifément toutes les 
autres -, cette hauteur eft 13 pieds, & j'ay 
trouvé par plusieurs expériences très- exa- 
ctes qu'une ouverture ronde de 3 lignes 
de diamètre étant à 15 pieds au deflbus 
de la furface fuperieure de l'eau d'un large 
tuyau , donnoit un pouce » c'eft à dire qu il 
en fortoit pendant le temps d'une minute 
14 pintes médire de Paris , de celles qui 
pefent 1 livres , Se dont les 35 font le pied 
cube. 

^ Les expériences ont été faites en cette 
manière » le tuyau étoît recourbé par em- 
bas , & avoit un refervoir C qui tenoit en- 
viron 20 pintes > le trou de 3 lignes étoic 
au point G, fon diamètre étoit tel quo 

X uj 



146 D* Mouvement des Eaux. 
les deux pointes d'un compas dont Fou^ 
verture êtoit dé 3 lignes juftes , entroient 
dedans precifément fans s'appuyer fur les 
bords & fans laifTer d'intervalle vuide. D E. 
G F eft une ligne horizontale où étoit l 'ou- 
verture G, il y avoiti3 pieds depuis D juf- 

ques à C où étoit 
la furface de l'eau 
dans le reférvoir ; 
on avoir mefuré 14 
pintes dans trois 
vaifleaux , & Ton- 
s'àccordoit à les 
verfer de manière- 
que l'eau demeu- 
rpit toujours à une 
<c {* marque B faite à- 
"'•*-*•» c ôté du reférvoir 



E ...P. 



B 



(S7î 



à la hauteur C , Se 
lors qu'en verfanc 
Peau bai (Toit de 
quelque ligne , on enverfoitun peuplu9 
vite jufques à ce qu'elle paflat la marque 
d'autant de lignes à peu prés, on tenoitPou- 
verture G fermée avec le pouce , & l'on 
mettoitçn mouvement le pendule à fécon- 
des : celuy qui tenoit l'ouverture fermée 
commencoit à l'ouvrir au commencement 
d'une féconde , & comptoit les fécondes de 
fuite en difant 0,1,1,3 &c.ceux qui verfôient 
JL'eau prenoient garde , que lors qu'on cora- 



///. Partie. 147. 

mençoit à compter l'eau fût precifémenr à U 
hauteur de la marque , 8c ils achevoientde 
verfer leurs 14 pintes entre o > & la6o mc fé- 
conde. Je fis cette expérience d'une autre 
manière pour éviter le douce de l'inégalité 
de l'eau qu'on vetfoit ; on mit 7 pintes dans 
le refervotr depuis une marque comme H 
jufqucs à. une autre comme L en égale di- 
ftance du poinr B j on tenoit l'ouverture 
fermée jnfqucs à ce qu'on commençaft à 
compter les fécondes, & on obfervoitque 
le haut de Peau étoit au point L. 

Il eft aifé de jugçr que pendant cet écou- 
lement il fortoit fenfiblement autant d'eau 
que fi elle fut toujours demeurée à la hau- 
teur médiocre B de 13 pieds, parce que fi 
elle atloit plus vite étant en L , elle alloit 
auflî moins vîte, étant en H dans la même 
proportion.. 

Les expériences que j'ay faites à de gran- 
des hauteurs comme 35 pieds , donneroient 
environ un i7 me ou un i8 mc moins que fé- 
lon la raifon foudoublée de 13 pieds à ces 
hauteurs , & celles que j'ay faites à des 
hauteurs de 6 ou 7 pieds, donnoient un peu 
plus 5 ce qui procède du frottement plus 
grand ou moindre contre les bords de 
1 ouverture de 3 lignes, & delà moindre 
ou plus grande refiftance de l'air : mais 
comme ces différences font peu confide- 

xablesjon peut faire les calculs precifé- 

•» »... 
X 11 îj 



14' Dm Moxwmm dit Etnx* 
ment félon la règle de la raifon foudoubWe; 
Vaicy une table des quantité* d'eau que 
donnent tes refervoirs de différentes hau- 
teur* jufques Ici pieds par un ajutoir de j 
lignes de diamètre. 

TABLE DES DEPENSES 
d*eu* à différentes iUvâtitns de rtfîrvoirs 
fntMisligntsd* diâmtttt d'*)*têir /r*- 
dtnt unt mtnntct 

Miateuift «les Kefttwit» Depcnfe «t'eat, 

«pieds 9 pintes* 

9 pieds n pintes $ 

t pieds l4pihtêS 

18 pieds \6 pintes 

*j piêdt 19 pimts 

50 pieds il pintes 
40 pieds 14 pintes 

51 pieds 18 pintes. 

Voicy comme on en fait les calculs ; Coit 
x pieds la hauteur du refervoir* le produit 
de 1 par 13 eft z6 , dont la racine eft 5 -i à 
peu prés ; comme 13 à ^ , ainfi 14 pintes à 
5f à peu prés : d'où Ton conclut qu'un refer- 
voir de 1 pieds de hauteur par $ lignes » 
donnera 5 pintes & { en une minute. 

Si la hauteur éroit 45 pieds on pren- 
droit la racine quarréede 5S5 produit de 
13 par 45 , cette racine eft 14 •£ à peu 



//A ?*rrif* %0 

prés \ donc comme t j à 24 -jf afnff 14 & 
16 à peu prés, doû Ion connoî croie qu'ut* 
refervoir de 45 pieds donnerait 16 pintes 
en une minute par une ouverture de j 
lignes» 

Lors qu'on applique un long tuyau étroit, 
â un large refervoir > de que ce tuyau eft per- 
pendiculaire , il donne plus d'eau que ù le 
tuyau n'yétoit pas , & qu'il y eût feulement 
du bas du refervoir une ouverture égale i 
l'ouverture du tuyau. Voicy quelques ex- 
périences que j'en ay faites. 

ABCD tft un refervoir d'un pied de 

largeur 6c de 



3 



11 



•^4 



H 



pL 



hauteur , on 
met i l'ouver- 
ture E un tuyau 
de verre de $ 
pieds > large 
de 3 lignes et* 
haut & de j 
lignes | en 
bas versF:s'il 
n'y eut eu 
qu'un trou de 
$ lignes en E 
fans tuyau > il 
eût dorme en 
60 fécondes ut* 



peu moins de 4 pintes félon les règles cy* 
deffus i & s'il eût été large également par 



Ï50' Du Mouventent defEaax. 

tout comme A B , la hauteur G E étant de 4 
pieds & l'ouverture E étant de 3 lignes, il 
eût donné environ 8 pintes ~ par les mêmes 
règles i mais le tuyau y étant , il n'a donné 
environ que félon la moyenne proportion- 
nelle* entre 4 pintes & 3 pintes-* jlacaufe de 
ce qu'il donne plus que par 3 lignes .en F , 
procède «Je l'accélération qui fe fait de l'eau- 
coulante pat le tuyau qui augmenterait fé- 
lon les nombres impairs , s'il n'y avoit que 
le tuyau , mais elL eft retenue par celle qui 
eft dans le refervoir qui diminue certe accé- 
lération , parce qu'elle ne peut s'en feparer; 
mais auflï celle du tuyau fait fuivre plus vice 
celle qui eft dans le refervoir , qu'elle ne fe* 
roit fi ïe tuyau n'y étoit pas ajuté , & parce 
moyen il fe fait une vîtefle moyenne d'é- 
coulemenrqui change félon la loi gueur Se 
la largeur des petits tuyaux. 

J ay remarqué dans ces expériences que le 
tuyau étant inégalement large aux deux ex- 
tremitez comme en celuy- cy qui étoit de 3 
lignes à un bout , & de 3 \ à un autre , il 
donnoit toujours la même quantité quelque 
bout qu'on mît dans le rrou E; ce qui proce- 
doit de ce que toute l'eau fe vuidoit toû* 
jours en même temps , demeurant. tout rem» 
p-Iy d'un bout à autre.. 

l'ay fait une autre expérience femblable; 
on avoir foudé un tuyau de 6 pieds &; 
et un pouce de largeur à l'ouverture E d'un 




///. Partie* i$% 

pied cube » qui ayant été rempli d'eau» 
avec le tuyau* s'eft yuidé en 37 fécondes ,. 
& ayant coupé le tuyau par le milieu H , 
il fevuida en 45 , & le coupant par le. 
haut E, il fe vuida en 95 j.d'où l'on voU que 
la longueur du tuyau donne plus d'accélé- 
ration. 

Un autre baquet dont l'eau étoit à 4. 

pouces au det 

A (5- Ta fus du trou E: 

de 4 lignes ou. 
eft le tuyau 
EF, a donné 
lors- qu'il étoit. 
de ic pieds de 
hauteur îtme- 
fures^de cel- 
les dont ' il 
n'eût donné 
que. 8 1 par la 
hauteur de 4* 

f>ouces y & fi 
e baquet eût 
été jufques à 
F, il en eût donné jufques à 18^; ainfi c'eft 
un moyen proportionel qui procède de l'ac- 
célération de J'eauqui remplit toujours le, 
tuyau ,& fait defeendre plus vite le m par 
£ , mais non pas fi vite que fi le baquet avoir, 
*8 pouces de hauteur : on a trouvé ces 8 £ Iet 
mhm$ tuyau n'ayant qu'un pouce de hau-. 



H 



* 



ïfi Dh Mouvement des Eahx* 
teur, parce qu'il fc faifoit peu d'acceleraû 
tion : un autre tuyau de 4 pieds fie ptefque 
le même effet \ il avoit 4 lignes à un bout de 
4 \ ï l'autre , on le mit au trou E félon les 
deux poil rions» & il donna la même quanti- 
té d'eau » finon qu'il fembloit que les 4 li- 
gnes étant en E & les 4- en F , il en for tic 
j ou 4 ciieillerées davantage» 

Mais ayant appliqué un tuyau étroit de 
.1 pieds 8c demi de longueur & £ de lignes 
d'ouverture , il n'en eft pas forty f davanta- 
ge , quand le tuyau étoit de fa longueur » 
que quand il éroit feulement d'un pouce ; 
ce qui procède du frottement le long du 
tuyau étroit qui empêche l'eau d'accélérer 
fa vîtefle en tombant» 



III. DISCOURS. 

J)e lét me Jure des eaux jaillijftutes par des 
ajutçirs de différentes puvertures. 

ON a veu dans le 5 mc Difcours de 
la i»e Partie > que les eaux qui jail- 
lifloicnt avec des vîtefles égales par de 
différentes ouvertures faifoient équilibre 

{>ar leur choq avec des poids qui étoient 
'un à l'autre en raifon doublée des dia- 
mètres des ouvertures : on doit dire la 
même chofe à l'égard de la dépenfe de 



///. PârtU. 151 

iVaa qui fort par des ajutoirs differens 
au deffous des refervoirs d'égales hauteurs, 
Ravoir qu'ils dépenfent de l'eau felon la 
raifon doublée des diajnetres des ouver- 
tures , on en fait la démonstration en cette 
ibrte. 



DEMONSTRATION. 

A B eft un plan percé d'une ouverture 
ronde c /» C D eft un autre plan perce 

d'un autre ou- 
verture g h plus 
petite , IL eft 
un cylindre pat 
fant entièrement 
par l'ouverture 
tf en un certain 
temps , comme 
de 1 fécondes fe- 
lon une vitefïe 
uniforme *, M N 
un autre cylindre 
de même lon- 
gueur , mais dont la bafe eft plus petite , la- 
quelle pafle auffi entièrement par l'ouvertu- 
re £ A clans le même temps de deux fecon* 
des', il eft raanifefte que n le diamètre f/du 
cylindre I L qui eft le 'même que celuy de 
l'ouverture , eft double du diamètre fh t 
le grand cylindre fera quadruple de 1 au- 




154 £# Mouvement des Eaux. 
tre, puîs-quils font l'un à l'autre comme 
leurs bafes , dont/chacune efhfuppofée éga- 
le à l'ouverture par où ilspaffent: Or puis 
■qu'ils vont de mêmevitefle , quand la moi- 
tié du grand cylindre fera paflée , la moitié 
du petit le feraauffi , & ce qui fera paiïedc 
l'un & de Vautre fera toujours dans la mê- 
me proportion de 4 à x : Donc iï on fuppo- 
fe que ces cylindres ibient des jets d'eau 
qui aillent de même viteife , il.pàflera tou- 
jours en même temps 4 fois autant d'eau par 
la grande ouverture que par la petite qui 
cft la raifon doublée des diamètres , des 
ouvertures , & de même à l'égard des autres 
proportions, pour confirmer cette règle ,oa 
a fait les expériences fuivantes. 

I. EXPERIENCE. 

UN refervoir ayant n pieds 4 pot^ 
ces d'élévation , a donné par une ou- 
verture de 3 lignes bien mefurées 14 pintes 
en 61 fec. ^,en l'entretenant plein & par 
un trou de 6 lignes bien mefurées , il a don- 
né la même quantité en 15 fécondes j- x'eft à 
peu prés félon la proportion doublée des 
diamètres: car il en eût donné 56 pintes ~ 
environ dans le temps de 61 fécondes. 



•i rr* 



JIL Partie* â$ 

IL EXPERIENCE. 

UN refetvok de 44 pieds 5 pouces de 
hauteur a donné par la même ouver- 
ture de } lignes 14 pintes en 44 fec. ± Se une 
autre fois en 4j;& l'ouverture de-6 lignes les 
a données en 11 &-~a peu prés > & ayant 
reïteré rexpetienee > elles les a données en 
11 fec. precifément. Par ces deux expérien- 
ces & par plufieurs autres femblables qu'on 
a faites dans des médiocres hauteurs depuis 
5 pieds jnfques à 17 > on a trouvé que les 
différentes ouvertures donnoient toujours 
Je l'eau fenfiblement & à fort peu prés fé- 
lon, les proportions de leurs furfaces 9 Se 
qu'on peux fuivre cette règle. 

REGLE. 

&*Hr.U dfpenfe des eaux jAilHJfanUs* 

LEs jets d'eau par différentes ouvertures 
mifes au de flous de refervoirs d'égales 
-hauteurs, donnent de l'eau félon la raifoa 
des ouvertures , ou félon la raifon doublée 
des diamètres des ouvertures. 



*j£ Du mmvment des Eaux* 

TABLE DES DEPENSES 
et eau pendant une minute par différent 
ajutoirs ronds » VeAn du reftrveir étant À 
i j pieds de hauteur. 

Diamètres. Deptnfis. 

Par l'ajucoic de i ligne i pinte & f| 
car 2 lignes 6 pintes f 

par 3 lignes 14 pinces 

par 4 lignes 25 pinces à peu prés 

par 5 lignes jj pinces 

par 6 lignes 56 pinces 

par 7 lignes 76 J 

par 8 lignes 110 £ 

par 2 lignes 12É 

par 1 2 li gnes 224 pinces 

Si l'on veut fe fervir du calcul des pou* 
ces , on trouvera que l'ouverture de $ 
lignes donnera un pouce > celle de 6 li- 
gnes 4 pouces , & celle de 12 lignes 16 
pouces. 

Il y a quelques fois des caufes qui em- 
pêchent lexaâitude de ces règles , de ma- 
nière que fort fouvent les grandes ou- 
vertures donnent un peu plus i propor- 
tion aue les plus petites , 9c quelques- 
fois elles donnent moins. De même les 
plus grandes hauteurs donnent quelques 
fois un peu plus que félon la rai ton (ou- 

doublet 9 



///. Tdrttr. %$f 

doublée , & quelquefois elles donnent 
un peu moins. J'en ay fait les expériences 
fuivantes. 

III. EXPERIENCE. 

JE pris un tuyau de demi pied de dia- 
mètre & d'environ 6 pieds de hauteur, 
ayant un tambour ou refervoir au haut 
qui contenoit environ iz pintes > je mis 
au fond la même plaque percée d'une 
ouverture de n lignes qui avoit fervy 
aux premières expériences , Se un autre 
de 4 lignes dans le même fond *, l'ouver- 
ture de ii lignes étoit diftante d'environ 
un pouce du bord de la bafe , & celle de 
4 lignes auffi à un pouce $ on mettoit 
un grand baquet au deflbus ou il y avoit 
une feparation qui le divifoit inégalement > 
en l'ajuftoit en forte que l'eau qui couloit 
par les 4 lignes emroit en la petite fe- 
paration, &: celle qui couloit par le pou-» 
ce dans l'autre ; te tuyau étant plein , oit 
lailTok couler en même temps les 1 ou- 
vertures , & on rçtiroit le baquet tout à 
coup ; en forte que les % ouverture* cet 
foient d'y couler fenfibleroent en un mê- 
me moment ; on a toujours trouvé que 
le grand trou qui félon la i mc règle dé- 
voie donner 9 fois autant que te petit, 
*'en donnok que % fois autant > & • 



i$£ î>u Mouvement des Eaux» 
fois & quelque peu davantage dans d'au- 
tres expériences. La,caufe de cet effet eft 
la même que celle dont on a parlé cy-de- 
vant , fçivoir que l'eau ne coule pas fî faci- 
lement par la grande ouverture^ que par la 
petite ; car la grande devant donner 9 fois 
autant d'eau , il faut que celle qui doit fuc- 
ceder à celle qui coule , vienne de prés d'un 
pied de circonférence , & là diftance d'un; 
côté du tuyau n'étoit que d'un pouce, & 
la plus éloignée feulement de 4 pouces \ ce 
quiretardoit Pécoulement, l'eau fuperieu- 
re ne pouvant venir auffi vite qu'il eût été 
neceflaire, au lieu que dans la petite ou- 
verture il foffifoit d'une diftance d'un pou- 
ce de tous cotez pour fournir- affez vîte à- 
l'écoulement ; Se cette différence faifoit ce 
j mc dé différence dans les quantitez des* 
eaux écoulées , comme dans l'expérience^ 
du pouce- dont le centre éroit plus bas» 
que la furface de l'eau de 7 lignes qui ne 
donpoit que- 13 pintes | au lieu que -le, 
trou de 6 lignes donnoft le quart de 15. 
pintes , (on centre étant à la même diftan- 
ce de 7- lignes de la furface fuperieure do: 
Vxâu* 



p 



IV; EXPERIENCE; 

Our ôter cette difficulté de Técou* 
lement,on fit plufiçjaxs expériences* 



dans un tonneau dont le fond étoit aflez 
large pour, placer l'ouverture de u lignes 
à un pied du bord le plus proche, & on 
mit la petite ouverture à plus d'un pied 
de diftance de la grande. L'expérience 
ayant été faite avec le mène baquet où 
il y avoit une feparation , on trouva tou- 
jours, que la ^grande ouverture donnoit 
moins que 9 fois plus que la petite 5 car 
il s'en manquoit quelquefois ~§ 9 & queù 
xjue fois ~ , c'eft à dire que h la petite 
avoit donné chopine , la grande donnoit 
S chppines & demie ou 8 chopines &-> 
on mefura exactement de nouveau les 1 
ouvertures, & on trouva que celle de n 
lignes étoit tant foit peu plus forte à pro- 
portion que celle de 4 lignes , du moins 
on éroit aflèuré qu'elle n'étoit pas plus 
foible , & par confequent que le défaut 
de la quantité d'eau qu'elle devoit doh- 
ner, ne.procedoit pas de cette caufe. Dans 
les expériences qu'on fait feparément 
avec des ouvertures différentes , les gran- 
des ouvertures donnent ordinairement 
plus à: proportion que les petites, il y a 
trois caufes qui peuvent contribuer à cet 
effet; 

La première, qu'il y a plus de frotte- 
ment à proportion datas les petites ou- 
vertures que dans les grandes : car les 
circonférences des ouvertures, différente* 

Y ij 



i6o Dh Mouvement des Ea#x. 
ne font Tune à l'autre que félon la rai (on des 
diamètres , au lieu que les eaux qu'elles 
donnent font en raifon doublée des mêmes 
diamètres : Or fi l'on fuppofeque l'eau par 
fa vifcofité s'attache un peu aux bords des 
ouvertures, il faudra retrancher par cette 
raifon une petite partie de la largeur des 
diamètres. Par exemple à une ouverture de 

5 lignes , on peut retrancher «i de ligne v 
c'eft pourquoy à une ouverture de alignes, 
quoique le quarré de 6 foit quadruple du 
quarté de 3 , & que les ouvertures rondes 
{oient entr'elles comme les quarrez , dont 
les cotez font égaux aux diamètres des cer- 
cles , néanmoins la circonférence de l'ou- 
verture qui a 6 lignes de diamètre , fera feu- 
lement double de celle oui a trois lignes ;. 
c'eft pourquoy il ne faudra retrancher 
qu'un cinquième ou deux dixièmes pour 
cet empêcnement ; d'où Ton voit que les 
jets de plus grande ouverture ne font pas fi 
fort retardez & empêchez que les petits * 

6 donnent plus d'eau à proportion de leurs 
diamètres. 

La féconde caufe eft qu'un petit filet 
deau trouve plus de refiftance dans l'air 
à fa fortie , qu'un eros jet 9 comme il ar- 
rive aux petites balles de plomb qui ne 
vont pas fi loin que les grottes > quoy 
qu'elles fortent d'un même raoufquet en 
même temps. 



///. Partie. 16* 

La troificme caufc eft le choq plu» 
grand de l'eau qu'on vcrfe pour entrete- 
nir l'écoulement des plus grandes ouver- 
tures. Car pour entretenir un re fer voir 
plein , dont l'eau ne fort que par 4 li- 
gnes, il fuffit de verfer l'eau tout douce- 
ment avec un petit vaifleau : mais lorf- 
que le jet eft de ir lignes de largeur,. 
il faut verfer l'eau à plein fcau ,, & avec 
une grande vite (Te v ce qui donne une* 
impulfion à l'eau qui la fait aller plus 
vite que s'il n'y avait que le feul poids 
qui la pouflat ; on çn a fait l'expérience 
en mettant horizontalement une ouver- 
ture d un pouce de hauteur & de 4 de 
longueur r car elle donne en 36 fec. \ une 
quantité d'eau qu'elle ne devoit donner 
que dans le quart de r$4 fécondes ,fçavoir 
en 38 \ , ce qui procedoit de ce qu'on 
verîbit avec grande force 1 eau pour en- 
tretenir celle qui fortoit > '& même quand 
on n'entre tiendroit pas tes refervoir* 
pleins , l'eau defeend oien plus vite par 
un tuyau de $ ou 4 pouces de largeur 
quand le jet eft gros , que quand il eft 
petit ; ce qui augmente neceflairement la 
vitefle de la fortie. Ce* trois caufes join- 
tes enfembfe font quelquefois un peu 
plus fortes que la feule difficulté de l'é- 
coulement » & quelquefois elles ne font 
que l'égaler, lors- qu'on fait ks expc- 



x6t Du Mouvement Act Eaux. 
riences feparément par de différentes ou- 
vertures. 

Voicy quelques expériences que j'en ay 
faites avec une ouverture de j lignes Se une 
de 6. lignes. 

I. EXPERIENCE. 

L'Ouverture de y lignes ayant fon re- 
fervoir à 5 pieds & demi de hauteur 
adonné 14 pintes * de 1 livres de poids 
en 93 fécondes , & l'ouverture « de 6 li- 
gnes lésa données en zj, fécondes aulieu 
de z} unj 

IL EXPERIENCE. 

» 

UN refervoir étant à 14 pieds & un 
peu plus , a donné par l'ouverture- 
de 3 lignes 14 pintes en 44 fécondes & 
demie , & par 6 lignes en 11 fécondes, 
en entretenant la hauteur de l'eau dans> 
Je refervoir. 

III. EXPERIENCE. 

DE la hauteur de 11 pieds ~ le trou 
de } l gnes a donné 14 pintes mé- 
diocres en 61 fécondes -L, en l'entretenant 
plein, & par le trou de 6 lignes il les a 
. do&ft&s- en 13 v 



1TL Partie* ilS% 

TV. EXPERIENCE.. 

ON mit une marque dans 'le tambour* 
ou refervoir qui étoit au haut da 
tuyau plus haut que celle qui marquent 
les il pieds 4 pouces,. & un autre plus 
bas en égale diftance , afin que laiflant; 
écouler l'eau depuis la marque fuperieure 
jufques a l'inférieure , cela fift le même 
effet que fi on i*avoit entretenu plein à u. 
pieds 4 pouces ; il entroit. 13 pintes -dans. 
le refervoir depuis la marque inférieure juk 
ques à la fuperieure ; elles s'écoulèrent par, 
y lignes en 58 fécondes , & par 6 lignes en. 
15 au lieu de 14 ~. 

V. EXPERIENCE, 

E refervoir étant à 24 pieds 3 pou- 
ces, & à la marque du milieu a don- 
né par les. 3 lignes 14 pintes en 44fec. |, & 
par les 6 lignes en 11 & i à peu prés 
& en lâiffant écouler les 13 pintes ^ de- 
puis la marque fuperieure , il s ? eft employé 
41 fec. par les 3. lignes , & : i5o{ par les 6 
lignes : cette dernière expérience rend 
les proportions égales aufli-hien que. 
la i mc . 

On a trouve à peu prés de même en im 
refervoir de 55 pied$ t . 




K -, 



J 



1 



È64 Du Mouvement des Ed*** 

Par ces différences expériences on voit 
ue l'on peut fuivrc ta ir mc règle fans crain- 
re aucune erreur confiderable , & que 
les caufes contrariées font toujours une 
compenfation allez julte quand on fait les 
expériences. 

A l'égard de fa rarfon foudoublée des 
hauteurs de refervoirs , il y a deux caufes 
qui la diminuent , Se deux qui l'augmen- 
tent. 

Celles qui la diminuent , (ont quei'air 
icfifte plus à proportion à une grande vi- 
te(Te qu'à une petite , & que le frottement 
eft plus grand contre les bords de Tar 
jutage 

Celles qui l'augmentent , font les mêmes 
qui font quelquefois que les grandes ou- 
vertures donnent plus d'eau a proportion 
que les petites , . fçavoir qu'il faut verfer 
leau avec plus de force y pour entretenir 
lesïefervoirs pleins dans une grande hau- 
teur que dans une petite ? & que l'eat* 
defeend plus vite quand on la laiffe écou- 
ler. 

Ces caufes fe compenfent aflfez jufte- 
ment Tune par l'autre : mais il arrive plus 
ordinairement qu'il y a un peu moins qui 
la raifon foudoublée dans les grandes hau- 
teurs : mais quand on fait les expériences 
dans un même fond de refervoir en 
même temps > les grandes ouvertures don- 
nent 



///. Partie. i6f 

ment toujours moins à proportion que les 
plus petites. 

Toricelly a démontré dans un petit Trai- 
té qu'il a fait du Mouvement des Eaux, que 
«'il y a un refervoir A B C D percé au fond 

en E dune pe- 
tite ouverture 
comme de 4 a 
5 lignes, & que 
l'eau étant juf- 
ques à la ligne 
■AB, ellepuiflè 
s'écouler eh 10 
minutes fans y 
rienajoûte^el- 
le paflera des 
efpaces iné- 
gaux en des- 
cendant dans des temps égaux, en forte que 
fi Ton divife la ligne BC en 100 parties 
égales , elle-defcendra pendant la première 
minute de 19 de ces pairies pendant la i m « 
de 17 i pendant la 3 me de^5 &c. & ainfi de 
fuite félonies nombres impairs jufqu'à l'u- 
nité , tellement que la derrière partie fe 
vuidera en la dernière des 10 minutes, 
La raifon de cet effet eft fondée fur la pre- 
mière règle expliquée cy-deflus, que les 
vite fies des eaux coulantes font en raifon 
foudoublée des hauteurs , & par cbnfequent 
qu'elles font entr'elles, comme les ordon- 




•r* - 



i66 Du Mouvement des Eau*. . 
nées d'une parabole ABC commençant par 
* la plus grande AB,& finiflant au point C ; 
ce qui fait que les efpaces paflèz en même 
temps par la (iitface de J eau A B font com- 
me les nombres impairs de fuite commen- 
çant par le plus grand. 

De là on tire une confequenec , que fi 
on mefure la quantité d'eau qui eft conte- 
nue dans le refervoir jufques à la ligne A B , 
& quelle s'écoule en 10 minuttes , il e^ 
forcira deux fois autant dans le même 
temps, fi on entretient toujours le refer- 
voir plein jufquts à la hauteur A B , ce 
qui procède de ce que fi une goutte d'eau 
étoit tombée dans un certain temps depuis 
B jufques à C , & quelle continuât favi- 
teflè acquife au point C fans l'augmenter 
ny diminuer , elle paflèroit dans le même 
temps un efpace double de B C : Or l'eau 
qui fort au commencement par l'ouver- 
ture E , a une vitefle égale à celle que la 
goutte tombant auroit acquife au point C, 
& toute l'eau qui fort a toûjours4a même 
vitefle fi ce refervoir demeure plein jc'eft 
pourquoy il en fortira deux fois autant 
dans les 10 minutes , qu'il en fort en la 
laiflànt écouler fans y rien ajouter , & dans ' 
5 minutes autant qu'il en contient. 

Mais la même chofe n'arrive pas quand 
ce tuyau n'eft que d'un demi pied de lar* 
gcur & de 2 ou 5 pieds de hauteur , com-> 



J 




///• Partiel 267 

irie le tuyau ABCD, ayant l'ouverture K 

de 6 lignes : car la vitefTe de 
Peau qui defeend pendant 
1 écoulement , donne une 
impulfion à celle qui fort, 
laquelle jointe au poids de 
l'eau , la fait aller plus vite 
G- qu'elle ne fait quand elle 
defeend très- lentement, 
ce tuyau étant fort large.. 
J'ay trouvé plufieurs fois 
que fi l'eau s'écouloit en- 
tièrement d'un tel refervoic 
en 4 minutes , qu'il s'en 
xnanquoit ~ quand on l'enrretenoit plein, 
qu'il n en fortît autant pendant 2 minu- 
tes y & fi ce tuyau contenoit 24 pintes 
& qu'elles s'écoulafTent en 4 minutes, 
il n'en fortoit que 20 pintes en l'entrete- 
nant plein pendant Pefpacè de % minutes, 
& pour en donner 24 , il falloir 2 minu- 
tes & 14 fécondes : ce défaut provient * 
aufli de ce que le jet eft plus retardé par 
le frottement & par la refiftance de l'air 
à proportion quand il eft vite , que quand 
il eft foible, comme on l'a expliqué cy-de- : 
vant , & ainfi il eft toujours également re- 
tarde par ces deux canfes, quand le tuyr.u eft 
entretenu plein ; mais il l'eft bien moins 
quand l'eau n'eft qu'à l'a hauteur LM,& 
encore moins quand elle eft defeenduc juf. 



i j » 



i6i Du Mouvement des Eaux. 
qu'à F G. ïl eft vray que s'il fe fait un 
tournoiement dans Peau .comme il arrive 
fouvent, alors l'écoulement fera retarde 
& pourra recompenfer l'effet de l'accélé- 
ration: ce tournoiement fe fait lors quête 
trou n'eft pas dans un même plan , îc que 
l'eau coulante fori un feu >de travers en 
un endroit. 

Dans la dernière expérience que j'ay faite 
fur cette matière , l'eau avoir 10 pouces 
de hauteur au deffus dune ouverture de 4 
lignes qui étoit coulée fur le fond intérieur 
du feau :, an avoit pofé à côté de l'ou- 
verture à la même hauteur un bâton oii 
l'on avoit pris 10 pouces qu'on avoit divi- 
fez en .36 parties; la première auprès de 
l'ouverture avoit une de ces parties ; la 
féconde 3 s la 3 rac 5 > la 4 m c 7 , la j mc 9 * 
& la 6 me 11 : la première divifion d'en- 
haut s'éco lia en 39 fécondes , les % fui- 
vantes de même ; la 4"^ n'employoit en- 
viron que $6 fécondes , & chacune des 
deux autres encore moins , quoyque l'eau 
fift alors un tournoiement > ce qui arrivoit 
par l'accélération de la vitefle de l'eau , 
quand. elle étoit fortie de l'ouverture. La 
même proportion s obferve encore bien 
moins quand Pouverture eft fort grande à 
proportion de la hauteur, comme fi elle a 
ton diamètre égal; à la 4 me ou j mc partie 
de celuy de la bafedu cylindre ABCD: 



H 
L 



Aï 



Je 



X 



III. Partie. 169 

car l'eau coulera en grande abondance* & 
par confequent elle accélérera beaucoup 

& viteffe en defeendant , 8c 
choquera fi fort celle qui 
fort, qu'encore qu'alors fon 
poids (bit moindre que lors- 
qu'elle étoi t en AB, cette 
impulfion furpaflera ce de* 
faut ,& il fortira plus d'eau 
par l'ouverture K quand la 
fuifac: fuperieure fera arri- 
vée en H I ou LM, que 
qu:nd elle étoit en AB. 
Cette vérité fe connoîrra 
aifement fi l'on confidere 
que lors-que le tuyau eft tout ouvert , l'eau 
fuperieure defeend en des temps égaux fé- 
lon les nombres impairs de fuite 11,9, 
7» S'y 3> ïj &c. & que lors-que le tuyau 
eft fort large , &r I'ouverrure fort petite, 
elle defeend félon les nombres f> 9 , j> 5, j, 
& il fuit neceflairement qu'on peut pvo- . 

{jortionnef les hauteurs, les largeurs , & 
es ouvertures du tuyau > de telle forte qu'il 
fe fera un tempérament de vitefle tel qu'on 
voudra dans les écoulemens , c'eft-à-dire 
qu'on pourra faire pafler les 1 moitiés en ' 
deux temps égaux , & que la 3 mc partie 
vers le bas fe vuidera en un temps 3 fois 
moindre que le refte, & ainfi des autres 
parties: mais lors- que l'eau fera beaucoup 



37° Eu Mouvement des Eaux* 
defcenduë comme en F G , elle n'accélérera 
plus , mais elle diminuera toujours de vi- 
tefle : car alors la preffion fera diminuée de 
plus de moitié, & l'accélération ceflera nc- 
ceflairement de beaucoup, & alors elle ira 
toujours en diminuant jufques à la fin, Oa 
a expérimenté dans un tuyau de verre de 
5, pieds de hauteur , de 10 lignes de 
largeur , & de 1 lignes d'ouverture* divi* 
fé en 5 parties, que la première fe paflbit 
en 7 mefures de temps, la 2 mc en 6, la 
3 mc en 6 , & la 4 me en 7 , à peu prés , & 
le refte toujours en diminuant : d'où it 
s'enfuit que dans un tel tuyau il y a deux 
endroits differens, l'un vers le haut, & l'au- 
t e vers le milieu du tuyau où l'eau dc£ 
c:nd avec la même vitefle. On voit de là 
qu'il ert impoflible que l'eau defeende 
uniformément tout le long des vaiflèaux 
cylindriques quelques que fbient les lar- 
geurs & les hauteurs, & les ouvertures 
ou ajutages : car fi le poids qu'elle a en 
H I joint à l'impulfion de fa vitefle > la fait 
fortir avec une certaine vitefle par K , 
l'impulfion de la même vitefle , fi elle la 
confervoit, joint au poids qu'elle a en LM 9 
qui fera la moindre , la fera fortir moins 
vite , & par confequent l'eau fuperieure 
defeendra moins vîte en L M qu'en H I > 
d'où il s'enfuit que fi dés le commence* 
ment l'eau fuperieure diminue de vitefle x 



///• Partie. 171 

clic diminuera toujours jufques a la fin. 

De là on pourra juger en combien de 
temps un muid ou autre vaifleau pourra fe 
vuider en le laiiïant écouler par ufte cer- 
taine ouverture ; car foit ABCD un 

muid de Paris po- 
ic de bout ayant 
une ouverture de 
4 lignes en E , la 
hauteur ordinaire 
du vin entre lès 
fonds quieftde 30 
pouces pu 2 pieds 
& demi , par ij 
ieds fait 32 i dont 
a racine eii 5 & 
j| à fort peu prés* 
& comme 13 à 5 ^ 
ainfi 14 à 6 1 à fort peu prés : donc fi l'ou- 
verture E étoit de 3 lignes > il en fortiroit > 
le muid étant entretenu plein, 6 pintes & 
f-en une minute*, mais étant de 4 lignes , 
les furfaces de ces ouvertures font comme 9 
à 16: donc comme 9 à 16 ainfi 6~ à 10 j~-,. 
c'eft- à-dire à 11 un peu moins , & fi 11 pin- 
tes me viennent dune minure , quel temps 
me donneront 280 , on trouvera environ 25 
minutes & demie en entretenant toujours 
le vaifleau plein d'eau : donc par ce qui a 
été dit cy-deïfus , il faudra le double de 
ce temps, Tçavoir 51 minutes pour le laif- 

Z iiij 




1 



rji Dh Mouvtment dts Eaux. 
fer écouler : puifque l'ouverture fera trer- 
petite à proportion delà largeur , lès ren- 
flemens AGD & BFC, n'apporteront 
point de différence confiderable à ce cal- 
cul. 

Il eft bon de refoudre icy un Problème* 
aflez curieux que Toricelly n'a pas entre- 
pris de refoudre quoy qu'il Tait propofe \ 
ce Problème eft de trouver un vaifleau de 
telle figure qu'étant percé au fond d'une 
petite ouverture , l'eau fuperieure pafleen 
defeendant des hauteurs égales en des 
temps égaux. Si dans la figure conoidalc 
B L eft ï B N , comme le quarré quarré; de 




t M eft au quarré quarré de N O , 9c 
B N à B H , comme le quarré quarré de 



///. Partie. 175 

N O au quatre quarré de H K , & ainfi 
de fixité ,. l'eau defeendra depuis ADC 
uniformément jufques à l'ouverture, qui 
eft en B : Car {bit B P la moyenne propor- 
tionnelle entre B.D & B H - y dautant que 
les quarrez quarrez de K H & de D C font 
entr'eux comme les hauteurs BH, BD> 
les quarrez de HK, D C feront en raifon 
fbuaoubléc de B H à B D , ou comme les 
hauteurs B P , B D : Mais la vitefle de l'eau 
qui fort en B paria charge de la hauteur 
B-D eft à la vitefle de celle qui fort par la 
charge de la hauteur BH en raifon fou- 
doublée de B D àB H , c'eft-à dire com- 
me B D à B F: Donc la vitefle de l'eau 
defeendante de H, eft à La viteflfé de l'eau 
defeendante dfe D, comme le quarré de 
H K au quarré de D C : Mais la furface 
circulaire de l'eau en H eft à la furface cir- 
culaire de l'eau en D , comme le quarré- 
de HK. au quarré- de I> G î donc elles, 
couleront 6c defeendront auflî vîte lune 
que l'autre. Et fi la furface A D C s'écoule 
en une féconde ,.la furface G H K s'écou- 
lera auflî en une féconde, puifque les quan- 
titez font comme les vitefles. La même- 
chofe arrivera aux autres furfaces en E,. 
en F &Ci Mais il faut que l'ouverture en 
B foit très-petite afin qu'il ne fe fafle point- 
d'accélération confiderable , & que l'eau ne 
forte pat l'ouverture B fenfib.lemem >. qpa 






i 



274 Du Mouvement des Eaux. 
félon la proportion de fon poids.. Un tef 
vaifleau peut fervir de Clepfîdre ou Horlo- 
ge d eau. 

EXPLICATION EN NOMBRES. 

S Oit D B lé & B I l'unité , le quarre- 
quarré de I R fera l'unité fi le quarré- 
quarré de D Ç eft 16 , & par confequent 
D C fera 1 fi IReft 1. Soit B H moyen- 
ne proportionnelle entre BI & B D,*]m 
fera par con r equent 4 : la viteffe par le 
poids IB fera 4 fi la viteffe par le poids 
D B eft 16 t mais le cercle ou la furface 
I R fera 1 > & le cercle D C fera 4 : donc 
ces quantitez feront comme leurs viteffes, 
&par confequent dans le même temps les. 
lurfaces, ou les cercles D C & IR s'écou:- 
Jeront -, & s'il faut une féconde de temps 

{>our écouler la furface IR , il en coulera, 
e quadruple en tneme temps par une vi- 
teffe quadruple , c'eft-à-dire la furface 
D C , puifqu elle eft quadruple de l'autre. 
La même proportion fe trouvera dans 
toutes les autres furfaces , qui compolènr 
toute l'eau ,011 dans les folidesqui ont une 
epo^feur indéfiniment petite. On fuppofe 
dans toutes ces expériences qu'il ne fe rafle 
point de tournoyement dans l'eau , ny de 
petit creux , comme dans les entonnoirs 
^ui fe vuidenu 



1 

1 



///. fArtle- 



*n 



S 






REGLE. 

Il y a deux tuyaux AB>CD d'égale 
hauteur, & de largeur inégale , quel- 
le que foit cet- 
te inégalité, & 
que l'eau for- 
te' de leurs 
fonds par des 
ouvertures é- 
gales,il ne for- 
tira pas da- 
vantage d'eau 
du tuyau étroit que du large en même temps 
en les entretenant pleins, pourvu que là 
tuyau le moins large ait fon diamètre ea- 
viron 4 fois auflî grand que l'ouverture par 
oùibrt l'eau, & que l'eau n'ait point de 
mouvement circulaire dans les tuyaux : Car 
l'eau fottant par les ouvertures égales , élè- 
vera des poids égaux par ce qui a été dit cy- 
delfus i elle ira donc aufli vite en l'un qu'en 
l'autre , & par confequent il en fortira aufli 
autant d*eau enrmême temps. 

S'il y a donc un refervoir de 100 pieds de 
diamètre, & un d'un pied qui foient d'égale 
hauteur, & percés au fond ou à côté d'ou- 
vertures égales à même hauteur des furfaces 
de l'eau, il en fortira autant/dc l'un que dfc 
l'autre en même temps. 



•«**> 



tjê Du M'ôffvement derEaux. 

Oh fait icy une qucftion , fçavoir fi Ton z 
deux tuyaux d'un pouce de largeur, & iné- 
gaux en hauteur , par exemple l'un de 5 
pieds , & l'autre de 10 , & qu'on les' em- 

rlifle d'eau, s'ils donneront autant d'eau 
un que l'autre en même temps •, on ré- 
pond qu'ils en donnent fenfiblemcnt au- 
tant l'un que l'autre , parce que l'eau dans 
tous les deux tombe également vite, com* 
me deux cylindres inégaux de me ne* ma- 
tière dans le commencement de leur chu- 
te; parce que l'air refifte txes-peu à l'un & 
à l'autre , & ils s'accélèrent fenfiblement 
de même felon les nombres impairs : donc 
s'il fort & pieds d'eau en un certain temps 
de Tun , il en forcira autant de l'autre. Que 
fi l'on retreffit le grand tuyau jufques à 4 
lignes à fa bafe , il donnera plus d'eau dans 
le premier qeçurt de féconde, qui s'il étoit 
tout ouvert : en voicy l'e calcul. 

Le produit de ij par jjl eft 676 dont 
la racine eft 16 , comme 13 à 16 , ainfi 
14 pintes à 18; donc en une minute ce 
trou donnera i$ pintes , ou 56 livres ', & 
par une ouverture de 4 lignes 99 livres 
£, & en une féconde environ 16 onces 
& demie , & en un quart de féconde 6 
onces l : mais en un quart de féconde le 
cylindre d'eau ne defeend qae de trois 
quart de pied , qui fur une largeur d'un 
foucenevaut qu'un peu glus de 4 onces; 



///. Partit. *77 

donc en un quart de féconde il cft forty du 
grand cylindre z onces £ plus d'eau par l'ou- 
verture de 4 lignes , que du petit cylindre 
tourjouvert. 



«# 



IV; DISCOURS. 

De la mefure des eaux courantes dans un 
Aqueduc y oh dans une rivière. 

POur mefurer les eaux courantes dans 
la conduite d'un Aquçduc , ou celles 
d'une rivière , qu'on ne peut pas recevoir 
dans un vaifleau, onfc fervira de la mé- 
thode fuivante. 

On mettra fur l'eau une boule de cire 
chargée d'un peu de matière plus pefante, 
en forte^u'il ne pafle ijue fort peu de la 
cire au deflus dé la furface de l'eau de peur 
du vent , & après avoir mefuré une lon- 
gueur de 15 ou 10 pieds de l'Aqueduc , 
on reconnoîtra avec un pendule a demi- 
fecondes en combien de temps la boule 
de cire emportée par le cours de l'eaa 
paflera cette diftance s enfuite on multi- 
pliera la largeur de l'Aqueduc par la hau- 
teur de l'eau , & le produit par l'efpace 
qu'aura parcouru la cire *, le dernier pro- 
duit qui eft folide., marquera toute l'eau 
qui aura paiTé pendant le temps .qu'on aura 



27* ï>* momcmcnt des Eaux* 
remarqué , par une fe&ion de l'Aqueduc; \ 
pour faire cette opération avec juftcfle , 
il faut que le. lit de l'Aqueduc ait la mê- 
me pente que la fuperficie de l'eau qui y 
paflTe , & de plus Ton fuppoTe que leau cou- 
le également vue au' fond , au deflùs , & 
aux cotez, 

EXEMPLE. 

ONfuppofc un Aqueduc qui ait deux 
pieds de largeur , & que l'eau y foit 
haute d'un pied,& qu'en 10 fécondes de 
temps la cire ait fait 30 pieds > ce fera un 
pied & demi par féconde j mais parce que 
l'eau ^a plus lentement au ibnd qu'au 
defTus , il ne faut prendre que 20 pieds ; 
ce fera donc un pied par féconde \ le 
produit d'un pied de hauteur par deux 
pieds de largeur eft i , qui multiplié par 
20 de longueur * donne 40 pieds cubes , 
ou 40 fois 35 pintes d'eau qui font 1400 
pintes en ao fécondes, & nio fécondes 
donnent 1400 > 60 fécondes en donne- 
ront trois fois autant fçavoir 4100 pin- 
tes, & divifant' 4200 par 14, qui eft le 
nombre des pinces qu'un pouce d'eau don- 
ne en une minute ou en 60 fécondes, 
on trouvera le quotient de 300 > qui fera 
le nombre des pouces que donnera l'eau 
de l'Aqueduc. 



f 

f ///. Partie. 179 

On. calculera facilement par cette ma- 
nière le nombre des pouces* que donne 
la rivière de Seine : Car puis-du il pafle 

r pàrdeflbus le Pont rouge en ime minute 
200000 pieds cubes d'eau, fi on mul- 

> tiplie 35 , qui eft le nombre des pintes 

' que contient un pied cube, par iooooo, 
on aura 7000000 pintes, qui étant di- 

I vifées par 14 donnent 500000, qui eft 

[ le nomore des pouces , que donne la ri- 
vière de Seine quand elle eft dans fa mé- 
diocre-hauteur. 

f Si Ton veut calculer de grandes ouver- 
tures , comme une toife quarrée , il faut 
confiderer la hauteur de la furface de l'eau 

| au deifus du milieu de la toife ; (bit par 
exemple 5 pieds , il y aura donc 8 pieds 
jufques au milieu de la toife* Le produit 
de 8 par 13 eft 104 , dont la racine quar- 
rée eft 10 & | a peu prés ; comme 13 & 
ïo j 9 ainfi 14 a 11 à fort peu prés; & parce 
qu'un pouce rond eft 16 fois plus grand 
qu'un rond de 3 lignes , un pouce furmon- 
té de 8 pieds donnera 16 fois 11 pintes , ou 
176 pintes, qui diviféespar ^donnent 11 
pouces \ pour un pouce de diamètre d'ou- 
verture. Une ouverture ronde d'un pied de 
diamètre donne 144 fois davantage , le pro- 
duit de 11 1 par 144 eft 1810 \ le pied rond 
donnera dofle 18 10 pouces. La toife ron- 
de contient $6 fois un rond d'un pied , \ç 



a8o Bu Mouvement des Eaux'. 
produit de 36 par 1810 eft 6$\6o , comme n 
a 14 ainfi 65160 à 81930 : Donc la toifc quar- 
rée furmontée de 5 pieds donnera 8*93© 
pouces. 

De là on connoîtra que (î l'on avoir rete- 
nu la rivière de Seine quand elle eft dans fà 
grandeur un peu plus que médiocre , Se 
qu'elle s'élevât jufques à 8 pieds audeflus 
d'une ouverture quarrée dejo pieds & de 
*8 pieds de largeur, elle y pafleroit toute: 
-car il y auroit jufques au centre du cercle 
qui auroit 10 pieds de diamètre , 13 pieds 
depuis la furface de l'eau retenue, & elle 
tionneroit par 3 lignes de diamètre d'ouver- 
ture un pouce î par un pouce de diamètre 
elle donneroft \6 pouces; par un pied 144 
fois 16 pouces qui font 230,1 pouces ; & mul- 
tipliant ce nonvbre par 100 quarré de 10 
pieds , qui eft la largeur de l'ouverture , on 
auroit 230400 & félon la proportion du cer- 
cle au quarré circonferit , qui eft de 11 à 14* 
on trouveroit 193236 pouces quarrez à peu 
prés * & y ajoutant 8 pieds en longueur , on 
auroit plus de 500000 pouces , qui eft ce 
que donne la rivière de Seine étant mé- 
diocre , comme il a été dit cy-devant * & 
par confequent elle pafleroit toute par nue 
ouverture quarrée qui auroit 18 pieds de 
largeur & 10 de hauteur. 

Si l'eau coule par un Aqueddt , ou par un 
jCanal de rivière félon une petite pente uni- 
forme A 



///. Partie* i2i 

forme , elle acquerera dans un médiocre es- 
pace une vitefle quelle n'augmentera plus : 
car le frottement des bords & du fond du 
Canal , & le renverfement des parties de 
l'eau du deflîis au deflbus , & la refiftancer 
de l'air aux petites vagues qui font en la fur- 
face , luy font perdre une partie de fa vitef- 
fe > Se par confequent elle ne peut accélérer 
fon mouvement que jufquès^à une certaine 
vitefle qu'elle acquiert en peu de temps : 
d'où il s'enfuit que fi une rivière a coulé par- 
tin aflfcz long efpace dans une certaine pen- 
te , &c quelle coule enfuite par une pente 
moins roide j.c'eft-à- dire par un plan moins 
incliné, elle diminuera de vitefle : car puif- 
qu'elle aura acquis dans la première pente- 
toute la vitefle qu'elle y peut avoir, qu'el- 
le n'auroit pu acquérir dans une moindre , 
il s'enfuit qu'elle diminuera de vitefle peu» 
à peu dans cette pente qui eft moindre , 
jufques à ce qu'elle foit réduite à la vitefle. 
qu'elle y peut acquérir. 



•2M ; 



' j 



iSi Du Mouvement des Faut. j 

QUATRIEME PARTIE. 

DE LA HAUTEUR 

DES JETS. 



PREMIER DISCOURS. 

D$ U hauteur des Jets perpeudiculuires* 

ON a fait voir cy-devant que les jets 
dévoient monter à la hauteur des re- 
fervoirs : mais que le frottement au bords 
des ajutages, & larefiftance de l'air fai- 
foient que dans les jets fort élevez, il s'ea 
falloit beaucoup que la hauteur du jet n'ar- 
livât a celle du refervoir. 

Pour bien expliquer les règles qu'on doit 
fuivre pour calculer les hauteurs des jets , fé- 
lon les hauteurs de l'eau des refcrvoirs, il 
faut confiderer les règles fuivantes. 






PREMIERE REGLE. 

Ors que tes tuyaux qui fourniflent I eau 
font ftffifanunenc larges» plus l'aju- 



ZT. Partir. 28?. 

tage eft large plus il pou(Te loin (on jet* 
On en fait facilement l'expérience , fi l'on 
à un muid de bout plein d'eau, .& qu'on le 
perce à côté vers le fond inférieur de 
5 où 6 ouvertures différentes à même 
hauteur horizontale, comme d'une ligne,) 
de 2 'lignes , de 4 lignes , de 6 lignée, de 
10, de 12 &c. Car on verra toujours que 
la plus large ouverture pouffera l'eau plus 
loin, pourvu que les ouvertures foient à 
même diftance de la fuperficie de i'éau. 
Là même chofe arrivera dans des tuyaux 
de j ou 4 pouces de largeur pourvu que 
l'ouverture n'excède pas un pouce de dia- 
mètre. 

La caufe de cet effet eft affez aifée 4 
expliquer fi l'on confidere ce qui doit arr 
river à des boules de bois de differens ca- 
libres : car puis- qu'elles font Tune à l'autre 
en raifon triplée de leurs diamètres, leurs 
poids feront auffi en même raifon , com- 
me auffi leur force pour furmonter la re- 
fiftance de l'air : & par confequent fi l'on 
jette avec la rcème vitefle une boule de 
deux limes de dîametre, &une autre de 
4> cette dcïniere ira plus loin: On en voit 
l'expérience lors-qu'on met dans une mê- 
me arme à fieudela poildre de plomb, de 
,.]a dragée, & des balle*-, car quoi qu'elles 
fortent avec l'a même viteffe» les dragées 
vont beaucoup plus loin que la poudre de 



s 



»*- 



184 T)u Mouvement des Eaux* 
plomb , & les balles beaucoup plus loin que 
les dragées ; & par la même raifon un .bou- 
let de Canon ira plus loin qu'une petite bal- 
lé de même métail pouffee de même force.. 
Il çft vrai que fi le refervoirn'eftqu'à 2 ou 
3 pieds , un jet par 8 lignes ne fera pas fenfi- 
blement différent d'un jet par 10 ou 12 li-. 
gnes, & un par 4 lignes ira fenfiblement auffi 
haut qu'un de 6 lignes : mais la différence 
fera tres-confiderable aux jets de 30^ 50 , 6c 
60 pieds de hauteur » & au delà. 

IL RrEÎG.L£. 

LEs jets diminuënt-de la bauteur*du rer 
fervoir félon la raifon doublée des hau- 
teurs ou ils s élèvent. 

Soit AB C unre-v 
fervoir où tuyau jaiU 
liflant par 1 ajutage, 
D , & foit la hauteur 
de l'eau dans le tuyau 
fucceffivement A 6c 
E : Je dis que fî la li- 
gne E H cft le défaut 
du petit jet pfques à 
Byôc G A le défaut du 
grand jet jufques à 
A, AG fera àr E H 
en raifon doublée de 
D H d D G. 
Car (bit fuppofé que 
1& poids de l'air. foie. 




TV. Partie, ig| 

au poids de l'eau, comme i à 6oo , ou* 
pour la facilité du calcul comme i, à 60, 
Se qu'une feule goutte ou parcelle d'air foit» 
rencontrée taut auprès de la.fortie dela- 
jutage par la première gpute d'eau du jet , w 
& qu'enfuite elle monte librement comme 
dans le vuide. Il eft évident par ce qui a. 
été démontré dans les régi es des mouve- 
mens des corps qui fe choquent,que la gout- 
te d'eau perdra i de fa vitefle , fi cette vi- 
tefle eft exprimée par 6u Soit donc DE 
61 , & D H 6a,.& que la goutte foit rer 
tardée de ± à fçavoir E H, Soit maintenant 
la hauteur D A, la vitefle de la goutte fera 
à fa première vkefTe en . raifon foudoublée 
dcDEàDA, & cette goutte par la ren«^ 
contre d'une petite parcelle d'air perdra 
encore la 6i mc partie de fa vitefle , & 
perdra une partie, proportionnelle i H E 
fcïàn la railon de. DE à D A, foit A. L 
cette diminution , D E fera à D H , comme 
DAà DL : mais comme on. a fuppofé; 
une parcelle d'air pour l'efpace D E , il y? 
aura autant de parcelles d'air, par llefpace 
D A , à proportion que .D A ou D G eft plus 
grand que D E ou D H , Se chaque. parcel- 
Je diminuant- fenfiblcment la hauteur de la 
goutte d'eau dans la même proportion > ce 
jfera une féconde raifon égale à la premiè- 
re , &. par confequent A L étant à A G 

somme DE IDA, ou HE àAL» A G, 



zt6 Du Mouvement £e$ Eau& 
fera le défaut de hauteur de l'élévation de 
la goutté d'eau ; mais parce qu'il y a plu- 
sieurs parcelles d'air entre D & E , chacune 
defquelles retarde le mouvement de la. 
goutte dans les mêmes proportions , le 
mouvement de la goutte dans l'efpape D E 
fera beaucoup plus retardé que par la ren- 
contre d'une feule parcelle comme on l'a • 
iuppofé. Mais on peut confiderer tous ces 
efpaces d'air comme fi ce n'étoit qu'une 
feule parcelle , & Tefpace de l'air D A eft 
auffi dans la même proportion que D A 
àDE> & par confequent il faut ajouter 
une féconde raifon égale à la première ; 
d'où il s'enfuit que fi A L eft à A G en 
raifon doublée de DE a DA;GA fera 
îè défaut du jet au deffous de la hauteur 
de l'eau du refervoir D A, fi E H eft celui 
de la hauteur D E > ce qu'il falloit proiu 
, ver. 

E X E M P L E. . 

S Oit D A quadruple de- DE , Ta viteffe 
du jet de l'eau preflée par D A fera 
double de celle du jet de l'eau prefTée 
par D E ; fi l'on prend donc comme cy- 
d'eflus la hauteur D E pour 6\ , la hau- 
teur D H fera 60 -, & comme la viteffe du 
grand jet eft double, & qu'il doit s'élever 
à tmÊ hauteur quadruple , il perdra par 1a 



IV. Partie* xtf 

rencontre ,d*autant d'air ^u'il y en a en 
DE,4 fois autant de hauteur que H E, 
c eft- à-dire qu'au lieu que le jet devoit s'é- 
lever iD A 144 , il ne s'élèvera qu'à 
E>L 240* mais l'efpace E A étant divifé 
en $ parties égales , chacune fera égale à 
D E, & fi la première fait perdre la hau- 
teur A L , la deuxième en fera perdre au- 
tan; en la même proportion que les dif- 
férentes parties de DE en font perdre 
au premier jet : car en quelque partie dut 
jet que ce foit , la. vitefle du grand eft tou- 
jours double de celle du petit -, car il y a 
-toûjours un efpace quadruple de celui de 
l'autre à pafler ; il perdra donc encore ou- 
tre la première partie trois autres égales: 
LM ,MN,'N G i& AL étant pofée 4, AG 
fera 16 > & par confisquent le défaut A G 
fera au défaut E H en raifon doublée de 
DEàD A, &CEH eft d'un pouce, G A. 
fera de 16 pouces* 

Le frottement change un peu ces mje- 
fures y & la complication des efpace s de* 
l'air qui refifte : car dans les grands jets il: 
s'en faudra beaucoup que l'efpace de l'air 
pafle foit en la raifon des hauteurs des re- 
fervoirs , ce qui doit un peu diminuer du: 
défaut , & c'eft la hauteur des jets qu'il faut 
confiderer , '8c ainfi fi H D eft 60 , D G 
fera 240 , le petit refervoir étant à 6h 
pieds, & le gtand étant à Zj6 pieds, 



rfft: D/* Mouvement dis Eaux'* 

Sur cette fup|>ofîtion il fera facile de" 
calculer les hauteurs des jets à toutes les * 
hauteurs des refervoirs une feule étant ] 
connue, comme celle d'un reférvoir de 
5 pieds, laquelle comme il a été trouvé 
par plufieurs expériences , manque d'un 
pouce. Si doic on prend qu'un jet de 5 
pieds dont l'eau qui le fournit n'eft point 
ferrée & coulé facilement dans les. tuyaux* 
dpit avoir la fùrface de l'eau fuperieurc 
de fon reférvoir à 5 pieds un pouce , un 
jet de-io pieds aura la hauteur de fon 
reférvoir à 10 pieds 4 pouces , celui de 
15 pieds à 15 pieds 9 pouces , celui de 
20 pieds à 20 pieds 16 pouces , & ainfii s 
de fuite félon les quarrez de fuite. On ne il 
fait point le calcul en diminuant les hau- >!> 
teurs des refervoirs : car fi l'on avoit pris- 
un reférvoir de 100 pieds,, il en faudroit 
diminuer 400 pouces , c'eft à, dire 3$ 
pieds y > un de 200 pieds auroit de di- 
minution environ 13$ pieds j & un de 
400 pieds le quadruple de 155 pieds» 
Ravoir 532 , & par confequènt il ne» 
jailliroit point du tout, s ce qui eft. impoffi- 
ble : car les jets jufques à cette hauteur- 
doivent toujours augmenter : mais il faut 
prendre que le jet de 200 pieds de hauteur 
aura fon reférvoir à 333 pieds*, & un.jec; 
de 400. pieds à 932 pieds*. 

Pour. 



IV. Partie. iSj 

Pour toutes les différentes hatfteurs on 
ï"c fervira de la Table fuivantc. 

H Auteur du fît. Hauteur du Refervoir. 



y pieds 


5. pie( 


ds 1. pouce. 


10. 


10. 


4- 


15- 


H> 


9« 


10. 


10. 


tf. 


*5- 


*J* 


*J- 


30. 


JO. 


36. ou 33. pieds. 


H- 


55- 


49* 


40. 


40.- 


64. 


45- 


45- 


81. 


JO. 


50. 


100* 


55- 


55- 


III. 


<?o. 


60. 


144. ou 72. pi; 


65- 


<$• 


169. 


70. 


70. 


196. 


7J« . 


75- 


225. 


80. 


So. 


256. 


85. 


85. 


289, 


JO. 


JO. 


324. ou 117. pi. 


95- 


95- 


}6u 


100. 


10 0, 


400. 



Ainfi le jet de 30 pieds aura 33 pieds 
de refervoir i celui de 60 pieds 72 pieds, 
celui de 90 pieds 117 pieds ; celui de 100 
pieds 133 pieds f- 5 celui de 126 pieds 168 
çicds : il ne faut point de table plqs lon- 

Bb 



s 



*9<> Dh Mouvement des Eéux. 
gue , car il n'eft pas ordinaire de faire une 
hauteur de refervoir de 168 pieds *, & un jet 
de 1 20 pieds fe diffiperoit par fa violence en 

{retires gouttes imperceptibles , comme cel- 
és d'un brouillard ; les tuyaux pourraient 
fe rompre ; & lorfque les tuyaux font étroits, 
ou que le trou du robinet qu'on tourne pour 
faire pafler leau , eft beaucoup plus étroit 
que le refte du tuyau , les petits jets dé- 
faillent beaucoup plus que félon ces tne- 
fines*, & alors il fort beaucoup moins 
d eau qu'à proportion des hauteurs des 
refervoirs. 

On calculera alors la dépenfe de l'eau 
félon les hauteurs des refervoirs, aufquel- 
les conviennent les hauteurs des jets > com- 
me fi un refervoir de jo pieds ne donne 
un jet que de 20 pieds par le défaut de Tein- 
pefchement de fa conduite ou d'autres 
chofes , alors il faudra calculer la dépenfe 
de l'eau , comme fi le refervoir étoit à 21 
pieds 4 pouces avec une largeur de con- 
duite faffifante. 

Pour connoîcre les diminutions des hau- 
teurs plus que félon la règle quand les trous 
font petits > j'ay fait les expériences fuivan- 
tcs. 

Le jet par une lirçne à un tuyau de 4 pied» 
& demi manquoit de pus de 6 pouces. 

A un tuyau de 14 pieds il manquoit de £ 
pieds* 



IV. Partie. %$i 

À un de vj il manquoit d*environ S 
pieds \ ce qui montre que les jets étroits 
ne jailliffent pas à leur véritable hau- 
teur. 

Pour connoître fans calcul la hauteur 
des jets avant même que d'en faire au* 
cune expérience , il faut avoir une balle 
de plomb & une de bois , chacune de 5 
lignes de diamètre , & les jetter avec 
même force eti haut : fi celle de plomb 
s'élève à 17 p:e:ls , & celle de bois à 14 
pieds \ , ce iera une marque qu'un refer- 
Voir de 17 pieds ne fera fon jet que de 
i4 pi?ds ~ par un trou de 5 lignes : cac 
encore que la balle de bois foit plus lege» 
re que Peau , le plomb cft auffi un peu 
retardé par l'air j & fi l'on jette le même 
plomb avec une petite balle de bois d'une 
ligne * & que le plomb aille à 14 pieds , & la 
petite balle à ii, ce fera une marque qu'un 
jet par une ligne à un refervoir de 14 pieds 
ne montera qu'à n pieds. 

Pour confirmer cette règle on a fait les 
autres expériences fuivantes. 



Bb 



ipl 




Du Mouvement des Etuxl 

On a pris un tuyau 
de 3 pouces de lar- 
geur au haut duquel 
on avoic fbudé un 
tambour d'un pied 
de diamètre. LaJbgu- 
xe du tuyau étoit 
comme -en la figure 
ABCD , la partie 
- d'en bas étoit recour*, 
bée. On mit le refer- 
voir A B à differen. 
tes hauteurs pour faL 
re différentes expc 
riences. 

L'eau du refervoir étant à 14 pieds 5 pou- 
ces plus haut que l'ouverture D» le jet eft 
monté à 21 pieds 10 pouces \ l'ouverture 
de l'ajutage étoit de 6 lignes 5 le quarré de 
11 1 eft 511 ~. C'eft pourquoi nous faifons 
que comme 15 quarré de 5," eft £511 j|,ainfi 
1 pouce de hauteur de refervoir par de (Tus 
5 pieds » eft un peu moins de 11 pouces , 
qui doivent être ajoutez aux 11 pieds 10 
pouces pour avoir la hauteur du refervoir 
fuivant les mefures de la Table précéden- 
te -, ce qui fait X4 pieds & prés de 7 pou- 
ces, ce qui s'accorde aflez bien 4vec l'ex- 
périence. 

Le jet de 4 lignes à la racme hauteur 



/r. Féfffie. 29î 

«fe refervoir n'eft monté quM 21 pieds 
8 pouces ~ , & n'a été plus tas que d'un 

fouce ou 1 pouce & demi , que celui donc 
ajurage étoit de 6 lignes : mais celui 
de 3 lignes a été plus basque celuy de 6 
lignes de prés de & pouces , &n'a eté.quà 
il pieds 2 pouces* 

Un refervoir de 12 pieds j> a fait fauter 
le jet de 6 lignes à 12 pieds , ceft un peu 
plus que félon la règle. 

Un autre refervoir à 5 pieds \ de hau- 
teur dans une conduite fort large , les aju- 
tages étant de 3 lignes > de 4 lignes, & de 
alignes , les jets ont jailli à peu ] 



peu prés à 
tj lignes au deflbus de lafnrfacede l'eau 
eu rcïervoir , & celui de j lignes ne dif- 
férait de celui de 6 lignes que d'une ligne 
à peu prés. Par le calcul le quarré de 5 
Jcft 30-, & par la règle 25 pieds cft à 
1 pouce , comme 30 | a 1 \ un peu plus , 
ce qui donnerait la hauteur du refervoir 
feulement moindre d'une demi-ligne, que 
par l'expérience > ce qui n'eft pas poffible 
d'obferver. 

Les petits jets dans les petites hauteurs 
perdent fort peu par le choq de l'air » 
& ne font gueres moins hauts que ceux 
de 6 lignes , pourvu que les tuyaux foient 
fuififàmment larges ; le fur pi us de la lon- 
gueur n'augmente point la hauteur du 

B b iij 



f - 



194 Du Mouvement des tattx* 
jet » ny la quantift de l'écoulement , ou 
de la dépenfe de l'eau lors qu'on entre- 
tient les tuyaux pleins. Car le jet qui 
peut foûtenir l'eau qui doit fortir , eft 
toujours d'égale force , & fupporte des 
poids félon la grandeur de l'ouverture de 
l'ajutage. 

Le refervoir étant de 16 pieds 1 pouce > 
le trou de 6 lignes a jailli à 24 pieds 2 ou 
3 pouces , & par la règle le quarré de 14 J 
écant 588 yi i comme 25 eft à 588 ~ , ainfi 
t pouce à 2) pouces \ à peu prés > qui 
doivent être ajoutez à 14 pieds 1 pouces 
pour faire la hauteur du refervoir , qui 
fera donc de 16 pieds 1 pouce [, comme 
l'expérience le fait voir. 

La même hauteur de refervoir avec 
un ajutage de 10 lignes a fait jaillir le jet & 
23 pieds 9 pouces , & par un ajutage de 
3 lignes il a jailli à 21 pieds. Dans la pre- 
mière de ces expériences le défaut de la 
hauteur procède de ce que l'ajutage étoit 
trop large pour une conduite de 5 pou- 
ces , & que l'eau y allant fort vîtc avoit 
beaucoup de frottement; & dans la fé- 
conde c'étoit la petiteffe du jet , qui 
ayant beaucoup d'air à traverfer étoit con* 
fîderablement retardé , & fa hauteur dimi- 
nuée, comme il à été expliqué en la pre- 
micre 6c féconde considération. 



/ V. Partie. 19 j 

L'eau du refervoir étant à 35 pieds de hau- 
teur moins un demi-pouce, par un ajutage 
de 6 lignes , le jet eft allé à 31 pieds 8 ou 9 
pouces ; & par la règle le quarré de 3/ pieds 
f- étant iooi à peu prés , & 15 eft à 100 1 > 
. comme 1 à 40 pouces à peu prés , c'eft à 
dire 3 pieds 4 pouces , qui étant ajou- 
tez a 51 pieds 8 pouces , font 35 pieds; 
ainfi cette expérience eft conforme à la 
règle. 

Pour le même refervoir l'ajutage de 3 li- 
gnée à jailli à 28 pieds ,• celui de 4 lignes 
jufques i 30 pieds ; & un de 15 lignes i 
27 pieds feulement par les mêmes rai- 
ibns qui ont été dites •, fçavoir qu'en 
cette dernière expérience la conduite du 
tuyau n'étoitpas affez large pour lagrofTcur 
du jet & pour la dépenfe de l'eau ; & dans 
les deux premières , que la hauteur étant 
grande , l'air refiftoit trop au petit jet de 3 
& 4 lignes. 

J'ay fait encore des expériences avec un 
refervoir dc^o pieds de hauteur , & les 
jets ont fuivi les mêmes règles , l'ajutage 
de 6 ou 7 lignes faifoit les jets les plus 
hauts. 

Lors qu'il y a un large refervoir com- 
me d'un pied au haut d'un tuyau de 50 ou 
60 pieds de hauteur, & de 3 pouces de 
largeur } il arrive que lors qu'on laifle 

Bb mj 



a 9 <£ T>u Mouvement des Eaux* 
aller un jet de 9 ou 10 lignes , il ne mon- 
te pas fi haut qu'il devroit faire fuivant 
cette hauteur de refervoir y car l'eau du 
refervoir ne peut pas venir afïèz vue des 
cotez qui (ont éloignez du trou pour 
entrer dans le tuyau > & il s'y fait or- 
dinairement une efpece d'entonnoir en. 
tournoyant à caufê de la trop grande, 
dépenfe de l'eau qui fe fait par l'ajuta- 
ge joint au frottement dans le tuyau ,. 
comme il a été expliqué cy-devant. De 
là il arrive un effet aflez furprenant ,. 
qui eft que lorfque le jet, eft allé d'abord, 
à une hauteur comme de 45 pieds > il 
diminue , & ne va qu'à 44 pieds , &L 
enfuite il remonte i 4-6 ,, ou a 47 , ce- 
qui arrive dés que l'air peut entrer par. 
l'oaverture du tambour : car alors , ou- 
tre l'accélération de l'eâu qui va plus vîr 
te , la hauteur du jet fe fait félon la hau- 
teur de Peau depuis le fond du tambour». 
&: elle n'eft plus retenue par l'eau fuperieu- 
re : cette raifon eft confirmée par l'expérien- 
ce fuivante. 

On fit faire un refervoir de 6 pieds 
de hauteur comme A B C D , & à un pied 
au de flou s du plus haut on fouda une 
platine en dedans reprefentée par E F 
percée d'une ouverture de 8 lignes de 
diamètre eu G» On y verfoit de l'eau ju& 



ZT. pArtiè. 19T 

ques £ ce qu'elle commençât à couler par 



A ,- ""*-»»»., 



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îajutage D,\& Ton fcrmoit cette ouvei* 
rare achevant de remplir le refervom. 
Pour avoip plûtoft fait il' faut faire unt 
petit trou au deflbus de F comme et* 
K, afin que. Veau enrrant dans le rcfër- 
voir par l'ouverture G , l'air puifle en» 
ibrtir facilement , & le fermer enfuite 
q^and le tuyau fera plein jufques à E F* 
pour pouvoir achever de remplir le re- 
fer voir jufques en AB* Ce refervoir étant 
plein , on laiflbit couler l'ouverture D, 
& le jet montoit au commencement: 



i$)8 Du Mouvement des EmxI 
comme jufques en I , & diminuoit peu 
i peu jufques à ce que Peau fût au def- J 
fous de la platine $ car alors l'eau s'élevoit 1 
jufques vers K. ! 

La caufe de cet effet eft la même que* 
celle du plus grand écoulement de l'eau, 
lors qu'on met un tuyau étroit à l'ouver- 
ture d'un large fefervoir ; car alors l'eau 
coule par le cylindre d'eau GLMD, de 
même que fie' éroit un tuyau, le refte de 
l'eau n'ayant point de mouvement confi- 
derable à caufe de la platine : mais lors- 
que l'eau eft au deflous de G , & que l'air 
commence à y paflfer > toute l'eau E F M 
eft libre pour agir fur D, & il doit jaillir 
jufque pres de F. L'effet fera encore plus 
merveilleux fi le trou D eft de 6 ou 7 li- 
gnes , & le ttou G de 3 ou 4 ; car le jst 
n'ira pas d'abord plus haut qu'en' N , Se 
décroîtra comme jufques en O , & l'eau 
étant au de flous de G, il remontera juf- 
que prés de F. 

De même s'il y a un fyphon > com- 
me A BD C , qui fafTe couler l'eau d'un 
feau E F dont la furface eft I K , par 
B H D C elle jaillira par un petit trou 
comme jufques en H > & fi le fyphon 
étoit moins long , le jet s'éleveroit 
moins haut depuis fon ouverture en C : 
mais lors qu'il n'y aura plus d'eau dans le 



IV. Partit. l 5>> 

(èan au def- 
14 fus de A , le 

tuyau fe vui- 
dera depuis 
A j nique 
vers B , & 
lois- que 1er 
haut de l'eau 
fera en B „ 
die jaillira 
^ jufques en I 
[ d le fiphor» 

eft de j oa 
6 lignes de- 
margeur, & l'ouverture C petite comme 
de deux lignes . parce qu'alors la viteiïe 
fe rail par la hauteur Ç B , & au com- 
mencement elle ne fe faifoir que par la 
hauteur C K , & diminuoit toùjouts juf- 
ques à ce que l'eau du feau fût au deflous. 
de A. 

Il femble qoe c'eft le poids de feau qui 
fait faire au jet l'élévation pour fe réduire i 
l'équilibre , & que fi l'on preflbk l'eau qui 
eft proche de l'ajutage par un poids égal à 
celui de l'eau du tuyau, le jet iroit aunx 
haut : Voicy une expérience que j'en ay faite 
pour le prouver. 

ABC eft un tuyau de verre d'un pou- ■ 
ce fc demi de largeur. Se ù. hauteur D A 



£0O 

jftu 




Dh Mo^oemsnt dit Eahxt* 

eft d'un pied , P ajutage 

nou l'ouverture C cft de 
t. lignes \ \ on verfc du 
mercure par A jufques à 
€e que le fond E F en foit 
rempli : on met cnfuite 
de l'eau doucement en 
Pefpace C F > après on 
ferme Pouverture C 
avec le pouce % & Ion 
achevé de remplir de 
mercure le tuyau jufques 
en A. Lorsqu'on levé 
le pouce de dtflus Pou- 
Verture C > Peau C F s'élève «utqu-s a tz 
ou rj pieds à peu prés. La caufe Je cette 
grande élévation eft fa pefanteuT fp-.cifi- 
que du poids du mercure , qui cft à cel- 
le de Peau comme 14 à i . Par confequenc 
un pied de mercure en DA pefera autanr 
que 14 pieds d'eau, qui fer oie m dans un* 
plus grand tuyau, & feront le même ef- 
fort pour faire jaillit Peau par C. Et par- 
ce qu'un refervoiîr dç 14 pieds , fait jaillir 
l'eau à 1 j pieds environ: , un pied de mer^ 
cure doiti faire le même effet. Il n'impor- 
te pas que le tuyau foit large ou étroit , 
pourvu qu'il (bit proportionné à Pouvez 
ture C 

ïU'enfui vra de femblablcs effets patdcr 



JF. Pdrtià 



joi 



poids pofez fur une firingue , au lieu du 
jpoids de l'eau ou du vif argent. 

Soie par exemple A B C D une firingufc 



E 




è 

4 

t. , 

f. 




I 



de 3 pouces de largeur ayant à fâ fbrtie 
une ouverture de 4 lignes en E , le pifton 
eftFG, qui a une platine H I au deflbus 
de fon manche , auquel elle eft attachée 
afin que la firingue puiffè fe foûtenir 
droite , le piûon etanc dedans ', il y a de 



joi Du Monument des Eaux* 

l'eau depuis le haut du pifton L juf- 
qu'cn E« M N > O P font deux bacons 
attachez au corps de la firingue , d'où 
1 on fufpend deux poids égaux Q^Jk R 
avec deux cordes de part & d'autre de 
la firingue : Je dis que fi ces deux poids 
pefent 10 livres , le jet jaillira par E auffi 
haut-, que fi un refervoir , qui auroit 
commun carioi avec l'ouverture E , & 
dont le tuyau qui renfermeroit l'eau» fe- 
jroit égal en groiïeur au corps de la 
firingue ABCD, étoit aflez haut pour 
contenir de l'eau pefant 10 livres. Or 
le tuyau étant large de 3 pouces > il au- 
ra. 9 pouces de furface 9 dont chacun 
pefc 6 onces & j- \ c'eft donc 55 onces , 
ou j livres 7 onces iur chaque pied de 
hauteur j & fi le refervoir étoit de 6 
pieds , ce feroit 10 livres io onces : 
donc le jet iroit environ i 6 pieds , 
fuppofant que le frottement du pifton 
ne fût que de la valeur de 10 onces : 
ainfi fi les deux poids étoient de 40 
livres, ils feroient jaillir l'eau à 12 pieds 
a peu prés ; & s'ils étoient de 100 li- 
vres , elle jailliroit comme fi le tuyau étoit 
de 30 pieds de hauteur. 

Mais fi Ion fait un tambour de 
cuivre G K P H, dont la platine fu- 
perieure foit bien époifle pour foute- 




*• • • 

'■•■t.... ,.„;•••• 



N" 




[/P. féniu & 

nîr un grand 
effort , Se 
qu'on y met- 
te un cylin- 
dre creux 
IL; le tam- 
bour étant 
rempli d'eau 
jufqu'à MN* 
qu'il y ait 
une ouver- 
ture O pour 
y firinguer 
de l'air par 
le moyen d'une fbupape qui fera en de- 
dans ; ayant fermé le trou Z lors-que 
l'air fera condenfc 4 fois , Ton effort fera 
égal à 4 fois 31 pieds d*cau ; 6c fi le 
tambour étoit d'un pied .de diamètre , 
chaque pied d'eau de hauteur peferoit 55 
livres, ce feroit donc 118 fois 55 livres , 
ou 7040 livres; il faudrait donc la for- 
ce de 7040 livres pour condenfrr l'air 
4 fois : mais l'ouverture O étoit d'un 
quart de pouce , & la bafe H P d'un 
pied > la proportion feroit comme 1 à 
1304 , & la force de 4 livres feroit en- 
trer de l'air jufques à 4 fois ce nombre, 
c'eft-à dire jufques à porter le poids de 
$ 116 livres ; il porteroit donc autant 



$&4 Du mouvement des Edux. 
de poids que celui de 118 pied d^eanj 
& par confequent lors-qu'on ouvrirait 
l'ouverture Z , le jet irott à prés de ioo 

pieds. 

Que fi le tambour étoit plus large, 
Tair qui fcroit entre M Hrtt G K , ne 
feroit pas plus difficile à condenfer par 
l'ouverture O, comme il a été prouvé 
dans le Traité de la Pcrcuffion , & il ne 
laifleroit pis de faire le même effort 
pour jaillir jufques à 118 pieds de hau- 
teur , qi&ffl tuyau de toute la largeur plein 

d'eau. 

J'ay fait encore l'expérience fuivante. 
J'ay pris deux firingues inégales , Tune avoit 
x pouces i de di ametre/. 8cr autr e 5 \ \ dans 
celle de i pouces ^ cinq livres de poids fai- 
foient descendre le pifton à vuide \ Se 




ii livres , j ay tait élever l eau p; 

de 8 lignes à 4 pieds à peu prés : Or un 

pied de hauteur du tuyau de la firingue 

vaut à peu prés ji onces ou 1 livres , & 

4 pieds valent environ 8 livres ; Si donc 

l'effort étoit de ij' livres , ôtant 5 livres 

pour le frottement du pifton , il reftoitS 

livres pour le poids équivalait de l'eau 

d'un refervoir de 4 pieds de haut un 

peu plus , & de 1 pouces & -j de diamètre : 

l'autre 



f 



ir. Partie. j $ 

1 autre firingue donna les racmtfs chofcs à 
proportion.. 

Si ion pouflè le pifton A B K I 



H 




il 




B 
K 



\ N 



fÉans (on corps dé potnpc CDFE, 



$# 



}c6 Du Mouvement des Eaux* 
(oit rctreflî plus haut , & comme on le voie 
en la figure I H , le grand frottement de 
l'eau le long du tuyau étroit , G I H > arrête 
confiderablement la force de i'impulfion 
pour y faite pafler l'eau contenue en ABEF, 
& elle y pafleroit mieux fi cette conduite 
n'alloit que jufques en I, & beaucoup mieux 
fi la conduite étoit plus large que le corps 
de pompe où le pifton joue comme L M 
N O , ce qu'il faudra confiderer quand on 
élevé de l'eau par des pompes à des gran- 
des hauteurs. 
Enfin on peut poufler un jet bien haut 




— •■ r x[ w "**»%, 




félon la méthode fui van te. Ayez un j 
raifleau ABC cylindrique de çu}Yrç # • 



IP. Partie. 307 

TOîid par le haut de deux pieds de hau- 
teur & de S pouces de largeur , pofé ÔC 
ajttaché fo;me fur un* plan de bois ou 
de fer &c. Ayez à côté une firingue ou 
corps de pompe DEF $vec fon pifton 
N^, & une foupape au bas , comme 
on fait ordinairement dans les pompes , 
& que le pifton en defçendant avec la 
force duo homme ou de deux , faffe 
par compieffion entrer l'eau dans le vaif-* 
teau par le tuyau G H garny de fa foupa- 
pe en H , comme il a été enfeigné au 
commencement de ce Traité j métrez à 
côté du . cylindre creux ou vaiffeau urç 
autrç tuyau I h recourbe, vers le haut » 
où il y ait un ajutage de u lignes à 
(on extrémité L; G l'on ajufte encore 
aux deux cotez du vaiffeau deux autres 
* pompes femblables à celle -cy , on y 
pourra faire entrer une très grande quan- 
tité d'eau. Les piftons pourront être at- 
tachez à des extremitez de levier comme 
N pour avoir plus de force , étant at- 
taché à lappuy en O. Lors-qu'on fera 
jouer les piftons par le moyen des le- 
viers , l'eau entrera dans le vaiffeau 
ABC, & paffera au commencement dani 
Je tuyau I L avec une médiocre force -, 
mais en continuant , on pouffera tant 
4*cau 9 qu'elle oe pourra pas fortir toute 

Ce i) 



jot -D* Mouvement dès Eaux* 
par l'ajutage L •, alors elle s'élèvera corn* 
me jufques en P, & côndenfcra l'air en- 
fermé dans le haut du vaifleau; & fi Ton 
pouffe encore, Veau avec plus de force, 
die montera plus haut , comme en R, 
condenfant l'air de plus en plus ; & quand 
il le fera 8 fois plus qu'à l'ordinaire , il* 
preffera l'eau R S H I "pour la faire fortir 
par I L , comme s'il y avoït 7 fois $* 
pieds d'eau au deflîis de HI, ceft- a- di- 
re 114 pieds , ce qui feroit un jet d'eau 
par l'ajutage L de plus de 110 pieds de 
hauteur. Mais il faut que les trois pom- 
pes puiflent fournir affez d'eau : car l'a- 
jutage L de u. lignes en dépenfera plus de 
64 pouces. 

L'air fe condenfant a proportion des. 
poids dont il eft chargé , fi 1 on fait une 
machine A. B: compofée d'un coffre 
E F G,H plein d'eau jufques. à la ligne 
I L un peu au deflbus de E F , & un 
tuyau M N , qui foit bien foudé en M 
& en O avec les deux platines EF, G H 
qui font le défluç & Te deflbus du co£- 
fc,.afin qtfe l'air ny entre point ; le 
coffre E G fervira de refçrvoir. Il faut 
qu'il y. ait encore un autre coffre égal au 
premier xomme C D T K plein cTàir % 
auquel le- tuyaii M N foit bien fbucjé. 
Lors- qu'on vcrferA de> l'eau par M , elle 



TV. Partit joy 

tfêfcendra par N jufques & K T , flc 



&J 



id— li- 



ftant montée jufques en P Q^ l'air con* 
tenu dans l'efface QPCD,& dans le» 
tuyau X Y- bien foudé aux deux cofFresj 
ne pourra pas fbrtir par A , Se Ce con- 
denfera peu à- peu jufques à ce qu'il fe 
rade équilibre entre le poids de l'eau en 
MN.& le reflbrt de l'air enfermé. Pac 
exemple fi l'eau s'eft élevée* jufques en 
B: Si l'air contenu en l'clpace C D S R + 



jro Du Mouvement des Eaux. 

dans le tuyau X Y , & dans l'efpace E I F L} 

fera condenfé par le poids de l'eau M£ , & 

Freflera l'eau I H GL s alors fi l'on ouvre 
ajutage A , dont le. tuyau defcend prés de 
H G vers V , Te au jaillira de la hauteur 
A Z égale à peu prés à la hauteur M S > 
parce que l'air preffé par la hauteur del'eau 
MS, fait le même effort fur l'eau I G, que 
fi le tuyau M S plein d'eau étoit au defîus 
de l'eau I L; & l'eau qui tombera dû jet 
paflant par M , rentrera dans le coffre in- 
férieur , & par ce moyen le jet durera juf- 
ques à ce que toute l'eau qui eft depuis l'ex- 
trémité V du tuyau A V jufques à l'extré- 
mité Y du tuyau XY, foit fortie en jaillit- 
fant. Cette machine porte le nom ai Hé- 
ron y il l'a décrite dans fon Traité , intitulé, 
de jpiriralibfu , fuivant la tradu&iqn de 
Commandai. 

On peut faite jaillir cette eau beaucoup 
plus haut en augmentant la hauteur du 
tuyau M N. 

La beauté des jets d'eau confifte en 
leur uniformité & transparence au for- 
tir de l'ajutage fans s'écarter que bien 
peu au plus haut du jet. On a cherché 
plufîeurs manières pour faire les ajuta- 
ges , dont il y en a qu'on doit préférer aux 
autres pour plufieurs raifons. Les plus 
nuuYais font ceux qui font en cylindre ; cag 



A 



IV* Partie. jit> 

ils arrêtent beaucoup la hauteur du jet» 
les coniques l'arrêtent moins ; mais la 
meilleure manière c'eft de percer la pla- 
tine horizontale qui ferme l'extrémité 
du tuyau de la conduite > d'une ouver- 
ture lifTc & polie , prenant garde que la 
platine (bit parfaitement plane, polie, &c. 

uniforme, Voicy quel- 
ques expériences que 
j'en ay faites. Ayant 
un tuyau de fer blanc 
A B C de 15 pieds de 
hauteur , & l'ayant per- 
cé en D d'un trou de 
3 lignes , le jet ctoit 
parfaitement beau , fc 
alloit a 14 pieds : nuis 
le tuyau ayant été fait 
plus haut jufques a 27 
pieds , & y ayant fait 
une ouverture de 6 li- 
gnes » le jet 
n'alla qu'à 
pieds en 
cartant beau- 
coup , Se fe 
feparant en 
plufieurs goût" 
tes ce qui pro- 
cédait de ce 



-D 





11 
s'é- 



pi Dm Mouvement Je s Eame. 

que l'eau qui encretenoic le jer, étant 

{>ouflïe de travers avec force, comme on 
e voit en là figure i mc cy jointe, qui re- 
pre fente une portion* du tuyau B C. Car 
i eau ED&FD qui vient par les cotez * 
*une grande viteffe de travers , qui la porte 
en D L & en D M ; & G D eft portée ea 
D N , & H D en DO , ce qui écarte le 
jet,parce que le peu d'fcauqui vient directe- 
ment de PenD,ne fuffit pas pour redref- 
fcrle jet. 
Pour éviter ce défaut je fis mettre en 

D un ajutage d'ui* 
— > *** pouce de lon- 

r J I gueur , & d'un* 



jl J) [C pouce de largeur „ 

■ r comme on voit: 

dans la figure $***> 
où B C I> reprefente la partie B C D de 
la première figure ; on perça d'une ou* 
verture de 6 liénes le petit tuyau mon- 
tant D Qjen Qj alors le jet fut plus; 
beau , & s'éleva à 3 ou 4 pieds, plus, 
haut. 

Je fis faire enfuite l'extrémité de- la 
conduite félon la figure courbe ILMNOP 
dans la 4 mc figure , & dans la platine 
Q^P , je fis mettre un ajutage fcmblàWc 
k U figure marquée 5 yH écôit un peu 



J 




IP- ttrtic. 31 J 

en conc , 
mais il y 
avoir une 
platine inté- 
rieure repre- 
fentée par 

E ÇL» qu» 

lai doit une 
ouverture 
d'un pouce 
au milieu & 
la platine fu- 
perieure A 
I B^ étoic 
percée en 
I au milieu 
d'une ou- 
verture de 6 
lignes, ce qui étoitfait afin qu'il n'y eût 
point de frottement qu'au bord de la pla- 
tine E Qjm dedans ; car il n'y en pouvoit 
avoir <pe très- peu en E A & B Q^: mais 
cela réiîflSt tres-mal : carie jet alla moins 
haut, & s'écarta plus qu'il n'avoit fait par 
un (impie ajutage en cône , ce oui pouvoit 
venir des mouvemens differens de l'eau, qui 
ayant pafle par QE , choquoit avec violen- 
ce la platine A B à côté de fon ouverture , & 
fe reflechilfant elle empêchoit le refte de 
l'eau de fortir droit. Bnfin je fis mettre 
une platine bien polie en P Q/dans la ^«^ 




^. 



y 



3 1 4 Du, Mouvement des Eaux» 
figure percée d'une ouverture de 6 lignes 
bien ronde & polie j alors le jet fut très- 
beau, & s'éleva à 32 pyeds, le refervoir 
étant à 35 pieds 5 pouces ,, au lieu que 
les autres jets ne s'éjevoicnt qu'à 11 ou 
18 pieds j ce qui arrive parce que Peau 
prend ladire&ion de fan mouvement de- 
puis R > & qu'il en vient peu latéralement 
des cotez Y &Z, qui ne laiflent pas de 
contribuer à la dire&ion du jet , la plati- 
ne étant tres-pôlie, & tout étant égal de 
part & d'autre , & arrêtant également le 
mouvement latéral Tune de l'autre :Ot le 
jet par cet ajutage s'élevoit jufques à z% 
pieds fans fe feparer finon en retombant, 
Ce s'arrétoit fort peu au haut quand il 
alloit à 31 pieds ^ & beaucoup moins que 
par les autres ajutages. J'ay veu une pla- 
tine percée d'un trou de 4 lignes & de 
6 ou 7 petits alentour , qui faifoient une 
efpece de gerbe dont tous les jets étoient 
très-beaux Se tranfparens , & celui du mi- 
lieu s'élevoit à 18 pieds. 

Les jets sîélargiflènt neceflàirement à 
mefiire qu'ils s'élèvent dont la raifoncft 5 
qu'ils diminuent peu à peu de vitefle , & 
parce que c'eft la même eau qui par fa 
vifeofitefe tient unie fans fe feparer, il faut 
qu'elle occupe plus de place à l'endroit 
où elfe va moins vite félon la proportion 
*le U vitefle i la vitefle. 



IV. Partie. 315 

Parla même raifon l'eau qui s'écoule 
par un trou de 5 ou 6 lignes > lors-qu'elfe 
n'eft dans le refervoir qu'à la hauteur de 
3 ou 4 pouces , va toujours en s'étroif- 
fiflant jufques à fe réduire en gouttes quand 
le filet d'eau eft devenu trop petit ; car 
il ne doit y avoir qu'une même quanti- 
té d'eau dans tous les efpaces qu'elle par* 
-court en tombant , lefqucls en des temps 
-cgaux font entr'eux comme les nombres 
impairs de fuite -, d'où l'on voit que le fi- 
let de l'eau deviendront à la fin plus dé- 
lie qu'un cheveu : mais avant que d'en ve- 
nir jufqu'à ce point , elle fe fepare & fe divi- 
fe en gouttes , qui accclcrent toujours leur 
mouvement jyfques à ce qu'elles ayent ac- 
quis leur plus grande vitefle. 

Il ne faut pas régler la dépenfe de l'eau 
par la hauteur des jets, mais parlaviufTe^ 
de fa fortre. par l'ajutage. Qr dans les aju- 
tages d'une ligne , ou de deux lignes, les 
jets ne^vont pas fi haut à la même hau- 
teur de refervoir que ceux de 5 ou 6 li- 
gnes * & xependant ils donnent de l'eau 
ienfiblement dans la proportion de leurs 
ouvertures , comme l'on a ve.u. Pour con- * 
noître les caufes ât ces effets diffère ns, il 
faut confiderer , que les petits globes font 
aux grands en raifon triplée de leurs dia~ ■ 
mètres : mais ils (ont retardez . dans leur 
mouvement par laii £don les furfaces de . 



jitf Du Mouvement des Eaux. 
leurs grands cercles , & ils forcent cette 
refiftance de l'air félon les différences de 
leurs poids , comme il a jeté expliqué 
cy devant. D'où il arrive que il Ion tire 
un moufquet chargé de balles , & de 
menues dragées de plomb , les baUcs iront 
bien plus loin que les menues dragées » 
quoi qu'elles fortent du moufquet avec 
les mêmes viteffes comme nous lavons 
expliqué. La même chofe fe doit enten- 
dre des petits ajutages Se des grands, 
qui ont une même hauteur de reftrvoir^ 
car quoi qu a la fortie des ajutages ils 
aillent à fort peu prés auffi vite l'un que 
l'autre, lors- qu'ils paffent beaucoup|d'air* 
les petits jets (ont retardez depuis leur 
fortie jufques à, leur plus grande hauteur 
beaucoup plus à proportion que hs gros 
jets > & par confequent les gros iront beau- 
coup plus haut que les petits , mais ils ne 
donneront pas plus d'eau à proportion , ou 
du moins gueresplus, puis-qu'elle ne doit 
jt'eftimer que par la vitefle qu'ont les jets 
a leur première fortie de l'ajutage , qui eft 
à fort peu prés égale dans les petits ajutages 
& dans les grands. 

Lorsqu'on a un jet d'eau entretenu pat 
une quantité fuffifante d'eau » & qu'on per- 
ce le tuyau de la conduite par une ouver- 
ture égale à celle de l'ajutage pour fe fer- 
vu de l'eau qui eu fort , on trouvera la çU- 



IV- Ptrtie. $17 

mirmtion du premier jer en cette forte. 

Soit ABC D un rcfervoir à 13 pieds de 
hauteur par défias l'ajutage H de 6 lignes 



cfouvsrture , le jet doit être d'environ 11 
pieds l fi la conduite eft de j pouces de 
largeur. On faii un trou en I de 6 lignes 
d où fort l'eau I E ; le jet H M depenfe 4 
pouces d'eau pat- les règles qui ont été 
données -, &: parce qu'il en doit fortîr autan 
à fort peu prés pat le trou I , la conduite 
eft trop étroite pour donner la même 
hauteur à deux jets égaux iH Mi ce» 

Faurquoi aufli-tôt qu'on laiffera couler 
eau l L , le jet H M diminuera un peu , 
Dd iij 



1 

jiS Du Mouvement des Eaux. 
Se à caufe que les deux trous H & I doi*~ 
nent 8 pouces à peu prés , & que l'eau N O, 
qui fournit l'eau au refervoir > n'eft que de 
4 pouces par fuppofition , le refervoir fe 
vuidera peu à peu s'il eft bien fpatieux > & 
fort vite , s'il ne contient qu'un demi muid 
ou ioo pintes. Il faut dont que l'eau 
defeende dans le tuyau jufques à ce que 
le jet H M ne donne que i pouces : car 
alors le trou I donnant auflï i pouces > tou- 
te l'eau N O fera employée. Or ij pieds eflr 
à fa moitié 6 - , comme 6$ à i £5 donc la 
hauteur de l'eau étant P Qde3piedsi.au 
deflus de H , le jet ne pourra être que de 
3 pieds 1 pouces quelques lignes félon les 
règles cy-deflus : & par confequent on. 
verra décroître le jet H M jufques à ce 
qu'il n'ait plus que^pieds a pouces quel- 
ques lignes , Se l'eau N O entretiendra la, 
hauteur de l'eau a la hauteur QJ\ 

Que fi Ton referme le trou I , le jet par 
H commencera à croître jufques à ce qu'il 
aille en H M , & à même temps l'eau* 
de ta conduite s'élèvera au de (Tus de P' 
jufques à ce qu'elle fok dans le refervoir 
A H à fa première hauteur : on fe réglera dc- 
mfcme dans les antres cas femblables. 

Si les hauteurs des refervoirs étoienr 
extrêmement grandes , les jets fe diffipe- 
roient par la rencontre & par le choq vio- 
lent de l'air , & au lieu d'aller plus haut 



IV* Pate'/i. jt> 

que les jets de quelques refervoirs moins 
hauts > ils iraient beaucoup moins haut* 

J'en ay fait les expériences fuivantes. 

On mit dans une arbalefte un petit tuyau 
d'un pouce de largeur & de 8 pouces de 
longueur, attaché fortement dans la coche 
de la corde de l'arbalcftâ , & l'ayant ban- 
dée on la leva perpendiculairement» & on 
emplit d'eau le petit tuyau > l'eau étant 
pouflee par la force de l'arbalefte fortit, 
& rencontrant l'air avec violence s'écar- 
ta beaucoup : ceux qui étoient A côté nç 
virent pas monter le jet: mais ils virent 
tomber plufieurs petites gouttes à plus de 
20 pieds a la ronde de celui qui tenoit 
Tarbalefte , lequel afleura avoir veu mon- 
ter l'eau jufqùes à 30 pieds environ : or 
cette viteffè conveuoit à un refervoir de 
plus de 600 pieds , & le jet devoit être de 
500 pieds félon les règles, 

AUTRE EXPERIENCE. 

J'Ay fait charger plufieurs fois un pifto- 
let de 4 pouces de hauteur d'eau au lieu 
de balles , A: tirant cette eau de 10 pieds 
contre une porte en élevant le piftolet fé- 
lon un angle de 45 degrex à peu prés pour 
empêcher Veau de tomber , il n'y en alla 
pas une goutte. Je le fis tirer une féconde 
ibis de 10 pieds, 6c il arriva la même 

Dd iiij 



^ 



Jio D* Mouvement des Eaxk- 
<hofe> & quand celui qui avoit tiré s**- 
vançoit , & Ievoic le vifage en haut » A 
fencoit tomber de petites gouttes. Enfin on 
le tira de 7 pieds contre un papier mis au 
haut d'une porte , alors le papier fat tout 
mouillé, & l'on trouva que l'eau s'étoit 
écartée jufques à x pieds de diamètre \ & 
l'ayant tiré encore une autre fois de 8 

1>îeds de dïftance le papier ne fat pas moiiil- 
c. Si Ton calcule cette eau comme un cy- 
lindre de 5 lignes de largeur & de 4 pou- 
ces de hauteur , & qu'on divife le produit 
par une furface de 1 pieds de largeur, on 
trouvera que (on époifleur ne fera qu'en- 
viron y 7 de ligne : car le (blide du quarte 
de 5 par 48 eft 1 100,8c le (blide dttquar* 
ré de 188 lignes par r^ eft un peu moindre 
que uoo lignes cubiques , & le cylindre 
étroit eft de 945 lignes cubiques, & celui 
de deux pieds de diamètre pourfabafe eft 
de 931 : il arrive donc que l'eau étant ré- 
duite encore à une plus petite époiffeuc 
comme quand on la tire de 10 pieds de 
diftance , elle fe fepare en petites gouttes 
dont quelques- unes s'élèvent en vapeurs , 
& les autres retombent : mais elles font 
imperceptibles. 

On voit le même effet quand une bou- 
teille de favon fc rompt : car les particules 
de fon eau qui font trop menues , s'élèvent 
en vapeurs viables , & le refte tombe. Un 



f 



IV. Partit. jit 

fîllet cTeaupat un trou d'une demi-ligne au 
ddïous de ioo pieds de hauteur rencontrant 
h main en jailliflant de travers, fe mettoit 
auflî en vapeurs. 

On pourroit objeâerque fi lontiroit 
de l'eau dans un canon , qui eût un pied 
4e calibre , l'eau iroit plus loin que 10 
pieds , on en demeure à accord : mais elle 
n'ira pas à ioo pieds? comme on peut le 
prouver , & l'expérimenter. 

Or cette viteffe eft fi grande qu'aucun 
refervoir acceflible n'en peut donner une 

Ereille : car puifque la première viteiTe de 
au qui en fortiroit > feroit 1000 pieds 
en une féconde comme fait le (on , fup- 
pofons que le refervoir (bit à ioooo 
pieds de hauteur , & que la vitefle d'un 
globe d'eau d'un pied faiïe en tombant 
13 pieds enr une féconde, elle ferait pieds 
horizontalement : le produit de ij par 
tooo^ eft 130*000 , dont la racine 
quarrée eft environ $60 ; comme 13 à 360* 
ainfi une féconde à 28 à peu prés. Si Ton 
fuppofedonc qu'un globe d'eau d'un pied 
accélère félon les nombres impairs de fui- 
te , ce qu'il ne fait pas pourtant que jufque* 
à une médiocre diftance-, il tombera de 
10000 pieds en, 28 fécondes > & fera! 
20000 pieds horizontalement par une 
vitefle uniforme égale à la vitefle acquife 
en 1$ fécondes, Ôc en une féconde envi- 



\ 



yu Du Mouvement des Eaux. 
ron 714 pieds , qui eft une vitefTe moin* 
dre que la vitefle produite par la poudre 
* canon dans le canon. Mais comme il n'y a 
point de lieu acceflible de 1000 o pieds de 
hauteur 1 on ne peut voir l'effet de ces jets- 
d'eau, outre que cette hauteur de 10000 
pieds donnèrent par 1 pied d'ouverture 645U 
pouces à peu près qui fecoient une rivière 
trop contidefaole pour être fur une fi granr 
de hauteur* 

Il faut donc croire que les plus grands jets 
ne doivent pas aller a 300 pieds : car 1ère- 
iervoir étant a (> 00 pieds , il faudroit qu'il 
•fût d'environ 6 pouces de diamètre , & la 
conduite devroit être de 10 pouces de lar- 
geur , & il donneroit 1^118 pouces > qui eft 
encore une trop grande quantité d'eau 3 & 
ainfiil faut fe réduire à 100 pied* de hau- 
teur, Se a 11 ou 15 lignes d'ajutage: car quand 
même il iroit à 150 pieds , il ne paroîtroit; 
gueres plus haut à la veûë quand on en fe* 
zoit à 20 pieds de diftance. 



IL DISCOURS. 

De la hauteur des jep obliques >frde leurs 

amplitudes* 



L 



Es jets qui jailliflent horizontalement, 
oaobliquement comme dans la figure 






j 



IV. Partie» j*3 

fiivante , décrivent une ligne courbe qui 
eft une Parabole r ou une de mi- Parabo- 
le donc Torricelli a donné la demonftra- 
tion après Galilée : mais il faut faire ab- 
ftra&ion delarefiftance de l'air > routesfoi* 
fi les jets (ont foibfes > la ligne courbe 
fera fcnfiblement Parabolique , àcaufe que 
l'air refifte à une petite vitefle > Se que l'ac- 
celeration dèvkefle de la goutte qui tom- 
be , ou la diminution de celle qui jaillit* 
fe fait fenfiblement félon les nombres im- 
pairs. Et même dans les vitelfes médio- 
cres des jets , leur courbure approche fort 
de la Parabolt » parce que fi d'un côté la 
direction horizontale eft retardée peu à: 
peu , & ne va pas d'an mouvement uni- 
forme, aufli l'accélération ne va pas à la- 
fin de Ta chute félon les nombres impairs» 
Biais elle retarde par la refiftance de l'air, 
comme on Ta expliqué cy-devant , & ainû 
Fun des défauts recompexvfe.l'autse, Se com- 
me on le voit en la figure fuivante, ou la 
véritable Parabole eft ABC, fi en j pe* 
tits intervalles de temps égaux le mobile 
parcourt horizontalement les 3 efpaces* 
égaux AE,EG,GD^ qu'il parcourre 
en defeendant A I au premier temps -, I M 
qui contient trois fois A tau fécond temps V 
& au troifiéme M N qui contient 5. fois 
A I. Mais fi le choq de l'air fait que le 
mobile n'aille qu'en H au lieu d'aller en* 



5*4 2>* Mouvement' des Eaux. 

D * en ces tfois temps aufli fe choq' de 




Fait l'empêchera de defeendre dans îefc 
mêmes temps jufques en N & il n'ira 
qu'environ en K , & tirant ta parallèle K ~L 
qui coupera H F en L un peu au dedans 
de la courbe A B C, ta ligne courbe AOL 
qui fera décrite par ce* mouvement re- 
tardé en proportion ( ce qui n'efl: pourtant 
pas vray dans la rigueur ) fera une autre Pa- 
rabole intérieure a la pretiiiere A B C. De 
cette propriété des corps qui font meus dan» 
Pair , nous deduifbns les Problèmes, ûùr 
tans*. 



IV. Partie. 



w 



PROBLEME. 

gftant donné U hauteur médiocre £m re- 
fervoir, & le jet étant oblique trouver 
\oà il touchera le plan horizontal. 

Oit ÀlHe tuyau du iefervoir,C l'a- 
jutage* CD une ligne parallèle àAB* 



s 



A. D 




DE C un demi- cercle, donc H eft leçen* 
tf ç \ Galilée & Torricelly ont dcmontrç , 
que fi la dire&ioa du jet au fortir de l'ajuta- 
ge eft par la ligne C E qui fafle l'angle DCE 
avec la perpendiculaire DC de 45 degrés, 
ayant iCQofiSucIi Ç.pçrpen4ifiulaire à P C 



<* 



i%6 Du Mouvement des Eatex* 
jufques en F en forte que E F foie «gale au 
demi-diametre du cercle H E , le point F fe- 
ra le;fommct de la Parabole CFG décrite 
par le jet, comme ori le voit en la figure, 
CE feraia tangente de cette parabole-au 
point C \ & C G l'amplitude de la parabole 
double de H F ou C D. 

Que fi Ton donne une autre dirc&ion 
au jet comme C L , il faut abaifler la per- 
pendiculaire L M fur C D , & M L N étant 
double de ML, le point N fera le fom- 
met de la Parabole que décrira ce jet , 
dont C R fera l'amplitude égale à deux 
fois MN; & de même à l'égard de tou- 
tes les autres diredions. D'où il fuit que 
û l'angle LCEcft égal à l'angle E C O , le 
jet par la dire<5fciôn C Oira auffi loin que 
e jet par la dire&ion C L ; & Q^J3 P 
étant égale & parallèle à M L N , P fera 
le fommet de la Parabole de ce jet > & 
qu'elles fe rencontreront toutes deux dans 
la ligne horizontale C G au point R » 
puis-que leur amplitude C R quadruple, 
de M L ou double de M N , fera commune 
à toutes deux. 

• Les jets des bombes pleines de poudre 
fuivent les mêmes règles : doù il s'enfuit 
que fi l'on a trouvé par expérience qu une 
bombe , dont la dire&ion eft élevée de 45 
degrez , va jufques à 500 toifes de lon- 
gueur , -elle ira ^ejp^ndicuUirement ju£» 



* 

1 



IV. Partit. 317 

eques a 250 toifes : car fi C G cft 500 toifes , 
& que la bombe ait décrit la Parabole 
CFG, elle ne s'élèvera <ju'à la hauteur 
C D , laquelle cft le diamètre du demi- 
cercle , qui «par confequent fera 150 toifes 
moitié de l'amplitude C G de Ta Parabo- 
le CFG: mais il faut confiderer que la 
xefiftance de l'air change un peu ces me- 
fures.: cari! y a plus d'air à pafler par C F<ï, 
que par :C D , U bombe ira un peu plus 
prés du point D à proportion que du point 
G. Et par la même raifon & la direction 
de la bombe étoit CL,& qu'elle tombât 
au point R , elle iroit un peu plus loin par 
la direction C O , parce qu'il u a plus 
d'air à pafler dans la parabole CwR,que 
dans la Parabole C P R. Voici les expé- 
riences que j'en ay faites avec de l'eau, 
qui doit être plus retardée par l'air > qu'une 
balle de fer , ou qu'une bombe. 

Dans la figure predente fuppofons ABC 
un tuyau de 6 pieds de hauteur depuis la 
furface de l'eau à la hauteur de D dans le 
refervoir jufqu'à l'ajutage C* la direâion 
du jet C F G étoit de 45 degrez fur l'ho- 
rizon, & par ce que Ton vient de dire , C G 
qui étoit l'amplitude de la Parabole, dévoie 
ê:re de 10 pieds : mais le jet s'écartoit vers 
la fin , & celui qui approchoit le plus prés 
de 10 pieds, étoit de 9 pieds 10. pouces j 
Se par confequent ce jet ne m anquoit que. 



fit D* Mouvement des Eanx. 
de f-yc'êft à dire deux fur uo. Mais ayant 
fait des expériences fut de plus grandes 
hauteurs, le jetdiminuoit plus de ton am- 
plitude à proportion par la plus grande re- 
fiftance de l'air , & cette diminution fe doit 
faire à proportion de celle des hauteurs des 
jets , & ainfî il faudra prendre le double de 
la hauteur-perpendiculaire des jets pour 
fçavoir l'amplitude du jet Parabolique à 
l'élévation de 4$ degrex. 

Les jets de vif- argent font de même, 
mais leur extrémité s'écarte plus qu'aux 
jets d'eau, dont la caufe eft que le mercure 
fuperieur B F glifle fur l'inférieur CED 








par fa rencontre, & au contraire le merca^ 
re qui eft vers £ defeend par fa pefanteur , 
& par le choq de celui qui eft plus haut , 
ceft ce qui fait que les gouttes de vif-ar- 
gent font fort feparées les unes des autres 
entre D &F , & de haut en bas ; mais elles 
tic f 'écartent point en largeur. Et fi Ton met 
^ 1 i 



Ifc Partie. jzj 

Fceil dans le plan de la dirc&iondu jet, il 
ne paraîtra que comme un filet de la mè* 
me largeur par tout , laquelle il a à la fortie 
de l'ajutage , parce que ne s'ecartant point 
à la fortie, les gouttes les plus proches de 
l'œil couvrent toutes les autres qui font 
au deflbus dans tome l'étendue du jet. 

Pour prouver par expérience que les* 
matières les plus pefantes fojat leurs Para- 
boles plus grandes , j'ay fufpendu une balle 
d'acier à un fil de 42. pouces ou 3 pieds 
- de longueur , & l'ayant élevée par un are 
de 50 degrez , je la laiflay aller » elle revint 
après être montée de l'autre coté ,• à 4^ 
degrez 45 minutes \ Tare des 15 minutes 
qui manquoient , écoit de la largeur de 
& lignes , & par confequent il ne perdoit 
qu'une ligne & demie a peu prés en tom- 
bant jufques au point de repos. Je mi* 
enfuite une boulette de cire de même grofc 
feur chargée d'un petit poids , en forte: 
qifé fa pefanteur fpecifique étoit commç 
celle de l'eau ; & Uayant élevée à 50 dc^ 

frez. elle revint à 4 pouces prés au 1.™ 
attement -, elle perdoit donc 8 fois au* 
tant par la refiftance de l'air , que celle 
id'acier , ce qpi eft à peu prés félon les p ap- 
portions delà pefantepr (pecifique de l'eau 
a l'acier. 

Lors- qu'en un tuyau les ouvertures font 
.glus haute* Je* une* que. les autres ,&quç 



3;o DxmoHvemmtdt* E4H& 
les jets font horizontaux., on peut fçavoir 
la longueur des jets fur un plan horizon- 
tal pat les mêmes réglés en cette ma- 
nière. 
Soit A B C D un vaif&au cylindrique , 




ou d'une autre forme , perce en F & en G, 
l'eau étant toujours entretenue à la hau- 
teur de A B, H I eft un plan horizontal , 
& 1 on veut fçavpir où les jets F & G 
tomberont fur le plan . H I, On fuppofe 
que le côté du tuyau B F G H où (ont 

{>ercés les trous F & G , eft à plomb ; fur 
a ligne B H pour diamètre ayant décrit 



IV. PArtie* jji 

le demi- cercle BLKH, foie mené les per- 
pendiculaires F L , G K à la ligne B H juf- 
<qucs au demi-cercle en L & K , & ayant 
fait HI double de G K, & H M double 
de F L, les jets décriront les demi-pa- 
raboles G 1 & F M comme il a été dit cy- 
devant : d'où il s'enfuit que fi N eft le cen- 
tre du demi-cercle > le jet qui jaillira par 
N ira le plus loin de tous, puis- que la 
ligne N O qui eft lé demi-diametre eft 
la plus grande de toutes les ordonnées 
comme >G K,FL. Et ft Ion prend des 
hauteurs égales au deflus & au deflous dé N, 
les jets tomberont au morne point fiir la 
ligne horizontale H I. 

Si Ton veutfçavoir dans un vaifleau ou 
dans un refervoir A'BCD a quelle hauteur 
y eft l'eau , ii y faut percer un trou en quel- 
que endroit comme en G , & ayant marqué 
quelque point 1 où parte le jet , foit tiré la 
ligne I H de niveau pat le point: 1 , & par 
le point G la ligne G H perpendiculaire i 
1 H, Ayant coupé H I en deux également » 
dont Tune des moitiés foit GK, foit trou- 
vé îà ligne G W troifiéme proportionnelle 
continue après G H'&C G K, cette ligne 
GB eft la hauteur de l'eau dans le refer- 
voir au deflus de l'ouverture G , ce qui n'eft 
que la converfe de la précédente propofi* 
tion comme il eft aifé de voir , fi l'on fup- 
pofe que la hauteur du refervoir foit H B 



5)2. Du Mouvement des Ed*x. 
au deflus du plan horizontal HI,&lotf 
verture du jet foit en G : car félon les cie- 
mens de Géométrie, à caufe du demi-cercle, 
les trois lignes G H, G K & G B font en 
proportion continue , ce qui convient à ce 
que Galilée a démontré dans fa 5 mc pro- 
portion du mouvement des corps pouffez 
& jettcz , où il dit que les moitiez des am- 
plitudes des paraboles des jets font moyen- 
nes proportionnelles entre la hauteur de la 
demi parabole , & la hauteur de la liquem 
depuis louYeisure du jet. . 




; 



CIMgyiEME P'JRTIE.. 

DE LA CONDUITE 

DES EAUX. 

ET DE 

LA RESISTANCE 

DES TUYAUX 

» ■ ■ ■ .i 

PREMIER DISCOUUS. 

D$t Ttytux dt Cêndmte.. 

LOïs-que la conduite de l'eau qui fout- 
nitles jets pafle par un long tuyau fort 
ccroit , la vitefle de l'eau y eft arrêtée par 
Ifc frottement , dont on en a fait l'expérien- 
ce en cette forte. 

A B C D eft un tuyau de 6 pouces de dia- 
mètre & de 6* pieds de hauteur,; le tuyau 
G E a j pouces de largeur , & le tuyau G F 
un pouce. On avoit fait aux points H , I, L» 
crois ouvertures , celle qui étoit en H avoit 

x lignes , celle en I clignes * .& ia deimcxç 



$5*4 JP* Mouvement dès EÀuxi 

en. L en avçit & Dans l'autre branche F CL- 





lès ouvertures K,N, M étoient diipofées 
de mchie félon la grofféur des ouvertures 
a l'égard delà proximité du tuyau A B C D. 
lie tuyau A D étant plein , on laiflbit aller 
fuccefïïvement les j ouvertures H, 1 , L ; lès 
autres demeurant toujours fermées ,1c jet 
par L s'élevoit le plus haot j celui par I en- 
fuite, & celui par H jaillifToit le moins 
haut dès trois. De l'autre coté la grande 
ouverture M Jailliffbitle moins haut , celle 
en N un peu plus haut-, & la petite K la 
plus haute des trois ; la rai fonde ces effets 
ne fera pas difficile à connoître , fi l'on con- 
sidère , qu'il fort beaucoup d eau par les ou- 
vertures L&M, &.que pour l'entretenir 



K PkrtU* h? 

il' faut que l'eau aille beaucoup plus vice 
par le tuyau étroit que par le large , ce qui 
y caufe un frottement considérable > qui* 
recarde la vitefle de l'eau, & l'empêche de 
couler aflcz vke pour fournir l'ajutage*. 
Mais dans les ouvertures H & K comme, 
la vitefle; par le» tuyaux cft i<* fois moin- 
dre que quand: l'eau fort par L ic M , le 
frottement dans le tuyau étroit eft peu 
cohfiderablt, & ne retarde pas fenfiblcmert* 
le jet K.plus que le. jet H , & ils montent 
à peu prés auflfchaut l'un que l'autre : il s'en- 
fuit auffi que fi l'on diminue les deux trous . 
I & N , par exempte chacun d'une ligne , 
alors le jet par I montera moins haut qu'il 
ne fa i foi t , & celui par N, plus haut ', parce/ 
qu'il y aura moins de frottement dans le 
Canal F G qui furpafTe le défaut de lare- 
fiftanec de l'air?? & dans lé Canal C E cette - 
diminution de frottement ne fera pas con- 
sidérable > mais, la refiftance de l'air le fera 
un peu plus qu'au jet de 4 lignes ; c'eft ce 
qui a trompé plùfieurs perfonnes qui ont- 
fait leurs expériences dans des tuyaux 
étroits > . comme F G , & ils ont conclu . 
auffi-bien que la plufpart des Fonteniers > \ 
que l'eanollôit plus haut par des ajutages 
étroits , que par des larges ; ce qui eft contre 
là raifon & l'expérience , finon quand la .. 
conduite eft trop étroite. 
U arrive la même chofe quand les aju* 



jj£ Du Mouvement des Eaux. 
rages font longs de 6 à 7 pouces , ou mc> 
me de 1 à $. Car le jet fera plus haut par 
une (impie ouverture dans la platine qui 
fera d'une ligne ou d'une demi- ligne d e- 
poifleur : Ton en fera l'expérience facile- 
ment , (i l'on a un tuyau de 6 ou 7 pouces 
de largeur ABCD, & que dansilc tuyau 







Ê F fiiffitamment large on ak fait des ou. 
vertures égales en G ,. & en H ; la premiè- 
re ayant un ajutage GI, & l'autre n ayant 
que i'époifleur du métail ; Car l'on verra 

«Lue le jet par Q ira beaucoup .plu* haut 

9P* 



y. P*rtii> i$y 

que par Gl, & que plus on diminuera 
la hauteur de G I , plus fon jet approchc- 
ta de celui par H: d'où il fuie que les ajuta- 
ges longs que Ton met ordinairement à la 
gueule des Dauphins dans les Fontaines, 
font fort defeâueux , & quand même 
l'ajutage feroit un peu en cône, le jet ne 
laifle pas d'en être retardé : En voici une 
expérience : un tuyau de verre d'un piçd de 
hauteur & d'un pouce de largeur ayant 
fon ouverture de deux lignes & demie n'a 
faute qu'à 10 pouces \ quand il y avoit un 
petit cône : mais l'ayant fait fans cône , il a 
faute iufques à n pouces &c \ 

Pour régler la largeur des tuyaux de con- 
duite des eauxfelosn la hauteur des refer- 
voirs & la grandeur des- ajutages, j'ay fait 
Its ohfcrvations drivantes. 

Il y a à Chantil'y une conduite de tuyau 
faite avec des pièces de bois de chefhe 
percées > lés ouvertures font de 5 pouces de 
diamètre. La hauteur de l'eau du refervoir 
cft à 18 pieds & la conduite en pente juf- 
ques à un Canal horizontal , eft de prés de 
104 toifes. Le Canal ayant été mis à fec , 
on perça un des corps par le dcfïùs , & on y 
mit un ajutage de 10 lignes 5 l'eau étant 
retenue par en bas, le jet alla jufques à ij 
pieds , ainfi il y avoit quelque petit empê- 
chement dans là longue conduite & dans 
l'ajutage : car fuivant les règles il dévoie 

* Ff 



3}8 Du Mouvement des Eaux» 
jaillir jufques à 17 pieds à peu prés. Oh 
mit un aurre ajutage à 80 toifes plus bas 
dans la même conduire qu'on fit jaillir 
tout fcul , & il n'alla qu'à 14 pieds à peu 
prés , ce que Ton peut attribuer au défaut 
d^ l'ajutage qui étoit plus mal fait que 
l'autre. On laifla aller enfuite les deux 
ajutages en fcmble, Se lejetd'en-haut n'al- 
la qu à u pieds , & l'autre qu'à u -, ce 
v qui fit connoître qu'une conduite de 5 
pouces de largeur n'eft pas fuffifante pour 
un ajutage de 14 ou 15 lignes ,à cette 
hauteur de refeivoir , ou pour deux de 10 
lignes chacun. On referma les trous , & on 
laiffa jaillir le jet ordinaire , qui cft à côté 
du Canal & élevé de r ou 3 pieds plus 
haut à la même diftance du refervoir 
que le dernier trou -, le refervoir n'avoit 
que \6 pieds de hauteur à peu prés au def- 
fus de l'ajutage qui étoit en cône , & de 
ii lignes de diamètre ,• il jaillifloit d'en- 
viron 14 pieds , au lieu de 15 pieds un 
peu plus félon les règles , ce qui provê- 
noit fans doute de l'ajutage fait en cône , 
comme il a été démontré. 

Jay fait d'autres expériences avec le 
même tuyau de 50 pieds , dont il a été 
parlé avec (on tambpur au deffus , qui avoic 
un pied. On y attacha en bas une con- 
duite horizontale' de même largeur de 5 
pouces, &' de 40 pieds de longueur > Ôc- 



v Vm Partie. 359 

l on mit à l'extrémité un ajutage de 6 li- 
gnes, & le jet jaillit auffi haut que quand 
jl netoit qu'à un pied du tuyau montant, 
le jet fit auffi les mêmes effets , à fçavoir 
<ju après avoir jailly d'abord à une certai- 
ne hauteur , il diminua peu à peu d'envi- 
ron un pied-, & l'eau étant arrivée au bas 
<ta tambour ,1e jet s'éleva de nouveau, & 
alla un peu plus haut qu'au commence- 
ment ,& ainfi une conduite horizontale 
de 40 pieds de longueur , & de 3 ponces 
c|e largeur ne diminua point un iet de 6 
hgnes d'ajutage. 

On a trouvé auffi par expérience qu'un 
ajutage de 7 lignes n'a point jailli moins 
haut que celui de 6 lignes à 35 pieds de 
refervoir avec une conduite de 3 pouces , 
& ainfi que le tuyau de 3 pouces pouvoit 
avoir -5a pieds de hauteur pour un ajuta- 
ge de 6 lignes : On peut donc prendre 
pour fondement, qu'un refervoir de 51 
pieds doit avoir un tuyau de conduits de 
3 pouces de diamètre quand l'ajutage eft 
de 6 lignes , & que le jet montera à toute 
h hauteur qu'il doit avoir. 

Pour comparer la largeur de certe condui- 
te & celle qu* doivent avoir les rcfetvoirs, &c 
ies largeurs des ajutages , on fera cette rè- 
gle de proportion. 

Comme le nombre des pouces que don- 
nent les jets eft 

Ff ij 



?4<> "©* Mouvement des Eaux, 
au nombre des pouces d'un autre jet > 
anifi le quarré du diamètre de la conduite 

du premier, eft 
au quarré du diamètre du tuyau de con- 
duite de l'autre. 

Cette règle eft fondée fiir ce qu'il faut 
que la viteflè de l'eau coulante ibit égale 
dans les deux conduites , afin qu'il ri*y aie 
pay plias de frottement en Tune qu'en Vau- 
tre. Or fi le nombre des pouces eft quadru- 
ple, il faut que la furface du diamètre 
de la conduite foi t quatre fois plus grande, 
afin que la viteffe dans les tuyaux (bit 
égale. 

Suivant certe reg'-e fi -fon veut fçavcir 
quelle largeur de conduite il faut donner 

(>our avoir un jet de,ioo pieds par n 
ignés d'ajutage* il faut prendre ci pieds 
de hauteur, qui par un ajutage de "6 li- 
gnes ayant le tuyau de conduite de 3 pou- 
ces de diamètre > donne 8 pouces > & 
parce que fuivant la table des hauteurs 
des jets le refervoir de 100 pieds de jet 
doit être à 133 pieds j , on dira que com- 
me 52. eft à 13$ , ainfi 64 quarré de 8 
eft à 170 9 Se la racine qnarrée de 170 
étant 13 i peu prés , l'on voit que le re- 
fervoir de 133 pieds par 6 lignes donnera 
13 pouces & par 12 lignes d'ajutage 52. 
pouces d'eau : donc comme 8 à 52 , ainfi 
9 quarré de 3 , qui eft Je diamètre de la 



r 



Vr Partie. 541 

conduite, doit être à 58 i dont la racine 
quarrée eft 7 | à peu prés, qui fera le dia- 
mètre de la conduite que 1 on cherche , 
mais pour plus grande feureté on peut lui 
donner 8 pouces. 

. Lors-que les ajutages font inégaux, & les 
hauteurs des refervoirs égales , il n'y a eu' à 
faire les diamètres des conduites en même 
rai ion entr'elles , que les diamètres des aju- 
tages: car alors les frottemens feront égaux, 
& l'eau ira plus vite dans Tua des tuyaux 
qu'en l'autre, en voici un exemple, 
v Un tuyau lie 13- pic -.1s de hauteur don- 
ne 1 pouce par $ lignes t donc par 6 li- 
gnes il donnera 4 pouces -, & par confequenc 
fi la conduite demeure de rrême largeur, 
l'eau ira 4 fois plus vîre , & auroit quatre 
fois autant de frottement •, il faut donc 
pour la faire aller auffi-vîte,quelequarré 
du diamètre dé fa conduite foit quatre fois 
plus grand , & pour lors la racine de ce 
quarré fera à la racine de l'autre comme 
6 à }. 

Il arrive un effet allez furprenant dans 
la conduire de quelques tuyaux de Chan- 
tilly •, ces tuyaux qui font de bois podjflTez & 
mis l'un dans l'autre paffent par un petit 
étang , & enfuitepar un long Canal $ d'eù 
il arrive que fi Ton ferme tout à coup l'en- 
trée du refervoir , & que l'eau ne coule 
plus dans le tuyau de conduite , ce jet de 14 

Ff iij 



34* 2?# Mouvement des Eattx. 
pieds ne ceffe pas tout- à-fait : mais il con- 
tinue à jaillir à plus de deux pieds fans dif- 
continn.ition ; fuppofant que l'entrée du ie- 
fer voir fût bien fermée Ton pourroit attri- 
buer cet effet à ce que l'eau s'écoulant avec 
grande vitefle, le poids de celle de l'étang 
& du Canal fait un peu entrouvrir les 
corps des tuyaux qui entrent l'un dans 
l'autre , & il fe fait une petite afpiration 
d'eau, de même qu'il fe fait une expira- 
tion d'air affez fenfible quand ce tuyau de 
conduite étant vuide , on y fait entrer tout- 
à-coup l'eau du refervoir : car alors l'air 
étant preiïc force les tuyaux, &je fait un 
peu de jour entre ceux qui font emboîtez 
l'un dans l'autre. Or l'afpiration qui fc fiât 
d'un peu d'eau de l'étang & du Canal , 
efi: aflèz grande pour fournir ce jet de * 
pieds. 

Il arrive encore au même jet un autre 
effet extraordinaire qui eft , que fi Ton met 
la main fur l'ajutage, 8c qu'on l'y tienne 
jpendant 10 ou u fécondes, l'eau ne jaillit 
point d'abord qu'on ôte la main , & com- 
mence peu à peu à s'élever à 3 pouces , 
puis à 1 pied , & enfin à i fucceflivement 
dans un temps ^onfiderable. J'ay veu le 
même effet dans une eau qui couloir ho- 
rizontalement par un tuyau de cuivre : 
car l'ayant fermé avec la main dans la- 
penfée que cate eau étant retenue un 



r- 



V. PArtit. 3 4 

peu de temps, cfie ferait un^pHis grand 
cffbrr, & jailliroit plus loin * je fus furpris 
qu'il ne coula pas prefque d'eau d'abord : 
mais enfin peu à peu elle, reprit fa force 
ordinaire- , voici comme j'explique cet 
effet; 

Dans le Canal de Chantilly qui a une 

?ente très- petite jufques à-go toifes du jet , 
eau y couleroit très-lentement fi elle n'é- 
toit pouflee par l'eau fupericure dont la 
pente eft plus roide. Or fi l'on fuppbfe que 
t ABCD foit la pente roide , & que le Ca- 





nal ne foit qu'à demi-plein , comme de- 
puis C D jufques à F G , Te au y coulera 
affez vîte & pouffera avec la même inu 
preflîon celle qui eft en G H DE, & par 
le mouvement qu'elle auraacquife/lansce 
chemin , elle fera portée affez vîte jufqu'à 
Tentrée de l'ajutage I L qu'elle remplira 
entièrement *, & étant choquée par celle 
qui fuccede, elle s'élèvera jufques à i pieds» 
mais lors- qu on la retient, on arrefte fon 

': Fr in j 



344 £* Mouvement des Eaux. 
mouvement , & même elle reflue versr 
B G D en s'élevant vers le haut du tuyau 
proche de C,cc qui fait que cette eau étant 
dans Ton mouvement , & fa moindre hau- 
teur en B étant moindre que la hauteur du 
point L, elle ne peut faire d'effort pout 
couler ou pour jaillir,qu'aprés que le mou- 
vement commence à fe faire enfuite du 
premier écoulement qui eft tres-lent. 

Il faut éviter de faire les tuyaux de con- 
duite coudez à angles droits; car l'eau dans 
fon mouvement heurtant contre la partie- 
du tuyau qui lui eft oppofée , le met en 
d .mg?r de crever , & elle eft retardée con- 
fi Jerablement par cette rencontre. 
'" * Si Ton veut que l'eau jailliffànreconfet- 
V d fa force par plufieurs années >ii faut tCr 
n ix les conduites un peu plus larges que fet 
lc>n le calcul qui en a été fait : car il s'y 
a i^nafle de la bouc , & des ordures qui re- 
tardent un peu l'écoulement , & même il 
y a des eaux qui emportent avec elles des 
.atomes pierreux r qui venant à s'a: tacher 
enfemble , forment des pierres qui bou- 
chent la conduite: j'en ay fait l'obferva- 
tion dans l'Aqueduc d'Arcuëil, & Ton voit 
proche de l'Obfervatoire dans le grand re- 
gard où fe fait la feparation des eaux , un 
baflin qui a un gros jet au milieu d'un de- 
mi- pied de hauteur, Ia ; circonférence de 
ce baffin eft de cuivre, ou l'on a fait plu- 



r 

V. Partfa 345 

fieurs ouvertures circulaires d'un pouce de 
diamètre pour faire connoître la quantité 
d'eau qu'il y a dans l'Aqueduc ; mais peu à 
peu il s'eft amafle dans ces ouvertures une 
matière pierreufe qui les a enfin bouchées 
entièrement fans que l'eau y puifle plus 
paffèr, ce qui cft aflèz furprenant : car ri 
femble que l'eau coulante devroit empor- 
ter les ordures qui s'y pourroient amaffer. 
Cela fe fait die la même manière qu'il s'a- 
mafle de la neige à côté ou fur les bran- 
ches des buiflbns quand il fait brouillards 
pendant un grand froid t Car leventpor* 
tant de petites parcelles ou atomes de va- 
peurs glacées > les introduit dans quelques 
Jïprcs de ces branches * & les premières re-* 
tiennent & accrochent ceux qui fuivent, & , 
enfin il s'y en fait un amas de 2 ou 3 pouces 
de hauteur. De même l'èau chariant de 
petits atomes de pierre dont elle fe char- 
ge en paflànt par les terres , en fiche quel*, 
ques-uns- dans les pores du métail , de un 
autre qui fuit fe joint au premier félon fa * 
difpofition & (à figure. Il en pafle beau- 
coup qui ne s'y attachent pas :-mais par une 
fuite d'années il s'y en amaffe enfin aifez. 
pour boucher entierem?nt les ouvertures, 
comme fi c'çtoit nae feule pierre aflez du* 
»e , en forte que l'on eft obligé tous les $0 
ans environ de relever tous les tuyaux &C 
dq les refaire à neu£ 



34^ Du Mouvement des Eaux. 

Lors-que la conduite 4c l'eau dans un- 
tuyau large fe fubdivife en plufieurs con- 
duites pour faire plufieurs jets , il faut con- 
fiderer tous les pouces d'eau que doivent 
donner cnfemble tous ces jets pour détermi- 
ner la largeur du grand tuyau de conduite , 
& il les faut réduire enfuite par le calcul à 
une feule ouverture de jet. 

EXEMPLE. 

LA principale conduite d une eau fe di- 
vife en fix tuyaux , dont il y en a deux 
qui ont chacun 3 lignes de diamètre d'a- 
jutage > deux autres qui en ont chacun 5 > 
an qui en a 6* & un autre qui en a 8, la 
hauteur durefervoir eft fuppofée à 51 pieds : 
dons fi le* conduites, font fuffi&mment 
larges > & qu'il y ait aflèz d'eau dans le re- 
fèrvoir pour fournir à toute la depenfe , les 
ajutages de j lignes donneront 1 pouces jcha- 
eun ielon les règles & les tables qu'on a 
données cy-dcflus ; ceux de 5 lignes donne- 
ront chacun 5 pouces i , celui de 6 li- 
gnes donnera 8 pouces , & celui de 8 li- 
gnes donnera 14 pouces Se £ , la fomtne de 
la depenfe d'eau de tous ces jets fera donc 
de 37 pouces | : c'eft pourquoi fuivant la 
règle précédente pour 52 pieds de hauteur 
de refervoir le diamètre de l'ajutage doit 
être au diamètre du tuyau de conduite corn- 
me-6 lignes, à 3 pouces, ou bien commet a 
* qui eftla même raifoni 



P". Partie. 347* 

Mais comme dans cet exemple, nous 
n'avons que la dcpenfe de l'eau qui eft de 
37 pouces, & j à la hauteur de 51 pieds 
de refervoir-, il faut chercher quel feroit 
Je diamètre de l'ajutage qui fourniroit cet- 
te quantité d'eau j ce qui fe fait par la 
règle de la mefure des eaux jailliffantes de 
la féconde Partie, & l'on trouve 13 lignes 
à trcs-peu prés > on fera donc comme 1 eft 
à 6, ainfr 13 à 78 lignes de diamètre du 
tuyau? de conduite de toute l'eau : ou bien 
6 pouces | & chacune des conduites pour 
3 lignes de diamètre d'ajutage auront 1 pou- 
ce ~ de largeur ; car par la règle précédente 
les diamètres des tuyaux de conduite font 
entr'eux en même raifon que les diamètres. 
des ajutages, la hauteur du refervoir étant. 
la même * chacune de celles qui portent des 
ajutages de 5 lignes auront i pouces ~, pour 
celte de l'ajutage de alignes 5 elle aura 3 
pouces de diamètre, & celle de 8 lignes, 
aura 4 pouces. Et fi l'eau du refervoir peut, 
donner ou fournir yj pouces ces jets iront 
continuellement. On remarquera que le 
jet de 8 lignes d'ajutage ira, le plus haut de 
tous , & pour fçavoir fe hauteur ; on trou- 
vera dans la table de la 1 mc règle du pre- 
mier difeours de la quatrième partie , qu'un 
jet de 50 pieds doit avoir pour la hauteur de 
fbn refervoir 58 pieds 4 pouces > c'eft pour- 
quoi le jet eft entre 45 & 5a pieds , & fort 



J4$ T)u Mouvement des Eaux. 
proche de 45 y Se fi 1 on fait lé calcul pttfi 
règle pour le jet de 46 pieds de hauteur , on 
trouvera 51 pieds - pouces pour lia hauteur 
du refervoir \ d'où l'on peut conclure que le 
jer n'arrivera pas tout a fait à 46 pieds, quoi- 
que le refervoir foit de 5 1 pieds de hauteur. 



.**. 



IL DISCOURS; 



De la force dès Tuyaux de conduite , & ds 
fepoijfeur qnïls doivent avoir futvant. 
leur matière & la hauteur des refîrVoirs* 

LOrs-que les refervoirs foin fort élevez 
ou qu'on fait une conduite d'eau ici- 
puis quelque lieu fort haut» les tuyaux de 
conduire (ont fouvent en danger de fe 
rompre principalement fî là conduite fe 
fait par des valées profondes "5 & ce feroit 
une chofe très fâtheufe, fi après avoir foi* 
beaucoup :1e dépen *e , quelques tuyaux ve- 
noient a crever, foit par te défaut de la 
fôudure ou de (a foiblefTe des tuyaux: il 
faut auflî éviter d'employer trop de plomb 
ou de cuivte , pour donner des grandes 
époi fleurs aux tuyaux lors-que les ép f- 
feurs médiocres- fufHfent ; voicy ce qu'on 
pourra obferver fur cetre maticte. 

Les corps folides & fermes refirent à 
être rompus par les petits liens & enibar- 



V. Vurtttl $49 

ras de leurs particules qui fontentrelaçéci 
les unes dans les aunes , il y a des ma- 
tières faciles à rompre comme la glace , Se 
d'aurres qui feiompent difficilement, com- 
me le fer , le marbre Sec. 

■On appelle U-refi- 
ft.ince abfolu'é d'un foli- 
de* à être rompu i lors- 
qu'on le lire pour le dé- 
chirer ou rompre : ainfi 
fi l'on fufpend un cylin- 
dre de bois AB par des 
coxdes-à une pourre par 
le moyen d'une grofle 
tête A , & qu'on arrache 
vers fa bafe B des cordes 
qui fufpendent un poids 
C de iooo livres , qui 
puifle rompre ce cylin- 
dre vers D ou plus haut 
ou plus bas en déra- 
chanr & feparant fes 
parties entrelacées, on 
dira que fa rcfilhnce ab» 
foluè' cil c!e iooo livr. 
Par la mftne manière on 
fçaura la refrflance abfo- 
luë d'une pcriie bande 
de papier , lï l'on fait 
deux anneaux aux exrre- 
mitez en repliant les 



350 Du Mouvement des Eaux» 
bouts & les collant à la bande, &paffat\t 
dans ces anneaux vers I & L deux bacons 
G H , M N : car ayant fufpcndu au bâton 
M N le poids O par les cordelettes K & X > 
fi cette bandelette fe rompt comme en? 

par ce poids precifé- 
çient lors-qu'il fera àt 
4 livresjon dira que la 
refiftance abfoluë de 
cette bandelette cft 
de 4 livres. 

Galilée a fait un 
Traité delarefiftancc 
des folides, où il don- 
ne la même définition 
de la refiftance abfo- 
luë , & il explique a 





fa manière la force que doit avoir un poids 



! 



xV* Partie. 551 

lors-qu'il cft (ufpcndu à l'extrémité d'un fo- 
lide fiché dans un mur , comme fi le mur cft 
A B & le folide CDEF , & que le poids G 
foit fufpendu en F par la corde F G , il dit 
que la longueur F D cft comme le bras d'un 
levier , & quel'époiflTeur CDeft comme le 
contre-levier , en forte que fi on veuloit fe- 
parer une partie qui cft en C & que fa refî- 
ftance abfoluë fût de 10 livres > il faudroit 
que le poids G fût feulement de 2 livres , fi 
la longueur F D étoit 5 fois plus grande que 
DO.mais en confiderant une autre partie 
comme I également <diftante de C & D , il 
ne faudroit qu'une livre en G , parce que le 
levier F D feroit alors 1 o fois plus grand que 
le contre-levier DI;& parce qu'il fuppofe 
que la rupturofe fait en même temps dans 
toutes les parties de CD dont les unes (ont 
entre D & I & les autres entre I & C , il 
prétend qu'il faut confiderer l'augmentation 
de la force du poids félon la raifon de F D 
à la moyenne oiftance D I , ce qui pourtant 
répugne à plufieurs expériences que j'ay fai- 
tes avec des folides de bois & de verre , où 
j'ay 'trouvé qu'il falloit prendre la raifon de 
E D à une ligne moindre que D I , comme 
le quart de D C ou le tiers &c. & non de 
F D à la moitié de D C. Pour trouver cette 
proportion Se réfuter celle de Galilée , jp 
fais les raifonnemens qui fuivent, 
Je fuppofe premièrement que le bois , le 



j^i Bu ModvtmtMtdesE/tHX. 
fer & les amies corps folides ont des fibres 
& des parties rameufes entrelacées les unes 
dans les autres , Se qui ne peuvent le feparer 
que par une certaine force & qu'elles font 
toutes cnfemble la fermeté -8c refiftanec de 
ces corps à être rompus quand on les tire 
.perpendiculairement de haut en bas félon 
leur longueur. 

1. Que" ces parties peuvent s'étendre plus 
ou moins par ae differens poids , & qu'en- 
fin il y a une extenfion qu'elles ne peuvent 
foufrar fans fe rompre , en forte que s'il faut 
qu'un folide de bois (bit étendu de deux li- 
gnes pour êirc rompu, & qu'un poids de ;oo 
livres puifïi f.tiie certe extension , un poires 
de 115 livres ne i s fera étendre que d'envi- 
ron une demi ligne , un de 150 lignes , que 
d'environ une ligne &c. & qn'ainfi chaque 
extenfion fera équilibre avec un certain 
poids.' 

Cela étant fuppofé, (bit confiderée la ba- 
lance ACB tournant fur l'appuy C char- 




gée à fon extrémité B » d'un poids F faifanc 
équilibre avec les j poids égaux G H I la di- 

ilaiicc 



V. Partie. ?5J 

(lance BCeftaCE comme n i i , C D eft 
double de C E , & C A double de C D : Or 
file poids Geft de u livres , il faudra un 
poids en F de 4 lignes pour le foûtenir , 
puilquela diftance B C eft triple de C A , il 
ne faudra que i livre* en F pour foûtenir le 
poids H , & une livre feulement pour foû- 
tenir ft^poids I , Se par ce moyen un poids 
de 7 livres en F fera équilibre avec ces $ 
poids chacun de n livres en G , H & I : 
fi donc on ajoute un petit poids en F 5 les 
3 poids s'élèveront ', & quoy qu'ils s'é- 
levenc inégalement x chacun agira par une 
pefanteur de n livres feloa leur diftance 
du poids C , mais il n'en eft pas de même 
des parties d'un folide qui fe rompt tranf- 
verfalement : Se pour le faire voir , 

Sugpofons que FC foit de n pieds, 



$ 



A. 



I 




K 



EL 



H 



B C 



L *L 




C A de quatre , C E de i , 8c C B d'un pied* 
& que le fohde ADCN foit joint au folide 
AC P Qjiicbranlable , pat les 3 cordelettes 
égales Se également fortes D ï , G L , H M*. 






354 & H Mouvement des Eaux. 
un peu tendues qui paflent au travers des 
petits trous dans le folide ACPQ& nouées 
par defflis l'autre > comme on le voit en la 
figure •, foit encore fuppofé qu'afin que cha- 
que cordelette foit prête à fe rompre , il fail- 
le qu'elle foit étendue de i lignes, plus 
qtt'cle n'eft, & qu'un poids R fufpendu-en 
F de 4 livres , puiflfe être aflez fort pour ré- 
duire la cordelette I D à cette extenfion de 
i lignes,& qu y ajoutant uo tres-pétit poids, 
elle doive fe rompre, il eft évident qu'il 
faudra deux livres en R pour étendre de i 
lignes la cordelette L G étant feule & une 
livre feulement pour étendre de même la 
cordelette H M , fi le centra du mouvement 
eft en C : Mais parce que lors que la cor- 
delette D I eft étendue de i ligues , la cor-, 
dcleite G L , n'eft étendue que d'une ligne, 
& la cordelette H M d'une demie ligne, 
quand on les tire tontes enfemble, il s'en- 
fuit par la i mc fuppofition qu'un poids d'en- 
viron une livre fera alors équilibre avec la 
tenfion de la cordelette G L qui n'eft que 
d'une ligne, & qu'il ne faudra que 4 onces 
pour faire équilibre avec la tenfion de la coi* 
delette H M quoi que fa refiftance totale de 
cette dernière foit d'une livre ; & par con- 
fequent pour réduire les trois cordelettes 
en cet écat , il fuffira que le poids R (bit de 
5 livres ^ , & que fi on y ajoute un très- petit 
poids , la cordelette D I fe rompra & prêt 



V. Partie* 355 

que en un même moment les deux autres , 
parce qu'elles refiftent beaucoup moins que 
les trois enfemblc. 

Appliquons maintenant ces raifonnemens 
au folide ABCD fiché perpendiculaire- 



H 



E 
A 



4& 
1 *H 



I 



D 
O 




ment dans le mut E A DO , & fuppofbns 
que fi on le tiroit de haut en bas perpendi- 
culairement, il fallut 600 livres pour le 
rompre , je dis que fi A D eft divifé en trois 
parties égales par. les points G, H , & que C 
1) foit à D H , comme 60 à l'unité , il fulfi- 
ra que le poids L foit deio livres pour rom- 
pre le folide , au lieu que félon Galilée il* 
fàudroit qu'il fût dé 15 livres , puifque C D 
cft à D I moitié de D A comme 60 à un St 
demi ou 40 à l'unité, Se que 600 eft le pro- * 
duitde 15 par 40. 

Pour prouver cette propofîrion* fuppo» 
ions cojnrae il a été . expliqué cy-devaar 



j$ 6 Du Mouvement des Eaux* 
que la fibre vers A fe doive étendre de i& 
parties très- petite s pour erre rompues , & 
qu'il faille une pareille extenfion pour rom- 
pre les fibres vers G , I , & H , Ueft évident 
que ces dernières ne r efifteront pas de toute 
leur force pour empêcher la rupture'de la£- 
bre vers A , & que fi elles refiftent à'propor- 
tion de leur diftance du point D , & s'il fitut 
16 livres en L pour rompre là fibre en A , il 
en faudroit feulement n pour rompre la fi- 
bre en G , 8 pour rompre la fibre en I > & 4 
pour rompre la fibre en H ; mais pirce que 
quand 1/fibre en A fe rompt , La fibre en G 
xe fera étendue que de 11 parties , celle en I 
que de 8 , & celle en H que de 4 , ce qui fait 
encore une autre raifon lemblable v & ainfi. 
au lieu de 12 livres pour rompre la fibre vers 
G. Une faudra que 9 livres fçavoir ks^- de 
ii , & 4 livres pour rompre la fibre vers H. 
Or 12 eft moyen proportionnel entre t6 & 9, 
& 4 entre 16 Se 1, Se par confequent ce* 
nombres 1 , 4 , 9 , 16 étant quarrez, fi Ton 
conçoit que la longueur AD foit divifée à 
Tinfiny , lès refiftaftces de toutes les fibres 
feront en la proportion defr quarrez de fuite 
depuis l'unité > fnais fi on prend tels nom- 
bres de quarrez qu'on voudra de fuite com- 
* * mençant à- l'unité , trois fois leur fomme 
moins le nombre triangulaire , qui correC- 
pond au dernier terme de la Progreflîon „ fe- 
ra égal au produit du plus grand quatre par 



V. Ptrtie. ffî 

le nombre de la Progreffion commençant à * 
zéro , & ce nombre, trianglaire excédant 
fera à ce dernier produit félon la Pra* 

greffion à l'infiny fri'Htf ^ c# c * ont cet 
excées à l'infiny fera comme rien, & par 
confequent tous les quarrez ir l'infiny» ne 
feront enfémble que le t'ers d'autant: de 
quarrez égaux au plus grand y en ajoutant 
un pour le i ei terme zéro de la Progreffion, 
de même que fi l'on prend une Progreffion 
de fuite > o , i , 1 , 5 , 4 , 5 , 6 * &c. La fom» 
me de tous ces nombres eft la moitié du 
produit du plus grand par le. nombre de la 
Progreffion,. 

Pour prouver par induttion cette pror 
prieté des quarrez de fuite , prenons l'uni- 
té qui eft le i er quarré , le triple de l'unité 
cft 3 , l'unité multipliée par les nombres 
des termes de la Progreffion, 0,1, eft 1 
qui eft moindre que 3 du tf r nombre 
triangulaire 1 qui eft ~ du nombre 1 , 1 Se 
4 enfémble font 5 , trois fois 5 eft 15 , le 
produit par la Progreffion o, 1 , 2 eft 12. 
moindre que 15 de 3 qui eft le- fécond 
nombre triangulaire & qui eft - de ix> 
5$ eft la fbmme des 5 premiers quarrez , 3 
fois 55 eft 165 , le plus grand quarré 2$ 
multiplié- par les 6 termes de la Progref- 
fion , 0,1,2,3,4, 5 , 150 moindre que 
ju>5 de 15 qui eft .^ de 150. 

Pour fçavoir fi l'expérience (croit con-j 



y Du Mtttvemtat dés Eattx- 
rme à ce raifonnement , je fis tour- 
r au tour deux morceaux de bois fort 
;, l'un d'eux reprefenté par AB- avoir â 



i extremîtez deux petites boules & le 
fte C D étoit uniformément épais de 
jis lignes ,. l'autre E F étoit en toute fa 
ngueur épais de $ lignes ; je mis le bout 
: ce dernier jufques au point G dans Un 
tit trou fait dans une poutre, & il le 
mplifloit exactement , & j'attachay ' à 
utre bout un poids de (îx livres en P , 

diftance G F étoit de 4 pouces- ou 48 
;nes , Se par confequent elle érott 48 
is plus grande que le tiers de l'époilïcui 
1 bacon cylindrique GF, puifque ce riets 
écoit que d'une ligne , & félon Galilét 
. proportion du poids étoit augmenté* 
: fois, mais le bâton fe courba un peu 
: la diftance ne fut plus que comme je 

1 à peu prés , le poids I de fis livre: 
ifpendu au point F fit rompre le bâror 
1 point G : Or fi la force de ce poids n'eû 
[é augmentée que de jo fois , il ne de- 
oit faire qu'un effort- de 180 livres qu 



V. Partie i HT 

eft le produit de 30 par 6, je fufpcndis 
enfuite le bâton A 6 par quatre cordelet- 
tes attachées à une petite corde qui faifoiû 
deux tours autour du col D & étoit re- 
tenue par la boule BD, &j'accommoday 
de même quatre autres cordelettes à' la 
boule C A pour fufpendre un poids de 180 
livres qui devoit rompre le bâton A B , le 
tirant en bas perpendiculairement , fi la 
règle de Galilée eux été véritable , mais il ne 
4e rompit pas. L'expérience fe fit en prefen- 
ce de Mrs de Carcavy , de Roberval > & 
Hugcns , je fis ajouter des poids de 10 
ou 11 livres les uns après les autres > 
& enfin quand il y en eut. en tout en- 
viron 330 livres, il fe rompit au point H.. 
Or fi l'on prend la proportion de 47 a.i 
(qui eft le tiers de Tépoiffeur ) à caufè que 
le bâton fe courba un peu avant quedefe 
rompre, le produit de 47 par 6 eft %$i au 
lieu rde $30 , mais il y a apparence que fi 
on y eût feulement mis 500 livres, &• 
qu'on les y eût laiffees quelque, temps com- 
me on laifla les 6 livres en I , il fe fût rom- 
pu de même , mais enfin la proportion 
fut beaucoup plus grande que de 30 à u 
& il ne manqua qu'environ y qu'elle ne 
fut comme 47 à 1, ce qui put arriver à 
caufe que le- bâton G F étoit peut-être 
plus foible vers, le point G ou un peu plus 
épais : on recommença l'expérience- en 



'o Dh Matvtm^nt des Eaux. 

li liant une grande époi fleur aux deux bouc 
u bâton E F , laiflant feulement deux pou 
es de G vêts F afi;i que cette partie fe cour 
âc fort peu. Je me fer vis- enfuite de quel 
ues canons de verre folids de i de-ligne 
'époilfeur, & je trouvois toujours à pet 
tés qu'il ftilloit prendre la proportion dt 
. longueur du cylindre de ve.re au tiers 
e fon épo'lfeur & dans une expérience 4 
l félon Galilée il n'eût fallu que 30 li- 
es pour rompre la perte verge de verre 
:uée perpendiculairement de haut en bas , 
y en fallut fufpendre 50 1 le fleur Hub in 
ulroit de petites bc. les de verre aux deux 
ducs du cylindre pour le fufpendre. 

On peut objecter que dans le bois ou le 
trreou les métaux , il n'y a tien qui s'é- 
ndc avant la fraction ; je demeure d'ac- 
rd que l'extenfion du verre n'eft pas fen- 
ile, mais celle des métaux fe reconnoît 
r ém-nt en ce que les cordes de claveflîrt 

quelq.ie métail qu'elle foient s'étendent 
ifiblemem; d'où il s'enfuit qu'un cylin- 
e d'un pouce d'épiifleur doit s'étendre: 
flî , mais il faudrait un poids de plus de 
00 livres pour l'étendre fenflblemcnt : 
[ puis qu'une boule de vetre & d'acier 
nfbnce par le choq , & fè remet en fa 
■ figure , elle peut anffi s'étendre. Si on 
iTe tombci- un cvlindre de bois fecd'un 
uce d'epoifleur fut une pierre plattcil re- 
bondit, 



P. Punie -jtft 

bbndit , &|^ar confcqucnc il a reïïbrt > & fes 
parties fouf&ent cxtenfion & prefTement » 
& parce que l'expérience fait vqir qu'un pe- 
tit bâton qu'on plie pour le rompre, fe 
refîecrant vers la concavité de fa courbure , 
s'étend nécessairement vers la convexité 
avant que de fç rompre : de là on peut con- 
clure qu'il faut un effort pour faire la corn* 
preffion vers la.concavité. 
. Cela étantfuppoféjiïAB CDcftunbâ* 




Àm~* 




ion quarré fiché dans un mur > on peut 
concevoir que depuis D jufqu'à I, quieft 
4a moitié de l'époifleur A D , les parties fe 
-preflent par le poids L , celles qui foiK pro- 
ches de D davantage que celles veis I,& que 
4cpuis I jufques a A elles s'étendent , com- 
me il a été expliqué , & l'on pourra appli- 
quée le même rai (bnn cirent des corde- 
lettes à la partie l A •> d'où il s'enfuivra^que 

Hh 



$it Dh Mouvement d*s Eaux* 
comme la longueur I F eft au tiers de l'é- 
poifleur I A , ainfi fera augmentée la force 
du poids L pour rompre le folide , & com- 
me il faut plus de force pour prefler les par- 
ties vers D que vers H , fi on fuppofe que 
cette force diminue félon la fuite des nom- 
bres jufques à l'unité , il faudra encore la 
même proportion de la longueur I F au 
tiers de la largeur D 1 pour faire ce prefle- 
menf)& comme il eft tres-vray fembbble 
que ces preflemens refiftent autant que les 
excenfions , & qu'il faut un même poids 
pour les faire , ces extenfions , & cçg com~ 
preflîons parrageront la force du poids L , 
ajoutant le tiers de l epoifleur I A au tiers 
de Pépoifleur I D , le tout fera égal au tiers 
de toute l'époifleur A D > d'où il s'en fui- 
vra la même chofe que fi xoutes les par- 
ties s'étendoient : donc pour réduire Tex- 
teofion vers les point A à la rupture , il faut 
que le poids L (bit un peu plus de io livres 
pour rompre fe folide A B C D , fi la lon- 
gueur C D eft au tiers de Tépoifleur AD, 
comme i à jo , & qu'il faille un peu plus 
de 300 livres pour le rompre en le tirant 
de bas en haut : car la même chofe doit 
arriver pour l'effort du poids , que fi les par- 
ties entre ID s'étendoient comme les (u- 
perieures. 

- J'ay expérimenté avec la fieur Hubin , 
qu'un fil de verre d'un quart de ligne d'é- 



V* P4rtte. 36} 

coiffeur & long de 4 pieds > s'étendoit de 
y de ligne fans fe rompre , & en le laiflant 
retourner de lui même , il reprenoit fa i crc 
extenfion ; on en fie étendre crois de même 
groffeur qui fe rompirent étant étendus juf- 
<ju a une ligne & demie. Pour le cennoître 
il y avoit aux deux bouts de chaque fil une 
boule de verre de % ou 3 lignes , on en- 
gageoit une de ces boules entre deux 
clouds à crochet enfoncez vers l'extrémi- 
té dune tablé jufques a leur moitié, en. 
forte qu'en les pouffant très fort , on ne les 
faifbit point branler fenfiblement *, & par 
confequent le gros bout du filet étant 
bien engagé par le bas des clouds , ne fe 
pouvoit approcher vers l'autre bout de la 
table, il y avoit 3 petits trous d'épingle 
pour faire difeerner l'allongement , le fil 
portoit fur la table en fa longueur > mais 
en le tirant médiocrement il n'y portoit 
plus S le gros bout qu'on tiroit , touchoic la 
table, on remarquoit qu'il touchoit par 
ion extrémité le i CE trou 4'épingle en le 
tirant avec la main médiocrement , & en 
le tirant plus fort il alloit jufqu'au z me 
trou, & en le tirant encore plus, il alloit 
jufques au j mc , & en relâchant un peu de 
J'effortjii revenoit au i mc ou au i cc trou. 
Pour bien faire il eût fallu qu'un des bouts 
eût été pouflé à force en tournant dans 
4in trou d'un morceau de fer, & que l'autre 

Hh ï) 



j^4 Dh Mouvement âe s Eaux. 

eût été attaché i t ou trois petites cordelet^ 
tes , qui étant jointes enfemble n'en enflent 
fait qu'une > qu'on auroit entortillée autour 
dune cheville d'un luth ou d'un autre 
inftrumem pour étendre le filet en tournant 
peu à peu.. On auroit fait des marques pour 
rcconnoîcre rallongement , Se même on 
.pourroit faire fonner le fil de ver-re comme 
une corde d'épinette. 

Gela étant liïppofé , voici les expérien- 
ces que j'ay faites -p our la refiftance des fé- 
lidés : ces règles peuvent beaucoup fervk 
aux Archite&es pour les poutres , pour Les 

faillies &c. 

Un canon de verre de j- de ligne d epoif- 
feur s'eft rompu par fon propre poids à 6 

pieds de faillie. 

Un cylindre de marbre noir de 5 lignes 

de diamètre a foûtenu horizontalement 190 
livres,c , eft-à-direioià 4 8 lignes de di- 
stance* Le quarré de f eft U fon produit par 
un pied de longueur ou 144 lignes eft ~- 
011400 lignes ,idont^ pieds peferont 1400 
lignes cubiques , comme 14 à 11 -, ainfi 2400 
a 1U6 lignes , & parce que un pouce cubi- 
que ou 17 iS lignes pefent 2 onces 1 gros , 
1886 lignes peferont environ 1 onces 5 

gros. - 

La moitié de la longueur de 6 pieds 

eft 16 pouces ou 432 lignes comme le 
niers def de lig«es r fçav©ir f eft a 45*. 



^ Partie* }6^ 

ainfi 1 onces y à i 8 14, qui divifez par 1 6 
onces donnent 113 livres 6 onces , qui fe- 
rait le poids que fupporteroit perpendicu- 
lairement ce cylindre de verre de y de 
ligne. 

Une verge de verre d ? une ligne ~ d e- 
poifleur Pc longue de 11 pouces eftant 
pofée fur deux règles diftantes de 9 pou- 
ces Tune de l'autre & larges & épaifles d'un 
}>oycè , Se eftànt chargée à fon milieu d'une 
ivre^ mife dans un godet de fer blanc 
fufpendu par une cordelette , s'eft rompue 
dans le milieu : une femblable verge pofée 
de mrême, niais ferrée par fes deux bouts 
entre les deux règles, &deux petits mor- 
ceaux dç bois plats de même largeur que 
les règles , s'eft rompue par trois livres & 
une once, fiifpenducs à (on milieu ; la rnp^ 
ture s'eft faite aux deux bouts joignant 
les relies, & même l'un des bouts a été 
rompu à $ lignes efl" dedans plui loin que 
l'appuy -, ainfi on peut prendre pour règle 
que les deux extrêmitez proches de l'appuy 
fe rompent en ce dernier cas > & par con- 
fequent il faut deux fois» autant, de force 
que quand les extrêmitez font libres & 
qu'elle fe rompt au milieu. 

Une femblable verge pofée en fôn milieu 
fur le trenchant d'un couteau, (on avoit 
mis de la cire d'Efpagne vers les bouts pour 
ccnpefcher de. couler lés cordelettes qui 

H> iij 



•S ■ Vu Mouvement dej F-éUt.v. 
ûtenoient les poids & pout marquer leur 
iftance qui étoit de 9 pouces > ) il n*a 
illu qu'une livre & demie & environ 5: . 
nces pour le rompre, c'eft-i-dire qu'on 
voit mis dans deux godets ces poids , 
;avoir fin chacun une livre moins 1 onces 
; demie , elle s'eft rompue - à trois lignes dir 
oûteau, il y avoir une marque blanche pour 
aarquer le milieu de la verge. 

Une lame d'épée pofée par le bout dags - 

iri trou obliquement de basen haut a fup- 

lorté 68 livres , & une petite lame de fet 

jlanc en a fupporté 80. 

Il eft manifefte que G an {ôlide A B fc 

rompt par un 

poids ,L fuf- 

pendu à- foit 

milieu E, étant 

appuyé par les: 

extremitez fur 

les' 1 règles G 

& F, qu'il doit 

fe rompre de 

mèine,fit'appuy eften E& les deux puif- 

fances en A. & B égales entt'elles & enfem- 

ble à la force du poids L, puis que c'eft 

toujours le même effort qui fe fait en E.. 

Galilée a démontré que le même poids qui 

rompt en E , rompra le îblide de même 

époi fleur fichç dans un mur jufques aupoint 

Ar, fi fa longueur eft égaleàAE i doit il 



V. Tante. 367 

^'enfuit ce que Jlay trouvé par expérience , 
fçavoir qu'un verre plat A B de u pouces 
de longueur pofé &c appuyé par fes extremi- 
tez & portant à faux de 9 pouces , s'étant 
rompu parle poids d'une livre 10 onces & 
3 gros , s'eft rompu par 5 livres 5 onces 4 
gros, lors- que fes extremitez furent ferrées 
entre les appuys & des bois plats par des 
cordelettes , parce qu'alors ils doivent fe 
rompre en A&B joignant les appuys, Se 
parce que les deux refiftotent par leurs deux 
extremitez deux fois autant que le feulEA 
en fon extrémité A> il y fallut meure le dou- 
ble de poids en L. 

Le même Auteur a encore démontré 
que fi les appuys font en double diftance > 
la moitié du poids qui étoit en E, fuffira 
pour rompre le folide , dont la raifon eft 
que le levier devient 1 fois plus long , & le 

(>oids par confequent a 1 fois plus de force , 
e contre-levier ne changeant point •, mais 5 
le folide eft 1 fois plus épois , il faudra qua- 
drupler te poids , parce que d'un coté il y a 
1 fois plus de parties à détacher , & auflî la 
force du levier diminue* de moitié; ce qui 
fait que le poids doit être quadruple, & gé- 
néralement les poids doivent être en raifon 
doublée des époifleurs. 

De là on refout un Théorème fort fur- 
prenant , fçavoir que fi on a un quatre plat 
de bois ou de verre ou d'autre matière fra- 

Hh iiij 



âh Eaux- 

',, en forte que Ces 
•es fortement com- 
[e verre fur un qua- 
>oidsdiftribuédans 
le rompra , rompra 
même époifleut de- 



IATIO& 

ire qui- rient Cette- 



~ " ~ 



H 



eft un autre quadre- 
un autre quatre de 
ir; je dis qu'il (oû- 
; diftribué ; car fbîc 
i pofée fur le petit 
té de la deraonftra* 
l'autre qoadre don- 



P~, Partit. $6? 

Me en longueur de QH , & de même lar- 
geur & époifleur , il eft évident par ce qu'en 
a démontré Galilée , que fi on met un poids* 
au milieu de QH precifément fuffifanrpour 
le rompre , que la moitié de ce poids pofé 
au milieu de I L , la rompra , mais fi on dou- 
ble la largeur de I L, & que la bande foie 
M N K S, il faudra le poids entier pdur le* 
rompre : car le levier demeura le même , 
mais il' y aura rfois autant de parties à dé- 
tacher ; &fi Ton diftribuc le i cr poids le* 
long de QJH il le faudra doubler pour rom-. 
pre la bande QJ-I , comme il a été prouvé 
par le même Auteur : donc ri* faudra aufll? 
doubler te poids pour rompre M S double. 
de I L*, mais fi Ton ajoute en croix une autre 
bande O P dans le petit quadre , il faudra 
doubler le poids , ce que j'ay confirmé par 
expérience : car une fimple bande s 'étant 
rompue par i livres & demie un peu moins , 
étant en croix il fallut 4 livres 11 onces un 
eu plus , qui eft un peu moins que le dou- 
te -, ce qui peut procéder de ce que le quar* 
ré du milieu n'étoit pas doublé ; fi donc on 
met une autre bande en croix G R de même* 
' largeur que I N , elle portera le même poids., 
que la croix P O^Q H , & fi on continue de 
faire plus larges ces croix félon les mê- 
mes proportions, celle de la grande fuppor- 
tera toujours un même poids dîftiibué v& 
enfin on peut continuer juîques à ce qu'ili 



1 



J 



J7ô Du Mouvement des Eaux. 
ne refte que quatre quarrez très- petits aux 
angles de chaque quadrcj d'où Ton doit con- 
clure que fr on achevé ces deux quadrcs, 
le même effet fuivra toujours , & de mi- 
me dans routes les autres proportions : car fi 
le quarré du milieu du petit (ait que la croix 
ne porte pas un poids double de celui que 
porte ta bande > auffi le quarré du grand fe- 
ra le même effet. 

Ces règles fervent pour les folides dont 
les matières font fragiles > comme te bob 
fec , le verre > le marbre > l'acier &c. 

Mais pour tes matières fouples & plian- 
tes qui fe rompent par la feule tradion 
comme le papier) le fer blanc , les cordes , 
&c. il faut d'autres règles dont toi ci le» 
principales» 

REGLES. 

Four les folides qui font fouples* 

LEs bandes de papier , de fer blanc, Se 
d'autre matière femblable fe rompenr 
également > foie qu'elles foient longues ou 
courtes. 

EXPLICATION. 

BCeft une bande de papier colée , on 
éz fer blanc douce fur les deux appuys 



T. Partit- 



ii* 




EG>FH, & 
n'étant point 
portée dans la 
longueur CB> 
on meftun petit 
bâton 1 L au 
milieu fur là 
bande > & on y 
attache aux ex*- 
tremitez qui paflènt un peu au de là du pa- 
pier des cordelettes pour porter le poids P * r 
car fi Ton mettoit une cordelette fur la ban- 
de de papier , elle la plifleroit ou la coupe- 
roic. La bande étant de papier de 6 lignes de 
largeur s*eft rompue pat le poids de 4 livres* 

Une femblable 
€ L H bande férompoirde? 

même lors - que les 
appuis étoient moins 
éloignez de moitié ,. 
& ïors-qu'étant en- 
tortillée par les ex- 
tremitez autour de fc 
petits cylindres GH, 
MN, on attachoit un* 
poids au cylindre 
d'en bas par le 
moyen de % corde- 
Tettes , comme or* le voit en cette fieure , la» 
bande fe compoit auflrpar un poids de 4 li- 
vres. 



p 




^ 



Du mouvement des'Eaux'- ; 

Quelques-uns objecVnt que les cordes 
L portent une partie du poids , & que fa 
inteur n'eft pas employée à rompre la 
idelLi mais il eft évident que labande 
tetout ce quieftau deftous d'elle, foif 
;Ies cordes s'étendent ou non:* & pou* 
trouver, j'ayfiic l'expérience fuivante. 
Ja fil de cuivre tourne en vis , Se fotuenu 
par la main en A ayant le poids 
^ C fufpendù an bout B , s'étenderir 
— ^ d'une certaine manière par ce 
=^ poids ptos ou moins félon qu'il 
*5 ■ étbitplus ou moins pefant , mais 
^> tontes les diftantes des fpires 
">D étoienc parfaitement égales. Se 
^> lors-'qu'on. tenoit à lajnainlen- 
H> dtoit D , les diftances deroeu- 
^^" roïent-Ies mêmes fans aucun chan- 
-~^ gemenr,cequi faifoit eonnoîcr-e 
<£B manifeftement que" l'extenuon 
P\ des fpires fuperieures lors-que la 
Sjgy fufpenfion étoit en A, n'aenoin- 
drilïbit de rien la force du poidfi 
gatd des ipires inférieures. La même 
ofe arrive i une corde longue qui fuppor- 

un poids ; car toutes les parties en four- 
ntla même extenfion fans quelesfupe- 
:ures diminuent l'extenfion des inferieu- 
î, ny les inférieures celle des fuperieures ï 

une longue corde* une courte wppo r " 
tic toujours le même poids, fi ce n'cHq"'» 



V. Partie. 37$ 

.arrive que dans un longue corde il -fe peut 
trouver quelque défaut où elle fe .rompra 
plûtoft qu!en une moindre. 

La même chofe arrive à des bandes de 
fer blanc: car en une longue il y aura peut 
t êcre un dçfaut qui ne fera.pas en une courte» 
& filon enavoit.pris la partie qui ne s'eft 
pas rompue, elle fupporteroit un plus grand 
4>oids parce que le défaut enieroit ôtc; j'sn 
ay fait plufieurs expérience*. 

Une bande de fer blanc de 3 Iigrocs~-.de 
-largeur a fupporté 100 livres fans fe rom- 
pre & s'eft rompue par 130 , ou 1 z8 , 8ç étant 
étirée de bas en naut 3 elle ne s'eft pasrompuë 
à 120 livres > mais elle s'eft rompue. à 123 
;par un endroit où il y avoit quelque paille, 
•on jugera qu'eue au toit fupporcé davantage 
iî on l'eût tirée bien droit & qu'il n'7 eut 
.point eu de défaut. 

Une bande de ferblancde^ignes^dc 
4arge.ur portant à faux de j pouces dans te 

1>etit.quadre # ne s'eft point rompue' par 1S0 
ivres , on n'a pas achevé dqj[a rompre en y 
^mettant d'antres poids* 

Une bande de papier de alignes de lar- 
geur étant collée par fe* 1 extremitez fur 2 
Jfrav£rfès oppôfée d'un quadre de chaffis de 
5 pouces dans œuvre s'eft rompue par 4 li- 
rYies 3 quarts , & il a fallu ajouter 4 onces 
.«pour en rompre une égale tirée dehaut en 
;b,as_. z autres, ^uflLde 6 lignes fe font rôm- 



! 



374 •&* Mouvement des Eaux* 
pues par 4 livres en les tenant | de minuit 
avec le poids aufii-bien dans le grand qua- 
dre que dans le petit. 

Une autre bande de papier de la même 
force, de 6 lignes- de large s'eft rompue par 
4 livres , elle étoit pofée fur le même chaflis 
de même en l'un qu'en l'autre , il y avoit j 
cordes qui portoient un petit godet , & une 
autre corde paflfant par deflbus qui étoit foû- 
tenuc plus haut par un petit bacon, on met- 
toit dans le godet peu à peu des poids juf- 
ques à ce que la bande fe rompît. On a collé 
du papier dans le grand quadre de $ pouces 
dans œuvre & dans le petit de 5 pouces dans 
•œuvre de même que quand on fait des chat- 
fis , on a pofé au milieu du grand papier un 
rond de cuir de 5 pouces 4 lignes, & fur le 
milieu de ce cuir un poids de plomb de 4 li- 
vres qui n'a voit que 2 ponces & demi de 
largeur par fa bafe qui pofbit for le cuir , on 
entaffa plufieurs poids fur ce premier, & le 
papier nç fe rompit qu'à 41 livres. 

L'autre pajper fur le petit quadre fe rom- 
pit a j4 livres, mais fon petit cuir n*a voit 
<ju'uh pouce ^ de largeur for lequel on mit 
le même premier poids. 

Pour comparer ces expériences entr*el- 
les Se avec les bandes de papier , la largeur 
du cuir qui pofbit dans le grand chailïs 
étant de 5 pouces , 8c la bafe du poids de 
2 pouces j ainfi le cuit ne portoit pas bien 



T. Partiel J7J 

ferme à fes bords , & l'on peut prendre 







que la largeur de la bande qu'occupoit 
le diamètre étoit 5 fois plus grande que 
^le de la bande de 6 lignes qui avoic 
importé quatre livres , & prenant une 
autre bande en croix C D de même lar- 
geur , fi la première A B fbûenoit 20 li- 
vres pour être quintuple de 4 livres , les 
deux en foûtenoient 40 , les 1 livres de 
plus étaient foûtenucs par les 4 bandes 
diagonales , E , R , G , F , qui fouffrent fort 
peu par les raifôns qui ont été dites cy- 
deflus, à l'égard des cordelettes,parce qu'el- 
les font plus longues que les autres, & ne 
s'étendent pas de toute l'étendue propre à 
les faire rompre. Dans le petit chaffis la 
bande A B n'etoit que 3 fois \ plus large 
que la bande de 6 lignes , elle de voit donc 



^ 



■ 



i?6 Dh Mouvement des Eaux. 
foûrenir 14 liv«es, & les deux en croix & 
livres , les 6 livres reftantes croient pour 
les 4 bandes diagonales , & quoique ce 
'fjit plus à proportion que dans le grand* 
Cwla arrive par illégalité de la matière qui 
a fa refiftancè abfoluë moindre en un en- 
doit qu'en un autre. Que fi les bafes des 
poids eùflent éié égales dans les deux 
qiarrez de papier , ils euffènt deu porter 
le mêtne pokis; la rupture. fe fit en tous 
les deux * .entre le poids Se U q'uadre de 
bois. 
Apres avoir fait plusieurs expériences fem- 
•blables , j'en ay fait plusieurs fur des tuyaux 
pleins d'eau > je fis faire un tuyau de 50 

fieds dont il a été parlé cy-defTus , &C 
ayant fondé dans Je tambour cylindiicmg 
d'un pied fermé de tous les cotez , ™ 
|>ofa le tambour fur 3 appuis à fes extre- 
jnitez. Les bafes étoient des platines de 
cuivre d'une ligne d'époifïèur, & le tour 
étoit de fer b!anc, le tuyau , montant -de 
g pouces de largeur éroit foudé da.ns un 
*rou fait au milieu de la platine fuperieu- 
re, & la furface cylindrique de fer blanc 
iroit foudée avec les platines en ceite 
«manière. 

AB repr-efentele diamètre de la platine 
Supérieure, les petits quarrés C & D l epoif- 
■feur d'un fil de fer qui regnoit tout autour 
du fer blanc qui faifoit la quaifïe , joignant 

la 



F*. Tarth. $77 

la. platine & fervoit? à l'y mieux fouder , 

E F cft le tuyau de 
fer blanc de 50 pieds 
de hauteur , la plati- 
ne, inférieure étoit 
Coudée de même 
avec la quaifle. de fer 
blanc que la fupe- 
rieure , on fie emplir 
d eau le tambour &. 



i> 



E 



^â 



% 



c 



D 

D 



f-R 



S 



le tuyau,- quand elle 
fut tout au haut les 
platines fe courbè- 
rent en convexité 
par le poids de l'eau,. 
& comme elle agif- 
foient en levier dont 
i-extremité étoit G , 
& te contre-levier la largeur de la foudure 
fur l'extrémité du fer blanc & fur la largeur, 
du fil de fer, la foudure fe de'tachapar cet 
effort, Jes parties les plus proches de G fe 
feparant'les. premières ^ l'cfpace défoudé fût- 
de 4 pouces par au toutes-l'eau s'écoula ; on* 
la réfoudade nouveau, .& la.plaiine .d'en bas. 
fëdcfouda auflï dans l'expérience , je fis 
refaire un. autre tambour où le fer blanc 
étant rabatu fur les platines , les enfer- 
moit en dedans & y croit bien foudé, on. 
augmenta enfuite le tuyau montant E F 
jufques i« qu'il eût. 100 pieds de hau- 

ÎSl\ i 



378 Du Mouvement detEaux-. 
reur , & il demeura plein d"eau allez long- 
temps avant que de le rompre , mais enhn. 
unc des ibudures de la quaifle s'entrouvrit 
par le bas comme depuis S jufques à R, Se 
lé déchira de travers depuis R jufques à Tj. 
les platines s'étoient courbées de plus 
d'un pouce, mais leur foudure avec le fer 
blanc ne fe rompit point , parce qu'agir! ant 
en levier comme en la première expérien- 
ce, même plus fortement a cauledu plus*, 
grand effort d'eau, la partie foudée du 
fer blanc s'élevoir avec elle , & par ce 
moyen ne fe pouvoir défoudec ; on avoit 
tenu long-temps ce tuyau plein jufques à. 
80 pieds & *>q pieds , mais rien ne fe 
rompit ; 8t-parce que l'eau de 100 pieds 
ïgifloit fur cette quaifle de fer blanc com- 
me fi le tuyau eût été d'un pied de large 
jufques à cette hauteur , comme il a été- 
prouvé dans le di (cours de l'équilibre , on. 
oent tenir pour certain qu'un tuyau de fer 
blanc de So pieds , Se d'un pied de largeur ,. 
je fe rompra point érantplcio d'eau. 

Je fis en fuite mettre un tambour de 
j'omb au lieu du tambour de fer blanc , 
Ton époifleur étoic de 1 lignes & demie, 
I avoit un pied de largeur Se 18 pouces 
[p. hauteur , mais il étoit renflé comme 
m baril jufques â la rencontre desplati- 
îes de plomb plates, de 8 pouces de lar- 
gue, 6c de la même époiffeur de 2 lignes 



V* Partit* 579 

Se demie y les foudures avançoient d'un 
demi pouce fur les platines > & fur ce qui 
avoit été rabatu qui joignoitles platines, en 
forte qu'elles avoient un pouce de largeur 
& plus î elles étoient hautes de plus de 8 
lignes, on emplit d'eau le tuyau de ioo 
pieds de hauteur , & les deux platines fe 
courbèrent en rond de plus d'un pouce 
\ , mais rien ne>fe rompit : caria foudure 
s'éleva auffi avec le relie , & Tepoiflcur 
du plomb étoit trop grande. Il y a du 
plomb poreux qui autoit laiffé pafler quel- 
ques petits filets d'eau , comme j'en ay< 
veu une fois l'expérience en un tambour 
d'un pied & demi , & de l'époiflcur de 
deux lignes , quoique le tuyau montant 
se fût que de 15 pieds •> enfin pour ache- 
ver l'expérience , je fis ratifier avec un- 
couteau, & limer ïe tambour dans fon mi- 
lieu d'environ & pouces de hauteur & 4 
pouces de large , 8c quand (on époifleur 
fut réduite sb une ligne nnr peu moins 
dans le milieu de ce qui étoit limé, alors 
fe plomb s'enfla en cet endroit, & il s'y 
fit une fente de trois pouces de hauteur 
par où toute Tcau s'écoula: on peut donc 
en feureté fe fervir d'urr tuyau de 100 
pieds, large de ix pouces, & d'époifleur 
de 1 lignes , ou même une ligne & de- 
mie fi le plomb eft bon : Voici comme 
oa peut expliquer la refiûance du tambour 

U if, 



380 Dh Mouvement des Eaux. 

de fer blanc i il le faut confidérer comme- 
une bande de fer blanc d'un pied de lar- 
geur qui doit fe rompre en fe déchirant: 
/or cette bande eft z-4 fois plus large que- 
celle de 3 lignes qui fupportoit 110 li- 
vres > e .le doit donc fupporter 445 fois da- 
vantage à peu prés , & parce que l'eau du. 
tuyau pefbit alors 5500 livres : car il la. 
faut confidérer comme fi elle étoit de la. 
largeur d'un poids jufqués au haut de 100. 
i pieds :8c un pied cylindrique d'eau pefe 55^ 
' liv. qui multipliées par too donnent 550P , 
4,5 fois izo fait 5400 , & par confequent. 
le rapport eft aflez jufte , & fi la foudurc 
eût été bonne par tout > le tambour au- 
rait encore pu porter ibo livres ou x. 
pieds d'eau plus haut, il fauteonfiderer qu'il, 
ne faut pas faire état de ce que le poids, 
eft diftribué par tout quoique ce foit en. 
déchirant 5 fi i'-on veut, fçavoir la propor- 
tion de la refiftance des autres, tuyaux ,, 
voici les règles qu'on peut.fuivre > on fuj>*- 
pofe que les platines font aflez fortes*. 

L RE G, LE. 

SI h hauteur du refervoir eft double il.' 
y aura deux fois autant de poids d'eau». 
&.par confequentil faudra deux fois autant 
d'époifleur de métail dans le tuyau afia 
qu'il y, ait, deux fois autant de. parties i fe. 



i 



r. Partie* #K 

pafer.Si le diamètre du tuyau cft i fois plus; 
large , il faudra 1 fois plus d'époiflfeur ; caiL 
les mêmes parties du fer blanc ne feront pas, 
plus changées, & elles font feulement don* 

IL. REGLE.. 

SI les pktines font les mo\ns fortes , Se. 
> que la rupture s'y doive faire en les fup- 
pofant de fërdc fonte , ovuTune autre ma* 
tiere aigre & caffante, lors-que les tuyaux>: 
auront 4 fois autant de hauteur, il faudra, 
doubler feulement Tépoifleur du métail,, 
comme il a été prouvé cy- devant : car- 
alors la platine le rompt en levier , & le_ 
contre-levier devient deuxibis plus grand ,, 
& il y a deux fois autant de. parties à fer 
parer. La même, chofe arrivera, fi le dia- 
mètre eft double : car il y aura 4 fois aiv> 
tant de poids > il faudra donc doubler feule- 
ment lepoiflfeur : d'ailleurs ces platines, 
différentes peuvent fupporter le même, 
poids, mais le poids étant quadruple, il faut 
doubler Tépoifleur , & fi la hauteur & la 
largeur du tuyau font enfemhle plus gran- 
des y \\ faudra faire le calcul de la hauteur 
Scenfuite celui de la largeur, comme et> 
l'exemple cy-deflus-, il. faudra doubler Ter 
poifleur par la hauteur quadruplé & dou^ 
bler celle- cy par la furfacc quadruple de lâi 
faafe dont il faudra quadruplex TcpoilTeu^ 



j&t Du Mouvement des Eaux. 
de la platine > mais quand c'eft du fet 
blanc ou du cuivre fort fouplc , fi le refer- 
voir eft 4 fois plus haut > il aura 4 fois 
plus de poids > il faudra donc 4 fois plus 
d'époifleur , & fi le diamètre eft double il 
y aura encore^fois plus de poids, & il fau- 
dra encore quadrupler répoiffeur , ce qui 
fera 16 époi fleurs : ainfi fi une demi-ligne 
d'époifleur de cuivre peut fupporter 60 
pieds de hauteur & 4 pouces de largeur 
de tuyau , fi la hauteur eft 240 pieds , & la 
largeur de 8 pouces, il faudra 8 lignes de- 
poiflfeur de cuivre.. 

Il vaut toujours mieux faire les tuyaux 
un peu plus épôis que félon le calcul : cat il 
arrive fouvent qtfil y a des défauts dans la 
matière. On aveu des conduites de fer de 
fonte de 4 pouces de diamètre & de 3 ligne* 
d'époifleur où» il (e trouvoit beaucoup de 
tuyaux de ceux qu'on joint enfemble pour 
compofer la coridùite,qui fe rompoient,pat- 
ce qu'en les jettant il s'y étoit fait des vui- 
des,&la matière étoit d^fe&ueufe en ces 
endroits : on a veu auffi fumer de l'eau par 
leurs pores au commencement , mais enfin 
l'es pores fe fermoient par les petites fi- 
letez que l'eau charrie, & ils étoient de bon 
feivice dans la fuite.. 



V. Partie. jjj, 

III. DISCOURS. 
De la difiributien des Eaux. 

POur partager l'eau en divers jets , & 
fçavoir combien on en donnera à cha- 
cun , ce qui peut auffi fcrvir à la diunB'u- 
tion qu'on fait à plufieurs particuliers de- 
l'eau d'une foLirce.il faut avoir une jauge 
dont les ouvertures foient quarrées , & nom 
rondes. * 

Comme A. B eftle haut du vaifteau qui 



fert de jauge, ScCDla hauteur de l'eau» 
il faudra placer les nous quarrez- environ' 
deux lignes audeflbus de la furface C D fe- 
Jbn une ligne droite horizontale EN:ot 
Ç\ l'on a divifé cette jauge en plufieur* 
quarrez d'un pouce en tous ftns , comme 
É F P H &c. ils donneront plus d'un pou- 
ce : car fi les circulaires, donnent 14. pintes. 



jSip Du Moavèmtnt des Eaux. 
en une minute les quarrez en donneront 
une quantité , qui fera à 14 comme 14 
à ii laquelle proportion* de 14. à 11 eft 
a peu prés celle du quàrré au cercle qui a 
même largeur : fi donc un pouce rond 
4 donne 14 pintes en une minute , un pouce 
qaàrré donnera un peu moins de i3 pin- 
tes : car 11 eft à 14 , comme 14. à 17 
fp il faudra donc divifer E F en 14 par-- 
ries égales , &(i ER contient 41 de ces- 
parties lequarré long ERSH fera à fore 
peu prés égal à. un pouce ^circulaire & il 
donnera un- pouce, c'eft-àvdire 14 pintes, 
ea.ume minute , fi l'eau dû baquet qttifert 
de jauge demeure à la hauteur C D. On 
fera pluûeurs ouvertures de fuite égales a 
E JLS.H fous la même ligne E N s comme 
R LTS, LMVT , &c -, & fi ion vetrt 
donner un demi pouce , il faudra divifét 
un de ces quarrez longs , comme O QJ^G 
paelà moitié de la ligne X Y, & chaque 
moitié donnera un demi pouce c eft- à- dire 
7 pintes en une minute & en. toutes les 
auœes'divifions de mefne, en pœnanr le- 
tiers comme IKZQjdu le/quart &c, II*. 
y. aura encore cet avantage , que {L les-. 
eaux qui fournirent lecoul&raent dimi- 
nuent , & qu'en coulant elles ne remplirent: 
qwe le tiers ou la moitié ou les deux tiers., 
de-la hauteur des ouvertures delà jauge, 
cous les particuliers perdront à proportion, 



• 

F. Parti* 3$j 

ce -qu on tic peut faite quand les trous 
i font ronds > & s'il y a un peu plus de frot- 
tement à proportion dans les petites ou- 
vertures que dans les grandes , cela fera 
«ecompenfé en ce que l'eau fuccede mieux 
à un petit écoulement qu'à un grand : Si 
on veut donner 3 ou 4 pouces , on pren- 
dra 3 ou 4 ouvertures entières , égales 
chacuncs î E R S H , comme E H V M 
pour trois , mais il faudra un peu fepa- 
rer les ouvertures , quand on ne donne 
•qu'un pouce i. chaque particulier > car 
leurs eaux fe confondroïent «'il n'y avoic 
que lou 3 lignes entre elles, il faut que 
1 entrée de chaque tu^au (bit afTez large 
pour recevoir l'eau de chaque divifion. 

Voici comme on peut diftribuer une 
fonree dans une Ville à plufieurs parti- 
culiers. 

Je fuppofe que la fontaine donne 40 
pouces d'Eau en Eté , & yo pouces en 
Hiver , & 45 dans les autres temps : il 
faut faire plufieurs refervoirs , comme 
F G H I où l'eau fe décharge. 

Dans le premier qui fera le plus grand 
oh laiflèra élever l'eau jufqu'd une hau- 
teur comme A B>où l'on fera un paflage 
\ a l'eau pour couler plus loin, & on fera 
lés trous par où l'on veut faire (a première 
difttibu tien , comme en C > D , E , Un pied 
au deffbus de A B>ces trois* trous pour- 

K K 



tonr être affea grands en fe noble mbd 




Jaifler pafler 10 pouces* & les 15 pouces ce» 
ftans paieront par de (Tus A B. Il eft évi- 
dent que quand l'eau fera la plus forte , Te-, 
Iç ration de l'eau courante feta plus grande 
au deflïis de AB,&; quand elle fera moins 
forte, qu'elle fera moindre^ mais ce ne 
fera que d'un pouce au plus : tellement 
que quand l'eau qui entre dans le refer- 
voir , fera de 50 pouces , il en paflera 
\ environ 10 pouces Se demi , par les j 
ouvertures > & qu'il n'en paflera que 19 
*# & demi à peu prés quand elle ne don- 
^Jgp nera que 40 pouces : on fera de même 
à l'égard de l'eau qui paflera par deffiis 
&9, jk de celle qui paflera p^r lçs trous, 



*& on leur fera de petits refervoirs en 
d'autres quartiers de la ville où l'on di- 
stribuera aux particuliers les 15 pouces & 
ïcs 20 ponces , obfervant toujours de fai- 
re les trous n pouces ou du moins 10 
|>ouces au deflbus de A fi. Enfin il ar- 
rivera que dans les grandes eaux il re- 
liera 5 ou 6 pouces d'eau qu'on don- 
nera au public en quelque endroit peu 
fréquenté pour quelques ufages, & cette 
«au ne durera que pendant les grandes 
eaux , ce quon obfervcra auffi dans les 
autres conduites comme C , D , E. Car il 
y aura toujours quelques reftes qui fc- 
Tont au profit de la Ville, foit pour faire 
des viviers ou autres amas d'eau qui fé 
confèrvent long-temps, fans qu'il y en 
entre de nouvelle , & qui fe re pareront 
de temps en temps, le. refte fera égale- 
ment diftribué fur le pied de 45 pouces , 
finon qu*ils auront quelque-fois un peu 
moins , quelque fois un peu plus. 

Frontinus Auteur Romain a parlé de 
ces conduites d'eau d'une autre manière ; 
il appelle Quinaxia ce que nous appelions 
peuce , mais* fon Quinaria ëtoit un peu 
plus petit ; il femble que la façon d'ap- 
pliquer ce qu'il appelle calice , au bas 
duquel il y avoit un petit tuyau de la 
grandeur de fon Quinaria, ne pouvoit pas 
me jufte , & il vaut mieux conduire 



388 Dh Mouvement des Eau*. 
jufqù'à un quartier de la Ville 10 poucesi 
s'il ne faut que dix pouces aux particuliers 
qui y font ,'& les faite décharger dans un 
refervoir long , où Ton appliquera une 
jauge comme ty-dcflus , donnant un pou- 
ce ou un demi pouce , fui vint l'acquiCrion^ 
& quand il y.àdes particuliers qui n'en veu- 
lent qu'une ligne qui eft la 144 partie d'un 
pouce ou deux lignes qui eft la 71 du pouce, 
alors il faudra faire la jauge autrement que^ 
celle cy delfus. En un petit refervoir fé- 
paré où Ion fera pafler l'eau de 5 lignes 
par dcffus les ouvertures , & ayant fait un 
trou quarré de quatre lignes de largeur, 
on en ôtera 7! de la largeur , laiffant lt 
hauteur de 4 lignes qui donnera le neu- 
vième partie d'qn pouce , c'eft a dire i£ 
lignes , fa moitié de cette largeur docne- 
* ra 8 lignes , & le quart 4 lignes , ou bien 
on fera pafler l'eau 6 lignes & demie jfar 
defTus une ouverture d'une ligne en quarré, 
dont on ôtera ~ , afin de faire la valeur 
d'une ligne ronde.prccife, qui donnera-^ 
de 14 pintes en une minute, & 144 pintes en 
24 heures de celles dont il.faut 36 pour un 
pied cube : fi on double la largeur > ce fera 
x lignes qui donneront un. muid en 24 
heures , & douze pintes en une heure > & 
3 pintes en un quartrd'heure j & pour être 
plus affeuré qu'on ne donne pas plus ou 
moins que deux lignes > il faudra compter le 



V. Partir. 389 

temps dans lequel cette ouverture emplit 
un demi*feptier ,& fi c'eft en 75 fécondes > 
la mefure fera jufte : il faudra conduire ce 
peu d'eau dans des Canaux d'un pouce au 
moins , car ils pourroient fe boucher s'ils 
étoient plus petits» & même de 10 ans 
en 10 ans il faudra prendre garde fi les 
jauges ne s'empliflent pas de quelque ma- 
tière pierreufe qui diminue les ouver- 
tures, & en ce cas on les refera de nou- 
veau. 

Lorfque les tuyaux de conduite ne font 
pas aflez larges, il s'y amaffe dans les en- 
droits les plus bas un limon tres-fin , que les 
eaux les plus claires charient tres-fouvent 
avec elles, qui venant à fe durcir, bouche 
entièrement le tuyau' 1 c'eft pourquoi il fe- 
roit à propos dans ces endroits les plus bas 
d'y faire des ouvertures de temps en temps 
pour y faire couler l'eau avec violence , qui 
entraînera avec elle ce limon , pourvu qu'il 
ne (bit pas encore pétrifié 

Il arrive encore quefH'on eft obligé 
de faire pafler un tuyau par deflfus quel- 
que éminence , il faut faire fouder à la 
partie la plus élevée du tuyau de condui- 
te un autre petit tuyau que l'on appelle 
une ventoufe > ce tuyau a un robinet à une 
médiocre hauteur par defius le tuyau de 
conduite , on l'ouvve de temps en temps 

pour faire fouir l'air i qui étant entraîné 

«^ • • • 
Kx nj 



f 



390 I>u Monvtmtnt dts Eaux* 
avec l'eau s'amafle dans la partie fuperieure 
du tuyau, & qui étant comprimé par irai* 
qui le prefle ,- s'échappe par boiiitlons , Se 
donne des coups fi violens contre le cajrau 
de conduite , qu'il y fait tres-fouvent des 
ouvertures, s'il n'eft pas aflfez fort pour 
refifter , & enfin il le caffè s'il: cft d'une 
matière fragile». 



F I » 



p 



PERMISSION. 

Ermis d'imprimer. Fait ce 4. Juillet 

1685. 

DE U R*YNIE.. 



I 




DES 



TABLE 



PRINCIPALES MATIERES 
contenues dans ce Traité. 



■»■■>! 



I 



fKEMlERB FAKTIE». 

De plufleurs propriété & des corps .fluides % 

de £ origine dis fontaines , & dis 

ctufes des vents. 

L Discours. 

Be ptufleurs propriété^ des corps - 

fluides. page i 

L'Etat naturel de l'eau cft d'être gla- 
cée. } 
Des parties de l'eau changées en air. 4 
Expérience pouf montrer que l'air s'infi' 
nue dans l'eau & dans Tefprit de vin. 5 
Remarques fur la formation de la glace , 
& pourquoi elle s'entrouvre. 7 
De la matière fulminante qui eft dans 
l'eau. ■ « 
Remarques & conje&ures fur la vifeofité 
de quelques corps fluides. 14 

K t iiij 



TAB LE 
IL Discours. 
De l'origine des fonttinei. 17 

Réponfc aux obje&ion fur l'origine des 

Fontaines. *P 

Remarques fur l'augmentation & la di- 
minution de quelques fources. 14 
Des fources .& lacs élevez fur de hautes 

montagnes* ** 

Obfervations fur la quantité de Teau de la 

pluye. jo 

Calcul de« eaux pour fournit la rivière de 

Seine. 5* 

III. Discours. 

De C origine & caufe s fyi ventu 54 

Con je&ures fur les caufes des vents. 4P 
Ofervation fur un vent qui fe ^t aux ou- 
vertures des fours à chaux. \ 49 
Remarque fur la révolution des vents à Pa- 
ris & aux environs. r 50 
Expérience fur le mouvement de l'air, jt 
De la caufe des tourbillons. 56 
Delà caufe des différentes direâionsdes 
vents , & de la fumée de quelques che- 
minées. 5S 
Explication des orages & houragans* 67 



DES MATIERES. 



It PARTIE. 

De t équilibre des corps fluidér* 

t DiscauRSi 

De l 'équilibre de s* corps fluides pdr là 

pefanteur. 74 

PKincipc univcrfcl de meefianique. Sj 
Preuves de la pefanteur de l'air. $9 
De l'eau- 96 

Règle de L'équilibre de L'çau par fon 
poids. 97 

Expérience de l'équilibre de l'eau. 106 
Règle de l'équilibre des liqueurs différen- 
ces par la pefanteur. 115. 
I. Règle de 1 équilibre des corps fermes*» 
dont la pefanteur fpecifique eft moindre 
que celle de l'eau. n£> 
Propriété de l'eau de s'attacher ou de s'é- 
carter de quefqucsxorps. nfc 
D ofr vient que quelques corps plus pefans 
que leau nagent au deflïis. 113 
Les matières congelées font plus légères que 
les mêmes matières fondues. 115 
Application de la règle précédente. ne 
IL Règle , avec quelques remarques. 129 
111. Règle pour les. corps, qui peferit plus 
. que teau*. if*. 



\ 



TÀBEB 
Quatrième Régie, ijjf 

Expérience qui montre que quelques corps 
plus légers qpe l'eau peuvent defcendre 
au fond. Jj<>., 

II. Dis c ou l s. 

De t équilibre des corps fluides par, 

krejfort.' ' ijy 

De l'a proportion de la condenfation de 
_. l'air. 140 

De la rare fa ûi on ou dilatation de Pair. 1 45 
Règles pour l'élévation de l'eau dan» les 
pompes afpirantes. 151 

Expérience fur le reflort de l'air. 157 

Réfutation de Terreur de ceux qui croyent 
que l'aie ne pelé pas (ht les. corps qui 
font au deflbus. 15^ 

Du reflott de la flatne de la poudre à ca- 
non.. itfjL 

ITI. Discours. 

De V équilibra dis c^rp s fluides far h 

le choq. 166 

Premièrement du choq de la flime. 1(6 
Du choq de 1 air , & de l'eau. 168 

Première règle* du choq des jets d'eatfc 16& 
De Pacceleratipa de la vitefle des corps 
qui tombent, 17* 



DES MATIERES: 

De la lenteur dé la (ortie des premières 
gouttes d'eau par 1* extrémité, des 
tuyaux. i 7 i 

Seconde Règle, de l'équilibre dur cfioq 
des jets d'eau qui tombent de haut en 
bas. iy6* 

Troifiéme Règle, de l'équilibre du choq des 
jets d'eau en raifon. des Hauteurs . des re* 
fervoirs. i8ï 

ÇonJfequence pour lavitefle des jets d'eaux 
qui (ont en raifon foudoublée des hau- 
teurs des refervoirs. 185 

Quatrième Règle » des jets d'eau égau* Se 
de vitefTes inégales , qui foûtiennent par- 
leur choq des poids, en raifon doublée 
des vitefles. 185 

Expérience pou* connoîtec la force duchaq^ 
de l'air» 1*7* 

Confequence où l'on voit quelle- effila pro- 

ftortion du temps de 1 écoulement de: 
'air de deux cylindres inégaux » par des 
ouvertures égales-, & charger, de poidss 
égaux- 190 

Cinquième Règle pour les jets d'eau de 
même vitefle , mais inégaux en grofleur » 
qui foûtiennent des poids par leur choq , 

3ui (ont l'un à l'autre en raifon doublée 
es ouvertures.. 1$% 

De l'a pefanteurdu pied cube d'eau, & là 
quantité des pi&jes qu'il contient. 19 j; 



TABLE 

Four mefurer la yitefle Se k force du choq 
de l'eau courante. 194 

De l'effort des roues dés moulins qui font 
fur la rivière de Seine. 197 

Expériences pour tes vitefles différentes des 
eaux courantes , tantau fond qu'à la fur- 
face. 197 

Calcul de la force des roues des moulins de 
la Seine. 201 

Pour la force du choq du vent contre les 
aîles d'un moulin. 101 

Pour le choq du vent contre la voile d'un 
vaifleau. 205 

Comparaifon de ta force dés moulins à vent 
aux moulins de la Seine. 207 

Defcription & jugement de pîufieurs mou- 
lins a vent qui tournent à tous vents. 209 

Pour le calcul de la vi telle du vent, qui 
peut jenvctfer des arbres Se autres 
corps. 112 

Pour augmenter la force d'une certaine 
quantité d'eau* 117 



DES MATIERES. 



x 



III. PAUTIE. 

De U me fore des eaux courantes & 

jAilliJfantcs.. 

ï. Discours. 
Du fonce p ht la nuefure des eaux* 119 

Pîlemiere expérience pour déterminer 
la quantité d'eàu^ue fournit un pouce 
en un certain temps. nz 

Propofition où il eft démontré que le pendu- 
le qui marque par fesbattemehs une fé- 
conde de temps , doit être plus court 
dans les païsprochc la ligne cquinoxiale, 
que vers les pôles. 125 

Dimcultez qui furviennent à l'expérience 
précédente. ixj 

Seconde expérience par une ouverture de 6 
lignes de diamètre , & des différences 
entre les ouvertures verticales & hori- 
zontales. 119 

Les dépenfes des eaux par des ouvertures 
égales pofées îune fur l'autre , font en 
même proportion que les ordonnées 
d'une parabole. iji 

Divcrfes caiifes qui apportent quelques 
irregularitez à la règle .de la dépenfe des 
cauj. a|7 



TABLE 

Ua pouce d'eau eft déterminé â fournir 
14 pintes me fuie dç Paris en 1 minute 
de temps. 246 

Troifiéme expérience d'un pied cube rem- 
pli en 2 minutes Se demie* 241 

Moyen pour connoître les pouces d'eaa 
d'une fontaine eu d'un miflèau cou- 
lant. 242 
IL Discours. 

De la mejurt des eaux jaiMjfantcs félon le* 
différentes hauteurs des refervoirs. 24I 

Première expérience pour la depenfe des 
eaux jailliflantes. 245 

Deuxième expérience. 244 

Règle pour la mefure des «aux jailliflan- 
tes. 2^5 

Table des dépenfes d'eau par ; lignes dV 

f'utoir pendant une minute fur différentes 
lautcurs de refervoirs. 248 

Comparàifcn des dépenfes de l'eau par une 
ouverture fiirfple faite à un refervoir , Se 
lors qu'on y applique un tuyau. 249 

III, Discours. 

Delà mefure des taux jailliffkntes par des 
-ajutoirs de différentes ouvertures* 252 

Première expérience. 254 

Seconde expérience» 255 



•- 



DES MATIEHE5. 
Règle pour la dqpcnfc des eaux jailliflàn^ 

Table des dépendes d eau par différents aju- 
toirs ronds pendant une minute, fur la 
hauteur de 13 pieds de refervoie %$6 

Troifiéme expérience par deux ouverture* 
différentes en même temps. 157 

Quatrième expérience de la même choie, 
page t 25S 

Trois caufes qui peuvent faire que les gran- 
des ouvertures donnent ordinairement 
plus que les petites. 159 

Cinq expériences fur ce fujet. %6% / 

Deux caufes qui diminuent la raifonfou-* ** : 
doublée, & deux qui l'augmentent. 264 

En quelle «proportion fe viaide ucuvaifleau 
par un trou qui eft au fond 265 

$ fort deux fois autant d*eau d'un vaifleau 
entretenu toujours plein dafts le même 
temps, que s'il fe vuidoit fans y fica 
ajouter. 166 

Observation &r le fait précèdent. 16 y 

Pour juger du temps dans lequel un vaif- 
feaufe vuide* xyi 

Problème, delà forme d'up vaifleau dont 
l'eau s'écoulantdefcenden temps égaux 
par des intervalles égaux. 17*. 

Règle de l'écoulement de l'eau de deux 
tuyaux inégaux- par des ouvertures éga- 
les. 175 

Queftiqn fur l'écoulement de l'eau de deux; ■ 



TAB1E 
-royaux d'égal diamètre & de hauteurs 
inégales* xj6 

IV. Discoau* 

* 

De îa^mefure des eaux courantes dans un 
aegueducoudansune rivière* 277 

Méthode pour cette mefure avec des exem- 
ples * Scie calcul de l'eau delà rivière , de 
Seine. 177 



IV. PARTIE, 
De la hauteur des jets* 
L Discours. 

De la hauteur des jets perpendiculaires. 1&2. 

PRemiere Règle avec des expériences 
page * i8i 

Seconde .Règle pour la diminution des 
jets à l'égard des refervoirs , avec exera- 
pie. 1S4 

Taole de cette diminution depuis 5 pieds de 
hauteur jufquà cent. 2.89 

Expériences pour là confirmation de cette 

- re § Ie# 
Expérience d'un cas particulier quand 1 

du 



DES MATIERES. 

du refervoir ne fournit pas aflèz par le 

jet. 196 

Expérience par un fyphon recourbé. 298 
Expérience de l'eau chargée de mercure 

par la hauteur des jets. 299 

Confirmation par l'expérience des poids 

attachez au corps d'une fitingue. 300 
Expérience de la hauteur des jets par la 

compreffion de l'air. 302 

Lïmpulfion eft arrêtée par le frottement 

dans un petit tuyau attaché à un grand» 

P a g c 305 

Machine pour* pouffer de l'eau fort loin. 

page je* 

Machine de Héron par la corapreffion de 
l'air. 308 

Expérience fur la netteté & beauté des jets 
d'eau, & comme on doit faire & difpofer 
les ajutages. 310 

i'eau qui s'éboule par un trou en tom- 
bant de haut en. bas fe réduit enfin en 
goûtes. 311 

La cUpenfe de l'eau fe règle felonJa vitefle 
du jet à la fortie de l'ajutage , & non pas 
fur fa hauteur, 31 $ 

Règles pour la diminution d'un jet fi 
l'on prend' une partie de Keau qui le 
fournit.. $16 

Expérience pour prouver que les trop 
grandes hauteurs des refervoirs ne peu- 
vent fexvir de rien* fii 

il 



T A B L E 
II. Discours. 

< 

Des j et s obliques & de leurs amplitudes, jifc 

Problème. Etant donné la hauteur mé- 
diocre du refcrvoiiL, & 1 obliquité du 
jet trouver fon amplitude. 315 

Remarque fur les jets de mercure. 318 

Expérience pour prouver que les matières 
les plus pc fan tes décrivent de plus 
grandes paraboles. 319» 

Pour trouver les amplitudes des jets ho- 
rizontaux. , JJO: 

Pour trouver la hauteur de l'eau dans un 
«fefvoir ou un tuyau > par l'amplitude 
d'un jet horizontal , qui fort; d'une ou- < 
verturc du tuyau. ' 33c 



m** 



V. P A R. T I E. 

i 

De h conduite dès eaux , & de larejîftancc 

des tuyaux* 

# I: Discours* 

Des tuyaux de conduite.. 333 

Ptuficurs remarques fur là grolfeur des 
tuyaux de. conduite fuivant les jets 



ETES MATIERES. 

qu'ils fournirent , pour différentes h au. 
teurs. 354 

Expériences contre les ajutages en tuyau ou 
cône , & pour ceux en platine. 3 ;6 

Obfervations pour régler la largeur des 
tuyaux de conduite fulvant la hauteur 
des refervoirs & la grandeur des ajuta- 
ges, m 

Règle, tirée des obfervations précéden- 
tes. 340 

Exemple de cette règle. 340 

Remarques particulières fur quelques 
tuyaux de conduite qui (ont à Chan- 
tilly. 341 

De la foudîvifion des tuyaux de conduite 
avec exemple^ 344; 

II. Drs c ours. 

Mi là f ira de tuyaux de conduite , & de Ik 
] refifiknçedes foltdts. 34$: 

De la refiftàncc abfoluë des fbKdes. 349 
Réfutation He la propofirion de Galilée 
pourlarefîftance des folides. 351- 

Expériences, qui confirment la regfè dé- 
montrée de la refiftàncc des folides* 353 
Solution de -quelques obje&ions. 356- 

Expérience de Talongement d'un fil de: 
verre. $6% 

Expériences de la refiftance des folides. 364 

L l ip 



TABLE 

Tfaeoteme d'un cas de la^ refiftance des 

fplides avec fa demonftration. }6y 

Règle pour la refiftance des folides , qui 

font toupies , avec des expériences. 370 

Expérience du fil tourné en vis pour l'a- 

longement des corps Toupies. 371 

Expériences fur la refiftance des tuyaux. 376 

I. Règle pour la refiftance des tuyaux. 381 

IL Règle» 38a 

II I. D rs c o u a s. 

I>cUdiflrtbution des eaux. 384 

Pour la diftribution d'une fource en plu* 
fleurs end toit s d'une ville ou sL plu- 
sieurs particuliers 384, 

Des ouvertures pour, netoyer les tuyaux, 
& des vencoufes. jgo> 

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les Places , la Perfpeûive Militaire , & la Geo* 
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Perrault: , fol, xi h 

Les Oenvrcs d'Archite&ure d'Antoine le Paultre,. 
Architecte ordinaire du Roi , contenant divers 
plans & éle vàtioas d' Eglifes, Palais, Châteaux, , 
Portes de Villes, Fontaines &c. fol. 15 l; 

La Diop trique oculaire du. Pcic Chérubin ,» 
fol. " 11 1. 

Traité du Jardinage, enrichi de-divers deffeins de 
Parterres par Boyccau , fol. 11 1. 

Méthode pour biendrefler toutes fones dcXom-- 
ptes à. parties doubles par le fleur Irfon , 
fol. i*L 

'Sables Agronomiques de Lanfberge , fol. 7 1- 

Xes Edifices Antiques de Rome par M. des G o- 
detz , in fol. 10 

M*riani Topograpkia Gallia , 4» vol.. fol. 40 1. . 

DifftfA <$• Ojfefa délie Piazxe , di EUrUmi » fol. 7 1. 

Livres de Navigation. . 

Le petit. Flambeau de la Mer > ou. le véritable 
G aide des Pilotes > 4. 4 *"• 

Le Trefor delà Navigation , par Blondcl , 4. 4 1. 

L'Ait denaviger par le. Quartier de tcdu&iQUj* 



\ 



fe par le Compas de proportion , par Blon* 

*del ,4* 4 1. 

* Be Pilote Expert *.par Dacier ,4» 3 1* 

.Traité dès Pratiques Journalières de* Pilotes, par r 
Cordier ,8. ■ 1 1. 

Journal de Navigation , par Cordier , Sr. *1. 

Tables Agronomiques de Pagan ,4. 1 1. 10 f. 

Elcvation des Eaux par toutte forte de Machines > 
réduite à la mefurc , au poids , à la balance , par 
le moyen d'un nouveau Pifton & corps de Pom- 
pe , &c par le Chevalier Morland , 4; p\. f 

Projet d'une nouvelle Mécanique , par Monficar • 
Varignon , 4. 4 1. ^ 

£tes principes de l'Architeâàre , delà Sculpture, 
de la Peinture & des autres Aits qui en dépen- 
dent > par Monficar Felibicn, 4* n.1. 

V Arithmétique des Ingénieurs , par Moniteur de 
la Londe ,4. *1. •" 

Bratique Générale & Méthodique des Changes ** 
étrangères y. par MonHeur Irfon , 44 6 1. ; 

L'Art & la feience des nombres, où l'Arithmétique 
Pratique & fpeculat ivc , sn fr/infois & m Lttith 
comprife en dix Livres , dont les fept premiers j 
contiennent l'Arithmétique ordinaire , avec la 
Théorie des v Nombres, telle qu'on la trouve î 
dans les anciens Auteurs Gtes & Latins , princi- 
palement dans les V. V U.-V I U. de IX. dc& J. 
Elemcns d'Eudide, dedans. les deux Livres de * 
Boëcc. Les Trois derniers enfeignent l'Ai- I 
c e *-R b par une méthode courte & facile 9 & 
dpnnent des Maximes pour découvrir les Nom- 
bres inconnus dans la refolutton de plufieurt* 
Queftions , auflî-bien par l'Arithmétique or- 
dinaire , que par l'Algèbre » par feu Mon fie ur 
Quvrard, Chanoine de l'Eglife de Tours, 

4* ' *i 

ï>tMonfieur Oz,*nsm. 
Coûts de Mathématiques , qui comprend -touu*